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À Bogotá, au sommet du Groupe de La Haye (plus de 30 participants), Israël accusé de génocide

Le sommet de Bogotá appelle à rendre des comptes à Israël pour les crimes à Gaza, qualifiés de génocide par les participants.

Pourquoi lire cet article :

  • Comprendre les enjeux du sommet du Groupe de La Haye sur la Palestine.
  • Découvrir les réactions internationales face aux actions israéliennes.

Réunis en urgence à Bogotá, plus de trente pays et plusieurs représentants de l’ONU ont lancé un signal fort : Israël doit rendre des comptes pour les crimes commis à Gaza. Accueilli par la Colombie et coprésidé par l’Afrique du Sud, le sommet du Groupe de La Haye entend mettre fin à ce que ses membres nomment sans détour un « génocide » du peuple palestinien.

Né en janvier 2025 dans la ville néerlandaise dont il porte le nom, le Groupe de La Haye est une coalition de huit pays du Sud global — la Colombie, la Namibie, le Sénégal, la Malaisie, Cuba, la Bolivie, le Honduras et l’Afrique du Sud — qui se sont alliés pour faire respecter le droit international face à l’impunité israélienne. Soutenu par des ONG internationales, des juristes et des figures du monde diplomatique, le groupe milite pour l’application des mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale, la suspension des ventes d’armes à Israël et la mise à l’écart de son complexe militaro-industriel. La Chine, la Turquie et l’Algérie, sans appartenir formellement à cette coalition permanente, participent néanmoins au sommet de Bogotá, aux côtés de nombreuses délégations invitées.

Figures de la diplomatie internationale, experts juridiques et défenseurs des droits humains participent à ce rassemblement inédit, marqué par les déclarations percutantes de Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l’ONU, malgré les sanctions que lui a imposées Washington. « Il n’y a rien à négocier. Israël doit se retirer immédiatement de Gaza », a-t-elle lancé, appelant également les États à rompre tout lien militaire, économique et diplomatique avec Tel-Aviv. « Israël commet des crimes comme il respire. La seule manière de protéger les Palestiniens, mais aussi les Israéliens, c’est de l’arrêter. »

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Alors que les États-Unis fustigent l’initiative, qualifiant le Groupe de La Haye de menace contre leurs intérêts et ceux d’Israël, les pays présents défendent au contraire l’application rigoureuse du droit international. « Ce n’est pas la militarisation du droit international. C’est son application », a affirmé Annelle Sheline, ex-diplomate américaine, démissionnaire en 2024 face au soutien de Washington aux bombardements sur Gaza.

La conférence s’est ouverte avec des témoignages poignants, comme celui du médecin américano-palestinien Thaer Ahmad, qui a travaillé dans les hôpitaux de Khan Younès. Il a dénoncé l’utilisation de la famine et de la soif comme armes de guerre, tandis que le représentant palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a martelé : « Les valeurs que l’on croyait universelles sont en morceaux — comme les dizaines de milliers de civils affamés, tués ou mutilés en Palestine. »

Avec ce sommet, un basculement géopolitique se dessine. Face à l’inaction ou à la complicité des grandes puissances occidentales, des États du Sud global prennent la tête d’un front multilatéral pour défendre le droit international. Le Groupe de La Haye ne se contente plus de déclarations symboliques : il veut imposer des sanctions, couper les liens économiques et soutenir les procédures judiciaires contre Israël. Ce repositionnement du Sud dans la défense des droits humains pourrait redessiner les rapports de force sur la scène internationale, en faisant de la Palestine une cause centrale du nouvel ordre multipolaire. « Le sommet de Bogotá restera comme le moment où des États ont enfin décidé de faire ce qui est juste », affirmait Albanese à la veille de la conférence.

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