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Introduction générale à l’esprit de la lettre du Saint Coran

Bien des individus s’identifiant tels des Arabes s’offusquent du fait que par antisémitisme l’on ne reconnaisse comme ciblés les seuls juifs : en effet, les classifications linguistiques placent l’arabe comme l’hébreu parmi les langues sémitiques ; de plus, la Bible indique que le père des Arabes comme des Hébreux est un descendant de Sem. Mais font-ils bien que de s’en offusquer ? L’Histoire récente explique ce supposé biais puisque, lors de l’apparition du concept (aux alentours de 1890), les Sémites en Europe étaient d’abord et surtout de confession juive. Et puis, sont-ils sûrs que Abraham et Ismaël (‘’) descendent de Sem ? Il se peut que ce ne soit qu’un des multiples récits rapportés par des juifs que les musulmans reprirent sans même s’assurer de leurs fondements.

À titre d’illustration, la plupart des musulmans, ainsi que les juifs l’enseignent, identifient Jacob (‘’) à Israël (‘) quand bien même le Coran indiquerait qu’il s’agît de deux individus bien distincts. En effet, si Jacob a été renommé Israël par Dieu (Gen. 32:28), il faut que tous —notamment les musulmans mais davantage encore les Prophètes— emploient ce nouveau nom ; or Zacharie (‘’), Prophète de Dieu lui étant postérieur de plusieurs siècles, parle bien de Jacob (Cor. 19:6). D’ailleurs, la Bible expose que Jacob (‘’) fut renommé Israël lorsqu’il s’en retourna à Canaan, ce qui était donc bien avant que Joseph (‘’) ne se trouvât emprisonné en Égypte. Or dans sa geôle, Joseph parlait encore d’un Jacob et nullement d’un Israël (Cor. 12:38). Et lorsque sa famille émigra en Égypte, Joseph (‘’) fit asseoir ses parents sur le trône (Cor. 12:99), ce qui contredit encore une fois le récit biblique selon lequel la mort de sa mère serait antérieure à cet évènement.

En bref, ceux qui s’offusquent de n’être point qualifiés de Sémites semblent privilégier d’autres éléments que le Coran alors qu’il est la Seule Vérité ; ils semblent même accréditer la thèse selon laquelle il est des généalogies et origines valorisantes (car ils ne se plaindraient pas si ce n’était le cas). Pour preuve, n’est-il pas exact que, en cas qu’ils proviennent d’Afrique du Nord, presqu’aucune protestation ne se fait entendre lorsqu’ils sont qualifiés de Maghrébins en opposition à Africains, comme si le Maghreb avait jamais été une réalité unie et qu’il constituait un continent distinct de l’Afrique ? Ce besoin de s’identifier à une contrée ou à des ancêtres est tant marque d’impuissance que de vacuité : il porte la marque du Démon ainsi que le Coran le relate, car lorsqu’un Prophète en appelle à l’Islam, les réfractaires s’en réfèrent presque systématiquement à leurs ancêtres ou à leurs origines au lieu de considérer le Vrai (Cor. 2:170, 10:78, 23:68, inter alia). À cette détestable habitude très loin d’être spécifique aux non-musulmans, l’Avertissement divin (Cor. 2:124) ne varie pas : «”Et ma descendance bénéficiera-t-elle de cette faveur ?”, demanda Abraham. “Ma promesse, répondit le Seigneur, ne saurait s’appliquer aux pervers”». En effet, pour Dieu, n’importe que ce que recèle le cœur et qui n’est ni transmissible à la façon des caractères physiques ni n’est fonction de la richesse ou d’autres critères plus méprisables encore.

D’ailleurs, tous les juifs sont-ils des Sémites sachant qu’il s’y trouve des convertis ? Il est rapporté que l’empereur Domitien fit condamner des aristocrates romains s’étant judaïsés ; or si l’on se fie à la Bible, les Romains descendent de Japhet et non de Sem ! Et puis, tous les juifs de Kaifeng (Chine) peuvent-ils se dire Sémites ?

Mais cessons donc ces palabres quant au sémitisme de crainte que nous ne nous égarions en un débat futile ! Plutôt, comprenons que l’Humain a la fâcheuse habitude de vouloir tout catégoriser, segmenter, diviser, quand bien même ce ne serait que de façon arbitraire, c’est-à-dire inepte et inopérante. Plus la césure se fait parmi la descendance d’Adam et plus nous en venons à oublier que, en réalité, nous sommes similaires et que nous ne nous divisons que sur des considérations illusoires et clairement contingentes. Et ces divisions induisent nécessairement à terme le dissentiment puis l’hostilité dont seront victimes ceux qui appartiendraient ou n’appartiendraient pas à une catégorie donnée. Hostilité qui se manifeste de diverses manières, à savoir l’agression, le meurtre, et autres voies de fait, puisqu’elle en est le préalable obligatoire.

Ainsi, il faut prendre les deux questions qui nous sont données comme liées : toutefois, nous ne limiterons nullement notre propos à discuter d’une hostilité strictement anti-juive puisque le reproche généralement fait à l’Islam est son intolérance. Ce n’est d’ailleurs pas en vain qu’en la récente tribune signée par plusieurs personnalités françaises, il était demandé «que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence». Il convient donc de savoir si le Coran a un problème avec les non-musulmans ; et ceux qui le croient ont leur argumentaire notamment fondé sur ces quelques versets :

Tuez-les partout où vous les trouvez et chassez-les d’où ils vous ont chassés, car la subversion est pire que le meurtre. Ne les combattez pas, cependant, auprès de la Mosquée sacrée, à moins qu’ils ne vous y attaquent les premiers. Dans ce cas, n’hésitez pas à les tuer. Ce sera la juste récompense des infidèles. (2:191)

Ils [les hypocrites] souhaitent tant vous voir perdre votre foi comme ils l’ont eux-mêmes perdue, pour que vous soyez tous pareils. Ne formez pas de liaisons avec eux, tant qu’ils ne se seront pas engagés résolument dans la Voie du Seigneur. Mais s’ils optent carrément pour l’apostasie, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez ! (4:89)

Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier ; ceux qui ne s’interdisent pas ce que Dieu et Son Prophète ont déclaré interdit ; ceux qui, parmi les gens d’Écriture, ne pratiquent pas la vraie religion. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils versent directement la capitation en toute humilité ! (9:29)

Il est deux moyens de traiter les versets précités. Nous pouvons dire qu’ils ont été abrogés, qu’ils ont été révélés après ou avant tel autre, que d’autres hadîths ou ouvrages d’oulémas viennent les tempérer, etc… ce faisant, nous renforçons l’idée selon laquelle l’Islam est une religion peu claire et qu’une lecture à la lettre du Coran est un appel au meurtre réel puisque parler d’abrogation ou d’un contexte particulier ne peut être l’apanage que de certains initiés et non de la plupart des quidams musulmans. Pis : ce genre de réponse n’est que trop périphérique et inadéquat puisque les véritables questions qui sous-tendent les exigences de la tribune sont de savoir si 1° Dieu est la Vérité, le Bien et la Justice 2° l’Islam provient effectivement de Dieu. Car en effet, si Dieu est ce que nous supposons de Lui, Il ne peut appeler à une voie de fait envers un non-musulman innocent : or beaucoup pensent, notamment du fait de l’actualité, que c’est l’un des éléments qui fondent la pratique religieuse islamique ; par suite, et parce que Dieu est Parfait, il faut conclure que l’Islam est une fausse religion ne propageant que haine, violence, etc.

«On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment», écrivait le cardinal de Retz. Nul ne doutera de cette sentence dont la validité est renforcée lorsque ceux qui étaient pourtant censés désigner l’ambiguïté des faux problèmes auxquels on les confronte se fourvoient soit en considérations adventices soit en développant des argumentorum ad personam et autres diversions. Comprenons que le langage est devenu un outil au bénéfice des puissants faisant que ceux qui n’en maîtrisent les rouages et ambages sont conditionnés à penser et à agir de la façon que ces premiers le souhaitent : ainsi, le mouvement de reproduction du discours médiatique induit la reproduction du mouvement du discours médiatique. Remarquons qu’il a longtemps été question d’un Islam modéré, comme pour signifier que l’Islam pris tout-à-fait était un poison dangereux qu’il fallait impérativement diluer à la façon de la toxine botulinique qui, à une dose infinitésimale, présente certains effets thérapeutiques d’intérêt. Le pire étant sûrement ces musulmans —que nous croyons véritablement de bonne foi— qui reprirent la formule d’Islam modéré opposée à celle d’Islam radical avalisant par là les fondements mêmes qu’ils prétendaient combattre…

À ce propos, Guy Debord relevait très justement que «l’individu que cette pensée spectaculaire appauvrie a marqué en profondeur, et plus que tout autre élément de sa formation, se place ainsi d’entrée de jeu au service de l’ordre établi alors que son intention subjective a pu être complètement contraire à ce résultat. Il suivra pour l’essentiel le langage du spectacle car c’est le seul qui lui est familier : celui dans lequel on lui a appris à parler. Il voudra sans doute se montrer ennemi de sa rhétorique ; mais il emploiera sa syntaxe».

Ainsi, le Faux devient réellement sans réplique soit par soumission, lâcheté ou paresse (car c’est par le mépris de soi que devient plus absolue la mainmise du Faux sur nos consciences) soit parce que l’on répond sur le terrain du Faux au lieu d’en montrer les fondements peu assurés.

Leurs devanciers eurent également recours à la perfidie. Aussi Dieu sapa-t-Il les fondements de leur édifice, dont le toit s’écroula sur les têtes, causant leur perte sans qu’ils ne l’aient pressentie. (Cor. 16:26)

Bien que certains oulémas s’arrêtèrent à ne voir en ce verset qu’une entreprise de démolition, il nous paraît bien plus vraisemblable de comprendre là que pour abattre un édifice conceptuel ou physique, c’est bien à ses fondements ou principes qu’il faille s’attaquer. À rebours, donc, de l’analyse surfacière des choses, employons la méthode divine afin que nous traitions de ces versets et que nous répondions de façon efficace, efficiente et définitive aux diverses critiques sous-jacentes formulées.

Talleyrand, lors du Congrès de Vienne, déclara que «si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant». Peu importe la façon dont nous le prendrons, cet aphorisme en dit long sur l’Humain tel qu’il est devenu. En effet, il n’est personne qui n’accorde qu’en certains domaines de la vie, il faille impérativement l’appliquer, marquant par là la prévalence de l’égoïsme ainsi que la rupture des liens fraternels et de confiance ; cependant que appliqué à(ux attributs de) Dieu (*), il indique notre Oubli de l’Être : non seulement est désormais ignoré ce qui était intuitivement su mais est ignoré le souvenir même de ce savoir. Il n’est donc nullement étonnant que, lorsque certains des versets précités leurs sont présentés, de nombreux musulmans se retranchent derrière le principe de l’Abrogation.

Ainsi, certains de ces versets, bien qu’abrogés, ne furent expurgés du Coran sans que nul ne parvînt à proposer pour ce fait étrange une explication valable et satisfaisante ; le pire étant que, par cette doctrine de l’Abrogation, ils ne disent rien de moins que Dieu n’est pas la Vérité, ou encore que la Vérité est changeante, ou que Dieu peut dire x pour ensuite dire y quand bien même le Coran fourmillerait de passages en lesquels il est clair que la Parole de Dieu est immuable puisqu’étant l’Expression Même de la Vérité (Cor. 8:7, 10:64, 33:62, inter alia) car «en vérité, et la Vérité est ce que Je dis (…)» (Cor. 38:84). Si donc ce principe de l’Abrogation est exact, comment dire de l’Islam qu’il est vrai si son Dieu est si inconstant ? Ainsi que le releva un site connu pour ses sentiments affectueux envers l’Islam : «Il faut donc avoir cette règle de l’abrogation à l’esprit lors de toute discussion au sujet de l’Islam, que ce soit avec des gens qui l’ignorent et à qui il faut alors l’expliquer, ou avec des gens qui la connaissent mais comptent sur notre ignorance pour avancer leurs pions et nous induire en erreur…»

Notons que c’est là, avec la catégorisation, un autre des mauvais penchants de notre nature humaine, à savoir l’orgueil et la présomption : nous préférons poser que Dieu S’est comme trompé ou qu’Il abrogea Sa Parole plutôt qu’avouer la limitation de notre compréhension pour enfin Lui demander de nous éclairer. Est-il normal que, durant tant de siècles qui virent cette floraison d’ouvrages religieux, nous ne nous en soyons que si peu alarmés ? Purifions-nous de cette hérésie en nous rappelant que le concept d’Abrogation n’est que le produit de l’excogitation de certains oulémas car jamais le Prophète (‘’) ne l’employa !

Tout pétri de l’Amour de Dieu qu’il était, il savait que Dieu (*) ne pouvait Se contredire (Cor. 4:82) ; mais certains oulémas crurent au contraire que le Coran avait en lui quelques contradictions, et la seule solution qu’ils virent pour mettre fin à ces difficultés était de soutenir, en substance, que Dieu changeait Sa Parole. Notons que rares sont les musulmans qui s’opposèrent ou même s’interrogèrent relativement à cette croyance qui, de nos jours, est fortement prévalente en la Oumma. C’est si vrai que la plupart des traductions mentionnent le fait abrogatoire, comme si Dieu l’avait effectivement avalisé. Car enfin, il n’eût été possible que cette croyance se généralisât sans qu’elle ne se fondît, d’une façon ou d’une autre, sur le Coran. Et ainsi que le nous le montrâmes relativement à la non-identité de Jacob (‘’) et d’Israël (‘), il y a là aussi une erreur manifeste en la compréhension du Coran que nous nous proposons de corriger.

(En haut figure la traduction de Mohammed Chiadmi, qui est assimilable à tant d’autres sur ces versets ; et juste en bas, la nôtre.)

Tout verset que nous abrogeons ou que nous faisons oublier aux gens, Nous le remplaçons aussitôt par un autre verset meilleur ou équivalent. (Cor. 2:106)
Il n’est de verset que nous n’inscrivions ni de miracle que nous ne fassions sombrer dans l’oubli sans que nous n’en apportions un similaire ou plus manifeste. (Cor. 2:106)

Lorsque Nous substituons un verset à un autre —et qui mieux que Dieu connaît ce qu’Il révèle ?—, les idolâtres s’écrient : «Tu n’es qu’un faussaire !», alors que la plupart d’entre eux n’ont aucune connaissance en la matière. (Cor. 16:101)
Parce que Dieu sait que faire descendre, lorsque Nous proposons un autre miracle à la place de celui attendu, ils s’exclament : «Tu n’es qu’un faussaire !» Mais [ils montrent par là à quel point] ils sont hors du Tout. (Cor. 16:101)

Nous n’avons envoyé avant toi aucun messager ni prophète sans que le diable ait tenté d’altérer le sens des versets qui leur étaient révélés. Mais Dieu a toujours aboli les suggestions du diable et rétabli le sens véritable de Ses versets. Dieu est Omniscient et Sage. (Cor. 22:52)
Et, avant toi, Nous n’avons envoyé de Messager ou de Prophète sans que, une fois investi [en ce monde phénoménal], le Démon ne cherchât à discréditer [aux yeux d’autrui] leurs attributions que Dieu maintient et renforce [de sorte que plient les siennes] : davantage, Dieu parfait Ses Signes parce qu’Il est le Tout, le Parfait. (Cor. 22:52)

De crainte que nous n’alourdissions le propos, une explication succincte quant à nos choix de traduction figure en seconde partie, mais à supposer qu’ils soient infondés (la probabilité est loin d’être nulle !), cette vérité absolue demeure : Dieu ne peut S’abroger pour la simple raison qu’Il est le Vrai et que le Vrai (*) n’est pas sujet à changement. La chose apparaît clairement à qui ne considère que les principes en premier lieu ; de là, l’erreur, si elle n’est pas impossible, devient toutefois bien moins probable que chez l’individu qui s’arrêtera à la surface des choses ainsi que le firent ceux qui excogitèrent le principe de l’Abrogation. C’est notamment pour éviter ces écueils graves que Dieu nous demande de lire le Coran en Son Nom (Cor. 16:98-100) ; ainsi, nous évitons l’errance à laquelle nous conduit l’intellect pris seul. En bref, il s’agit de comprendre que Foi et Raison sont imbriquées tant que les limites de celle-ci n’ont été franchies, auquel cas celle-là y suppléera adéquatement. Pour illustrer, il suffit de s’intéresser au refus de Satan de se prosterner devant Adam (‘’) : n’était-il pas raisonnable en son refus puisque le feu, qui est son origine, est d’une certaine façon supérieur à l’argile qu’il combure ? C’est parce que la Foi le quitta qu’il n’agit à la façon des Anges : alors associa-t-il à son Seigneur son intellect sans même s’en apercevoir. Dixit Dieu (Cor. 2:30) : «Ce que Je sais dépasse votre entendement». Mais qui donc peut admettre une telle sagesse sinon l’humble qui connaît la limite de sa raison ?

