Sid Ahmed Ghozali, figure emblématique de l'Algérie moderne, a marqué l'histoire par son rôle dans la nationalisation des hydrocarbures et son engagement pour l'avenir du pays.
Pourquoi lire cet article :
- Découvrir l'héritage politique et économique de Sid Ahmed Ghozali.
- Comprendre les enjeux de la transition énergétique en Algérie.
« Allah Akbar, Allah Tout-Puissant a rappelé à Lui le défunt Sid Ahmed Ghozali. Avec sa disparition, l’Algérie perd l’un des hommes qui ont servi le pays à travers de hautes fonctions et responsabilités au sein des institutions de l’État, laissant son empreinte en tant que personnalité nationale de premier plan, témoin d’une période charnière marquée par des mutations et des événements majeurs de la vie nationale. À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons» – le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune.
Introduction
Sid Ahmed Ghozali, 88 ans, a été rappelé à Dieu. A l’annonce de sa disparition, le 4 février 2025, les hommages furent nombreux et sincères. Patriote au long cours, promu aux plus hautes destinées en tant que chef du Gouvernement de 1991 à 1992, après avoir été nommé plusieurs fois ministre (Affaires étrangères, Finances, Energies et Industries pétrochimiques), c’est avant tout un scientifique de haut vol et un technicien hors pair, ayant fait ses humanités, qui s’en est allé à l’aube de cette nouvelle année.
Sortir diplômé de la prestigieuse Ecole des Ponts, après des classes préparatoires où la compétition est âpre pour le commun des mortels, et encore plus pour des Algériens, constitua à l’époque une véritable performance. Etudiant prometteur à la cité Antony, Sid Ahmed Ghozali était aussi pleinement engagé dans le combat pour l’indépendance, le meilleur combat alors que le FLN s’attelait à former les futurs cadres de l’Etat dans cette perspective inéluctable.
Sid Ahmed Ghozali, témoin et acteur clé d’une Algérie tourmentée
Ainsi que l’écrit Amel Blidi : « Très rapidement, il devient, dès son retour en Algérie, membre du conseil d’administration de l’organisme technique franco-algérien chargé de la mise en valeur du sous-sol saharien. Proposé par Belaïd Abdessalam, il prend en 1966 la tête de Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures. Il devient ainsi l’un des artisans de la nationalisation des hydrocarbures. Sid Ahmed Ghozali a sans doute incarné l’homme de la modernité, celui qui embrasse le changement et ses promesses. Mais derrière l’élégance de l’homme, aussi bien vestimentaire que langagière, se cachait une certaine complexité politique. cet ingénieur devenu homme politique aura marqué plusieurs décennies la vie politique algérienne » (1)
« M. Ghozali écrit Karim Amrouche est en effet crédité, avec son mentor Belaïd Abdesselam, ministre de l’industrie, du statut de bâtisseur de la société pétrolière d’Etat Sonatrach. Il la dirigera de 1965 à 1977. Adepte de l’économie étatiste, il vivra avec une certaine amertume l’instillation progressive des réformes d’inspiration libérale au fil des années 1980, à l’heure où l’héritage socialiste du président Houari Boumediene (1965-1978) est remis en cause par son successeur Chadli Bendjedid (1979-1992).». (2)

La Nationalisation des hydrocarbures
L’histoire retiendra Sid Ahmed Ghozali comme l’un des bâtisseurs de l’Algérie moderne, un homme de principes qui consacra sa carrière à l’indépendance économique du pays.
Avant d’être un acteur et témoin de la crise politique qui conduisit à l’interruption du processus électoral, Sid Ahmed Ghozali a eu un riche parcours dans les structures de l’État algérien. À ce titre, il fut l’acteur et le témoin clé d’une séquence majeure de la vie de la nation. Il participa activement à la nationalisation des hydrocarbures en 1971, étant à la tête de la Sonatrach, dont il prit les rênes de 1966 à 1977.
