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Marine Le Pen contre l’imam de Drancy : une escroquerie médiatique

Dans les années 80/90, les débats audiovisuels consacrés aux musulmans français étaient un moment-phare au sein des familles d’origine maghrébine. Dès la présentation des invités, chaque téléspectateur pouvait légitimement appréhender l’envergure intellectuelle du « personnage » censé porter la parole des immigrés issus du monde arabe. En général, il s’agissait d’un obscur imam à l’accent maghrébin prononcé, incapable de soutenir avec  vigueur et éloquence une joute oratoire.

  Cette tendance systématique des chaînes de télévision à choisir, en dépit de candidats plus charismatiques, l’individu arabe au phrasé difficile expliqua le succès de l’apparition médiatique, en 1993, de Tariq Ramadan. Contrairement au discours idéologique propagé par Caroline Fourest et ses nombreux frères d’armes dans la sphère politico-culturelle, ce n’est pas tant l’orientation religieuse de l’islamologue suisse qui a séduit, pour l’essentiel, les citoyens musulmans mais, plus simplement, son aisance rhétorique, inédite dans le paysage audiovisuel français.

Vingt ans plus tard, la télévision française semble renouer avec ses vieux démons. Lundi dernier, dans une émission spéciale animée par Laurence Ferrari, TF1 a disposé, face à Marine Le Pen, un homme d’origine maghrébine, présenté comme un « vendeur ambulant ». Malgré ses questions parfois pertinentes -notamment à propos du rôle des musulmans « morts pour la France »-, le résultat fut calamiteux.  Une agitation permanente, de l’agressivité latente et un accent digne des meilleurs clichés sur la banlieue : c’est ce que retiendra le téléspectateur de son intervention.

Quatre jours plus tard, rebelote dans la caricature : cette fois, c’est Canal+, autre chaîne privée, qui fit preuve d’incompétence journalistique en invitant l’imam de Drancy –le très controversé Hassen Chalghoumi– à « débattre » avec la présidente du Front national. En six minutes, ce dialogue bancal fut largement remporté, dans la forme comme sur le fond, par Marine Le Pen, sourire aux lèvres. Pour cause : comme à son habitude, Hassen Chalghoumi fut penaud, inaudible et confus. Que cet homme –proche du ministère de l’Intérieur, du CRIF et du groupuscule extrémiste de la LDJ– puisse être désigné par une boîte de production professionnelle pour porter la contradiction à la dirigeante frontiste en dit long sur la désinvolture et le mépris de certains journalistes audiovisuels à propos de la représentation des musulmans de France.

Mardi, Oumma avait directement appris de la part du rappeur Axiom qu’il était l’invité prévu par Canal+ pour débattre avec  Marine Le Pen. Coup de théâtre dès le lendemain : l’artiste et militant politique -auteur d’un essai intitulé « J’ai un rêve »– a été informé du refus de la présidente du FN de le rencontrer sur le plateau du Grand Journal. Michel Denisot et la boîte de production KM Prod ont donc préféré se plier aux injonctions de la dirigeante frontiste plutôt que de maintenir leur premier choix. Un chantage efficace : de toute évidence, l’imam de Drancy était un « adversaire » beaucoup plus confortable à affronter.

 

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