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Le tribunal administratif de Paris suspend l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen

Véritable douche froide pour Gérald Darmanin, la décision fébrilement attendue du tribunal de Paris, qui a choisi de suspendre, ce vendredi 5 août, après examen du référé liberté de Me Lucie Simon, l’expulsion vers le Maroc de l’imam Hassan Iquioussen, va-t-elle toutefois réfréner les ardeurs « expulsatrices » du ministre de l’Intérieur ?

Rien n’est moins sûr, si l’on en juge par la riposte immédiate lancée depuis son bureau de la Place Beauvau. Ce dernier, arc-bouté sur ses positions intransigeantes envers les « discours déviants » des dignitaires musulmans, vient d’annoncer qu’il faisait appel de la décision devant le Conseil d’État, réitérant dans un communiqué sa ferme intention de « lutter contre ceux qui tiennent et diffusent des propos de nature antisémite et contraire à l’égalité entre les hommes et les femmes ».

Le Conseil d’Etat devrait rendre son verdict d’ici à quinze jours. En faveur de qui tranchera-t-il, là est la question…

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En attendant, le prédicateur musulman du nord de la France, devenu la bête noire de l’Etat, et ses soutiens indéfectibles, parmi lesquels figurent de nombreuses mosquées et plusieurs personnalités de gauche, peuvent pousser un grand « Ouf » de soulagement, et même savourer pleinement ce qui ressemble fort à une première victoire judiciaire indéniable. « Nous sommes très heureux de cette décision et soulagés. Hassan Iquioussen va pouvoir se défendre sur le fond. Nous avions confiance en la justice ». 

En effet, l’arrêté d’expulsion qui, depuis le 3 mai, planait comme une épée de Damoclès sur Hassan Iquioussen, motivé par ses « propos haineux à l’égard de la France » selon Gérald Darmanin, bien qu’ayant été entériné par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEHD), s’est heurté au retoquage de la cour du tribunal administratif de Paris.

Le tribunal a jugé recevable la requête de l’avocate Lucie Simon, estimant que Hassan Iquioussen ne représentait aucune menace à l’ordre public ou à l’Etat. 

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Il a ainsi rejeté tous les griefs formulés par la représentante du ministère de l’Intérieur, et, mieux encore, considéré que la décision de l’expulser constituait « une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de Hassan Iquioussen ». A l’exception d’anciennes déclarations sur les femmes au foyer, jugées discriminantes.

La justice a également ordonné qu’un récépissé de séjour de trois mois soit accordé, toutes affaires cessantes, à l’imam.

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5 commentaires

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  1. Eh Leroy? Tu renvoies vers Causeur pour réfléchir? Cette feuille de choux islamophobe qui pense analyser avec de grands cris d’indignation et qui pratique toute honte bue les deux poids deux mesures est l’antiréflexion. Elle n’est pas légaliste puisque en estimant que Hassan Iquioussen s’est mis hors la loi par ses propos, elle doute que les tribunaux le sanctionnent.
    Toi qui te dit cultivé, dois-je te rappeler la fameuse phrase de Voltaire?
    Elle est d’une actualité brûlante. S’attaquer aux étrangers ou aux minorités avec l’assentiment de la majorité se retournera contre cette dernière comme nous l’avons vu avec le Patriot Act des néoconservateurs qui, dirigé contre les étrangers, a été utilisé illégalement contre les citoyens américains comme l’a si bien démontré Edward Snowden.
    Ton assiduité sur le site est touchante et tu dois te sentir comme un guetteur ou comme une avant-garde pour utiliser un concept cher à ceux que tu détestes.
    Bonne veillée!

    Mustapha Djillani

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