N’oublions jamais que le Réel (*) fit commencer la Révélation coranique par ce que l’arabe exprime par l’impératif «Lis !». Ainsi, et sous ce premier sens, Dieu nous demande d’employer notre faculté rationnelle car on ne lit que des concepts, objets de l’entendement, mais aussi parce qu’on ne transcrit que des concepts et nullement des intuitions. C’est là la première étape mais elle est insuffisante : il faut que cette lecture se fasse au «Nom de Dieu Créateur (*) qui a appris à l’Homme ce qu’il ignorait» (Cor. 91:1/5). L’on demanda à un gnostique comment il avait connu le Réel (*) : «Grâce à mon Seigneur, car sans mon Seigneur, je n’eus connu mon Seigneur.» La conclusion immédiate est que tout courant littéraliste contredit le Coran même. Mais il est cependant normal que les courants littéralistes prospèrent puisque les humains ont l’infect préjugé selon lequel Dieu créa le Tout à leur intention ; ainsi, s’ils ne comprennent la Parole, il faut conclure que Dieu se méprit au lieu que nous ne nous dégagions des maximes de notre enfance et que nous n’effacions toutes les fausses idées qui colonisent nos esprits. Et concluait Spinoza : «Sortir de cet abîme est un aussi grand miracle que débrouiller le Chaos.»

Le Coran expose qu’il ne peut contenir de contradiction (4:82) : et bien que ce verset soit d’une clarté limpide, nous nous en détournâmes ainsi que le souhaitait le Démon de sorte que le Faux prévalût, que nous commissions le crime horrible de transposer à Dieu ce que nous détestions pourtant pour nous-mêmes et que les musulmans s’entretuassent, tout cela pour le bonheur des plus acharnés ennemis de l’Islam.

Le fait que nous ayons eu à dire que Dieu est la Vérité (*) est éminemment regrettable en ce sens que cela indique clairement notre décadence. Mais c’était le préambule méthodologique nécessaire à notre examen que de le poser afin de dévoiler l’illusion du principe de l’Abrogation, puisque si Dieu n’est pas la Vérité, comment donc peut-Il être le Bien, la Justice, bref : être Parfait ? Comment l’Islam peut-il être la Religion si son Dieu, Qui dit être la Vérité, simultanément Se dédit sur des sujets pourtant cruciaux (“verset de l’Épée”, etc.) ? Mais surtout, comprenons que tant Justice que Bien présupposent l’existence de la Vérité et c’est à présent d’eux qu’il nous faut parler.

Dans Tartuffe ou l’Imposteur, Molière fait dire à Elmire : «on est aisément dupé par ce qu’on aime et l’amour-propre engage à se tromper soi-même.»
Maintenant que nous avons posé que tout le Coran est vrai car ne recensant que la Parole de la Vérité (*), il s’agit désormais de répondre au deuxième point soutenant les attaques portées contre l’Islam, à savoir : le Dieu des musulmans est-Il le Bien ?

Pour y répondre, intéressons-nous à l’une des histoires les mieux connues : celle de deux des enfants d’Adam. Le récit presqu’universellement admis est que l’aîné Caïn et son frère Abel firent une offrande ; seule fut acceptée celle du cadet ; et pris de jalousie et de rancœur, Caïn le mit à mort.

Nous avons dit presqu’universellement à dessein car ce récit (Gen. 4:1-15) est tenu pour vrai par les juifs, chrétiens et nombre de musulmans alors même que le Coran expose une autre version des faits ainsi que l’a montré Çalâhuddîne ibn Ibrâhîm (‘), un imam officiant à Jérusalem et dont nous reprenons une partie des travaux. Peut-être montrerons-nous par là que la morale du Coran et du Dieu (*) qui le révéla se confond tout-à-fait avec le Bien ?

Leur histoire est contée en les versets 27 à 31 de la sourate n° 5 (La Table servie).

En premier lieu, Dieu (*) emploie la formule : «Raconte-leur l’histoire (des deux fils d’Adam…)». Il n’est que trois autres occurrences de cette formule en le Coran : une fois relativement à un homme qui, bien qu’ayant vu des miracles et signes, préféra s’en détourner (7:175) ; une quant à Noé (‘’) qui, désespérant de voir certains de ses contemporains le maltraiter, s’en remit à Dieu (10:71) ; une relatant l’exhortation d’Abraham (‘’) envers ses concitoyens afin qu’ils abandonnent le Faux (26:69). Mais la spécificité radicale de cette formule quant à l’histoire de ces deux fils d’Adam est que Dieu y adjoignit «en toute vérité», comme si, à ce propos, le Faux avait prévalu. En effet, les noms des enfants d’Adam dont il est question ne nous y est pas cité et le Prophète (‘’) jamais ne les mentionna : remarquons que cela ne retint guère nombre d’oulémas auteurs d’exégèses coraniques à reprendre les noms bibliques et autres éléments encore (profession…). Dieu (*) nous avertit pourtant : «Nous avons envoyé bien des Messagers avant toi. Nous t’avons conté l’histoire de certains d’entre eux et Nous Nous sommes tu sur celle des autres. Il n’appartient à aucun Prophète de produire un verset/miracle sans la Permission de Dieu» (Cor. 40:78). Voilà bien là une flagrante preuve de notre éloignement de Dieu, car si le Coran ne parle ni de leurs prénoms ni de leurs métiers, c’est que l’essence ou l’esprit de Sa Parole s’en passe. Autrement dit, en nous intéressant à leurs prénoms et autres, nous faisons fi du véritable sens de l’évènement.

En deuxième lieu, soyons assurés qu’aucun des mots employés par le Réel (*) n’indique Sa Sagesse. En adjoignant «en toute vérité» à la formule précitée, il faut croire qu’il y a là une sagesse encore. D’ailleurs, et relativement au Christ (‘’), il est écrit (Cor. 19:34) : «Tel est, en toute vérité, Jésus, fils de Marie». Quant à ces deux enfants d’Adam, n’oublions pas que tous s’accordent pour dire qu’il y eut offrandes, que seule une fut acceptée et que tout cela se termina par un décès. Si donc le Réel a ajouté «en toute vérité», c’est qu’à propos de l’évènement ou de l’individu considéré, le Faux prévalait et, en notre cas, cette prévalence n’intéresse que la véritable nature des protagonistes puisque c’est le seul point sur lequel le Coran ne paraît s’accorder avec le récit biblique :

Et raconte-leur en toute vérité l’histoire des deux fils d’Adam. Les deux offrirent des sacrifices ; celui de l’un fut accepté et celui de l’autre ne le fut pas.
Dixit : «Je te tuerai sûrement».
Dixit : «Dieu n’accepte que de la part des pieux. Si tu étends vers moi ta main pour me tuer, moi, je n’étendrai pas vers toi ma main pour te tuer car je crains Dieu, le Seigneur de l’Univers. Je veux que tu partes avec le péché de m’avoir tué et avec ton propre péché : alors tu seras du nombre des gens du Feu. Telle est la récompense des injustes.»
Son âme l’incita à tuer son frère.
Il le tua donc et devint ainsi du nombre des perdants (Cor. 5:27-30).

Une première lecture de cet extrait coranique conduira à ce que nous abondions en le sens de la Torah : le meurtrier est effectivement celui qui vit son offrande refusée. Comment en serait-il autrement puisque la victime cita le Nom de Dieu que l’autre tut ? Celui qui ose dire «car je crains Dieu, le Seigneur de l’Univers» et de surcroît en réponse à une menace de mort ne peut être que profondément pieux, n’est-il pas ? Ainsi se méprennent la plupart quant à cet évènement puisqu’il est une unique autre occurrence de cette déclaration en le Coran :

Et ils sont à l’image de Satan qui incite l’homme à renier sa foi. Mais quand l’homme devient impie, Satan lui dit : «Je te désavoue ! Car moi, je crains Dieu, le Seigneur de l’Univers !» (59:16)

Osera-t-on affirmer que Dieu ne voulait que nous y comprissions quelque chose et que ce n’était là qu’un hasard, en dépit de l’exemple évident que nous avons donné ?

Certains s’exclameront : «Mais comment Dieu peut-Il exiger que nous connaissions tous le Coran par coeur pour ensuite établir ce raisonnement ? Car si l’Islam est la Religion, il faut dire que cet exemple rend difficile sa pratique.» À cela, nous répondons que la question qu’ils posent est inadéquate en ce sens que l’individu ayant un coeur sain n’a pas la nécessité absolue de lire pour comprendre ; en effet, le Coran est un Rappel (Cor. 7:2, 12:104, 18:57, 21:48, 25:29, 29:51, 38:87, 50:8, inter alia), or le concept même de Rappel induit le concept d’Oubli : c’est-à-dire que le Coran est le Savoir essentiel à notre nature humaine que nous avons oublié après l’avoir embrassé. Il est toutefois en cela ceux qui ont oublié tant et si bien qu’il est presque impossible qu’ils découvrent d’eux-mêmes certaines vérités sans qu’ils n’aient purifié leurs coeurs des idoles qui y gisent quand d’autres, par la Grâce divine, ont gardé encore de leur innocence juvénile de sorte que, malgré toute l’horreur du monde contemporain, ils ne se plient ni ne se conformeront jamais au Faux omniprésent : relativement à eux donc, il n’est nul besoin de leçon pour qu’ils sachent qu’entre se dire croyant et être effectivement croyant, il y a de la marge.

Par suite, la citation de Molière est plus qu’appropriée en notre examen puisque ceux qui imaginèrent pieux le fils d’Adam ayant clamé sa crainte de Dieu (*) doivent aussi conclure de même relativement à Satan qui pourtant tint le même discours —chose que nul n’osera jamais faire. C’est donc ici le troisième grave défaut de notre nature humaine : nous jugeons des choses selon leur apparence et autres critères plus qu’accessoires. Ainsi, l’on attribue à Muhammad (‘’) d’avoir tenu que les Anges s’étonnaient lorsque, deux musulmans se rencontrant, ils ne se saluassent point : de là, certains excogitèrent qu’il fallait porter des vêtements distinctifs de sorte que nous nous reconnussions ; mais nous pensons plutôt que le véritable sens de cette parole était que nous dussions cultiver notre sens intérieur qui seul permet de distinguer adéquatement le bon grain de l’ivraie (Cor. 48:29). Feuerbach notait très à propos que notre temps préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être : il ne faut donc nullement s’étonner si c’est la première solution qui recueille encore l’approbation générale des musulmans (d’ailleurs, les mista’arvim israéliens s’en félicitent et souhaitent ardemment que les choses demeurent ainsi).

En troisième lieu, il faut nous interroger sur le mobile du meurtre —ce sera d’ailleurs le moyen d’exposer un second argument venant mieux asseoir nos affirmations.

Ni la chair ni le sang de ces animaux n’ont d’importance pour Dieu. Seule compte pour Lui votre piété. (Cor. 22:37)

Ce n’est pas en vain que figure ce verset puisqu’il s’est constitué une véritable fétichisation des offrandes qui les réduisent à une sorte de trafic avec le Seigneur : «je Te donne cela mais Tu me fais ci et ça…», comme si le Seigneur (*) avait un quelconque besoin des bêtes qu’Il créa du Néant. Mammon nous a tant assujettis qu’il nous est impossible de considérer de relation sans monnaie, sans échange, sans profit, y compris avec notre Créateur (*). Il faut donc que la compréhension commune de la piété en ait été affectée, ce que Spinoza montre clairement : «Car la plupart semblent croire être libres en tant qu’ils ont licence d’obéir à leur caprice, et céder de leur droit en tant qu’ils sont tenus de vivre selon ce que prescrit la loi divine. Et donc ils croient que la Piété, la Religion et, absolument parlant, tout ce qui se rapporte à la Force d’âme, sont des fardeaux qu’ils espèrent déposer après la mort, recevant ainsi le prix de la servitude, à savoir de la Piété et de la Religion ; et ce n’est pas seulement cette espérance, mais aussi et surtout la crainte d’être punis d’affreux supplices après la mort qui les amènent à vivre, autant que le supportent leur faiblesse et leur âme impuissante, selon ce que prescrit la loi divine ; et si les hommes n’avaient en eux cette Espérance et cette Crainte, s’ils croyaient au contraire que les esprits meurent avec le corps et qu’il ne reste aux malheureux, épuisés par le fardeau de la Piété, pas plus loin à vivre, ils reviendraient à leur tempérament, voudraient tout soumettre à leur caprice et obéir à la fortune plutôt qu’à eux-mêmes. Ce qui n’est à mes yeux pas moins absurde que si quelqu’un, parce qu’il ne croit pas pouvoir éternellement nourrir son Corps de bons aliments, préférait se rassasier de poisons et de choses mortifères ; ou bien, parce qu’il voit que l’Esprit n’est pas éternel, autrement dit immortel, il préfère être hors d’esprit et vivre sans raison : absurdités telles qu’elles méritent à peine d’être relevées.» Nous ne faisons donc pas le Bien pour le Bien ; nous faisons le Bien par intérêt. Ainsi, Dieu ne refusa pas par caprice ou par volonté de nous édifier: Il refusa parce qu’Il abhorre l’Associationnisme (al-shirk) car est un véritable associateur celui qui accomplit une bonne action pour autre que Dieu ou (et c’est la même chose) qui la fait pour Dieu et simultanément en considérant d’autres motifs. C’est pour cela que l’offrande du meurtrier fut acceptée, car son intention, à ce moment, était pure et sincère.

Si donc la chose était comme nous le disions, à savoir que la victime fut celle qui vit son offrande refusée, il faut donc que ce soit celle du meurtrier qui fut acceptée. On le voit bien : la seule raison qui, en ce contexte, mut le meurtrier, n’était autre que, se voyant agréé par Dieu quand l’autre ne l’était point, il en vint à dénigrer son frère et supputa qu’il devait mourir. C’est donc que le meurtrier était un pieux quand l’autre était à tout le moins inférieur à lui en termes de piété, ce qui explique que Dieu n’agréa que l’offrande du premier.

