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Mais qu’arrive-t-il aux « compradors » algériens ?

Deux informations qui se télescopent et donnent le ton pour l’année 2023. La nomination du député  Rassemblement National, José Gonzales, comme vice-président de l’amitié France-Algérie, et l’arrestation du journaliste indépendant algérien Ihsan El-Kadi. L’affaire d’une justice algérienne aux ordres du politique, une sorte de Maccarthysme à la sauce algérienne (autant dire très piquante), faisant la chasse aux journalistes, démontre que nos compradors algériens, minoritaires mais très bien installés dans l’appareil de l’Etat, avancent dans ce 21ième siècle à reculons.

La manne pétrolière continue à ne pas être redistribuée équitablement. Par ailleurs, il n’y a toujours pas de système de santé sûr, ni d’infrastructures efficaces qui auraient pu, par exemple, accueillir des entreprises européennes à la recherche d’une énergie bon marché ; et quant au système  démocratique permettant à la société civile de se sentir en sécurité et d’entrevoir un avenir assuré pour eux et  leurs enfants, il peine à venir.  

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Nous condamnons l’arrestation de journalistes en raison de leurs opinions ou des idées qu’ils défendent. C’est  indigne d’un pays qui se réclame être, depuis l’indépendance, pour la dignité des peuples. Pour le pouvoir en  place, les chantiers ne manquent pas : 

1- Tout d’abord, et c’est d’une urgence capitale, faire entrer l’armée algérienne dans les casernes en la libérant des logiques tribales, où quelques familles phagocytent des pans entiers de l’économie. En revanche, il faut faire  de cette armée à l’instar de ce qui se fait au Pentagone, un haut lieu dédié aux recherches technologiques pour la ramener à la hauteur des enjeux de ce siècle. Dans cette perspective, elle ne dévitalisera plus l’économie, comme elle le fait depuis 60 ans, mais la revitaliserait.

Il faut reposer la question « tabou » d’une place comme observateur au sein de l’OTAN, pour profiter de la coopération militaire avec l’armée turque essentiellement, tout en maintenant sa demande d’adhésion au sein des BRICS et sa pleine souveraineté militaire. Il est bon de rappeler que le président Russe n’a pas demandé l’autorisation au président Tebboune pour appeler  Netanyahou et le féliciter de sa réélection. L’Algérie doit s’inscrire dans la disjonction stratégique (qui n’est pas  le multi-alignement) et consolider sa stratégie de la double profondeur ou intégration : euro-méditerranéenne et africaine. 

2- Assainir l’économie en choisissant des niches soutenues par un Etat social et solidaire. Pour cela, il faut négocier avec certains Etats (la Chine en l’occurrence) pour qu’il y ait une collaboration sur des secteurs à haute valeur-ajoutée. L’Algérie ne doit pas être la poubelle de la Chine avec des produits chinois « bas de gamme » que  la Chine, elle-même, n’accepte plus dans sa perspective de la Chine-horizon 2049.  

3- Construire 4 hôpitaux de nouvelle génération, à Alger, Constantine, Tizi-Ouzou et Annaba, pour attirer les meilleurs médecins du pourtour méditerranéen et africain.  

4- Et enfin, reconstruire le système éducatif et repartir à zéro. La richesse humaine en Algérie est  impressionnante, mais elle étouffe en raison des multiples dysfonctionnements émanant de cette mentalité des « compradores ». Le régime algérien, s’il se met en branle pour engager ces chantiers, n’aura plus le temps de faire la chasse aux journalistes algériens.  

Une dernière chose, d’après l’article de M. Bensaada sur Oumma.com, il serait reproché à Radio M d’être  financée par des fonds étrangers. Il est vrai qu’il ne faut pas hurler avec les loups. Mais nous avons écouté beaucoup des débats organisés sur Radio M, et M. El-Kadi est, sur beaucoup de sujets, sur la ligne du régime algérien (le Sahara Occidental par exemple). Nous savons que dans l’appareil d’Etat algérien, il y a des patriotes qui cherchent à faire entrer la société algérienne dans la prospérité, mais il y a aussi des forces contraires.

Les  « compradors » algériens sont minoritaires, mais très bien installés au sein de l’appareil d’Etat depuis des décennies. Cette minorité activiste a, elle, des liens très étroits avec les capitales européennes et les grandes villes d’Amérique du Nord. Elle se fait naturellement le relais de l’étranger en Algérie. Ce qu’il faut arrêter avant tout, c’est la corruption à tous les étages, et laisser les journalistes indépendants informer la population ; et cet impératif catégorique et démocratique vaut pour l’Algérie comme pour l’Europe, et plus spécifiquement la France. 

Nota bene important : le Président A. Tebboune a accordé une interview au journal le Figaro (fin décembre  2022). Alors, tout le monde sait que la présidence algérienne n’a pas la dignité, la rigueur et la puissance de la  présidence américaine par exemple ou turque, mais elle aurait pu s’informer avant pour choisir un journal ami du peuple algérien et qui ne tape pas sur les musulmans depuis des décennies.

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Mais pire encore, le Président  algérien s’est prêté au jeu des questions du journaliste (islamophobe) Yves Thréard qui a avoué sans ambages, sur un plateau de télé en 2019, qu’il lui est arrivé de descendre « d’un bus ou d’un bateau » parce que s’y  trouvait « quelqu’un avec un voile » et affirmé qu’il « déteste la religion musulmane ».

2 commentaires

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  1. Je vous l’accorde !
    C’est juste un journal islamophobe et attaquant les minorités (visibles) …

    Il aurait été judicieux de ne pas accorder une interview à ce journal et d’aller vers un autre journal (le monde par ex.)

    Et en plus que le président Tebboune donne ses réponses à Yves Thréard : là, c’est tout bonnement de la provocation de la part de la Présidence algérienne.

    Hakim FEDAOUI

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