Sid Ahmed Ghozali fut également le concepteur du Plan Valhyd, un projet stratégique mis en place par Sonatrach pour développer l’industrie des hydrocarbures en Algérie. Ce plan visait à maximiser la valorisation des hydrocarbures (pétrole et gaz) à travers des investissements dans la pétrochimie, le raffinage et la transformation du gaz naturel, notamment en produits à haute valeur ajoutée comme le gaz naturel liquéfié (GNL) et les dérivés pétrochimiques.
Après l’indépendance en 1962, l’Algérie hérita d’un secteur énergétique contrôlé par des compagnies françaises et étrangères.
Dans une interview au journal Le Monde, Sid Ahmed Ghozali analysait les conséquences de la nationalisation en ces termes : « Cette lutte de longue haleine, dont les mesures de février et d’avril 1971 étaient la bataille finale, a conduit précisément l’Algérie à se constituer des outils alliant aussi bien jeunesse et compétence et ayant fait montre d’un niveau de maturité et de dynamisme qui leur permet de se présenter en interlocuteurs valables auprès de tous leurs partenaires. C’est parce qu’elle dispose désormais de ces moyens d’action que l’Algérie entend s’insérer encore davantage dans le réseau des échanges économiques internationaux, en toute confiance, et avec la conviction qu’elle peut non seulement en tirer profit mais aussi apporter sa contribution pour que ces échanges profitent équitablement à chacun des partenaires. Cette préoccupation de l’Algérie d’être un partenaire valable donne un éclairage qui mérite aussi d’être pris en considération si l’on veut apprécier le sens de la bataille pétrolière engagée en cette année 1971, une bataille qui fut hautement féconde tant par ses résultats immédiats que par les perspectives qu’elle dégage ». (3)
La nationalisation des hydrocarbures s’est passée sans déclencher les hostilités, sans aucun coup de feu, contrairement à l’Iran, où la CIA fomenta un coup d’Etat contre le docteur Mossadegh, Premier ministre, qui sera remplacé par le général Zahedi plus conciliant. Ce fut un travail de longue haleine, au cours duquel toutes les compétences furent mobilisées et les contacts noués avec les Etats-Unis, sans savoir comment allait réagir la partie française pour qui « le Sahara, c’était sa propriété ».
Pour l’histoire, seuls trois éminents responsables étaient au courant : le Président Houari Boumediène, Belaïd Abdeslam et Sid Ahmed Ghozali. Dans son ouvrage Le hasard et l’histoire, Belaïd Abdeslam consacre toute un chapitre à la nationalisation. Il raconte notamment les atermoiements des compagnies françaises, le refus de la Tunisie de laisser passer le pétrole par son territoire, arguant du fait que c’est un problème algéro-français.
Belaïd Abdesselam évoque l’aide de la Lybie : « Le 23 février au soir j’étais à Tripoli pour finaliser l’accord des producteurs méditerranéens. Boumediene me dit au téléphone : « C’est pour demain ». Les mesures ont été annoncées vers 16h . Les équipes étaient déjà sur les champs. Le soir même elles étaient à pied d’œuvre à Hassi Messaoud (…) » (4)
Une remarquable contribution, parue dans le journal Liberté, nous décrit ce travail important, et certaines fois décisif, réalisé par les diplomates algériens.