Certains s’étonneront : «Je veux bien croire votre version mais… eh quoi! Dieu aurait laissé se produire un meurtre ?!», commettant par là un énorme blasphème car ils ne comprennent pas que cet évènement est riche en enseignements radicaux notamment en tant que :

1° il indique que la Connaissance du Bien est en nous de façon intuitive, et, parce que le Bien se confond tout-à-fait avec Dieu (*), Il n’est pas conceptualisable ; d’où il sort que Dieu ne laisse jamais rien faire : tout (les idées de Bien, Vérité, etc.) est en nous, si tant est que nous retournions en nous au lieu que nous vivions en dehors de nous-mêmes ; par suite, n’est criminel que celui qui fait abstraction de ce que Dieu plaça en lui et qui pourtant est amplement suffisant pour mener une vie authentiquement heureuse ; autrement dit, il n’est nullement nécessaire que, pour agir adéquatement, nous bénéficiions en direct d’une Révélation ni que nous ayons en permanence à nos côtés la manifestation d’un Ange ou la présence d’un Prophète —postulats si exacts que le meurtrier regretta de lui-même son acte sans qu’une Révélation ne descendît ni qu’un Ange n’apparût ou qu’un Prophète ne le condamnât, tant il est vrai que même dissimulée, notre intériorité, que l’on s’emploie à éteindre, pourtant se manifeste, ne serait-ce que de façon fugace mais toujours efficace ;

2° il nous rappelle que Dieu voulut la différence (force physique, aptitudes intellectuelles, handicaps, etc.) parmi les humains non pour que certains dominassent les faibles mais plutôt pour que toujours nous nous entraidassions, ce que le meurtrier, aveuglé par son orgueil, ne comprit ; en effet, dixit Dieu : «Serait-ce à eux de distribuer la miséricorde de ton Seigneur ? Non ! C’est Nous qui répartissons entre eux leurs moyens d’existence en ce monde et qui les élevons les uns au-dessus des autres de quelques degrés, afin qu’ils se portent mutuellement assistance. Cependant, la miséricorde de ton Seigneur vaut mieux que tous les biens qu’ils amassent.» (Cor. 43:32) ; c’est donc que nous sommes appelés à ne haïr personne, ne mésestimer personne, ne se moquer de personne, ne se fâcher contre personne ni à n’envier personne mais bien à aimer et à secourir tout Humain car le Bien appelle le Bien (Cor. 41:34-36) ; enfin, et quant à ceux qui s’interrogeraient sur la raison qui conduisit Dieu à faire que Sa Création ne fût uniforme, nous répondons, avec Spinoza, que «la matière n’a pas manqué» ;

3° de façon rétrospective, il nous montre une fois de plus les ravages produits lorsque sont confondus imagination et intellect, paraître et réalité, apparence et essence ; ainsi, et comme le notait Molière, nous ne sommes trompés que par ce que nous considérons : si donc nous nous fourvoyions, c’est que notre être était sous l’empire du Faux —d’ailleurs, ce n’est point là un malheur définitif, puisqu’ayant désormais la claire conscience de nous être égarés, nous pouvons, par la Grâce de Dieu, désigner et comprendre les raisons qui nous induisirent en erreur pour enfin agir de sorte que nous ne le soyons jamais plus sur aucun domaine de nos vies.

Ah! que les musulmans auraient différé de ce qu’ils sont et montrent aujourd’hui si cette version de l’évènement leur avait été enseignée en lieu et place de la fausse !

Et il faut que la version communément admise soit fausse, puisque ses thuriféraires exposent que “Caïn” n’avait offert de sa production que le moins appréciable et qu’alors, Dieu Se courrouça à son endroit. Or qu’est-ce que le moins appréciable, sinon ce que nous considérons du haut de notre subjectivité ? La littérature juive indique que “Caïn” ne donna que des grains de lin. Que cela signifie-t-il sinon que nous érigeons l’Humain en tant que criterium du bien et du mal, de vrai et du faux, de l’utile et de l’inutile ? C’est à croire que les grains de lin ne furent créés par Dieu mais par un démon quelconque ! (Mais l’esprit pénétrant verra là l’acte fondateur de la religion juive en tant qu’Alliance mercantile avec Dieu puisqu’elle Le pose comme étant extérieur au Monde.)

D’autres, cependant, disent que Dieu refusa l’offrande de “Caïn” en tant qu’elle venait de la Terre que Dieu maudit (Gen. 3:17) : mais cela est inepte puisque si l’offrande était par défaut inacceptable, il eût mieux valu le dire directement (serait-ce la raison qui motiva le rabbin Delphine Horvilleur à dire que “Caïn” fut victime d’une injustice ?!) ; de plus, de quoi se nourrit le troupeau d’”Abel” si ce n’est des produits de la Terre prétendument maudite ? «Et l’Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui.» (Gen. 4:6-7) Quel est donc le rapport entre ne plus pécher et l’offrande d’une Terre maudite ? L’on voit bien que cette position ne tient nullement.

Il en demeure une dernière qui paraît se rattacher à la nôtre, puisque certains tiennent en effet que l’offrande de “Caïn” fut refusée en tant qu’il n’avait la foi ; mais parce que généralement, ils disent que s’il l’avait eue, il eût donné une offrande d’une valeur supérieure, nous en revenons à ce que nous disions : nos relations avec le Divin sont faussées par des considérations mercantiles, nous ne jugeons plus des choses telles qu’elles sont mais ainsi que nous les voyons et nous en venons à croire que Dieu y adhère nécessairement, sans même que nous ne nous rendions compte de la fatale ambition de la chose.

Ainsi, qui donc eût pu avoir l’idée même de s’interroger sur le bien-fondé de l’Islam si ses croyants avaient scrupuleusement appliqué les principes que nous évoquions ? Mais il nous paraît plus utile de nous interroger sur la cause qui nous fit transmuter le Faux en le Vrai. En effet, si l’on pose déjà que Dieu n’est pas la Vérité (*), il faut nécessairement que l’ensemble des symphonies conceptuelles en découlant soient infondées bien que cohérentes. Et parce que le critère de cohérence est un des éléments nécessaires à toute vérité, une certaine paresse nous prend et nous en venons à conclure que la cohérence est critère suffisant à la Vérité. Descartes était donc sur le droit chemin lorsqu’il écrivit : «je pensai (…) qu’il fallait que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute afin de voir s’il ne resterait point après cela quelque chose en ma créance qui fût entièrement indubitable.» Mais qui donc s’y contraindrait cependant que les symphonies conceptuelles dont nous parlions produisent malgré tout quelques effets d’intérêt ? La plupart penseront qu’il y a davantage lieu à amélioration sur tel ou tel point plutôt qu’à radicale destruction et refondation sur des bases saines. Ce n’est donc pas sans objet que nous reprîmes la citation d’Elmire : «on est aisément dupé par ce qu’on aime et l’amour-propre engage à se tromper soi-même». En adorant un Dieu Qui n’est pas le Vrai, il vient que nous ne pouvons être dans le Bien ; et inversement : seuls agissent réellement de façon bienfaisante ceux qui connaissent effectivement leur Seigneur.

En dernière instance, à la question : le Dieu des musulmans est-Il le Bien ?, nous voyons qu’il n’est que deux possibilités de réponse. Pour certains, cet exposé sera suffisant non seulement en tant qu’il pose des principes évidents, mais surtout parce qu’ils ne considèrent que les principes (et tels se doivent bien d’être les individus rationnels). Il en sera d’autres qui trouveront très sûrement là une moraline plaisante et insisteront : «Peut-être avez-vous réussi votre coup mais le Coran contient bien d’autres passages.» Encore qu’il nous soit tout-à-fait possible de réaliser le même travail analytique relativement à ces versets, il n’empêche que le format de l’épreuve nous contraint, ce qui est à la vérité fort heureux puisqu’en réalité, nous n’avons pas à faire plus que de poser les principes : c’est pourquoi nous porterons notre attention sur ces passages mais seulement du point de vue des principes —conformément à la méthode divine sus-indiquée—, notre objet étant désormais de prouver en quoi Dieu est Justice (*), ce qui sera, avec notre conclusion et l’explication de nos traductions, l’objet de la seconde partie à paraître.

 

 

 

 

60 commentaires

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  1. Souareda votre étude est tres interessante à lire; et quel style! j’aimerais lire une pareille analyse du nouveau testament;il y a aussi beaucoup d’exégèses; ;j’espere que Medine lira votre article !

    • ainsi, l’émerveillement n’est pas en l’objet mais bien plutôt en le sujet.
      ne soyons donc point étonnés si @Nanita ne parvient à comprendre : trop de haine (son “algérianité” et le ressentiment cultivé contre le Français, sans doute) oblitère le coeur.

      je vous remercie !

  2. Comme l’attestent les premières éditions du Robert, l’antisémitisme a d’abord visé les Arabes, période coloniale oblige, avant de viser les juifs comme “Sémites” ayant pénétré et, selon les antisémites, corrompu le coeur de l’Europe indo-européenne (“aryenne”). L’antisémitisme s’est voulu raciste mais il visait en fait une culture qui avait constitué la base de la culture européenne avant sa christianisation et que les néo-païens détestaient. Le mythe d’un ancêtre commun à tous les “Sémites” n’a évidemment aucune réalité historique, en revanche l’appartenance à une famille linguistique commune est démontrée scientifiquement et les langues sémitiques, c’est l’arabe, l’hébreu ancien, l’araméen-syriaque, l’amhara, le tigrinya. En ce sens, les Arabes sont donc bien des Sémites. Par ailleurs, les chrétiens utilisent souvent le concept de “Sémites culturels” pour parler de l’ensemble des peuples de cultures et de religion post-abrahamiques, judaïsme, karaïsme, samaritanisme, mandéisme, christianisme, islam. S’il y a un antisémitisme en négatif, c’est bien qu’il doit exister d’abord un sémitisme en positif, l’héritage culturel et religieux qui s’est exprimé dans l’aire linguistique sémitique selon les caractéristiques elliptiques et métaphoriques aimées de ces langues et qui étaient donc prédestinées à porter un message prophétique et qui a été à la source de la culture de tous les peuples méditerranéens, et par extension européens, subsahariens et irano-touraniens.

    • le CNRTL atteste que la première utilisation du terme date de 1890. et ce terme était effectivement bien plus (sinon totalement) employé au sens d’hostilité anti-juive. rappelons-nous de l’époque avec Drumont, Dreyfus, etc.

      mais sinon, oui, et vu la classification qui s’est opérée, il me paraît difficile de nier que l’hébreu et l’arabe sont de la même famille linguistique. mais en les nommant “langues sémites”, l’on admet l’existence d’un Sem dont je ne sais rien. et parce que la Torah nous raconte des choses fausses sur Israël, Jacob et autres, je préfère m’abstenir de cette source.

      car enfin, ce qui importe est bien de noter que j’ai voulu montrer l’inanité des écrits de ceux qui se disaient sémites alors qu’ils n’en savent FICHTREMENT rien, sauf à dire que la Torah actuelle préémine sur le Coran (mais c’est un choix de vie !).

  3. Le fatras de Gassama nous appelant à nous méfier du carcan judéo-chrétien que nous infligent les Oulémas mais qui n’hésite pas à faire appel à Molière et à Talleyrand ( évêque d’Autun) comme si ces deux là n’étaient pas des judéo-chrétiens !! Après avoir tout lu et re-relu , je n’ai rien compris ! Le seul point qui appelle de ma part une observation c’est celui du sémitisme. Les sémites ont existé mais n’existent plus parce que l’Islam dès son avènement a appelé au métissage: Sourate “les appartements” “Nous vous avons créés en peuples et en nations afin que vous vous connaissiez ” et les Juifs sépharades descendants des anciens Hébreux s’étant mélangés aux ashkénazes ( caucaso-ottomans) ne sont plus des sémites mais un mélange comme l’est toute l’humanité.

    • lol.

      il y a une différence entre citer un individu ayant fait une juste remarque et accepter l’enseignement de rabbins et de docteurs chrétiens alors qu’il nous a été interdit d’y recourir (seulement dans le domaine religieux, bien entendu). en confondant ces deux éléments, vous montrez que si il y a fatras, il est bien en votre tête et non en la mienne !
      d’où il sort nécessaire que vous ne puissiez comprendre quand d’autres (même des adolescents) ont bien compris !

      quant aux sémites, vous n’avez aucune preuve coranique de leur existence et c’est bien tout ce qui m’importait de souligner. si vous voulez y croire, croyez-y. mais au vu de votre pauvre argumentation : “les sémites ont existé”, on voit bien qu’il ne vous reste plus que l’assertion. car moi, au moins, je prouve bien qu’on n’en sait rien ; et les juifs ayant raconté des faussetés sur Israel et Joseph, je pense logique d’imaginer que leur dogme contient bien d’autres erreurs ! mais enfin : il y a ceux qui ne considèrent que le Coran quant à ces sujets et ceux qui vont ailleurs !

      j’ai mis ma source, je vous prie de la regarder. peut-être comprendrez-vous qu’il faille réellement changer de logiciel !

    • “Les sémites ont existé mais n’existent plus parce que l’Islam dès son avènement a appelé au métissage: Sourate “les appartements” “Nous vous avons créés en peuples et en nations afin que vous vous connaissiez ”.

      En quoi est-ce un appel au métissage généralisé et mondialisé ? Extrêmement abusif de votre part. Lecture idiote, même.
      Pensez-vous que Dieu fait recommandation de détruire la diversité des peuples et des cultures dont Il parle dans le Coran ? Parfaitement ridicule ce que vous osez affirmer. Grotesque.

      • les Humains étaient originellement en une seule communauté (Coran).
        c’est une grande scission entre eux qui est à l’origine de la multiplicité de nos divisions.
        il est donc ceux qui veulent proroger ces divisions (comme vous) et ceux qui veulent un retour à cette Humanité une et sans autres considérations adventices.

        • Vos vues relèvent du messianisme unificateur et arasant. Lisez le Coran, Gassama. En quoi le respect de la diversité des culture et des ethnies est un facteur de division ? Voyez ce que Dieu dit de la variété de l’humanité et qu’elle est de Son haut fait et de Sa sagesse. Votre réaction biaisée est conditionnée par ce que vous êtes, indépendamment de toute objectivité.

          • parce que ces cultures et ethnies n’étaient pas ou n’étaient pas considérées lorsque nous étions en la communauté première unie.
            si donc vous voulez proroger ce délire, libre à vous ! sachez que “votre réaction biaisée est conditionnée par ce que vous êtes, indépendamment de tout objectivité.” et il faut bien qu’il y ait des gens qui le prorogent car :

            Et si ton Seigneur l’avait voulu, Il n’aurait fait des hommes qu’une seule communauté. Or, ils ne cessent de se dresser les uns contre les autres, à l’exception de ceux auxquels ton Seigneur a accordé Sa miséricorde. Et c’est bien pour être si différents qu’Il les a créés. Ainsi se trouve accomplie cette parole de ton Seigneur quand Il a dit : ‘En vérité, Je remplirai la Géhenne à la fois de djinns et d’hommes, tous réunis !’
            [11 : 118-119]

            voulant être parmi ceux auxquels Dieu accorde Sa Miséricorde, permettez-moi de me dissocier de vous pour n’être point en Enfer !

        • Psychiatrisation de mon point de vue car que je nagerais en plein délire selon vous. J’en rigole… Gassama en plein procès de Moscou… Plus votre jolie toge rouge taillée sur mesure de petit procureur religieux vu que vous me condamnez à l’Enfer. Gassama, freinez vos ardeurs et essayez de vous inscrire dans le sérieux.

          Vous dites que les cultures et les ethnies ne sont pas considérées. Citons le Coran :
          “Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre et la variété de vos idiomes et de vos couleurs. Il y a en cela des preuves pour les savants.”

          “Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez.” (Je rappelle que “s’entre-connaître” n’est nullement une injonction au métissage généralisé…)

          Donc Gassama, en quoi le principe de la reconnaissance des différentes cultures, des différents peuples et des diverses langues est-il dresser les hommes les uns contre les autres ? En quoi ?

