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L’extrême droite italienne proteste contre les horaires de piscine réservés aux femmes musulmanes

Dans le grand bain bouillonnant du néo-fascisme européen, le parti italien « Forza Nuova » n’a pas son pareil pour créer des remous dans les rares piscines municipales qui aménagent des plages horaires pour les femmes musulmanes, cherchant à faire boire la tasse à une promotion pilote de l’intégration qui s’est jetée à l’eau avec succès à Venise.

« Une piscine libre ! », c’est sous ce cri de ralliement scandé rageusement que les ultras de l’extrême droite ont défilé, lundi 20 mai, dans la Cité des Doges, s’insurgeant contre la décision du centre sportif Polisportiva Bissuola di Mestre d’ouvrir la piscine locale aux mères de famille musulmanes accompagnées de leurs enfants, trois dimanches de suite, de 9h à 10h30.

Le pays de la Commedia dell’arte est devenu, lui aussi, le théâtre de manifestations nationalistes et islamophobes fiévreuses, dont les bouffons, très antipathiques, sont reconnaissables à leurs blousons noirs et leur crâne rasé, au grand dam d’Ugo di Mauro, le président du club sportif vénitien, qui se retrouve dans leur collimateur. « C’est une occasion de promouvoir l’intégration et la sensibilisation des femmes d'horizons différents », leur rétorque ce dernier sans fléchir, se targuant d’avoir lancé cette opération « Spéciale piscine » en concertation étroite avec l’Union italienne du sport pour tous. Une opération fructueuse qui pourrait être renouvelée, voire même pérennisée.

« Nous sommes à la piscine, repartez à Médine ! » ont vociféré dans les rues les partisans galvanisés de « Forza Nuova », vouant aux gémonies les femmes saoudiennes, alors qu’ils pénétraient de force dans le centre nautique pour y faire des vagues, comme à l’accoutumée. Interpellés par les forces de l’ordre avant que le pire ne se produise, les dangereux semeurs de trouble italiens n’auront pas eu le temps de se donner en spectacle dans le registre sensationnaliste qu'ils affectionnent : déambuler avec des mannequins ensanglantés pour protester contre le ministre de l’Intégration, comme ils le firent l’année dernière, renouvelant le genre de la comédie à l'italienne, à l’effarement général.

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