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JO : le hijab interdit aux athlètes françaises. Indignation de Tina Rahimi, la première boxeuse voilée d’Australie

Tina Rahimi, boxeuse voilée, critique l'interdiction du hijab pour les athlètes françaises aux JO 2024, dénonçant une discrimination inacceptable.

Pourquoi lire cet article :

  • Pour comprendre les enjeux de la laïcité et du sport en France.
  • Pour découvrir le parcours inspirant de Tina Rahimi et son combat pour les droits des athlètes musulmanes.

Alors qu’elle n’est plus qu’à une portée de gants de son rêve olympique, auquel elle s’est accrochée en envoyant au tapis les plus coriaces de ses adversaires mais aussi des préjugés, Tina Rahimi, la championne de boxe australienne, a fait une arrivée fracassante à Paris. Elle a appuyé d’emblée là où ça fait mal : la laïcité sectaire, répressive et liberticide à la française.

Heureuse et fière d’inscrire son nom dans l’histoire du sport, en tant que première boxeuse musulmane voilée à représenter l’Australie aux JO 2024, cette battante-née de 27 ans, qui s’illustre depuis plusieurs années dans la catégorie poids plume, n’est pas encore montée sur le ring qu’elle a déjà décoché un puissant uppercut… 

Elle a osé critiquer l’incritiquable interdiction de porter le hijab infligée aux athlètes françaises, et uniquement à elles, au risque de s’attirer les foudres des farouches défenseurs d’un laïcisme que personne ne nous envie, des fervents tenants de l’intolérance républicaine, foncièrement islamophobes.

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Armée d’un mental en acier trempé et éprise de justice, il en faudrait bien plus à Tina Rahimi pour être déstabilisée que les sempiternels cris d’orfraie de notre doxa dominante, d’autant plus que cette interdiction du hijab, qui la choque profondément, contrevient à la règle en vigueur. En effet, dans les grandes compétitions internationales, il est désormais permis aux boxeuses de combattre voilées et vêtues d’une tenue couvrante, respectueuse de la pudeur musulmane.

« Les femmes ont le droit de choisir la manière dont elles veulent s’habiller », a-t-elle déclaré après l’avoir écrit en quelques lignes bien senties sur Instagram, en marge de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris. « Avec ou sans hijab. J’ai choisi de porter le hijab dans le cadre de ma religion et j’en suis fière », a-t-elle insisté avec force.

« On ne devrait pas avoir à choisir entre ses convictions, entre sa religion et son sport. C’est ce que les athlètes françaises sont obligées de faire. Peu importe votre apparence ou votre tenue vestimentaire, votre appartenance ethnique ou votre religion. Nous nous réunissons tous pour réaliser ce rêve. Concourir et gagner. Personne ne devrait être exclu. La discrimination n’est pas la bienvenue dans le sport, en particulier aux Jeux olympiques et dans ce qu’ils représentent », s’est indignée cette combattante hors pair, victorieuse aux Jeux du Commonwealth de 2022 à Birmingham et championne en titre des Jeux du Pacifique.

Il est à noter qu’en juin, une coalition de groupes comprenant Human Rights Watch et Amnesty International avait écrit au Comité international olympique pour condamner sévèrement cette interdiction aux forts relents de loi d’exception, et demander l’intervention du CIO. Hélas, en pure perte.

« Les interdictions imposées par les autorités sportives françaises sont discriminatoires et empêchent les athlètes musulmanes qui décident de porter le hijab d’exercer leur droit fondamental à pratiquer un sport sans discrimination d’aucune sorte », pouvait-on lire dans la missive réprobatrice. « Ces interdictions vont également à l’encontre des exigences des pays hôtes en matière de droits de l’homme et du Cadre stratégique du CIO sur les droits de l’homme, et sont contraires aux principes fondamentaux de l’Olympisme. »

A l’approche d’un vendredi crucial, où elle esquissera ses premiers pas sur un ring prestigieux, Tina Rahimi a deux objectifs en tête : décrocher l’or, mais aussi « montrer que tout est possible, si l’on se bat pour l’obtenir ». Nul doute que la première boxeuse voilée d’Australie, qui livre bataille avec courage et panache sur tous les terrains, en fera l’éclatante démonstration.

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