Réunie jeudi 27 juin à Ajaccio, l’Assemblée de Corse a voté à une large majorité – seule la droite s’est abstenue – une motion reconnaissant symboliquement l’existence de l’État de Palestine. Le texte, porté par la présidente Marie-Antoinette Maupertuis, s’appuie sur les résolutions de l’ONU, dénonce des actes « potentiellement génocidaires » à Gaza, et appelle à un cessez-le-feu immédiat. Il demande aussi l’arrêt des livraisons d’armes à Israël et refuse l’usage des bases militaires corses à des fins contraires aux droits humains.
Sans portée juridique, cette motion marque pourtant un geste politique fort. Plusieurs élus insoumis l’ont saluée, parlant d’un « courage exemplaire ». D’autres, comme Nicolas Battini, président de Mossa Palatina, ont dénoncé une dérive idéologique, fustigeant un discours « islamo-gauchiste ».
Mais derrière ce vote, c’est aussi l’inaction du gouvernement français qui se retrouve pointée du doigt. Tandis que l’Espagne, l’Irlande ou la Norvège ont reconnu l’État de Palestine, la France reste figée dans les formules vagues et les prudences diplomatiques. En avril, le président promettait une reconnaissance « au moment utile ». Deux mois plus tard, rien. Le genocide continue, et Paris regarde ailleurs. Ce silence devient pesant, voire complice. À force d’attendre un « bon moment » qui ne vient jamais, la France perd sa voix, son poids, et une part de ses principes. Sur la scène internationale, elle se tait là où elle devrait parler fort. L’Assemblée de Corse, elle, a tranché. Et son geste sonne comme un rappel brutal à l’Élysée : il n’est plus temps d’hésiter.



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