          Quant à Nanita, la “diversité” tamponnée “vivre-ensemble” de la gauche trotskiste, je n’en suis pas un adepte. Bravo pour l’avoir remarqué ! Quelle perspicacité ! Vous confondez la pâte ethnico-sociale attaliste voulue par le Capital avec la réelle diversité que Dieu a faite de l’humanité.
          Le dictionnaire, vous, saisissez-le car “s’entre-connaître” et “métissage” n’ont vraiment pas le même sens…

          • Le délire ne consiste que dans la considération faite aux choses subalternes, périphériques. Le terme a certes une connotation psychiatrique mais ici, il ne l’est pas car aucun traitement médical ne sera efficace : seul le Coran vous rappellera votre Humanité. Or bien que vous l’ayez lu, vous demeurez dans la prorogation de l’Illusoire. Ce qui est délire, c’est que vous ne puissiez raisonner adéquatement du fait des considérations que vous avez et que vous ne semblez capable d’abandonner.
            De plus, m’accuser d’être un Lavrenti Beria est inopérant car je n’ai fait que citer un verset qui vous répondait de façon adéquate et que vous n’avez cité, sûrement à dessein, puisque ceux que vous citez vont dans votre sens seulement si vous les prenez isolément.

            Essayons de faire synthèse.

            Le Coran spécifie qu’originellement, nous étions une seule communauté (2:213, 10:19). Et Dieu dit que s’Il avait voulu, nous ne nous serions pas divisés ; de plus, Il expose la raison de notre division : nous avons été en désaccord sur quelque élément. En disant que s’Il avait voulu, nous ne nous serions divisés, cela signifie qu’Il eût pu nous indiquer de façon indubitable et explicite le Vrai lorsque nous en vînmes à diverger. Mais Il ne le fit pas et voici les conséquences de nos actes : nous nous considérons surtout comme ceci ou cela alors que l’Humanité première immédiatement issue des Mains de Dieu était unie. Donc les versets que vous me citez là ne sont que le résultat de ce que je disais mais ils n’ont jamais été le principe fondateur de l’Humanité. Dieu hait la division. C’est ainsi qu’Il condamne fermement ceux qui agissent de sorte que la communauté musulmane pâtisse de divisions (2:104 : Ne suivez pas l’exemple de ceux qui, après avoir reçu les preuves, se sont divisés et se sont opposés les uns aux autres. À ceux-là est réservé un châtiment exemplaire.) (aussi, 21:92, 23:52). Car comme je le soulignais, le préalable nécessaire à l’hostilité, c’est la séparation, la catégorisation… Ce qui signifie que la Communauté Première Humaine était unie et qu’un conflit s’autonomisa au point d’être destructeur de ce que Dieu créa : il y a donc ceux qui restent dans les suites de ce conflit et ceux qui s’y refusent. Ainsi, les musulmans sont le reliquat de cette Communauté Première Humaine qu’ils cherchent à faire revivre… Et je n’invente donc rien en vous citant 2:104 qui indique que ceux qui divisent les musulmans du fait de considérations stupides («je suis gris et toi violet donc on n’est pas pareils», par exemple) connaîtront un châtiment exemplaire…. En réalité, nous sommes les Humains les plus éprouvés car nous n’avons pas connu cette fraternité et nos parents nous apprennent souvent à considérer le Faux et l’Illusoire, faisant que si notre intérieur est réellement pur et attaché à Dieu, nous abandonnerons ce Faux et Illusoire ; mais si il ne l’est pas, nous nous y attacherons fermement et en viendrons à chercher en le Coran ce qui justifie le Faux et l’Illusoire (que Dieu nous en préserve !). Bref, notre monde permet de distinguer très aisément les gens qui ont le Bien et l’Universel en eux de ceux qui ne l’ont pas.
            Par suite, vous auriez vu la même chose si vous compreniez le Tout au lieu de vous rattacher à des formes accessoires du fait d’une lecture parcellaire du Coran !
            Donc si vous préférez comme séparer l’Humanité, apprenez que vous entrez dans le passage de la sourate 11 que je vous ai cité, car en notre affaire, les Humains droits agissent à la façon de Dieu : ils ne considèrent que le «cœur» de l’individu devant eux. Ainsi, est-il droit qu’il est leur véritable frère en acte ; est-il pervers qu’ils essaieront de le ramener vers Dieu car en l’autre, le musulman se voit. Ceux qui disent : «je suis plus proche des bleus/violets/gris» montrent la totale inanité de leur raisonnement car Dieu ne connaît à ce propos que le Bien et le Mal. Il n’a jamais promis le Paradis à une quelconque fraction illusoire de l’Humanité : Dis : « Ô vous qui pratiquez le judaïsme ! Si vous prétendez être les seuls alliés de Dieu à l’exclusion des autres hommes, souhaitez donc la mort, si vous êtes sincères ! » Mais jamais ils ne la souhaiteront, à cause des injustices qu’ils ont commises. Dieu connaît bien les agresseurs (62:6-7).
            Ce n’est donc pas en vain que ceux ayant une vision tribale du Monde ne seront pas bénéficiaires de la Miséricorde. Mais nombre de juifs, avant de se considérer comme justes ou injustes, se considèrent comme peuple élu en tout et pour tout et donc nécessairement amenés à aller au Paradis.
            Que Dieu nous préserve de judaïser l’Islam, donc !

      • Pendragon, les mots dévalorisants vous manquent pour qualifier ce que “l’autre” pense ? On ne peut pas dire que vous soyez un parangon de la diversité! Ne vous gênez pas le dictionnaire est à votre disposition si d’aventure une injure manquait à votre répertoire! En quoi d’ailleurs votre pensée serait sans idiotie et votre interprétation sans erreur ? Vous êtes qui , vous êtes quoi ?

  4. Étant à l’origine de l’Humanité, relativement à Abel et Caïn, le contexte serait encore celui des principes et des symbolismes. L’un est berger, donc dans l’espace et libre, l’autre agriculteur donc sédentaire et lié au temps ; le meurtre ne nous dit-il pas que le temps tuera la liberté ? Ce qui est fixe et rigide tuera ce qui est libre et souple. Le dogmatisme tue la dynamique. Or Dieu est certainement vivant, dans le mouvement, puisque autre que tout ce qui est de notre imaginaire.

    Pour revenir au texte même, je trouve Mr Gassama, que c’est un fort bel effort, quoique les subjonctifs au passé l’alourdissent quelque peu… du mois, pour mon ordinaire personne.
    Il me semble, bien qu’il fût précisé que ce texte répond à la question «le Coran est-il antisémite ?», qu’il gravite autour du Vrai et du faux ? Et comment on peut prendre l’un pour l’autre, se fourvoyer alors même qu’on croit être bien guidé.
    Si telles sont les choses, alors il est clair qu’il faille faire preuve de beaucoup de vigilance, ne point céder à la paresse et encore moins à l’autosatisfaction. Car être musulman ou croyant semble ne pas répondre à ce qui est attendu des humains ; le Coran énonce clairement quelles personnes Dieu aime… et parmi ces personnes, le Coran ne cite ni les Musulmans, ni les Juifs, ni les Chrétiens… ni même les pratiquants assidus… mais ceux qui font le bien, ceux qui concilient, ceux qui patientent, pardonnent, les justes, les équitables, les pieux, les confiants…

    • oui, autour du Vrai, du Bien et enfin de la Justice (à paraître)

      mais vraiment, sur “Abel” et “Caïn”, j’invite les lecteurs à se débarrasser de tout ce qu’ils ont en tête. si Dieu a mis “en toute vérité” pour leur histoire comme pour celle de Jésus (as) que tant et tant imaginent crucifié et fils de Dieu, c’est que ce “en toute vérité” vient briser la prépotence du Faux.
      un ouléma m’a lu et tout ce qu’il a dit était que j’avais tort car je contredisais des “grands” et “éminents” savants. car enfin, si il était prêt à se remettre en question, il n’eût agi de la sorte. et quand bien même je répondis que “Abel” et “Caïn” ne proviennent ni du Coran ni de la Sunna et que ces “grands” et “éminents” savants se référèrent à la Torah (ce qui nous a été interdit), l’on a dit que j’étais dans la passion et qu’il fallait accepter leurs dires.
      voyez : tant que l’on continuera à prendre le Vrai pour le Faux, peu de bien peut sortir de nous, hélas !

      j’ai d’ailleurs mis ma source plus bas, et j’invite ceux qui veulent comprendre mieux à la consulter !

      • “Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement…” Ce n’est pas parce que votre plume est prolixe que ce que vous dites est intéressant sans aller chercher si c’est VRAI ou FAUX ! Si nous devons récuser nos traditions qui remontent à Abraham uniquement pour abonder dans votre sens ( incompréhensible d’ailleurs) et valider votre savoir encyclopédique mais néanmoins fumeux , alors non! Nous sommes des musulmans arabes ou pas avec des traditions familiales ancrées , des récits mettant en scène Salomon, David, Jésus , sa mère Mariam et tous les autres prophètes tous juifs et tout ceci démontre que notre lien avec le judéo-christianisme est une évidence . Vous voulez nous convaincre que notre origine est ailleurs par des interprétations hasardeuses et des raccourcis que vous croyez fabuleux . Je me demande même si cette façon que vous avez de vouloir nous détacher du judo-christianisme n’est pas une volonté de justement répondre par l’affirmative que le Coran est bien antisémite. J’espère qu’aucun oumanaute n’abondera dans votre sens car alors clairement vous serez l’ennemi de l’Islam et que vous avez conclu un pacte contre les musulmans avec ceux qui ont intérêt à nous détruire.

        • n’importe quel musulman entendant un autre musulman dire que “Salomon, David, Jésus, sa mère Mariam et tous les autres prophètes [sont] juifs” comprend nécessairement que ce musulman en question est fort éloigné du Vrai et donc de l’Islam.
          tout Prophète est musulman. en douter ou le nier, c’est effectivement être un véritable ennemi de l’Islam.

          mais vous savez, si vous ne comprenez pas, vous ne devriez pas vous sentir obligée de commenter ou alors, posez des questions. 😉

          • Au fond vous savez que j’ai raison et vous prenez votre ton paternaliste ! Bref, vous êtes un salafiste takfiri wahabite ennemi de l’Islam et des musulmans ! Quant à vous “poser des questions” vous rêvez !! C’est la pollution de l’âme assurée ! Que Dieu me garde de faire pareille démarche !

          • non, vous avez tort.

            quant à votre assertion, et parce qu’elle est totalement délirante, je prie la modération de Oumma d’y voir une diffamation car je ne suis ni salafiste ni takfiri et que ces termes peuvent me valoir des problèmes aujourd’hui.

        • Salam @Nanita

          “…Salomon, David, Jésus , sa mère Mariam et tous les autres prophètes tous juifs…”
          Attention Nanita, le Noble Coran est très explicite là-dessus : tous les prophètes ont été musulmans et ont prêché l’islam. Le juifs et les chrétiens sont des gens du Livre de l’islam qu’ils ont réécrit. Ce sont des gens du Livre autant que certaines “sectes” dites musulmanes de nos jours.

          “que ce que vous dites est intéressant sans aller chercher si c’est VRAI ou FAUX”
          Entièrement d’accord avec vous !
          @Souaréba pointe une manière de réfléchir qui ne me semble pas déviante mais enrichissante concernant son tafsir sur l’histoire des fils d’Adam. Par contre, il m’a fallut regarder sa vidéo proposée ci-dessous qui est beaucoup plus argumentative.

          Salam

          • Alors je fais partie de la secte de l’amour de Jalal eddine Rumi qui n’était pas moins musulman que Monsieur Gassama : j’aime les vrais Juifs et les vrais Chrétiens, et je les appelle ainsi car c’est ainsi qu’ils se nomment . Je ne me reconnais pas le droit de les affubler d’un nom qui n’est pas le leur. “Je hais les tièdes” comme disait Jésus et je hais les hypocrites qui se réclament d’un islam sec et sans tendresse qui se mettent du côté de celui qui a la force , la puissance et l’argent et n’ont d’indulgence que pour eux-mêmes! Enfin, je répondrai de mes actes devant Dieu seul et ne rechercherai aucune consolation ou absolution auprès de prétendus esprits supérieurs, seul Dieu est glorieux. J’espère cher Malik que vous ne m’excommunierez pas et d’ailleurs cela n’existe pas en Islam.

          • @Nanita
            C’est votre droit le plus absolu ! Si vous souhaitez remettre en cause les paroles d’Allah swt dans le Noble Coran, vous disposez de votre libre arbitre plein et entier. Prévalez-vous de Jésus si vous le souhaitez, cela ne me touche nullement. Comme vous le dites si bien, c’est entre vous et Allah swt.
            Où ai-je affubler quelqu’un. Où ai-je enlevé les termes chrétiens et juifs qui se retrouvent dans le Noble Coran ? Où vous ai-je enlevé le droit de devenir ami avec l’humanité ?
            Je ne vais pas changer ma religion pour vous faire plaisir ou faire plaisir à vos amis ou encore faire plaisir à votre gourou. Il ne plaît qu’a Dieu !
            Ne me prêtez pas des suppositions qui ne me concernent nullement.

            Salam

  5. Israël ne peut être Jacob
    La première mention biblique d’Israël le décrit comme nation et non comme territoire,( Genèse 49:7)
    L’homme avec lequel Jacob luttait le nomma Israël
    (Genèse 32, 22-29) 
    La stèle de Mérenptah (Mineptah), découverte en 1896 par Flinders Petrie dans le temple funéraire du pharaon Mérenptah (dans la région thébaine) ,datée de -1200, indique qu’Israël est une population et non un nom de lieu ou d’une personne.
    La Palestine, c’est l’ancienne Judée et non Israël donc.

    • arrêtons-nous à seulement dire que Israël n’est pas Jacob. il vaut mieux affirmer peu tout en étant sûrs qu’affirmer beaucoup en nous risquant au Faux.
      surtout qu’Israël, dans le Coran, est un individu.

      • Israël dans le Coran n’est pas juste un individu, mais il fait partie des prophètes qu’Allah a comblé de faveurs :Coran 19 : 58 « Voilà ceux qu’Allah a comblés de faveurs, parmi les prophètes, parmi les descendants d’Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Nuh (Noé), et parmi la descendance d’Ibrahim (Abraham) et d’Israʾël (Israël), et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant.» Il s’agit bien d’un prophète dans le Coran. L’autre verset nous permet de le localiser dans le temps, verset 93 Sourate n°3 • AL-IMRAN : « Toute nourriture était licite aux enfants d’Israël, sauf celle qu’Israël lui-même s’interdit avant que ne descendit la Thora. Dis [-leur] : « Apportez la Thora et lisez-la, si ce que vous dites est vrai ! ». Ce qui prouve qu’Israël est antérieur à la révélation de la Thora, c’est-à-dire avant Mussa (as) et la sortie du Peuple Juif d’Egypte. Le verset 19 : 58, Allah dit : « …Et parmi la descendance d’Ibrahim et d’Isra’ël, », c’est-à-dire qu’Israël vient après Ibrahim (as) et donnera naissance à une descendance. Dans le Coran, l’ordre chronologique, le nombre de récurrence de certains mots, et la calligraphie utilisée ont une importance majeure pour une lecture clairvoyante et une interprétation rationnelle.
        Dans Coran : 2 : 136. Coran : 2 : 140. Coran : 3 : 84. Et Coran : 4 : 163, on constate que la chronologie citée est identique. Allah cite systématiquement les prophètes dans un ordre précis : «Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, et les Tribus». Ce qui laisse à penser que Ya’qub (as) pourrait bien être Israël.

        J’espère que vous tiendrez compte de mon commentaire, et il ne sera pas censuré comme le précédent.

