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les tunnels de Daesch: une tradition millénaire du Moyen-Orient

Les informations nous révèlent depuis peu la tactique de l'IE pour faire face aux bombardements de la coalition russo-occidentale tant en Syrie qu'en Iraq. Galeries reliant des habitations, tunnels pour s'échapper en dehors des villes assiégées, caches souterraines en profondeur résistant aux bombes percutantes…

Les journalistes et les services de renseignements occidentaux découvrent tout un arsenal peu utilisé jusqu'alors dans les guerres dits conventionnelles et pourtant. En Occident lors de la Grande Guerre, dans les dernières années, chacune des armées épiait les bruits sourds venant des entrailles de la terre et pouvant cacher l'aménagement d'une sape par l'adversaire, sape visant à faire sauter à la dynamique les aménagements e l'adversaire.

La Meuse a conserver les traces de ces sapes et plusieurs villages martyrs ont ainsi été rayés de la carte, soufflés depuis leur sous-sol. Dans le Nord de la France, d'anciennes galeries de mines ou des aménagements ad hoc comme à Arras servaient de lieu de repli ou de conservation du matériel sensible. Plus près de nous, la Ligne Maginot reposait sur cet unique principe de la fortification souterraine.
Aux Proche- et Moyen-Orient ce sont les Palestiniens de la bande de Gaza qui trouveront dans l'aménagement de tunnels entre Gaza et l'Egypte les moyens d'échapper au blocus tant des Hommes que des produits (alimentation, médicaments, peut être aussi armement). La traque de Ben Laden dès l'invasion de l'Afghanistan en 2001 a donné naissance aux légendes du fameux monde souterrain du massif de Tora Bora, au cœur de l'Hindoukouch, où Ben Laden devait se terrer et d'où il commandait ses exactions planétaires, comme dans un bon vieux polar. L'épisode fera le bonheur des Guignols de l'Info. Mais sur des erreurs répétés de l'Etat-major américain, le leader d'Al Qu'aida era exfiltré par un chef de tribu et accueilli au sein des communautés talibans ou sympathisantes du Waziristân, zone frontalière de non-droit à cheval entre l'Afghanistan et le Pakistan.
Les Hommes depuis des temps immémoriaux ont toujours trouvé refuge dans les entrailles de la terre lors de conflits auxquels leurs défenses artificielles ne leur permettaient pas de répondre.. Les habitats troglodytiques, cavités naturelles réaménagées, restaient le premier recours. La Cappadoce en Anatolie turque, les nombreux souterrains refuges de l'Occident méditerranéen, aujourd'hui attractions touristiques, impressionnent certains par leur complexité et la qualité de leurs protections.

Plus les conflits duraient, plus les hommes amélioraient leur protection. Ainsi au Moyen-orient, contre l'invasion arabo-musulmane au VIIe siècle de notre ère, de très nombreux aménagements souterrains vont voir le jour. Le creusement de tunnel était dans ces région une tradition antique et ce savoir-faire utilisé déjà dans la technique des adduction d'eau dans les déserts iraniens va servir à la défense ou à la fuite. Aujourd'hui encore des centaine de milliers de km de canaux souterrains, dénommés là-bas "qanâts" alimentent en eau les grandes cités des déserts centraux du Lut et du Kavir .

Cette technique particulièrement développé sous l'empire sassanide (224-646) va être mise à contribution lors des incursions arabes pour aménager des refuges souterrains artificiels. Non loin de la ville de Kashan, au sud-est de Téhéran, une ville souterraine, Nouchabād, offre sur trois étages un système de galeries, puits d'aération, chambres etc..

Dans de nombreuses forteresses de cet Iran sassanide, de l'Azerbaidjan iranien aux frontières de l'Afghanistan, des galeries très ingénieuses permettaient de s'enfuir en cas de siège ou d'aller à couvert chercher l'eau des fameux qanâts à plusieurs centaines de mètres en contrebas dans la vallée et cela à l'insu des assiégeants. Lors des sièges des forteresses franques au Proche-Orient à l'époque des croisades, les attaquants arabes creusaient des sapes afin de faire exploser les murailles.

Quelque soit la géologie, à l'exception du granit, le savoir faire des ouvriers sourciers de ces régions est remarquable en efficacité. Lors de mon séjour à Hérat en Afghanistan, je me souviens de cet ouvrier qui en deux jours a creusé , avec comme seul outil une petite pelle pioche, un sceau et un treuil manuel actionné par un collègue, un puits dans notre cour et cela à plus de 10m de profondeur. 

Cette maitrise exceptionnelle du forage s'est donc perpétué jusqu'à nos jours. Ne soyons donc pas surpris que Daesch, acculé, tout comme Ben Laden, aux interventions aériennes de la coalition et sentant que l'étau se resserre autur de lui, utilise ces techniques ancestrales.
 

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