in

L’Allemagne nomme sa première porte-parole musulmane au sein d’un ministère

Pour entrer dans les annales politiques allemandes, la nomination de Sawsa Chebli, porte-parole adjointe du nouveau ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, contribuera-t-elle pour autant à changer le regard de ses concitoyens sur l’islam, par trop obscurci par le prisme d’un dénigrement pernicieux et offensif ?

Là est toute la question, même si pour l’heure, la jeune femme d’origine palestinienne savoure l’instant présent qui est à marquer d’une pierre blanche à plus d’un titre. En effet, à seulement 35 ans, celle qui se décrit comme une musulmane très pieuse et en phase avec son temps, conciliant harmonieusement vie professionnelle, vie privée et pratique religieuse, a été propulsée à un poste clé du sérail politique en bousculant des décennies de tradition qui, selon une règle jusqu’ici immuable, avaient coutume de promouvoir à la haute fonction qu’elle occupe désormais des grands noms de l’aristocratie allemande, de surcroît parfaitement rompus à l’exercice.   

"A me voir, on ne peut pas deviner que je suis musulmane, comme je ne porte pas un foulard sur la tête", a déclaré Sawsan Chebli lors de sa première interview accordée, le week-end dernier, à Berlin, à la Deutsche Presse-Agentur (DPA). "Et pourtant je prie quotidiennement, j’observe le jeûne, je ne mange pas de porc et je ne bois pas d'alcool", a-t-elle tenu à souligner, en retraçant son histoire familiale et sa naissance à Berlin, après que ses parents aient choisi l’Allemagne comme terre d’accueil, se voyant attribuer la nationalité allemande à l’adolescence, tout en insistant sur la fierté qui l’animait à l’annonce de son admission dans la sphère universitaire pour suivre des cours de sciences politiques, dont elle est ressortie diplômée. Elle a également relaté les six années, très formatrices, passées au sein du temple législatif, le Bundestag, où elle a fait ses classes en se familiarisant avec ses rouages et ses codes.

Se félicitant de son ascension dans le saint des saints du pouvoir, Sawsa Chebli nourrit l’espoir que sa réussite personnelle rejaillira positivement sur sa communauté de foi et chassera des esprits bien des idées reçues qui sapent le vivre-ensemble : "J'espère qu'un jour, les différences de religion ou d’origine ethnique n’occuperont plus le premier plan, au détriment de l’individu, mais seront perçues comme normales et faisant partie du paysage". Un vœu sincère qui ne se contentera pas de rester pieux…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La nouvelle Constitution tunisienne marque une “étape historique”

Agression raciste :« Qui parmi vous est arabe ? »