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Manifestation interreligieuse contre une campagne anti-islam sur des bus

A mesure qu’ils quadrillent l’infiniment grand du territoire américain, provoquant, partout où ils passent un choc visuel avec l’assentiment des autorités locales, au point de se demander si leur mission première ne consiste plus désormais à ne véhiculer que la haine et moins les passagers, les bus US, habillés aux couleurs de la campagne islamophobe orchestrée par l’ultra-sioniste Pamela Geller et sa nébuleuse « Initiative américaine de défense de la liberté » (ADFI), soulèvent une indignation populaire grandissante et de plus en plus fédératrice. De quoi contrarier de bien sombres desseins dont ils se font les vecteurs de communication irresponsables…

Après avoir produit son petit effet tétanisant à New York, puis à San Francisco, suscitant un premier grand émoi qui s’est transformé en une vague de protestation, c’est à Philadelphie que la flotte de bus (plus de 80) roulant pour l’influent lobby pro-sioniste américain s’est attirée les foudres de dizaines de hauts dignitaires religieux, musulmans et non-musulmans. Unis sous la même bannière et le même cri de ralliement, tous ont dit « Stop ! », non pas à « l’Islamisation de l’Amérique » comme le vocifère la tapageuse Pamela Geller, mais à la banalisation de l’association, odieuse et inepte, entre  islam et nazisme, et à toutes les analogies nauséeuses qui en découlent.

Serrant les rangs lors d’un grand rassemblement solidaire, résolus à triompher de ce redoutable conditionnement de masse qui pervertit la vérité et pollue les esprits, et pas seulement à travers des messages subliminaux, des représentants éminents de l’islam, du christianisme et du judaïsme ont sillonné, mardi 31 mars, le centre ville de la cité phare de Pennsylvanie, emmenant derrière eux des centaines d’administrés de toutes origines et confessions pour prêcher la bonne parole et appeler à ne plus distiller le venin de la calomnie.

Nous devons élever nos voix contre l’islamophobie qui se propage partout et si rapidement, et à présent sur des bus de la honte. Diviser les gens en attisant la haine de son prochain parce qu’il est d’une autre religion, en l’occurrence l’islam, est  catastrophique. Nous devons rester plus que jamais unis dans le respect de nos différences contre les semeurs de chaos”, a déclaré Bilal Qayyum, dont les paroles pleines de sagesse prononcées lors de cette manifestation interreligieuse ont résonné dans bien des cœurs.

Dans ce long cortège du vivre-ensemble qui a offert le spectacle réconfortant de la tolérance et de la fraternité en marche, loin de la vision d’épouvante qui s’est affichée en grand sur l’un des moyens de transports les plus fréquentés qui soient, un manifestant de marque s’est joint à la foule, avant de monter à la tribune et de s’exprimer devant elle : le maire en personne, Michael Nutter, qui s’est exclamé « Philadelphie est une ville d’amour et d’espoir ! ».

De son côté, le directeur local du conseil des relations américano-islamiques (CAIR), Jacob Bender, n’a pas eu de mots assez forts pour condamner cette campagne d’affichage ignominieuse, la qualifiant de “méprisable, fallacieuse, abjecte”, tout en se désolant qu’elle puisse s’abriter opportunément sous l’ombrelle légale du Premier Amendement de la Constitution pour parvenir à ses fins.  “Les personnes qui sont derrière ces annonces, ceux qui tirent les ficelles ont élaboré une vaste campagne islamophobe à l’échelle nationale. Ils ne regardent pas à la dépense, car ils ont de généreux mécènes qui les financement grassement. L’écoeurement des citoyens de Philadelphie est tel que certains sont prêts à envahir les bus pour faire entendre leur colère”, a-t-il précisé, non sans amertume.

Alors que la clameur de contestation monte à Philadelphie et que tous les regards réprobateurs se tournent vers la régie des transports en commun SEPTA, son responsable dans la tourmente, Francis Kelly, a assuré qu’il ne diffusera plus jamais ce genre de campagne sur ses bus et que l’argent récolté sera remis à des associations de sans-abris.

Un argent sale, provenant d’une campagne répugnante, au cœur d’une ville qui a refusé de se laisser souiller, il reste à espérer que le sursaut d’intelligence et le supplément d’âme collectifs à Philadelphie feront tache d’huile de l’autre côté de l’Atlantique…

Par la rédaction.

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