        • 19:58 ne suffit pas à dire qu’Israël était Prophète : on y voit bien plutôt que certains Prophètes ont pour ancêtre Israël.
          Deuxièmement, le peuple juif n’existait pas à cette époque. C’étaient des musulmans.
          Troisièmement, en vous appuyant sur l’ordre des mots en 19:58, vous dites qu’Israël vient après Abraham or là aussi, c’est insuffisant à mon sens. Je vous propose 6:85 où vous voyez Zacharie cité avant Élie : est-ce à dire que Zacharie vint avant Élie ? Vous avez pareil en 6:84 : Joseph vient-il après David puisque David est cité en premier ?
          Ainsi, en disant : «Allah cite systématiquement les prophètes dans un ordre précis», je suis de votre avis en tant que le langage de Dieu est toujours adéquat et que en cet ordre, il y a sûrement une connaissance. Toutefois, cela ne vient pas présager d’un quelconque ordre chronologique ainsi que je viens de le démontrer et à rebours des prétentions humaines !
          C’est vraiment pour cela que j’ai préféré me limiter au minimum en mes affirmations, de sorte que je ne me méprenne point.

    • De mémoire, il est question dans l’AT du “peuple d’Israël”, expression qui prête à confusion. … D’autant qu’Israël est devenu plus tard le nom d’un pays. Mais on parle bel et bien d’une personne. (Sauf erreur).

  6. je précise que cet article est ma réponse à un concours visant à répondre aux questions suivantes : le Coran est-il antisémite ? appelle-t-il à l’agression ou au meurtre ?

    pour qui veut : [email protected]
    ou ici ! je répondrai inchaAllah.

    • @Mme Gassama

      Tout d’abord, félicitations pour le style, subjonctifs inclus, même si d’aucuns ne le prisent manifestement pas.
      Pour ce qui est du fond, j’avoue demeurer un peu plus perplexe. Il y est question d’abrogation, sans que votre position à ce sujet soit vraiment explicite. Le Coran se trompe-t-il? Se contredit-il? Qui aurait tenté de le censurer? Mystère.
      Je relève le fait que vous rappelez le caractère intuitif du bien, conformément à l’hypothèse de Rousseau. Je n’y vois d’ailleurs aucune objection, au motif qu’une sorte de morale naturelle a été observée chez nos cousins primates, et prévaut également chez les chasseurs cueilleurs.
      En fait, les premiers meurtres, dont le mythe d’Abel et Caïn se fait l’écho assourdi, remontent au néolithique, autrement dit à la sédentarisation (même si quelques cas sont relevés dès l’introduction de l’élevage itinérant). A se demander si la sédentarisation ne serait pas l’agoniste du fameux “péché originel” judéo-chrétien.
      Cette période fut d’ailleurs, aussi, celle de la mutation des religions chamaniques, lesquelles se muèrent en religions morales, avec des dieux mâles et personnalisés. Je note aussi le fait que la nouvelle morale, proposée par les nouvelles religions, visait surtout et avant tout à stabiliser des sociétés devenues inégalitaires. Il en a d’ailleurs résulté une dichotomie entre morale instinctive et morale enseignée, source de nombreux conflits intérieurs dont votre article évoque confusément la problématique.
      Une société sédentaire est en effet obligatoirement inégalitaire, au motif qu’elle est composée de spécialistes, et qu’elle est hiérarchisée. Or, une telle organisation génère des classes sociales différemment nanties, ce qui agresse le sens inné de l’équité observé chez tous les primates supérieurs, homme inclus. Une fois qu’on a intégré ce principe, on comprend que la vocation de la morale religieuse est l’acceptation des injustices. Il en va de l’intérêt général, dans la mesure où les sociétés sédentaires hiérarchisées sont plus performantes que les sociétés de chasseurs cueilleurs, et, également, dans la mesure où les révoltes pénalisent toujours le groupe, en le mettant à la merci de ses ennemis.
      Comprenez donc que, si l’on se réfère à la morale naturelle du Bon Sauvage, la morale religieuse est plus ou moins diabolique.
      Mais il suffit ensuite de faire passer l’idée selon laquelle elle serait volonté divine pour cautionner les pires exactions.
      Vous affirmez que le Coran est la parole de dieu, puisque c’est marqué dans le Coran. Je ne m’autoriserai pas à critiquer cette croyance, mais j’ai quand même un sérieux doute. …De même que je doute que les prescriptions critiquables du Livre Saint ne le soient qu’à l’aune d’une lecture erronée inspirée par le démon.
      Un raisonnement, aussi brillant soit-il, prenant en prémisses des affirmations non prouvées, ne peut que conduire à l’erreur.
      Enfin, quelle que soit la religion, la propension au littéralisme conduit au fanatisme. Cela vaut aussi pour les évangéliques, ou les juifs orthodoxes. Exemple: Tous les intégristes monothéistes rejettent Darwin, certains allant jusqu’à défendre le platisme. Cette erreur aisément démontrable a pour origine le texte, au demeurant très poétique, de La Genèse, ou sa version coranique, à laquelle vous vous référez longuement, sans rappeler clairement le fait qu’il s’agit d’un mythe, ce qui eut tout de même été la moindre des choses, à l’aune de votre niveau de culture.
      Je suis d’ailleurs toujours un peu perplexe quand on m’explique qu’Adam aurait été un prophète, et non un singe amélioré. Prophète de quelle religion?
      Bref.

      • Merci.

        Sur l’abrogation, je dis que le Coran, si il est effectivement la Vérité, ne peut se contredire ni se dédire ; par suite, il n’y a pas d’abrogation et il n’y en a jamais eu, sauf pour ceux qui, imbus de leurs personnes, imaginent que leur subjectivité est l’Alpha et l’Oméga du Tout. Et il s’agit là de quelques oulémas. Peut-être voulaient-ils que le Coran prît tel ou tel sens qui leur convenait ? Ou qu’ils ne comprenaient pas certains passages et qu’ils préférèrent supputer que Dieu Se trompait au lieu de voir en eux-mêmes un problème ?

        En effet, une certaine spécialisation est apparue au cours de l’Histoire de l’Humanité et ce qui était intuitivement su par tous est devenu le domaine réservé de quelques uns (à ce propos, vous pouvez lire mon article publié sur ce site intitulé : «Radicale critique…»). Mais là où je divergerai de vous, c’est que je pense que la morale issue du Coran (ou autre) est identique à l’intuitive ; c’est parce que la plupart abandonnèrent l’intuitif mais aussi la pensée que certains s’érigèrent en maîtres de conscience, faisant que ces derniers sont devenus, à terme, bien plus préoccupés de défendre leur autorité que la Vérité et le Bien. Et ce problème est massivement retrouvé chez les musulmans, comme chez les autres religions d’ailleurs. Il suffit de voir ce que l’on se prend lorsqu’on contredit un des oulémas portés au firmament. D’ailleurs, voici un extrait d’une réponse d’un ouléma après qu’il a lu mon article : «Les savants sunnites comme shiites confirment l’existence du naskh et sa pertinence (c’est aussi une épreuve de la foi) : alors que vous avez opté pour des explications “méthaphoriques” des versets explicites sur ce sujet à l’encontre même des grands exégètes grands savants de l’islam (Qourtoubi, Ibn ‘Atiyya, ….)». Comme vous le voyez, je n’ai pas tort en tant que mon raisonnement serait faux ou contradictoire : j’ai tort parce que j’ai attaqué «des GRANDS exégètes GRANDS savants (deux fois le mot GRAND en une même phrase, ça me paraît louche, mais lorsqu’on cherche à se convaincre soi-même…). Et cet ouléma s’est arrêté à cela, il n’a même pas cherché à discuter ou à montrer qu’un de mes arguments serait inadéquat, inopérant, inexact. On n’a pas le droit de remettre en cause ce qu’un GRAND GRAND savant a dit, même si l’on argumente efficacement. Mais regardez : plus bas, un intervenant m’a contredit ; et en lui montrant ma source, il en vint à quasiment changer d’avis. C’est que la barbe, l’accoutrement et le titre seront toujours bien plus considérés que la vérité car je n’ai rien fait d’autre sinon retranscrire et compléter ce qui a été dit. Mais étant non-cheikh, non-docteur, non-diplômé, non-barbu et parce que mon nom n’est pas «cheikh Souaréba abû al-Fourqân al-Toulousânî», j’aurai toujours tort PAR DÉFAUT.
        Donc si vous me dites que la morale religieuse sert à légitimer certaines choses, je vous dis : c’est exact, mais seulement en un contexte donné et du fait de la trahison de certains qui ne peut produire d’effets que si la plupart, d’une façon ou d’une autre, le permet (démission, paresse, aplaventrisme, considération d’éléments adventices…). Ainsi, le clergé a été utilisé en France par la classe possédante pour que les Français soient de bons soumis et qu’ils ne songent point à la révolution sociale.

        Aussi, vous tenez qu’une affirmation improuvée rend toute réflexion à terme problématique. Or c’est inexact car il est des axiomes (etc.) qui sont justement improuvés, que l’on tient pourtant pour vrais et qui ne produisent pas d’erreur (si l’on se limite à eux seuls, en tout cas).

        Quant à moi, je ne vois pas de problème à supposer qu’il y eut évolution de certaines espèces.

        Enfin, le terme «Prophète» provient du grec et a sa connotation particulière.. Car en hébreu comme en arabe, la racine N-B-Y signifie le concept de «nouvelle», le fait de «porter au devant». Adam a donc seulement «porté au devant» la Connaissance à ses enfants.

        Dans la prochaine partie, je parle de l’injustice et conclus le propos.

        • @Souadeba

          Merci pour cette longue réponse.
          Cependant….
          La morale des chasseurs cueilleurs diffère énormément de la morale religieuse des sédentaires, au motif évident que les contraintes environnementales ne sont pas le mêmes. Chez les chasseurs cueilleurs, on ne possède rien, mais on partage tout, assez bizarrement, conformément au principe marxiste: “A chacun selon ses besoins”. la société n’est quasiment pas hiérarchisée, si l’on oublie la fonction du chef. Le concept de famille est inexistant. les relations sexuelles ne sont pas limitées, et l’élevage des enfants est collectif. Mais surtout, on a à faire à une société sans règles, régie par des comportements instinctifs, exactement comme chez les autres primates. Le seul apport moral du chamanisme concerne les règles écologiques, élevées au rang de morale, dans le but de ménager les dieux élémentaux. Notons quand même le fait que les comportement instinctifs altruistes sont confortés par la pression du milieu. Nous parlons de la compassion, de l’équité, et de la propension à la collaboration, intéressée, ou non. Par contre, on n’observe ni pruderie, ni devoir de travailler, surtout pour un patron, ni nationalisme ou xénophobie, ni respect de l’employeur, et pour cause.
          La vérité est que cette morale naturelle ne convient pas aux sociétés sédentarisées. La mise en application du principe d’équité, par exemple, détruirait immédiatement une société de classes.
          Même s’il reste des séquelles de la morale naturelle au sein de notre monde moderne, c’est quand même la morale créée sur mesure pour un monde inique qui domine les comportements.
          Lorsque la société humaine a muté, la transmissions des nouvelles règles a été dévolue au chaman, qui s’est transformé en moraliste. C’est aussi à cette époque que des familles se sont formées, avec pour rôle principal celui d’éviter le brassage entre les classes. Bien entendu, l’éducation des enfants a été confiée à la mère, devenue le relais du prêtre pour ce qui est de l’éducation religieuse. (D’où la fameuse formule de Coluche: “Juif, ça s’attrape par la mère”).
          Mais il est important de comprendre que la sanctification de la famille, prônée par tous les monothéismes, constitue un phénomène récent.
          Dans le même temps, la dénonciation de l’hédonisme s’inscrit dans une logique similaire. En gros: “Pas question de copuler et festoyer alors qu’il y a du boulot à accomplir pour le chef”.
          Je suis toujours tenté de sourire quand je vois opposés religion et productivisme. (Ou foi et consumérisme, mais ça revient au même). Car la foi a fondamentalement une fonction productiviste. On n’est pas forcément perdant, si l’on en juge à l’aune de la prospérité des sociétés modernes.
          C’est quand même grâce à la sédentarisation que nous serons bientôt 15 milliards, avant de disparaître en quelques années.
          Bref.
          Une dernière question, avant d’aller faire les courses. Comment concilier culture, ouverture d’esprit, qualités que vous manifestez récurremment, et fondamentalisme coranique? Je devine d’ailleurs que certains passages clivants du Coran vous dérangent, au point que vous oscillez en permanence entre le désir de les éluder, et la nécessité de les conserver.
          Pour ma part, je suis bien sûr hostile à toute réécriture des Livres Saints, ou, d’ailleurs, de n’importe quel livre, si dérangeant soit-il. Reste la possibilité de considérer comme métaphoriques les passages les plus borderlines.
          Par exemple, l’AT est généralement considéré par les chrétiens pas trop atteints comme un ouvrage poétique porteur de dieu sait quels symboles. Mais on admet quand même le fait que Adam, Abraham, ou Moïse ne sont pas plus réels que Achille, ou le vaillant Hector. Pas Berlioz, l’autre.
          Le fait que le Coran affirme des choses manifestement fausses, comme la platitude de la Terre, confirme sans grande ambiguïté que tout n’est pas forcément sensé dans ce texte au demeurant estimable.
          Par contre, si l’on considère le Coran comme le Texte qui rassemblé les tribus, et mis fin aux querelles religieuses de l’époque, on comprend mieux l’intention très louable des rédacteurs. Je note aussi le fait que ce Livre Saint s’inspire plus que largement de l’AT et du NT, dont il réalise une sorte de synthèse hélas un peu réactionnaire, si l’on compare au NT.
          Notez le fait que je ne défends pas mes coreligionnaires chrétiens, avec lesquels je ne partage aucune croyance.
          Mais bon…

        • Il n’y a pas de différence de morale à mon sens, sauf d’un point de vue strictement subjectif, c’est-à-dire faux.
          Les humains ayant vécu en un monde sans argent se devaient de considérer leur prochain car il n’y avait pas moyen de faire différemment. Quant à nous qui vivons en un monde totalement autre, c’est en tant que nous n’avons pas oublié ce que nous sommes (à savoir tous des frères) que nous pouvons agir de façon réellement bienfaisante. Or l’argent a le fort pouvoir de nous faire oublier cela. Donc le Coran nous dit certaines choses liées à ce monde mais il y a ceux qui ont une compréhension superficielle de la chose et qui se contenteront de ne pas voler, de ne pas être usurier, etc.. et ceux qui ont une compréhension radicale du Coran et qui voient que la racine de tous ces Commandements est la même qui mut les humains premiers, à savoir : «n’oublie jamais que ton prochain est toi-même.» Il est donc très aisé de reconnaître ceux qui existent et qui ne changent pas leur idée du Bien selon les évolutions de la société et ceux qui ne sont, en fin de compte, que des spectres qui s’y adaptent : la société humaine est-elle dégueulasse qu’ils s’y conforment, la société humaine est-elle en le bien qu’ils s’y conforment.
          Je reconnais toutefois que cette vision des choses est si peu enseignée qu’elle en devient quasiment originale et exotique lorsqu’énoncée. Mais c’est réellement ce que j’ai compris en lisant le Coran.
          Car enfin, si c’était cette vision des choses qui était enseignée, les oulémas qui vivent de la Religion n’auraient pu prospérer. Il était donc nécessaire qu’ils fissent de la Religion un code pénal incompréhensible et contradictoire pour garantir leur statut. Ce faisant, ils ont abruti nombre de musulmans : constat si vrai que le nombre de musulmans quittant la Religion n’est pas négligeable. L’on peut le prouver en consultant des banques de fatwas où des questions débiles du genre «ai-je le droit de me couper les ongles la nuit?» sont posées, ce qui illustre le total délire en lequel nous sommes pris.
          Bref, à mon sens, rien n’a changé fondamentalement, sauf pour qui ne considère que le superficiel. J’espère avoir montré, en cet article comme en les autres publiés sur ce site, que c’étaient les principes qui importaient.

