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Islam Khoualed, un athlète algérien de 14 ans, condamné à un an de prison ferme au Maroc

Comment rester de marbre face au sort d’un jeune adolescent, privé de liberté du jour au lendemain, qui n’a désormais que les barreaux d’une prison pour seul horizon ?

Après avoir fait couler beaucoup d’encre au Maroc et créé un immense émoi en Algérie, la tragique issue judiciaire de l’affaire Islam Khoualed, cet athlète algérien de 14 ans placé en détention au centre de protection de l’enfance à Agadir depuis le 11 février, risque fort de lui conférer cette dimension politique tant redoutée, de nature à envenimer des relations algéro-marocaines qui n’étaient pas des plus sereines.

En dépit d’un premier verdict tombé comme un couperet qui a plongé toute une famille dans le désespoir, la confiance se lisait sur les visages des juristes algériens à l’approche du procès en appel du jeune sportif, comptant sur la clémence de la justice marocaine pour le libérer de ses chaînes et le laver de la terrible accusation "d’agression sexuellesur un garçon marocain de son âge, lors d’un stage de planche à voile. Une accusation très grave, suscitant incrédulité et abattement dans l’entourage d’Islam Khoualed, et jugée irrecevable par son avocat, Me Farouk Ksentini, qui n’a eu de cesse de la battre en brèche en la qualifiant d’ « infondée ».

Multipliant les appels dans les colonnes de la presse nationale pour réclamer la libération de leur enfant, les parents de l'adolescent plaçaient tous leurs espoirs dans une grande campagne de soutien diffusée sur les réseaux sociaux. Une mobilisation qui a porté ses fruits, puisque nombre d’internautes algériens ont rejoint cette grande chaîne de la solidarité nationale en faveur d’Islam et de sa relaxe immédiate.

Mais à Agadir, le 6 mai dernier, dans le prétoire de la chambre criminelle, l’heure de l’indulgence n’a pas sonné pour Islam, dont les cris d’innocence et de détresse lancés depuis sa prison, où il a fêté ses 14 ans loin des siens, au cours d’un bien triste anniversaire, n’ont pas ému ses juges, sourds à sa profonde souffrance et insensibles à son jeune âge.  

Inflexible, la justice marocaine a confirmé la peine prononcée le 19 mars dernier contre cet athlète algérien, foudroyé à 13 ans et demi par la sévérité d’une sentence qui l'a jeté dans l’enfer carcéral pour un an de prison ferme. Une peine assortie du paiement de 400 000 dirhams de dommages et intérêts pour "l’agression sexuelle" contre un athlète marocain, âgé de 13 ans.

Anéantis par un jugement implacable, les parents d’Islam ne disposent plus que d'un seul recours possible : solliciter la grâce royale. Une requête de la dernière chance que leur avocat, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de défense des droits de l’homme, s’apprête à soumettre au roi Mohammed VI, au nom de la commission qu’il chapeaute, en exprimant son "souhait" de voir Islam "revenir" parmi les siens.

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