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Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France: “Vous ne pouvez pas reconnaître un Etat Palestinien avec des conditions”

L’ancienne déléguée générale de la Palestine en France, Leïla Shahid, a salué lundi sur RTL la décision d’Emmanuel Macron de reconnaître l’État de Palestine, estimant qu’il s’agit de « beaucoup plus qu’un symbole ». « Bien sûr, c’est un symbole, mais aujourd’hui le président Macron entérine ce que les présidents français depuis Charles de Gaulle essayaient de faire sans y parvenir officiellement », a-t-elle déclaré.

Leïla Shahid, qui fut déléguée générale puis ambassadrice de Palestine à Paris dès 1993, rappelle qu’« il y a déjà une ambassade palestinienne à Paris qui fonctionne ». Mais, selon elle, la portée de l’annonce tient au fait que le chef de l’État agit « de manière très officielle aux Nations unies » et « entraîne avec lui dix pays ».

Interrogée sur la condition posée par Emmanuel Macron — la libération des otages avant l’ouverture d’une ambassade française en Palestine — la diplomate a exprimé ses réserves : « Juridiquement, vous reconnaissez ou vous ne reconnaissez pas, mais vous ne pouvez pas reconnaître avec des conditions. Parce que demain l’Anglais dira : moi j’ai une autre condition, et le Portugais une autre. Le droit international dit : on reconnaît un État. » Elle a toutefois ajouté : « Bien sûr, c’est à nous de faire libérer [les otages], et nous le voulons plus que vous, car toute la guerre est justifiée par M. Netanyahou en disant : c’est pour libérer les otages. »

Pour beaucoup, cette reconnaissance par la France arrive après des décennies de silence et de calculs diplomatiques, alors même que la population palestinienne subit une offensive que nombre d’ONG et de juristes internationaux qualifient de génocide. Il s’agit donc d’une reconnaissance tardive, contrainte par l’ampleur des massacres et de la destruction systématique de Gaza. En nommant enfin l’État palestinien, Paris reconnaît implicitement l’existence d’un peuple que l’on tente d’effacer sous les bombes, et rappelle que le droit international n’a de sens que s’il protège ceux qui sont aujourd’hui les plus vulnérables. Ce geste, s’il marque une avancée, souligne aussi l’immense retard des puissances occidentales face à l’une des tragédies humaines et politiques les plus flagrantes de notre temps.

 

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