          Vous me demandez comment je concilie culture, ouverture d’esprit et “fondamentalisme coranique” (lol).
          Je vous réponds que ce sont précisément les musulmans qui n’ont pas compris le fondement du Coran, c’est-à-dire l’Esprit de la Lettre du Coran, qui se montreront fermés d’esprit. Étant donné le fait que je considère le Tout comme étant Dieu, et parce qu’il ne peut y avoir de véritable pensée sans appréhension de ce Tout, il faut donc avoir l’esprit ouvert pour se défaire de sa subjectivité, mère du Faux. Mais ce point sera développé dans la seconde partie (déjà rédigée et publiée quand Oumma le voudra).

          Vous pensez que certains passages du Coran m’indisposeraient. Pour être franc, c’est plutôt la compréhension des musulmans à ce propos qui me gêne et surtout le fait que je me sais impuissant pour changer les choses quand bien même je le voudrais/pourrais. Car notre malheur est que le Coran ait vu son Message perverti par des esclavagistes, des tribalistes, des misogynes et autres dingos, d’où il sort que bien des traductions, y compris celles réalisées par des Occidentaux, reflètent ces traits culturels d’Orient (ou d’ailleurs). Ainsi, Maurice Gloton, en sa traduction du Coran, avalise l’esclavage et la prostitution forcée (24:33) : et il ne pouvait faire autrement puisque sa subjectivité était sous la férule de ses maîtres orientaux qui sont dans le Faux en tant qu’ils n’ont abrogé le tribalisme, la prévalence de l’Argent en leurs consciences, les fausses hiérarchies entre humains… C’était si il avait dépassé la subjectivité en comprenant de façon radicale que le véritable message du Coran était l’absolue considération du prochain qu’il eût pu contredire ses maîtres. Mais il ne le fit pas ; et bien qu’il produisit un Coran avec quelques traductions intéressantes, en réalité, il n’a rien changé fondamentalement. Il est un peu comme ces gens qui diront que Dieu est Vérité tout en tenant qu’Il S’abroge ; je ne doute pas que Maurice Gloton dirait que l’Islam est le Bien mais si il l’avait effectivement compris, comment eût-il pu traduire ainsi ? Mais que Dieu me pardonne, le pardonne et nous pardonne tous ! Le jugement final est à Dieu, pas à moi.

          Quant à la Terre plate, je n’ai jamais vu que le Coran l’admettait ! C’est peut-être la lecture qu’en font des salafis ?

          • @Souaréba

            Merci pour cette (nouvelle ) longue réponse. Aurai-je inventé de toute pièce la théorie géocentrique des sept cieux, posée par Ptolémée, et reprise par la Bible et le Coran?
            cf: https://www.maison-islam.com/articles/?p=599
            A noter le fait que cette théorie fausse était acceptée par tous au VIIème siècle. Mais, si l’homme est faillible, l’ange Gabriel n’est pas censé l’être.
            Je note aussi le fait que vous demeurez un peu flou au sujet des passages coraniques clivants. Car certains d’entre eux sont suffisamment clairs pour se passer d’interprétation. Inutile de préciser lesquels, puisque vous êtes le premier, ou la première à en citer un au sujet de l’apostasie. On pourrait y ajouter ceux sur l’athéisme, ou l’association.
            Il serait d’ailleurs un peu léger de mettre en cause les erreurs de traduction, ou de compréhension de certains fidèles.
            J’ignore si le Coran a été dicté par le tout Puissant, mais une chose au moins est certaine. Tout comme la Bible, il a été rédigé par des êtres humains, sans doute largement inspirés par des écrits antérieurs, des croyances anciennes, et les coutumes d’une époque et d’un lieu. Bref, même si l’on est croyant, ce qui n’est pas mon cas, on peut quand même envisager que le texte fondateur d’une nouvelle religion se devait de s’accorder à l’air du temps.
            A défaut, on sombre dans le littéralisme, qui est une insulte au savoir. Le propre de la connaissance est en effet son aptitude à évoluer.
            Enfin s’agissant de la morale, n’avez vous pas été frappé (e?) par les divergences entre les règles en fonction du lieu et de l’époque? En fait, les seuls points communs aux différentes morales sont en lien, soit, avec les composantes de la morale naturelle des primates, soit, en lien avec l’intérêt général. Sauf que cette composante fonctionnelle varie avec le type de société considéré.
            Bref, si l’essentiel de la “vraie” morale est d’origine innée, pourquoi créer des règles religieuses? Elle ne pourront que dégrader la validité du produit final. C’est d’ailleurs ce qu’on observe, comme vous le rappelez en soulignant l’existence d’interprétations toxiques des règles opérées par certains maîtres à penser.
            Pour ma part, je serais plutôt attaché à un principe pragmatique, presque aristotélicien: “La liberté des uns s’arrête là où commence celle d’autrui”. Mais cette apologie du compromis nous éloigne de l’idéalisme religieux. Notez quand même le fait que cette maxime tranche nombre de débats, comme celui du voile. Et elle peut s’appliquer à presque toutes les sociétés, sous réserve de mettre de côté les dictatures.
            Notez aussi le fait que la mise en pratique d’un tel principe interdit virtuellement de condamner l’athéisme, l’apostasie, l’adultère, l’homosexualité, l’association, etc. , pourtant réprimés par le Coran sans aucune ambiguïté.

          • Je vous remercie pour votre lien car il illustre ce que je pointais du doigt, à savoir la prévalence de la subjectivité et de l’érudition contre la recherche du Vrai. Alors on nous sort les avis et on nous présente un individu qui, du haut de sa subjectivité, a fait son choix. Et quand bien même ibn Taymiyya a été contredit, vous verrez nombre de musulmans persister à le prendre pour ce qu’il n’est pourtant pas. Je n’ai ici aucune responsabilité et je ne puis que déplorer la chose !
            Donc y a-t-il Sept “Cieux” ? Oui.
            Que sont-ils ? Absolument aucune idée.
            Cela me rend-il débile ? Que celui voulant le croire le croie.
            Mais il y a tant et tant qui ont le besoin pathologique de parler même sans savoir…

            Puisque l’Islam est aussi doté d’un clergé (malgré les dénégations de certains) qui influe et régule la pratique de l’Islam (al-Azhar, les autres institutions et tous les oulémas qui demandent à être considérés comme tels), il faut comprendre que la compréhension de l’Islam est forcément pervertie par des gens qui ont davantage intérêt à défendre leurs intérêts de “classe” que la Vérité ; car enfin, si tous les musulmans devenaient des oulémas (ainsi qu’ils devraient pourtant l’être), comment gagner de la thune à produire des fatwas ? Est-ce un accident si des oulémas, voyant qu’il fallait étendre leurs activités, se mirent à excogiter une finance «islamique» afin qu’ils puissent siéger au sein d’institutions financières (moyennant rémunération, hé!) ou est-ce plutôt dans la stricte logique des choses ? Car je suis l’un des rares sinon le seul (en langue française tout du moins) a avoir dénoncé la chose : la quasi-totalité de la littérature à ce propos la soutient et appelle les musulmans à s’agenouiller devant Mammon. Ainsi, ce point n’est nullement périphérique : il est fondamental pour une critique efficace.

            Quant à la troisième partie de votre propos, je pense sincèrement y répondre dans la suite de mon article qui va paraître sous peu. Si toutefois ce que vous y lirez ne vous parle pas, vous n’aurez qu’à me redemander précision et je ferai ce que je pourrai !

          • @Souaréba

            A propos des sept cieux.
            Il est toujours très difficile quand on est intelligent de défendre l’indéfendable. L’ensemble de votre propos révèle clairement le doute, mais vous cherchez manifestement des accommodements raisonnables pour concilier votre vision du monde, au demeurant humaniste et moderne, avec des croyances anciennes dont certains éléments sont manifestement obsolètes.
            Or, à l’instar de l’Ancien testament, le Coran n’est pas qu’un Livre Saint. On n’y trouve pas que des paraboles et des prescriptions morales. On y parle aussi histoire, et législation. Notez au passage le fait que le NT ne sombre pas dans ces travers. Dommage que les principes doit-de-l’hommistes qu’il défend aient servi de justification aux Croisades et à l’Inquisition.
            Je note d’ailleurs à ce propos:
            – Que le contenu des Livres n’est pas obligatoirement en accord avec le dogme. (Hélas, s’agissant du catholicisme).
            – Que l’Islam des Lumières, ou celui de l’Empire Ottoman, avaient rompu avec le fondamentalisme. Et il faut s’en réjouir. A noter au passage, puisque votre propos évoquait la relation entre Islam et Judaïsme, que cet Islam du passé était fort tolérant, sans doute bien plus que la chrétienté. (au moins envers les gens du Livre).
            Pour résumer l’ensemble de mon propos: Pourquoi s’attacher au mot à mot du Coran, alors que ce Livre a été rédigé par des humains, à partir, selon votre croyance, des propos d’un humain relatant le message divin?

            Il suffit de s’intéresser quelques heures aux Évangiles apocryphes pour comprendre que le bouche à oreilles est très peu fiable (Cf le très rigolo évangile de Thomas, dans lequel Jésus ressuscite des poulets cuits).
            Bref.

          • Je ne comprends pas votre insistance à voir en ma prudence un malaise quelconque car il n’y en a pas ! Ce qui me gêne, ce sont les délires excogités par certains et fondés sur des faux raisonnements ainsi que votre lien le montre. Car en ayant cité ibn Taymiyya, c’est comme si l’on devait ne plus réfléchir et se soumettre devant l’individu aux capacités intellectuelles supposées incomparables… Cela me gêne profondément à un autre titre puisque c’est cette manière de penser (c’est-à-dire par procuration) qui entraîne nombre de musulmans à concevoir de faux principes qui paraissent à travers leurs péchés, leur considération de la femme, et autres.
            Par contre, moi, je n’ai aucun problème à dire que je ne sais ce que signifie l’expression de «sept Cieux» ; et, au lieu de créer malaise, je me sens réellement serein parce que je n’ai pas menti ni n’ai affirmé d’âneries qui pourraient «salir» l’Islam. Il n’y a que la Vérité qui apaise. Un jour, je me pencherai sûrement sur le sujet de ces «sept Cieux» ! Mais j’avoue ne pas l’avoir fait de façon profonde.

            Aussi, quant la la distinction entre Esprit de la lettre et Lettre de l’esprit, j’en parle dans la seconde partie à paraître. Je vais d’ailleurs demander à Oumma quand est-ce qu’ils la publieront.

          • @Patrice
            “Aurai-je inventé de toute pièce la théorie géocentrique des sept cieux, posée par Ptolémée, et reprise par la Bible et le Coran?” OUI car même en lisant votre lien, ce n’est pas ce qui est dit quand on lit l’article en entier. Il est bien dit qu’Al-Biruni est connu pour avoir étudié la thèse de la rotation de la terre autour de son axe et sa révolution autour du soleil (ceci bien avant Copernic).
            Concernant le lien que vous partagez on va y remédier simplement.
            Le Noble Coran dit bien : “Et c’est Lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune; chacun voguant dans une orbite.” s21v33.
            Une autre traduction pour comprendre la profondeur de lecture : ” C’est Lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, chacun ayant sa périodicité propre.” s21v33
            Pour compléter : “Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour; et chacun vogue dans une orbite.” s36v40
            Une autre traduction : “Le soleil ne saurait pas plus atteindre la lune que la nuit dépasser le jour. Chaque élément évolue dans son orbite.” s36v40
            Les traductions seront toujours approximatives mais permettent d’en approcher le sens.
            Nous savons que la lune a une orbite et bien le soleil également : le soleil orbite autour du centre galactique en 225 à 250 millions d’années (année galactique).
            Aucun astre ne saurait voguer si Dieu ne lui assigne pas une orbite.

            Pour être plus général : “Par le ciel aux voies parfaitement tracées!” s51v7

            En dehors du chipotage, il n’y a rien à contredire sauf à venir m’expliquer que les astres dont il est fait mention n’ont pas d’orbite.
            Si le Noble Coran pouvait être contredit par la science actuelle, cela se saurait depuis longtemps. Seule la Bible (AT et NT) s’y sont cassés leurs verbes car leurs hommes ont réécrit Le Livre.

            “Et Nous avons fait du ciel un toit protégé. Et cependant ils se détournent de ses signes.” s21v32
            On se demande ce qu’on serait sans : 1. Troposphère 2. Stratosphère 3. Mésosphère 4. Thermosphère 5. Exosphère qui constituent l’atmosphère bien connue mais en plus de cela que serions-nous sans 6. Ionosphère 7. Magnétosphère
            Selon les schémas universitaires actuelles on distingue l’atmosphère inférieure : tropo, strato, méso, thermo et l’iono qui va de 50 à ~1000km et qui chevauche la thermo, la meso et l’exo. Puis on distingue l’exosphère et la magnétosphère.

            Le chiffre 7 ci-dessus prête à confusion sur le net :
            “Il décréta d’en faire sept cieux en deux jours et révéla à chaque ciel sa fonction. Et Nous avons décoré le ciel le plus proche de lampes [étoiles] et l’avons protégé. Tel est l’Ordre établi par le Puissant, l’Omniscient.” s41v12.
            Une autre traduction : “Du gaz II tira la substance des sept cieux en deux jours. II assigna à chaque ciel sa fonction. Nous couvrîmes d’astres le ciel le plus proche pour l’embellir et le protéger. Tel fut l’ordre établi par le Tout-Puissant et le savant.” s41v12
            Attention car le mot samawat en arabe se réfère à : le ciel, les cieux, le Paradis, l’univers. Mis à part que cela semble parler des galaxies et des étoiles, sauf à sortir de notre univers, personne ne peut encore apporter de réponse.

            Dieu est plus savant
            Le Noble Coran est bien la parole de notre Dieu swt.

            Amitiés

    • pour le .pdf (bien mieux présenté) : shorturl.at/iouHN

      au fait : (*) signifie une doxologie ; (”) est une eulogie prophétique ; (‘) est une simple eulogie.

      • Pour Mr Gassama, auteur du texte et pour PATRICE, commentateur, merci pour cet échange fort enrichissant et de rares niveau et pertinence… (du moins en ce site).

        Je voudrais votre avis sur ceci : ainsi que Mr Gassama l’a rappelé en citant les axiomes, ”vérités” acceptées sans être prouvées, il me semble obligatoire de commencer toute vision, idée, tout argument ou développement par une assertion, prémisse, même non prouvée, car on ne peut créer du néant. Il faut toujours un point de départ, la suite devant être pertinente et cohérente, et de ce fait, acceptée. Et donc ne pas renier toute cette suite du fait justement qu’elle fait suite à une base non prouvée. On ne peut rejeter toute la géométrie euclidienne car ses axiomes ne sont pas prouvées. En fait ils sont prouvés d’être indémontrables (théorème de Gödel… me semble-t-il).

        Cordialement.

        • Je rajouterai que le Faux naît surtout lorsqu’un gus se met à se croire intelligent en usant de sa subjectivité.
          Le Vrai, c’est le Tout, l’Objectif, l’Universel.
          C’est pour cela que nous sommes noyés d’ouvrages d’oulémas subjectivistes qui, en réalité, n’apportent rien d’efficace, sauf pour qui confond sagesse et érudition. Et d’ailleurs, si vous regardez les «oulémas» youtubiques, c’est bien davantage l’érudition qui les marque : ils sont capables de vous citer les divers avis (contradictoires) sur une seule question. Ce dont on se moque puissamment si nous sommes effectivement musulmans car être musulman, c’est adorer le Vrai et se débarrasser de la Subjectivité que ces oulémas et leurs affidés youtubiques érigent pourtant comme étant l’horizon indépassable du Vrai. Ainsi, au lieu d’éduquer les humains à penser adéquatement, ils préfèrent les endormir en leur racontant qu’un tel a dit ça, tout en veillant à affubler cet «un tel» du qualificatif d’«éminent» et autres procédés manipulatoires.
          Voici un autre extrait de la réponse d’un ouléma à la suite de la lecture de mon article : «On vous prie donc de respecter les avis des autres et de ne pas être “radical” et “extremiste” dans votre façon de penser en excluant tous ceux qui ne vont pas dans votre sens et ne partagent pas votre avis et les accusant.»
          L’on nous demande donc de considérer la subjectivité des autres et de respecter leurs avis alors que seule la Vérité appelle le respect et non le Faux (Vérité qui, étant Dieu, veut aussi que nous respections notre prochain en tant que prochain ; mais le problème est que certains confondent fatwa et l’ouléma l’ayant rédigée, de sorte que critiquer la production intellectuelle d’un ouléma nous rendrait irrespectueux, orgueilleux, hautain, etc.)…
          Bref, il n’est que la Subjectivité qui appelle le Faux et, comme on le voit, cette Subjectivité est portée au pinacle par ces mêmes oulémas de sorte qu’il est impossible que les choses changent si nous attendons de ces gens-là une remise en cause.