Ainsi : « La diplomatie secrète et parallèle ne sera pas en reste. Quelques mois avant la date fatidique du 24 février 1971, d’importants évènements survenus courant de l’année 1970 viendront le conforter dans sa décision. La diplomatie secrète et parallèle n’était pas en reste. Le chef de l’État algérien, aidé en cela par l’ingéniosité de ses hommes, avait eu accès à des informations de première main. Par exemple, l’opération n’a pu être lancée qu’après avoir obtenu l’engagement formel des Américains à acheter le pétrole et le gaz algériens. Leur promesse à assurer l’exploitation en cas de refus français a été, par ailleurs, décisive. C’est, en effet, grâce à l’entremise de puissants réseaux qu’entretenaient notamment Messaoud Zeghar et Chérif Guellal aux États-Unis et Rachid Tabti en France que Boumediène a réussi son coup de poker. Dans la lignée de ces lobbyistes de haut niveau que furent M’hamed Yazid et Abdelkader Chanderli, la garde rapprochée de Boumediène à la faconde méditerranéenne fera longtemps parler d’elle outre-Atlantique ». (5)
« Pour attirer la sympathie de l’opinion américaine, ils feront valoir les similitudes qui existaient entre la Révolution algérienne et la Révolution américaine. Durant sept années de rupture diplomatique avec les USA, Boumediène n’a jamais voulu couper définitivement les ponts. (…) Le duo Zeghar-Guellal disposait d’un épais carnet d’adresses dont ils ont largement fait profiter leur pays « (…) Zeghar était tout aussi à l’aise avec le Président Boumediène qu’avec les secrétaires d’État américains et autres patrons de la CIA Idem pour Chérif Guellal, premier ambassadeur d’Algérie à Washington, qui avait présenté ses lettres de créances à Kennedy en juillet 1963 avant de devenir l’un des plus proches amis du Président américain. Le diplomate algérien, un homme élégant et raffiné, rompu aux mondanités, avait, en effet, tout pour plaire. (…) Très lié aux frères Kennedy, Guellal continuera à entretenir de très bonnes relations avec la Maison-Blanche et notamment avec le Président Lyndon B. Johnson.»(5)
« Nicolas Sarkis, l’un des experts pétroliers internationaux les plus connus, cite dans son livre “Le pétrole à l’heure arabe “cette phrase lourde de sens, du discours prononcé ce jour-là par Houari Boumediene : « Ainsi avons-nous décidé de porter aujourd’hui la révolution dans le domaine du pétrole. » Et l’accompagne de ce commentaire : «C’est par cette introduction que le chef de l’État algérien a commencé le discours annonçant la nationalisation des sociétés françaises et avec elle le coup d’envoi d’un véritable raz-de-marée qui allait rapidement gagner la Libye et l’Irak avant d’atteindre les rivages tranquilles du Golfe arabe.»(5) (6)
Jean Daniel écrit à ce propos dans Le Nouvel Observateur du 1er mars 1971 : « Nous assistons aux soubresauts de la décolonisation. L’indépendance, c’est la décolonisation politique. Reste la décolonisation économique, mille fois plus importante, lorsque les peuples sont devenus majeurs. C’est aujourd’hui le cas de l’Algérie. On a voulu l’ignorer. On ne pensait pas que les Algériens, même s’ils s’étaient révélés d’extraordinaires guérilleros pendant sept ans, fussent en mesure de résister aux superpuissances. Ainsi, dans le meilleur des cas, on se donnait bonne conscience en prétendant protéger les Algériens même malgré eux.» Il observe que «les responsables français se font encore des illusions grossières» et que «leur manque de psychologie est aussi déconcertant que leur ignorance de certaines réalités. On compte faire peur aux Algériens en menaçant de supprimer les facilités financières accordées aux travailleurs émigrés. Or, entre un sacrifice financier et la préservation de leur dignité, les Algériens n’hésiteront pas une seconde ».(7)
La libéralisation économique et la crise politique : la « déboumedienisation »
On aura tout dit sur cette période dite de l’infitah « l’ouverture ». C’était l’époque du Programme anti-pénurie, servi par une conjoncture exceptionnelle. Le baril de pétrole valait 30 dollars le dollar à 5 francs et le dinar à 0,8francs. Trois ans après, le baril plongeait à moins de 10 dollars dans une guerre des parts de marché entre Margareth Teatcher et les Saoudiens.
La « déboumédienisation », dont parle Sid Ahmed Ghazali, est une réalité. Tout ce qui a été patiemment mis en œuvre pour créer une vingtaine de sociétés, qui ont porté à bout de bras le développement, fut anéanti.
