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Des savants égyptiens s’insurgent contre l’Etat Islamique après le meurtre de Steven Sotloff

De nouveau plantées dans le même paysage désertique inidentifiable, les caméras de l’Etat Islamique en Irak et du Levant (ISIL) ont, une fois encore, épouvanté le monde, en filmant ce qui semble être devenu un rituel macabre immuable dont on connaît désormais le dénouement tragique.

Dans une mise en scène de l’horreur parfaitement rôdée et sans effet de surprise, hormis sa répétition à deux semaines d’intervalle, le condamné à mort avait, cette fois-ci, les traits du journaliste israélo-américain Steven Sotloff, 31 ans, lequel était apparu à la fin de la vidéo de la décapitation de James Foley, empoigné par un bourreau masqué, dont le rôle est manifestement campé par le même individu, qui a mis ses menaces à exécution.

Décrit comme un passionné du monde arabe et un reporter de guerre expérimenté, ayant un pied-à-terre en Libye d’où il a couvert les différents théâtres de conflit libyen, syrien, égyptien, ou encore au Bahreïn, pour le compte de différents médias, tels que le magazine Time, l’hebdomadaire Christian Science Monitor, la revue Foreign Policy, le journal World Affairs, et la télévision ABC, Steven Sotloff a subi le même sort que son confrère et compagnon de détention, après être tombé aux mains des "djihadistes" de l’Etat Islamique, le 4 août 2013, à Alep, loin de son Miami natal, à proximité de la frontière turque.

Suscitant effroi et sidération Outre-Atlantique mais aussi au-delà, et notamment parmi de nombreux savants musulmans de tous les pays, qui ne cessent, depuis le châtiment fatal infligé à James Foley, de condamner ces meurtres atroces que réprouve l’islam, formellement et sévèrement, l’onde de choc de la mise à mort de Steven Sotloff s’est accompagnée de la révélation de sa nationalité israélienne, jusqu’ici tenue secrète par Washington.

Alors que les Etats-Unis, ces apprentis-sorciers qui sèment le chaos partout où ils sévissent, sans avoir les moyens faramineux de leurs objectifs de guerre, se sont cabrés contre l’Etat Islamique en affirmant ne pas vouloir se laisser « intimider », d’éminents dignitaires religieux musulmans, quant à eux, haussent le ton pour dénoncer ces crimes barbares et désavouer les criminels, indignes de l’islam et de son humanisme, qui les commettent : "La décapitation du journaliste américain Steven Sotloff par le soi-disant 'Etat islamique' en Syrie est un crime horrible qui enfreint gravement les nobles enseignements de l'Islam. Tuer des innocents n’a jamais été justifié par l'islam", a insisté le Dr Wael Shihab de l'université Al-Azhar, titulaire d’un doctorat en études islamiques, à l’unisson de la Maison égyptienne de la Fatwa, Dar Al-Ifta, cet organisme semi-gouvernemental chargé de la délivrance des fatwas, qui n’a pas eu de mots assez forts pour blâmer cet "acte odieux qui porte gravement atteinte à l'image de l'Islam et des musulmans à l’échelle planétaire."

"Les journalistes, comme tous les civils, sont protégés par les lois islamiques ainsi que par toutes les conventions du monde, même en temps de guerre. Ainsi, la criminalité déclarée de l'ISIL, que les communautés musulmanes du monde entier désapprouvent avec la dernière énergie, est une violation flagrante des valeurs universelles de l'Islam. Par conséquent, les auteurs de cet acte terrifiant doivent être traduits en justice", a renchéri le Dr Wael Shihab, avant de souligner non sans émotion : "L'islam a précédé toutes les lois du monde dans la défense des innocents. Allah dit: 'Quiconque tue un être humain, qui lui-même n’a pas tué ou commis de violence sur cette terre, tue l’humanité entière, et quiconque sauve la vie d’autrui, sauve toute l’humanité' (Al-Maidah 5: 32). En outre, le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) aurait dit: 'Un croyant reste dans le cadre de sa religion, tant qu'il ne tue pas une autre personne illégalement".

Ne décolérant pas, le Grand Mufti d’Egypte, Shawqi Allam, qui n’avait pas été le dernier à vilipender ces "djihadistes" des ténèbres ainsi que leur "organisation corrompue et extrémiste qui représente un vrai danger pour l’islam et les musulmans", en pointant du doigt la coopération internationale et régionale sans laquelle son émergence mortifère n’aurait pas été possible, a, lui aussi, mis en relief la valeur, ô combien précieuse et inestimable, que revêt la vie humaine dans l’islam. "Dieu considère tout crime comme un péché majeur, qui condamne le criminel dans l'au-delà", a-t-il tenu à rappeler avec solennité. 

Quant à l’impérialisme américain et à ses laquais, jusqu’à quand prétendront-ils éclairer le monde à la lueur du flambeau de la démocratie en contribuant à le plonger dans un obscurantisme toujours plus opaque et funeste ?

Par la rédaction 

Un commentaire

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  1. Comme tous “journalistes tués par ISIS”, j’exige une preuve qu’il a été tué par des musulmans avant de clamer qu’il est interdit de tuer des civils, chose que fait ISIS depuis sa création par la coalition des comploteurs : USA-France-Israel.

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