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Oklahoma: une campagne en faveur de la diversité déchaîne les passions pour avoir mis à l’honneur une femme voilée

Dans le collimateur de Tchad Grensky, un habitant de la localité de Norman, dans l’Oklahoma, qui ne décolère pas depuis qu’il a croisé, au volant de sa voiture, l’un des 20 véhicules promotionnels de la grande chaîne de librairies publiques, The Pioneer Library System, sur lequel une femme voilée est mise en valeur, tenant un livre dans la main, Ann Masters, la directrice malmenée de ce fleuron de la culture, affronte les critiques assassines qui tentent de la salir et de discréditer sa campagne reflétant la diversité américaine, sans fléchir.

Faisant résolument confiance à l’intelligence collective face à la déraison de l’ignorance, elle oppose une belle résistance à cet administré furibond qui se défend d’être raciste, mais qui s’est toutefois empressé de porter plainte contre elle pour « financement et promotion de l’islam avec l’argent des contribuables ». Une hâte pour le moins étrange et malveillante de la part de quelqu’un qui prétend n’être pas animé par le sentiment anti-musulmans ! Ce dernier n’aurait-il pas oublié un peu vite que l’image qui l’a fait sortir de ses gonds n’est que la déclinaison d’une longue série d’autres qui illustre la pluralité sous toutes ses facettes (générationnelle, cultuelle, ethnique, sociale…), afin de mieux mettre en lumière un dénominateur commun essentiel : l’amour des livres ?

Ann Masters, convaincue du bien-fondé de sa démarche, ne se laisse déstabiliser ni par le vif ressentiment de Tchad Grensky, qui l’aveugle au point de crier « Où sont les chrétiens, les juifs, les catholiques ? » contre une campagne dont la vocation même est de n’exclure visuellement personne, ni par l’avalanche de propos orduriers sur les réseaux sociaux, ces exutoires de la haine sans garde-fous.

L’influent Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR), par la voix du directeur de sa filiale de l’Oklahoma, Adam Soltani, a rapidement volé à la rescousse de la courageuse directrice de The Pioneer Library System, la remerciant publiquement à la fois pour avoir mis une femme musulmane voilée à l’honneur, et pour ne pas avoir cédé devant l’odieuse campagne de dénigrement qui s’est abattue sur elle comme la foudre.

Appelant à louer l’initiative éclairée et salutaire des librairies Pioneer, Adam Soltani a souligné dans un entretien accordé à The Independant que la plainte déposée contre Ann Masters est « sans fondement », tandis que cette dernière se dit d’autant plus sûre de son bon droit que ses véhicules habillés aux couleurs du multiculturalisme américain ne violent nullement le premier amendement de la Constitution.

Leur seul tort, guère recevable sur le plan judiciaire, c’est de polluer le champ de vision d’un islamophobe qui s’ignore, ou en tout cas qui nie l’être à grands cris…

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