« C’est à un démantèlement sec de son œuvre politique que les héritiers allaient procéder deux semaines après : coup d’arrêt à ses politiques, chasse aux hommes étiquetés comme étant ‘ses hommes’, changement dès février 1979 du titulaire du secteur de l’énergie, virage brutal de la politique énergétique (contrat El Paso dont l’annulation, revanche promise dix ans avant par les pétroliers français, allait nous coûter une perte sèche de 50 milliards de dollars), déstructuration de toutes les entreprises nationales élimination dans la même charrette de Belaïd Abdeslam, Abdelaziz Bouteflika et Ghozali »
Je suis humblement de la même « Ecole de pensée ». J’ai vécu la nationalisation après avoir fait le service National, où nous avons écouté le discours de Boumedienne « Kararna taemime el Mahroukate », et l’après-nationalisation, quand Belaïd Abdesselam créa une direction de la chimie et de la pétrochimie au Ministère de l’Energie. Mr Abdennebi étant en charge de la chimie.
La pétrochimie m’était confiée. C’est dans ce cadre que je participais à l’élaboration de la vision de l’Algérie 1980. On nourrissait l’ambition de dépasser l’Espagne. Un groupe de travail Sonatrach MeM fut créé, avec Tahar Hamrour Allah yarahmou et moi-même, mais aussi Monsieur Omoar Khouani VP qui supervisait cette étude où nous avions tracé les complexes à mettre en place, notamment les matières plastiques, les fibres polyesters polyamides, le caoutchouc SBR.
A l’époque, la SABIC (société pétrochimique) était encore balbutiante. Actuellement elle est côtée en bourse. C’est cela «la déboumedienisation», qui nous a fait perdre 40 ans de 1980 à 2020, avec une manne de 1000 milliards de $, où la part d’investissements dans le domaine pétrochimique était marginal.
« La transition énergétique, un acte de sécurité nationale »
En 1971, le président Houari Boumediene annonça la nationalisation des hydrocarbures, permettant à Sonatrach de prendre le contrôle de la production pétrolière et gazière du pays. Le plan Valhyd fut mis en place pour assurer une transformation locale des ressources. La Construction de complexes pétrochimiques pour transformer le pétrole brut en produits à plus forte valeur ajoutée. La Création d’infrastructures pour produire des dérivés comme le plastique, les engrais et les solvants.
L’Expansion du raffinage, la modernisation et construction de nouvelles raffineries (ex. Arzew, Skikda). Objectif : diminuer les importations de carburants raffinés et renforcer l’autonomie énergétique. Développement du gaz naturel liquéfié (GNL) Mise en place de terminaux GNL pour exporter du gaz vers l’Europe. L’Algérie devient pionnière dans l’exportation du GNL, notamment vers la France, l’Italie et les États-Unis. Formation et nationalisation des compétences Création d’instituts spécialisés pour former des ingénieurs et techniciens algériens.
Dans le secteur de la transformation des hydrocarbures au cours des années 70, le point de vue d’experts internationaux qui, après leurs visites successives en Algérie, affirmèrent que la pétrochimie n’était plus seulement un rêve mais une réalité, chaque jour plus substantielle, se manifesta au grand jour dans les pôles industriels d’Annaba, Skikda et Arzew.
Ces quelques indications chiffrées peuvent décrire le résultat d’une lutte qui a vu l’Algérie, pendant six ans, déployer des efforts considérables et assumer des responsabilités grandissantes pour recouvrer réellement ses richesses naturelles. Où en sommes-nous quarante ans plus tard ?
Que l’on sache, en effet, que de 1965 à 1978 l’Algérie a engrangé l’équivalent de 22 milliards de dollars. Nous devons avoir une vision de ce que sera 2030-2050. A la mort de Boumediene, une dizaine de complexes ont été construits. C’est d’abord une capacité de raffinage de 22 millions de tonnes/an.