          • Merci pour cet édifiant commentaire avec lequel je suis d’accord…
            Néanmoins, avec certains érudits et oulémas, échangeant sur la question de considérer ou non les avis dits ”non-autorisés”, c.à.d. indépendants de toute obédience, comme les chercheurs de vérité, une réponse à mon sens pertinente me fut donnée : la peur de la fitna, cette fameuse dissension qui est pire que le meurtre. Car, selon la sage personne qui donna cette réponse, les masses ne sont pas encore capables de discernement, il est alors nécessaire de commencer par une pédagogie préparatoire… ce que les youtubiques ignorent, ainsi que leurs fervents adeptes. Pourtant, alors même qu’à l’époque il était connu que le savoir demeurait en Grèce, il fut fortement recommandé d’aller le chercher en Chine ! Est-ce de l’ignorance à l’origine de ce conseil ? Ou bien faut-il y voir une extraordinaire ouverture du fait que chercher le savoir en Chine même implique un esprit ouvert et capable d’accepter toute idée, même athée, ou émanant d’un simple mortel comme Lao-Tseu ou Confucius ? C.à.d. un avis ”non-autorisé” ou d’un ”kafir” ou… à contrario ”fakir”.

            Cordialement.

          • À mon avis, si il est des délires youtubiques de certains «quidams» musulmans voulant tout changer, c’est précisément du fait qu’il y a des oulémas qui ne sont pas des oulémas. Ainsi, ceux qui craignent la fitna sont eux-mêmes son plus puissant vecteur.
            Quant à moi, je pense que tout Humain, femme comme homme, arabisant ou non, éduqué ou non, si il connaît REELLEMENT son Seigneur, est apte à discerner adéquatement le Vrai du Faux et à parler Vrai. Un ouléma diplômé (c’est-à-dire, en règle générale sinon absolue, un FAUX ouléma) croit plutôt que du fait de son diplôme ayant certifié la «qualité» de ses raisonnements et mémorisations, il peut sortir du lui le Vrai. Or Dieu ne Se révèle qu’à ceux cherchant à Le connaître. Et Dieu ne délivre pas de diplôme ; Dieu n’est pas enfermé en les bibliothèques d’universités islamiques ; Dieu ne Se fait pas connaître parce qu’on aurait mémorisé trente millions de hadiths ; on ne connaît pas Dieu parce qu’on est barbu ; Dieu n’est pas connu parce qu’on connaîtrait la plupart des avis sur la plupart des questions … c’est si vrai qu’il suffit de considérer que le Vrai ne supporte ni contradictions ni versions : et pourtant, la plupart des «oulémas» se contredisent sur la plupart des sujets. Il y a donc ceux qui pointeront là la racine même du Mal et ceux qui s’enchanteront de cette orgie subjectiviste qui permet in fine que nous nous croyions au supermarché et que l’on choisisse l’avis qui nous convienne. Ainsi voyons-nous de nos jours des musulmans se détourner de ceux les appelant à tourner le dos à Mammon ; en effet, souhaitant les biens de ce Monde, ils préfèrent se fier aux «oulémas» qui leur permettent de contracter un crédit à intérêts. Mais sur d’autres sujets, ils changeront de référent. Je doute fort que l’Islam soit cela !
            Je suis donc en désaccord avec l’avis qu’ont tenu ces érudits et oulémas que vous citez d’abord parce qu’il y a une forme de mépris qui me déplaît mais surtout parce que le fond du problème n’étant pas désigné (à savoir les «oulémas» eux-mêmes), il n’est rien dit d’efficace.

            Dans la prochaine partie à paraître (j’ai tout déjà rédigé voilà un moment, c’est juste Oumma qui décidera de quand publier), je développe peut-être mieux !

        • @Tahar

          Merci pour l’intérêt que vous portez à notre échange avec Souaréba. Ce débat dans le débat nous démontre que les échanges sont toujours possibles, même entre des visions du monde très différentes, n’en déplaise aux contempteurs de l’Islam, dont je ne fais d’ailleurs évidemment pas partie. Ceci étant posé, je considère l’Islam comme une philosophie, philosophie dont je ne soutiens que rarement les analyses, ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle soit absente d’intérêt. Juste pour mémoire, je suis passablement opposé, par exemple, au platonicisme, ce qui ne signifie pas que je considérerais Platon comme indigne d’être lu. …
          Ce qui nous ramène au sujet, puisque les platoniciens défendent justement le caractère intuitif du Vrai, ou du Bien, tout en dénonçant le caractère illusoire du Réel, tel que perçu par les matérialistes (comme votre serviteur).
          Mais je vous concède que même Einstein a bâti sa théorie à partir de postulats et d’intuitions au départ assez peu étayées, voire presque surréalistes.
          Cependant, il existe une différence fondamentale entre l’approche religieuse et l’approche scientifique intuitive. Cette dernière débouche sur des prédictions vérifiables. (Ou, hélas; parfois sur des artefacts létaux comme la bombe).
          Une manière de préciser le fait qu’un postulat finit par se vérifier le jour où les extrapolations à partir de ce postulat produisent des prédictions ou des objets fonctionnels. Tel n’est d’ailleurs pas toujours le cas. La Théorie des cordes n’a jamais rien prédit, et n’a jamais à ma connaissance permis de construire quoi que ce soit. Comme quoi les sciences dites exactes n’ont pas encore rompu avec la magie (Cf La matière noire, l’énergie noire, ou la susy).
          A part ça, il est exact que nos sens sont limités, et que notre vision du Réel est pour partie une projection de notre cerveau. Et nos intuitions sont parfois plus sensées que nos raisonnements. Et même les progrès de la science, entre autres, depuis le début du 20ème siècle, nous poussent plutôt à rejeter le bon sens, dont les fondements s’éclipsent dès que l’on abandonne l’échelle métrique. (Le nano monde est aussi surprenant que le cosmos).
          On n’est cependant pas dispensé de prouver la pertinence de ses intuitions. Mais je retire, suis à votre commentaire, l’affirmation selon laquelle un raisonnement valide basé sur des prémisses non prouvées serait obligatoirement faux. J’aurais du rajouter: Sauf quand le raisonnement débouche sur un résultat vérifiable.

          • un raisonnement basé sur des prémisses non prouvées et qui pourtant débouche sur un résultat vérifiable et expérimental peut aussi contenir le Faux en lui : en effet, il suffit de regarder la théorie de la Relativité et celles portant sur la Physique Quantique pour voir qu’elles se contredisent, bien que chacune prise indépendamment amène à des conclusions vérifiables et expérimentales. ainsi, soit en l’une soit en les deux est un défaut évident car le Vrai ne supporte de contradiction.
            c’est comme je disais en mon article-ci : “Mais qui donc s’y contraindrait cependant que les symphonies conceptuelles dont nous parlions produisent malgré tout quelques effets d’intérêt ? La plupart penseront qu’il y a davantage lieu à amélioration sur tel ou tel point plutôt qu’à radicale destruction et refondation sur des bases saines. Ce n’est donc pas sans objet que nous reprîmes la citation d’Elmire : «on est aisément dupé par ce qu’on aime et l’amour-propre engage à se tromper soi-même».”

          • @Gassama et @PATRICE…. merci de montrer de l’intérêt.

            Théorie des cordes, relativité ou physique quantique tentent de représenter le réel physique avec chacune un langage adapté à juste une partie de ce réel. Il n’y a donc rien de surprenant qu’il y ait plusieurs représentations du monde, différentes, non complémentaires, et opposées en certains lieux.

            Pour le reste, l’acquisition des aptitudes est un processus non identifié totalement : les productions de certains autistes en est une excellente illustration. Les aptitudes cognitives, mnémoniques ou rationnelles sont insuffisantes à expliquer le processus d’acquisition du savoir. Que ce soit en mode religieux ou scientifique. L’intuition et/ou l’inspiration demeurent des mystères, on les constate (Einstein, Maxwell, Ramanudjan, Tesla… etc.), mais nulle école ou université, aucune mosquée ou église, n’enseigne comment acquérir ou augmenter la capacité intuitive.

            Cependant, ce qui est inacceptable et probablement à l’origine de bien des malentendus, souvent générateurs de conflits, c’est que la religion nie, rejette et combat ce qui est de l’ordre de l’intuition et/ou de l’inspiration, bien que les textes sacrés en parlent, et de façon élective. Ceci étant dans l’ordre des choses du fait que la religion se considère comme dépositaire de la Vérité et donc à même de tout contrôler… or justement l’intuition ne peut l’être. On est forcé de croire la personne qui affirme ceci ou cela grâce à son intuition, il n’y a aucun moyen de le vérifier. C’est comme l’amour, on constate certains de ses effets (qui par ailleurs sont semblables à ceux produits par la peur par exemple), mais seule la personne amoureuse ressent et vit une réalité qui échappe à toutes les autres.

            À mon sens, l’intuition est ce qui ressemble à l’esprit, lequel inspire et guide les prophètes. Si tel est le cas, alors il est clair que la religion ne peut l’accepter. Et de ce fait, elle admet seulement le dogme rigide et fixe et subséquemment condamne toute nouveauté et ses auteurs. La religion devrait se remettre en question… folle utopie, je crois.

            Pour finir, je me permets de paraphraser un politique et dire ” la religion est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux religieux”.

            Cordialement.

  7. Salam

    Pourquoi devait-il donner cette offrande et que cela ne les concernaient qu’eux seuls ? On voit bien que le meurtre est lié à l’offrande acceptée ou pas par Dieu et pourquoi. On ne peut pas réfuter que c’est bien Habil qui s’est vu accepter l’offrande.

    L’histoire raconte que Habil (Abel) et Qabil (Caïn) avaient chacun une soeur jumelle. Adam commanda à Habil d’épouser la soeur jumelle de Qabil et à Qabil d’épouser la soeur jumelle de Habil. Néanmoins, Qabil préférait épouser sa soeur qui était beaucoup plus belle. Adam refusa et leur commanda d’offrir une offrande. Celui dont l’offrande sera acceptée épousera la plus belle.
    Habil s’est vut accepté l’offrande : il était berger et avait donné en offrande une belle femelle bien grasse. Qabil avait offert une gerbe de blé mais il en mangea car il la trouva bien belle et bien remplie.

    Cette histoire raconte la jalousie et l’injustice. Concernant les offrandes, un lui a offert ce qu’il avait de plus beau et l’autre a dégradé son offrande pour garder le meilleur pour lui. Il n’est pas question de valeur de l’offrande mais de ce qu’ils avaient de plus beau à offrir. En somme une ferrari vaudrait un bout de pain si c’est ce que les donneurs ont de plus beau à offrir. Cela a un rapport avec l’aumône ou la zakat car selon sa richesse et ce qu’on donne, le même effort à somme égale est bien évidemment à relativiser.
    Par ailleurs, ce qui a perdu Qabil est justement le shirk : s’il pouvait tromper son entourage, il ne pouvait pas tromper Dieu swt, c’est pour cela qu’Adam les renvoya au jugement de Dieu swt. Qabil n’a pas donné pour Allah swt mais pour épouser sa soeur. L’offrande a donc été refusée. Il s’en est suivi une jalousie qui l’a vu commettre le premier meurtre de l’humanité. Dieu swt nous démontre que le meurtre né surtout du shirk qui est également à l’origine de la jalousie et l’injustice. Cela démontre également que Dieu swt n’accepte d’offrande que des pieux et comment un pieux répondit à un frère qui annonçait vouloir le tuer. Alors que Habil a été honoré par Allah swt et qu’il était beaucoup plus fort que Qabil, il a répondu avec piété c’est-à-dire par crainte d’Allah swt.
    C’est beaucoup plus logique.

    Tout y est : ne pas obéir à ses parents, envie d’avoir le meilleur pour soi, jalousie, injustice. Ce sont ces drames qui font qu’un enfant ne soit pas pieux voire même des indicateurs bien que l’histoire nous indique bien que seul Dieu swt le sait réellement. Cela démontre également qu’une personne pieuse ne doit jamais négliger sa famille.

    Pour terminer, Allah swt rappelle par les versets qui suivent l’histoire de Qabil et Habil :
    “C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre.”

    Allah swt sait mieux et est plus savant

    • salam !
      je ne puis vous répondre puisque vous prenez pour argent comptant la version juive de l’évènement et que vous n’argumentez qu’en me répétant ce que je sais déjà et que des rabbins enseignent.

      voici ma source, pour qui veut sortir du carcan judéo-chrétien que nous imposèrent des oulémas : https://www.youtube.com/watch?v=sJPX5CAKmHo

      • Salam

        Très intéressant !
        Pour ceux qui souhaitent comprendre et selon ce sheikh :
        1 – Il ne faut pas croire ni infirmer l’histoire des gens du livre. Il faut s’en détourner. note perso : Ceci est connu mais critiquable au regard du Coran lui-même car on peut les appeler à l’unicité de Dieu swt par exemple. On peut en discuter également.

        2 – L’éxégèse générale (les tafsirs réputés) ne se fondent sur rien de solide pour expliquer cette histoire : ni le coran ni les hadiths.
        note perso : on est d’accord mais le sheikh réfute tous les tafsirs tout de même

        Pour corriger, le savant proposé par @Souaréba part du Coran uniquement et complète par les hadiths, sa méthode est correcte. Son explication est très judicieuse et j’y adhère partiellement n’ayant pas les connaissances approfondies nécessaires pour valider. En gros :
        1 – Pas de noms : “Et raconte-leur en toute vérité l’histoire des deux fils d’Adam.” idem pour les hadiths
        note perso : tout à fait d’accord mais personne ne dit le contraire, les éxégeses sont allés rechercher ce qui se disait pour en définir la substance et ont bien pris comme base le Coran et les Hadiths. Ceci n’est pas non plus interdit dans le domaine de l’étude.

        2 – Les deux fils d’Adam sont fautifs (un a péché car l’offrande a été refusée car il ne l’a pas fait pour Allah swt, l’autre sur le meurtre).

        3 – Celui qui se voit accepté l’offrande est le meurtrier :
        “Les deux offrirent des sacrifices; celui de l’un fut accepté et celui de l’autre ne le fut pas. Celui-ci dit: «Je te tuerai sûrement». «Allah n’accepte, dit l’autre, que de la part des pieux».”
        La victime dit : “«Allah n’accepte que de la part des pieux»”, elle le croirait tout du moins car Allah accepterait la repentance et donc n’accepterait pas que des pieux. Puis elle rajoute : “Si tu étends vers moi ta main pour me tuer, moi, je n’étendrai pas vers toi ma main pour te tuer: car je crains Allah, le Seigneur de l’Univers.” “Je veux que tu partes avec le péché de m’avoir tué et avec ton propre péché: alors tu seras du nombre des gens du Feu. Telle est la récompense des injustes.” Il rappelle à son frère que s’il lui apparaît pieux par son offrande acceptée, il risque de devenir injuste et d’être des gens du Feu s’il le tue. Il en profite pour demander que ses propres péchés lui incombent s’il le tue.

