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Le débat sur l’islam : une convention entre initiés, et 26 mesurettes à la clé

Une petite convention entre initiés de 3 heures, l’islam débattu, rebattu, et battu en brèche, 26 petites propositions signées de son artisan et maître de cérémonie Copé, et puis s’en vont… à l’Assemblée Nationale, là où tout finit inéluctablement, pour gonfler une législation du « zéro défaut » surabondante, mais rarement appliquée.

Le must du débat national artificiel, qui s’est réduit comme peau de chagrin en une séance de coaching de groupe, a tenu une seule promesse : s’inventer des maux imaginaires dans une France où la laïcité se porte à merveille, et s’émouvoir d’un épouvantail islamique fantasmagorique, exutoire de tous les dépits.

Dans cette assemblée de gens de bonne compagnie, où les absents de poids n’avaient pas forcément tort, tels le Premier ministre et le président du Sénat, la présence religieuse a attiré tous les regards, notamment celle de Gilles Bernheim, Grand rabbin de France, mais aussi du prêtre Matthieu Rougé, de Joël Mergui, président du Consistoire central de France, ainsi que d’un représentant de la communauté sikh, l’imam Chalghoumi se distinguant, quant à lui, par un forfait de dernière minute.

Ressortie grandie et plus sacralisée que jamais, la loi de 1905 ne subira aucun lifting opéré par la droite décomplexée. Mais encore une fois était-ce l’apanage d’un seul parti politique de s’emparer d’une telle question, à 14 mois de l’élection suprême, et de la monter ainsi au pinacle ?

Le débat crucial sur l’islam, le mal-nommé, l’inopportun, l’inutile, et le malhonnête, a finalement accouché au forceps de mesurettes que le bon sens et la responsabilité politiques étaient à même d’arbitrer et de mettre en œuvre concrètement sur le terrain, dans une concertation intelligente.

Elaborer un code de la laïcité et de la liberté religieuse, contraindre les fonds étrangers à “transiter par une fondation nationale pour la construction des lieux de culte” , permettre aux entreprises d’”intégrer à leur règlement intérieur” un encadrement du “port de tenues et signes religieux” et des pratiques religieuses (prière, restauration collective …), auxquels s’ajoutent des propositions interdisant le port des signes religieux – notamment du voile – aux personnels des crèches, et aux parents accompagnateurs de sorties scolaires, l’interdiction de refuser les soins d’un médecin homme à l’hôpital, plus de viande halal ni casher, mais des menus végétariens alternatifs à la cantine, l’obligation de suivre tous les cours, y compris d’histoire, de sport et d’éducation sexuelle, faciliter l’achat de terrains et d’édifices religieux en assortissant les baux emphytéotiques d’une “option d’achat” et développer pour les associations cultuelles le “recours aux garanties d’emprunt” données par les collectivités locales, tel est en substance le fruit de ces quelques heures passées entre bien-pensants de la droite Copéiste, qui se sont fait plaisir en s’arrogeant le droit de penser pour le pays tout entier, en attendant le jour béni où ils pourront le fondre dans un moule aux formes déjà pré-dessinées…

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