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L’islam s’est fait sa juste place dans le championnat anglais Premier League

De l’autre côté de la Manche, sous leur maillot de footballeurs talentueux, devenus des piliers essentiels de leur équipe, bat le cœur de musulmans qui restent solidement attachés à leurs racines et aux enseignements de l’islam, quand le tourbillon de la célébrité et de l’argent roi balaye bien des valeurs et des repères sur son passage.

Ils sont 40 joueurs d’exception de confession musulmane à s’être frayé un chemin et fait un nom dans le prestigieux championnat anglais Premier League. Issus pour la plupart d’Afrique, et parfois même de ses contrées les plus reculées, ces sportifs aux dribbles de génie ne sont pas de ceux qui se laissent griser par l’effervescence qui les entoure, préférant faire l’éclatante démonstration que le sport de haut niveau et la religion sont deux pratiques assidues parfaitement compatibles.

Ainsi, progressivement, ces jeunes recrues qui portent haut les couleurs de leur club respectif ont donné des signes de leur fidélité à leur religion, à l’image du Sénégalais Demba Ba qui, le 5 février 2012, en proie à une intense émotion après avoir marqué un but pour Newcastle, est tombé à genoux et s’est mis à prier, avant d'être imité par son compatriote Papiss Cissé.

Alors qu’en France la moindre concession faite à l’islam, que ce soit pour un jour férié pour l’Aïd ou pour le halal, est aussitôt décriée comme une reddition devant l’islamisation du pays, les clubs anglais, plus pragmatiques et moins recroquevillés dans une frilosité passionnelle, ont compris tout l’intérêt de choyer leurs poulains musulmans en répondant favorablement à leur requête spirituelle.

Au final, toute l’équipe est gagnante, et c’est cette seule et unique perspective qui a conduit les dirigeants du club de Newcastle à créer une salle de prière pour leurs sept joueurs musulmans. Une salle de prière dont la particularité est d’être accessible aux autres joueurs non-musulmans, qui éprouveraient le besoin de s’isoler ou de se recueillir.

Le vrai challenge sportif, qui donne des sueurs froides aux entraîneurs anglais, reste l’observation du jeûne lors du Ramadan. Une période délicate où chacun s'active pour la recherche du meilleur compromis qui soit. Certains joueurs, sous la forte pression de leurs coaches, rompent le jeûne les jours de match exclusivement, tout en le respectant scrupuleusement le reste du temps.

Le choix des sponsors ne laisse pas non plus indifférents les joueurs musulmans. Ainsi, le joueur de Newcastle, l'irréductible Papiss Cisse n'a pas craint récemment de désapprouver haut et fort le partenariat scellé entre son club et la société de prêt à court terme Wonga, dont l’activité, qui n’a rien d’une œuvre caritative ou philanthropique, est en tout point antinomique avec les valeurs de l’islam. Ce dernier a joint le geste à la parole, refusant de porter le maillot aux couleurs du logo du nouveau sponsor, avant d'être rejoint par ses trois coéquipiers musulmans.

L’islam est aujourd’hui une réalité dans le football britannique, gravissant les marches de la gloire au fur et à mesure que ses joueurs font vibrer les stades. Une juste place sur le devant de la scène footballistique dont rares sont ceux, Outre Manche, qui oseraient en contester la légitimité et le mérite.  

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