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L’ONU condamne la France pour l’exclusion d’un lycéen Sikh en 2004

A force de vouer aux gémonies certaines minorités, drapée dans l’hypocrisie d’une laïcité devenue liberticide pour mieux gommer la visibilité musulmane, la patrie des droits de l’Homme ne se voit plus tresser des lauriers, mais coiffée du bonnet d’âne pour un humanisme qui n’est plus que l’ombre de lui-même.

Après Amnesty international qui l’a classée, cette année, dans le trio de tête des mauvais élèves de l’Europe pour sa stigmatisation indigne des citoyens musulmans, c’est au tour des Nations Unies de lui tirer sévèrement l’oreille pour le renvoi d’un lycéen portant un turban sikh, ainsi que le relate Sébastien Fontenelle dans son article « Loi sur les signes religieux à l’école : l’ONU s’émeut, la presse se tait ».

Tombée comme un couperet en mars 2004, la loi contre les signes religieux à l’école n’a abusé que ceux qui se sont laissés aveugler par sa fallacieuse motivation laïque ou plutôt laïcarde, fermant les yeux ou se rendant complices de la chasse aux sorcières qui s'ensuivit contre les jeunes filles voilées.

En l’occurrence, c’est Bikramijt Singh, un jeune lycéen exclu de son établissement scolaire en 2004 pour avoir refusé de se désenrubanner, qui a subi de plein fouet l’injustice d’une loi qui a fortement ébranlé les valeurs cardinales de la République. Le Comité des droits de l’Homme de l’ONU, saisi en 2008 par l’étudiant, vient d'épingler cette iniquité flagrante, et avec elle l’exemplarité de la France, dans un jugement sans appel.

Après s'être penché sur ce cas précis, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a déclaré en préambule, dans son avis (daté du 1er novembre dernier), que « l’attachement légitime des autorités françaises au principe de laïcité n’autorise pas tout, et ne justifie nullement que des élèves soient renvoyés au motif de leur foi ».

l’ONU estime notamment que l’État français «n’a pas apporté la preuve irréfragable que le lycéen sanctionné aurait, porté atteinte», en n’ôtant pas son keski, «aux droits et libertés des autres élèves, ou au bon fonctionnement de son établissement». Partant : «Le Comité estime également que son renvoi définitif de l’école publique a constitué une punition disproportionnée, qui a eu de graves effets sur l’éducation à laquelle il aurait dû avoir droit en France, comme toute personne de son âge».

Plus précisément : «Le Comité n’est pas convaincu que ce renvoi était nécessaire», et doute que l’institution scolaire ait «véritablement pris en compte» les arguments et les intérêts de Bikramijt Singh. Selon lui: ce n’est pas en raison de « son comportement personnel » que l’État français « a infligé » au lycéen « cette néfaste sanction», mais « uniquement parce qu’il appartient à une large catégorie de personnes définies par leur conduite religieuse ».

Et pour finir : le Comité relève que les  autorités françaises n’ont «pas montré en quoi le sacrifice des droits de ces personnes était nécessaire» – ou « proportionné» -, au regard des «bénéfices»escomptés.

La France, hantée par ses vieux démons populistes et obsédée par la discrimination des musulmans, est aujourd’hui placée par l’ONU sur l’inconfortable banc des accusés, qui exige qu'elle répare l’injustice faite au lycéen (« y compris par une compensation appropriée »), afin «d’empêcher que de semblables violations ne se reproduisent dans le futur». Disposant de 180 jours pour faire part de ses observations, le pays des Lumières, plongé dans le noir de ses calculs politiciens, se mure pour l’heure dans le silence, la sphère médiatique étant à l’unisson, étonnamment muette… Il faut dire que ce cas fait jurisprudence, et pourrait réveiller de nombreuses autres injustices criantes qui ont été refoulées et enfouies au tréfonds des victimes voilées de la loi 2004, face à l'opprobre général.

 

 

 

 

 

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