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La laïcité selon la journaliste Ruth Elkrieff : « Ni Marine Le Pen, ni Tariq Ramadan »

C’est un helvète que l’élite française aimerait bien envoyer voir ailleurs si les alpages sont plus verts… C’est un islamologue européen rompu au dialogue de sourd que la France d’en haut lui oppose constamment, jusqu’à le juger signataire non grata de la pétition parue dans le Nouvel Obs contre la parodie de débat sur la laïcité, c’est un intellectuel dont le rayonnement de la pensée vient de se heurter de plein fouet à une dramaturgie de l’ostracisme exacerbée par Jean-François Copé, et empreinte de la lâcheté de Martine Aubry et Laurent Fabius.

Tariq Ramadan, ce suisse musulman, d’origine égyptienne, et de culture européenne, peut, toutefois, se targuer d’une ironie du sort qui le met au ban de la société française d’un côté, et l’invite continuellement dans le débat démocratique de l’autre. Ainsi, la chronique de Ruth Elkrieff, à la portée indéniablement assassine, nous livre une bien curieuse grille de lecture de la laïcité à la française qui, au final, positionne ce ressortissant venu d’ailleurs, qu’elle bouterait volontiers hors de France, comme un personnage du terroir, de tout premier plan : « Ni Marine Le Pen, ni Tariq Ramadan »…

« Double discours », incarnant un « islam réactionnaire », se faisant « menaçant » depuis le pitoyable retrait des signatures d’Aubry et Fabius, Ruth Elkrieff n’a omis aucun détail croustillant de nature à faire frémir dans les chaumières, prêtant à Tariq Ramadan l’intention d’appeler à « voter contre le PS »… Et pourquoi pas une fatwa pendant qu’on y est ?!

Murés dans leur cécité autiste, nos faiseurs d’opinion, qui jouent dangereusement à se faire peur et à mettre le feu aux poudres, n’ont même pas encore réalisé que les français de confession musulmane ont depuis longtemps atteint l’âge de la maturité politique, celui de la lucidité désenchantée, qui sait parfaitement décrypter et tirer les enseignements de la piteuse tragi-comédie de la caste politico-médiatique.


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