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La France votera jeudi en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’ONU

« Le peuple palestinien n’en peut plus d’attendre », c’est par ces mots à forte résonance émotionnelle que le député François Asenci, issu des rangs du groupe parlementaire de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), a interpellé Laurent Fabius, hier mercredi, dans le temple législatif, afin de connaître la position de la France au sujet de la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU.

A la veille de la date fatidique du 29 novembre qui verra Mahmoud Abbas soumettre la requête de la Palestine à l’Assemblée générale des nations Unies, contre vents et marées, et surtout en dépit des violents courants contraires provoqués par cette démarche en Israël, l’heure n’était plus au louvoiement à la française, mais à la dissipation de l’ambiguïté qui a entouré le chaleureux accueil réservé à Netanyahu par François Hollande, fin octobre.

La France ne s’alignera pas sur le veto irrévocable des Etats-Unis et, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a annoncé qu’elle votera la résolution déposée par la Palestine à l’Assemblée générale des Nations-Unies jeudi, pour un vote intervenant le jour même, ou bien le lendemain vendredi.

Même si cette précieuse victoire morale pour la Palestine, qui est assurée d’obtenir les voix d’une large majorité de 194 Etats membre de l’ONU, ne changera pas la face du monde, bousculant à peine l’hégémonie insolente d’Israël, plus que jamais arc-bouté sur son totalitarisme et sa volonté de nier la souveraineté palestinienne, elle lui conférera cependant une visibilité et légitimité internationales qui lui ouvriront les portes d’agences spécialisées des Nations-Unies (agences pour l’alimentation, l’agriculture, le développement, l’environnement, etc.), dans la continuité de son entrée à l’UNESCO l’an dernier, ainsi qu’un accès à la Cour Pénale Internationale (CPI).

De son côté, le Hamas a officiellement cautionné l'initiative du président palestinien Mahmoud Abbas pour obtenir le statut d'Etat observateur à l'ONU, faisant provisoirement taire les divergences entre son chef en exil et ses dirigeants à Gaza. Khaled Mechaal, chef du bureau politique en exil, a tranché le débat en exprimant lundi "dans une conversation téléphonique avec le président Abbas l'agrément du Hamas à la démarche à l'ONU pour obtenir le statut d'Etat observateur", selon les termes d'un communiqué.

"Personne n'est contre un Etat, nous sommes en faveur de toute initiative pour arracher un Etat palestinien sur la terre palestinienne, mais notre vision est celle d'un Etat dans le cadre des constantes et de la résistance palestiniennes", a déclaré, pour sa part, le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh.

Une perspective qui a déclenché les foudres de l’Etat hébreu, guère habitué à ce que ses coups de semonces qui font  trembler la communauté internationale, et sa fureur guerrière qui a encore fait la démonstration de sa toute-puissance et impunité à Gaza, aient échoué à ébranler la volonté de l’Autorité palestinienne. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir tempêté, menacé, et accentué les pressions sur les dirigeants palestiniens au cours de ces derniers jours, lesquels furent mis à rude épreuve par un gouvernement israélien qui se cabre face aux prémices de la reconnaissance de la Palestine.

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