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Comment venir en aide à une victime d’un acte islamophobe ? Une illustratrice dévoile sa méthode dans une BD pleine d’humanité

Armée de son talent d’illustratrice, la prometteuse Maeril, 22 ans, a décidé de combattre à sa manière l’islamophobie décomplexée, lâche et violente qui frappe particulièrement les femmes voilées, donnant naissance à une BD d’utilité publique, conçue comme un véritable petit guide des bons réflexes à adopter pour prêter assistance à ses victimes toutes désignées.

Encourageant à réagir et proposant d'agir, de manière très visuelle et pédagogique, en appliquant sa méthode simple, pacifique, presque légère, que des esprits chagrins qualifieront péjorativement de gentille mais dont l’efficacité pourrait en désarçonner plus d’un, et au premier chef les agresseurs eux-mêmes, les dessins pleins d'humanité qui ont pris forme sur l’ordinateur de celle qui est encore étudiante ont au moins un grand mérite : ils dissuadent de rester indifférents et inertes face à l’injustice et à la détresse humaine, et pourraient même donner des remords à ceux qui se complaisent dans la non-assistance à personne en danger…

Alors que sa petite BD qui a tout d’une grande, au vu du formidable buzz qui l’entoure et la précède désormais, a déjà produit ses effets très positifs sur la Toile, sa jeune créatrice a expliqué sa démarche sur LCI. « J’ai voulu essayer de faire quelque chose, donner un conseil simple pour s’interposer de manière pacifique, et éviter une escalade de violence », a indiqué Maeril avec la fraîcheur et la simplicité qui la caractérisent, avant de se dévoiler un peu plus : « J’ai une mère franco-iranienne et un père arménien. Du coup, j’ai été assez vite en contact avec l’Islam quand j’étais petite. J’ai aussi grandi dans le 13e à Paris, j’ai pas mal d’amis proches qui sont musulmans, et l’histoire des religions m’intéresse."

Et de poursuivre : « Il y a eu les attaques de Paris, puis de Nice, et cette polémique sur le burkini. Cela a cristallisé pas mal de tensions. J’ai beaucoup de témoignages d’attaques, dans mon entourage », a-t-elle relaté avec émotion, ajoutant : « J’ai des amies qui portent le voile, on a déjà essayé de leur arracher, en les insultant ».

Quelque peu dépassée par le prodigieux impact, au-delà des frontières hexagonales, de son « guide du témoin pour aider une personne victime de harcèlement islamophobe dans un lieu public », selon sa définition exhaustive, Maeril, littéralement assaillie de sollicitations et croulant sous les messages de félicitations sur les réseaux sociaux, savoure ce succès aussi fulgurant qu’inattendu. Seule ombre à son joli tableau : un flot d’insultes dont le racisme, sans mots couverts, éructe sa haine dans l’air vicié du temps. 

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