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Les déclarations d’un cardinal allemand choquent les musulmans

On peut être archevêque de Cologne, avoir atteint un âge canonique que l’on penserait respectable, et se laisser aller à des considérations outrageantes pas très catholiques, le cardinal Joachim Meisner a, à quelques semaines de sa retraite, provoqué un tollé en Allemagne, notamment au sein de la communauté musulmane.

Comment, en effet, tout conservateur qu’il est, le prélat de 80 ans, sur le point de tirer sa révérence en février, a-t-il pu déclarer devant des membres du mouvement catholique Chemin néocatéchumal qui l’écoutaient religieusement que "chacune de vos familles vaut aisément pour moi trois familles musulmanes" ? 

Cette phrase, prononcée devant des disciples d’une organisation connue pour son conservatisme et ses familles nombreuses, n’avait rien de la bonne parole prêchée par un haut dignitaire de l’Eglise catholique, et son effet a été l'aune de sa capacité de nuisance.

Suscitant l’indignation générale, aussi bien du gouvernement allemand que des représentants musulmans, la préférence manifestée par le cardinal a été jugée éminemment blâmable : "Mgr Meisner contribue à répandre la peur et l’incompréhension", a condamné Bekir Alboga de l'organisation turco-islamique Ditib, sur les ondes de la Deutsche Welle. "Nous avons besoin de médiateurs entre deux cultures en Allemagne, pas de gens qui suscitent les divisions", a-t-il insisté, très remonté. De son côté, le président du Conseil central des musulmans d'Allemagne, Aiman Mazyek, a exprimé sa vive inquiétude devant ces propos ahurissants, susceptibles de propager la haine : ce sont des propos que " nous ne connaissons pas au sein de l'Eglise catholique et en particulier de la part du nouveau pape François", a-t-il souligné.

Devoir de réserve oblige, Aydan Özoguz, chargée des questions d'intégration au sein du gouvernement d'Angela Merkel, a indiqué qu’elle ne souhait pas commenter ce qu’elle considère être "l'opinion personnelle d'un haut responsable catholique", tout en confiant néanmoins qu’elle "ne la comprend pas", comme l’a relaté le quotidien régional Kölner Stadtanzeiger.

Contraint à faire acte de contrition, l’archevêque de Cologne qui, manifestement, n’a soupesé ni le poids ni le "choix de ses mots", oubliant qu’ils avaient un sens, a assuré les regretter, concédant qu’ils avaient "peut-être été malheureux". "En aucun cas ce n'était mon intention d'offenser des gens d'une autre religion", a clamé ce dernier dans un mea culpa tout en nuances, sous une volée de bois vert… 

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