C’est tout le bouquet de la pétrochimie, où l’éthane issu de la liquéfaction n’était pas brûlé mais servira de matière première pour un steam cracking d’éthane, qui nous permit de créer des unités de Polyéthylène, de PVC, le complexe éthanol, sans compter les complexes d’engrais phosphatés et ammoniac qui nous a permit de produire l’urée constitution de base des engrais azotés.
Qu’avons-nous fait depuis 1980 avec 1000 milliards de dollars de rente ? L’Algérie fut un bazar. Nous avons abdiqué tout développement dans l’aval et tourné le dos au mantra de Boumediene. Avec l’argent du pétrole gagné en amont, nous devons récolter dans l’aval le vrai développement du pays.
C’est dire si avons du retard à combler ! Pendant toutes ces dernières années, Sid Ahmed Ghozali, l’artisan de la politique pétrolière du pays, ne cessa de plaider pour la nécessité de tirer les leçons des expériences du passé, pour mobiliser les hydrocarbures, pour garantir toutes les chances de réussite à une inévitable transition vers les énergies renouvelables (8)
Sid Ahmed Ghozali le proclamait : « C’est l’heure de l’union sacrée »
« C’est l’heure de l’union sacrée», proclama M.Ghozali lors de son passage au Forum d’El Moudjahid. Celui-ci s’exprimait à l’occasion du 53e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. Il se disait alors rassuré quant à la protection de notre pays, assurant que «rien ne peut toucher un pays où le peuple protège l’armée et l’armée protège le peuple» ; et pour arriver à cette symbiose, «on a besoin d’une confiance mutuelle entre les décideurs et la société». « Nous étions une petite poignée, tous convaincus de recouvrer notre souveraineté, mais on était souverain uniquement dans nos bureaux. Sur les champs pétroliers, nous étions étrangers, mais la nationalisation de nos hydrocarbures était une expérience extraordinaire», « Aujourd’hui, des centaines de milliers d’ingénieurs ont été formés, mais le combat est autre, on n’a plus besoin de faire ce qu’on a accompli en 1971, mais l’esprit de ce passé glorieux doit nous inspirer et nous guider», affirme l’ancien chef de gouvernement, qui appelle les fils de l’Algérie à aller vers une «union sacrée» pour l’intérêt de la nation » (9).
Conclusion
50 ans après le fameux « Kararna ta emime el mahrouqate », (« nous avons décidé de la nationalisation des hydrocarbures»), cet événement majeur du XXe siècle, où un petit pays du tiers-monde osait défier les puissances occidentales en complétant avec succès, avec témérité, son indépendance politique par son indépendance économique, Sid Ahmed Ghozali nous invite à regarder vers le futur.
Le futur n’est plus seulement dans l’amont, mais de plus en plus en aval, avec la pétrochimie biosourcée, à partir de l’hydrogène vert.
Nous pouvons le faire en produisant de l’ammoniac vert qui est à fois un carburant, un combustible, une matière de base pour les engrais, et s’avère d’un maniement moins dangereux que l’hydrogène. Même le coût ne paraît pas aussi prohibitif. Pour cela, il nous faut élaborer un Plan Marshall pour les énergies renouvelables d’au-moins 30.000 MW dans les 14 prochaines années, dont près de 20.000 MW seront consacrées à la production d’H2 vert.
De plus, indépendamment de la nécessité de la transition vers les énergies renouvelables, l’Algérie devra se battre pour rentrer dans l’aval pétrolier en Europe ou ailleurs, ne se contentant plus seulement de vendre du pétrole, mais aussi des produits à forte valeur ajoutée, des carburants, ainsi que des produits pétrochimiques hydrogène vert, ammoniac.
La nouvelle indépendance constitue un vrai challenge : disposer de 50% d’énergie renouvelable et d’économie d’énergie d’ici à 2035. C’est cela la vision de ce que sera 2030-2050 ! Pour être fidèles aux pionniers qui ont porté les espérances de l’Algérie, nous devons quotidiennement redoubler d’efforts, tout en réussissant à faire naître chez nos jeunes ce feu sacré qui fut le moteur du développement de l’Algérie à une époque difficile, car tout était à créer.
