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La déclaration de l’Assemblée des Juristes Musulmans d’Amérique au sujet de la prière de l’Aïd

Le jeûne du mois de Ramadan

Depuis Sacramento, la cité phare de l’Etat de Californie, où ils siègent en permanence, délibèrent et émettent des fatwas collectives depuis 2002, afin d’insuffler une orientation et une pensée islamiques, pertinentes et accessibles, à la communauté musulmane américaine qui était en quête de conseils éclairés, un aréopage de juristes musulmans ont rendu leur avis au sujet de la prière de l’Aïd, à l’heure du Covid-19.
Réuni au sein de l’Assemblée des Juristes Musulmans d’Amérique (AMJA), ce conseil des Sages a rendu publique sa Déclaration très attendue concernant la prière à la maison. Une Déclaration empreinte de clémence, alors que la pandémie sévit toujours avec une extrême virulence de l’autre côté de l’Atlantique.

Voici, en substance, la teneur de l’arbitrage de ce Comité permanent de la Fatwa :
« Au nom d’Allah, le plus Bienfaisant, le plus Miséricordieux.
Toutes les louanges appartiennent à Allah, et que la prière et la paix soient sur le Messager d’Allah, sa famille, ses compagnons et ceux qui ont suivi.
La prière de l’Aïd est l’un des symboles de l’islam. Les décisions des érudits à ce sujet varient, la considérant soit une obligation communautaire, soit comme une obligation individuelle, ou encore comme une loi immuable, une sunna très importante.
Semblable à la prière de Jumu’ah (vendredi), qui est exécutée dans son cadre autorisé, même si ce n’est que par l’administration de la mosquée, la prière de l’Aïd doit être également accomplie.
Bien que la khutbah soit une condition de validité pour la Jumu’ah, c’est une recommandation (non obligatoire) pour les deux Aïds. Ceci est soutenu par la citation de Abdullāh b. al-Sa’ib : « J’ai assisté à l’Aïd avec le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) et il a dit : « Nous allons prononcer un sermon, donc quiconque veut s’asseoir pour le sermon devrait s’asseoir, et quiconque veut prendre congé, devrait partir ». Par conséquent, ni la khutbah, ni son écoute, ne constituent des exigences pour la prière de l’Aïd.
Bien que la prière du vendredi doive être exécutée principalement dans la mosquée, la prière de l’Aïd est principalement accomplie à l’extérieur, dans un espace ouvert, aux abords de la mosquée.
Pour cette raison, la majorité des juristes, à l’exception des Hanafis, ont estimé qu’il était permis de l’exécuter à la maison pour quiconque ne pouvait l’accomplir au sein de sa congrégation. Al-Muzani a raconté, en se référant à al-Shāfi’i (qu’Allah lui fasse miséricorde), à Mukhtasar al-Umm, que « le fidèle devrait se recueillir chez lui pour les deux Eids, ainsi que le voyageur, le serviteur et la femme ».
Selon al-Khurashi, un juriconsulte de l’école Maliki : « Il est recommandé à quiconque manque la prière de l’Aïd avec l’imam de l’accomplir. Cela devrait-il être fait dans une congrégation ou seul ? Il y a deux opinions distinctes à ce sujet ».
Al-Mardawi, un juriste se réclamant de l’école Hanbali, a pour sa part déclaré : « S’ils manquent la prière (c’est-à-dire l’Aïd), il est recommandé de la refaire de la manière dont elle est normalement priée (tout comme l’imam la prie) ».
La fatwa du Comité permanent en Arabie saoudite est fondée sur cela.
Par conséquent, au vu de toutes ces considérations, nous déclarons solennellement qu’il n’y a rien de mal à effectuer la prière de l’Aïd à la maison, individuellement ou avec ses proches, pour ceux qui ne peuvent l’effectuer au sein de la congrégation, en raison de certaines contraintes majeures, comme celle que représente actuellement le Covid-19.
Dans cette droite ligne, Il n’y a rien de mal non plus à écouter un sermon à la télévision ou en ligne, après avoir accompli la prière de l’Aïd à la maison, seul ou en cercle restreint, entouré des êtres les plus chers.
Et Allah l’Exalté sait mieux.»
 

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