Assurément, nous avons eu la chance de les avoir côtoyés. Nous avons appris d’eux comment accomplir notre devoir du mieux que nous le pouvions. Epoque bénie où le développement à portée de main était une construction mobilisatrice permanente ! Et pourtant, nos aînés avaient moins de trente ans.
Nous devons faire revivre cet enthousiasme d’entreprendre, ce précieux héritage qu’il nous incombe de transmettre à nos forces vives, non par des injonctions, mais en faisant preuve d’une grande force de conviction, en donnant l’exemple, en étant comptables de ce que nous faisons auprès de tous, et surtout en insufflant à la jeunesse algérienne la volonté de réussir.
C’est cela l’utopie, car ce sont eux qui seront là en 2030 ! Laissons-leur une Algérie en ordre de marche. Seul le parler vrai permettra de conquérir leurs cœurs. En déployant des trésors d’énergie à chaque instant, nous aboutirons ainsi, au bout d’un long processus et de nuits blanches, à une Algérie fascinée par le Savoir.
Une Algérie où tout est possible et qui gagne par la création de richesses. Une Algérie qui mérite amplement d’être un pays émergent, respectable et respecté, de par le pouvoir scientifique de ses dizaines de milliers d’ingénieurs qui sauront inventer un avenir où leur pays sera, enfin, libéré de la malédiction de la rente.
Prof. Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique : 1925- 1965-2025
1.Amel Blidi https://elwatan-dz.com/sid-ahmed-ghozali-temoin-et-acteur-dune-algerie-tourmentee# 05/02/2025
3.Sid-Ahmed Ghozali https://www.monde-diplomatique.fr/1972/01/GHOZALI/30727
4; Belaïd Abdesselam : Le hasard et l’histoire p408.Editions ENAG 2007
5.M.-C. L Des hommes de l’ombre à l’origine du défi:https://www.liberte-algerie.com/dossier/des-hommes-de-lombre-a-lorigine-du-defi-242723/
6.Chems Eddine Chitour L’épopée des Nationalisations pétrolières de l’Opep : Rôle important de l’Algérie | Le Club
7..Anissa Boumedienne https://www.lesoirdalgerie.com/contribution/l-ami-et-le-defenseur-des-pauvres-2e-partie-112606 14-02-2024,
8.https://www.elmoudjahid.dz/fr/actualite/53e-anniversaire-de-la-nationalisation-des-hydrocarbures-sid-ahmed-ghozali-appelle-les-algeriens-a-soutenir-leur-armee-et-leur-gouvernement-c-est-l-heure-de-l-union-sacree-213722
https://blogs.mediapart.fr/semcheddine/blog/150225/heritage-atemporel-de-sid-ahmed-ghozali-pour-une-algerie-fascinee-par-l-avenir



Il y a des pages glorieuses et des pages sombres dans son parcours.
Certes, il fut un bâtisseur en son temps, et il convient de lui reconnaître ce mérite. Cependant, il fut aussi un “éradicateur”, en raison de son incompréhension de l’histoire et de sa vision étroite de la “raison d’État”.
Dans les années 90, il apporta un soutien inébranlable à ceux qui menaient la guerre contre leur propre peuple. Aux pages glorieuses des années 70 et 80 qu’il a écrites, il ajouta plus tard des pages sombres, voire funestes, au nom d’une vision excessivement dirigiste et socialiste de l’Algérie. Il fut un allié dévoué des généraux qui plongèrent le pays dans le sang et les larmes en refusant d’accepter la volonté populaire et le verdict des urnes. Il s’opposa à toutes les initiatives visant à sortir de la crise, y compris les accords de Sant’Egidio, fruit d’un rare consensus entre toutes les forces politiques vives du pays. Le peuple ne pouvait que se comporter comme ceux qui “comprennent” comme lui lui dictent, sinon “cave canem”.
Ainsi, il porte sa part de responsabilité dans la décennie noire et les crimes qui y sont associés.