        Moralité :
        1 – Il s’est vut accepter l’offrande et s’est gonflé d’orgueuil en se sentant supérieur. Il a recherché le péché de son frère et l’a tué, se sentant légitime de le faire : “Son âme l’incita à tuer son frère. Il le tua donc et devint ainsi du nombre des perdants.” Alors que jusqu’à présent il était dans le chemin d’Allah swt, il s’en est détourné malgré le rappel de son frère et certainement d’Allah swt i.e. de son coeur et de sa conscience.

        2 – Il est devenu comme le corbeau qui picore le sang en cherchant absolument les péchés de son frère. Il aurait du couvrir le péché de son frère et le laisser vivre en lui montrant la bonne voie i.e. en devenant son chef, son guide. En faisant ce qu’il a fait, il est devenu parmi les perdants :
        “Puis Allah envoya un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il dit: «Malheur à moi! Suis-je incapable d’être, comme ce corbeau, à même d’ensevelir le cadavre de mon frère?» Il devint alors du nombre de ceux que ronge le remords.”
        C’est ce verset prêterait à confusion car sa traduction serait approximative et l’arabe ne prêterait pas à confusion si on s’accorde comme le prophète Muhammed sws nous a appris : que le corbeau est une des cinq bêtes nuisibles (scorpion, chien enragé, mileau, corbeau et rat) et si on traduit correctement sa grammaire. Une autre traduction proposée deviendrait dès lors :
        “Puis Allah envoya un corbeau qui se mit à gratter la terre pour FOUILLER le cadavre de son frère. Il dit: «Malheur à moi! Suis-je incapable DE PAS ETRE comme ce corbeau, à même DE DISSIMULER les parties indécentes de mon frère?» Il devint alors du nombre de ceux que ronge le remords.”
        En aucun cas le corbeau ne pourrait être destiné à montrer comment cacher le péché mais il cherchait quelque chose, il cherchait le péché de son frère ou le cadavre pour le picorer. Le meurtrier a donc été comme le corbeau car il a fouillé auprès de son frère sa mauvaise facette au lieu de ne pas la chercher et cela lui a été montré par le comportement exécrable du corbeau.
        note perso : le fait que ce corbeau lui rappellerait d’enterrer son frère pourrait également lui montrer qu’il a été en dessous du corbeau.

        Conclusion :
        On ne doit pas se croire supérieur parce qu’on est pieux ni se croire supérieur du fait des péchés des autres car plus on est proche de Dieu swt et comblé de ses bienfaits plus on se doit d’être juste. En ce sens, ce qui a été prescrit au fils d’Israël nous incombe toujours :
        “C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre.”

        Critiques :
        A mon sens, la substance est là peu importe la manière d’y arriver. On sera d’accord quoiqu’il en soit. La richesse du Noble Coran et de son verbe est justement qu’une lecture a plusieurs profondeurs.
        Sur la question de la piété, elle est sans équivoque car elle appelle à la justice, au respect et à la protection de l’humanité. Les péchés des autres ne doivent pas être recherchés à tout prix dans le risque d’y découvrir des choses qui nous blesseraient inutilement et nous pousseraient à l’inconcevable. Cela ne veut bien évidemment pas dire qu’on ne doit pas en préserver notre entourage ou s’en préserver. Néanmoins, le mieux quand on apprend quelque chose est de le dissumuler, pardonner et montrer la bonne voie. Tout le monde péche et seul Dieu swt met en lumière si cela est mérité.
        Cela me paraît être complémentaire.

        Mon avis :
        Ce qui me ferait pencher en faveur du sheikh est que mon précédent commentaire ne tiendrait pas la route au final. En effet, Allah swt ne recommande pas de se laisser tuer face à un agresseur qui a l’intention de tuer. Cela me dit que la victime, fine connaisseuse de la loi de Dieu swt avait intérêt à se laisser faire pour effacer ses péchés. Mais si comme le note le sheikh, faire correctement une offrande ne signifie pas forcément être plus ou moins pieux que la personne qui l’a mal réalisée : eh bien difficile de vraiment trancher sauf à penser que la victime se savait moins pieuse et pécheresse mais quid de cette stratégie étonnante.

        • il est très appréciable que vous ayez visionné, vraiment ! que Dieu vous en récompense.
          car vraiment, mon objectif n’est pas de salir quiconque ni de détourner les gens de la Foi. si j’ai cité cette thèse (tout en nommant celui qui la produisit), c’était pour que nous sortions du carcan que certains nous imposent et qui nous détourne du réel message du Livre.
          le Coran est l’expression même du Bien. voyez : si nous suivons la Torah, nous passons TOTALEMENT à côté de la plaque ! alors que si vous regardez les leçons que l’imam en question et moi-même développons, vous verrez une morale CLAIREMENT différente et qui s’accorde REELLEMENT avec le Bien. (mais il est dommage toutefois que vous ne m’ayez cru directement et qu’il vous ait fallu un barbu pour que vous acceptiez de remettre la chose en question. c’est un grave problème général, à savoir que si celui qui soutient une thèse n’est pas docteur, sheikh, ou autre, nous le rejetions quasiment d’office quand bien même il se pourrait qu’il ait énoncé des choses sensées.)

          il nous a été INTERDIT de suivre les juifs et chrétiens quand ils nous racontent des trucs sur la religion : nous devons ne suivre que le Coran. le Coran ne parle pas d’un berger ni d’un agriculteur, le Coran ne parle pas d’un Abel ni d’un Caïn, car le Message se passe tout à fait de cela. mais ceux qui préférèrent citer les juifs et chrétiens ont montré qu’ils éludaient le réel message du Coran et qu’ils contredisaient même le Prophète !
          c’est ainsi que le Vrai se transmute en Faux, hélas…

          • Salam

            “mais il est dommage toutefois que vous ne m’ayez cru directement et qu’il vous ait fallu un barbu”
            Il s’habit comme il veut. Je n’ai pas le syndrôme du “barbu = vertueux”. Il avance simplement des arguments que vous n’expliquez pas dans votre article. Je ne crois personne argent comptant ni lui ni vous ni moi. Je réfléchis par moi même et reste très prudent. Pour moi, quelqu’un qui jette le discrédit sur tous les tafsirs est bien orgueilleux et devrait un peu plus méditer cette histoire justement. Mon objectif est d’en tirer la substance et de raisonner. Être à contre courant ne signifie pas forcément voir juste. Je pense que pas mal de personnes ont ce que j’appelle le syndrôme de l’eschatologie. Tout n’est pas à remettre en cause et bien sûr que je suis prêt à évoluer car rien n’est jamais acquis. La prudence est de rigueur.

            Dieu swt sait mieux et je ne me prétends pas être un savant en islam. La diversité des savants existe. Si j’ai envie de devenir un savant et de l’annoncer, c’est apprentissage du Noble Coran et des hadiths par coeur et de la langue arabe coranique dans l’objectif de passer un doctorat auprès d’Allah swt pour devenir Alim. Je n’ai pas cette prétention. J’ai donc un rapport intime envers le Noble Coran que je partage volontiers et reste ouvert à toute explication avec critique et liberté de pensée. Je ne prends que ce que Dieu swt veut bien me donner en fonction de ce que j’aurais besoin.

            Qu’Allah swt nous guide sur la bonne voie
            Salam

          • shalom alekhem

            si la prudence est de rigueur, vous auriez alors proposé des arguments visant à me contredire ou m’auriez posé des questions au lieu de simplement me dire que la version que vous citiez est plus logique et d’affirmer péremptoirement : “On ne peut pas réfuter que c’est bien Habil qui s’est vu accepter l’offrande.”
            ceci, alors que j’ai bien pris l’essence de son propos et me suis assuré d’être compris par plusieurs personnes avant même que je ne publie l’essai (Dieu en est Témoin).
            c’était vraiment que vous considériez d’autres éléments, hélas.

            mais vous avez accepté de visionner la vidéo, ce qui montre que vous étiez prêt à éventuellement changer d’avis. c’est juste dommage que ce changement se soit produit après avoir vu un barbu ! mais je subis ce biais depuis longtemps, donc veuillez me croire quand je dis que cette critique est générale.

            amine pour votre invocation !

            PS : l’on ne devient pas un ouléma ainsi que vous le dites. mais quand la seconde partie sera publiée, j’espère que vous lirez et me donnerez votre avis !

          • Vous m’exaspérez tellement vous êtes obtu mais je passe outre. Votre propre barbu dont vous vous êtes inspiré et dont vous sortez votre science que vous n’hésitez pas à étaler explique bien mieux que vous votre version de l’histoire. Alors un peu de modestie “miss je remets tout en cause”.
            Par ailleurs, en méditant dans l’objectif de plaire à Allah swt et ni à vous ni à votre barbu, je m’aperçois qu’en s’arrêtant uniquement sur le Noble Coran et les hadiths qu’il se pourrait qu’il ait raison :
            “Et raconte-leur en toute vérité l’histoire des deux fils d’Adam. Les deux offrirent des sacrifices; celui de l’un fut accepté et celui de l’autre ne le fut pas. Celui-ci dit: «Je te tuerai sûrement». «Allah n’accepte, dit l’autre, que de la part des pieux». v27s5
            Si tu étends vers moi ta main pour me tuer, moi, je n’étendrai pas vers toi ma main pour te tuer: car je crains Allah, le Seigneur de l’Univers. v28s5
            Je veux que tu partes avec le péché de m’avoir tué et avec ton propre péché: alors tu seras du nombre des gens du Feu. Telle est la récompense des injustes. v29s5
            Son âme l’incita à tuer son frère. Il le tua donc et devint ainsi du nombre des perdants. v30s5
            Puis Allah envoya un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il dit: «Malheur à moi! Suis-je incapable d’être, comme ce corbeau, à même d’ensevelir le cadavre de mon frère?» Il devint alors du nombre de ceux que ronge le remords. v31s5

            Donc, à côté des autres arguments déjà énoncés, je vais me répéter :
            Vu qu’il n’y a aucun hadith sur ces versets. En ne lisant que le Noble Coran, même l’astuce linguistique sortie par votre barbu peut signifier autre chose :
            1 – Le fait qu’il n’ait pas été capable de penser à enterrer alors que le corbeau lui a rappeler lui signifiant qu’il est moins qu’un corbeau et donc plus bas que les nuisibles.
            2 – Le seul argument serait sur le fait qu’on ne doit pas se laisser tuer mais ceci n’est pas un argument choc puisque la substance est d’où provient le meurtre.
            3 – En ne lisant que le Noble Coran, que ce soit l’un ou l’autre qui ait tué, on en sort une substance intéressante. La victime dit bien : “Je veux que tu partes avec le péché de m’avoir tué et avec TON propre péché”. Le péché d’avoir tué est évident mais alors quel serait l’autre péché….

            PS : Par ailleurs, faites attention car celui qui accuse est celui qui l’est généralement en islam. Alors, relisez bien votre article avant de m’accuser de suivre aveuglément le judéo-christianisme.

            PS2 : Il n’est pas interdit d’ETUDIER (c’est différent de SUIVRE ou CROIRE) les autres textes après le Noble Coran et les Hadiths, encore heureux.

            Shalom, Salut, Salam

          • ça fait mal de voir dans ses travers exposés en pleine lumière, hein ? pourtant, ma remarque était entre parenthèses car je n’y voyais qu’un élément périphérique et ce n’était qu’à titre de remarque bienveillante que je l’émis. en voulant continuer à répondre là-dessus, vous vous enfoncez.

            si j’avais mal expliqué -ce que je suis prêt à reconnaître si vous m’expliquez en quoi (or vous ne le faites pas, comme par hasard)-, rien ne vous empêchait de me demander précision si ce que vous recherchiez était le dialogue fécond d’où peut naître la vérité si Dieu le permet.
            mais vous avez préféré affirmer de façon péremptoire des choses inexactes pour enfin vous dédire après avoir effectivement visionné un barbu : et il n’y a rien que vous puissiez faire pour cacher ce fait quand bien même vous écririez en me qualifiant d’individu obtus ou exaspérant.
            quant à moi, je n’ai pas caché ma source et je n’ai repris sa thèse qu’après avoir soigneusement examiné ce qu’il disait. qu’il ait été barbu, imam, ou autre, ne m’intéressait nullement.

            je vois que vous prenez la peine de citer le Coran que j’ai déjà cité dans mon article.
            ainsi, il n’y a rien pour changer cette évidence : vous considériez des éléments autres que le Vrai. en persistant à nier, vous vous portez un préjudice évident.

            vous dites qu’en Islam, c’est “celui qui dit qui l’est”, alors pourquoi me traiter d’obtus et d’exaspérant ?

            bref, ma critique, bien qu’elle vous concerne, est générale. c’est un travers que beaucoup de musulmans ont. la prochaine fois, ou vous éviterez de parler TROP VITE ou vous me demanderez ! car je prends toujours soin de répondre à ceux qui me lisent.

            je vous conjure de cesser de discuter de cela. moi je ne cherchais qu’à discuter du SUJET. mais si vous m’y entraînez, …

          • Ecoutez, votre histoire du barbu vous incombe et concerne votre source alors arrêtez de dire des autres qu’ils ne vous écoutent pas car vous n’êtes pas barbu en vous posant en victime qui a tout compris. C’est vraiment du bas niveau. Je ne discuterais ni vous lirais si c’était le cas.
            Dire de vous que vous êtes obtu n’est pas une accusation mais un constat puisque vous ne reconnaissez même pas que votre texte est négligeant et votre votre commentaire exaspérant à mon égard malgré mon argumentation. Je ne vous accuse de rien du tout.
            Vous le dîtes vous-même dans votre article que vous ne fournissez que la substance : en quoi est-ce une explication ? En quoi dois-je prendre pour argent comptant ce que vous dîtes ?
            Par ailleurs, votre barbu explique bien que le corbeau est important, en parlez-vous ?
            Dites-vous qu’est-ce qui aurait poussé au meurtre ? Expliquez-vous qu’il recherchait le péché de l’autre ? Dîtes-vous qu’il aurait du le dissimuler et être un guide pour son frère ?
            Donnez-vous une explication partant de l’arabe ? Lisez-vous l’arabe coranique ?
            Vous avez préféré mettre en avant Descartes, Spinoza et Molière pour appuyer votre propos et ensuite nous expliquer qu’il ne faut pas mélanger le judéo-christianisme au Noble Coran et nous en accuser ainsi que tous les éxegétes. Chapeau !

            “ça fait mal de voir dans ses travers exposés en pleine lumière, hein ?”
            Je ne vous le fais pas dire. Nous sommes au final tous les deux imparfaits.

            Perso, de mon côté, j’ai fait l’effort et le tafsir proposé me paraît judicieux. A méditer dans l’agrément de Dieu swt.
            Merci malgré tout de m’avoir fait découvrir votre barbu ! Qu’Allah vous en tienne rigueur et vous conforte en islam.

            Dieu swt sait mieux et est plus savant
            Salam

          • j’étais soumis à certaines contraintes et notamment celle de ne pas dépasser 15 pages. ainsi, je n’ai pu parler du corbeau explicitement mais je le fais de façon implicite, ainsi qu’on peut le remarquer en lisant le point 2.
            donc si j’avais eu la possibilité d’être prolixe, j’en eus dit davantage. mais il me fallait faire synthèse !

            et je vous réponds comme à l’Algérienne : il y a une différence claire et radicale entre citer un individu ayant dit une chose vraie et se référer ainsi que vous le fites aux rabbins quant à ce que Dieu nous révéla en le Coran. car dans le premier cas, ce n’est pas l’individu qui est considéré mais sa parole en tant que vraie : et parce que nous sommes musulmans, nous nous devons de suivre toute vérité d’où qu’elle vienne. c’est donc ce que je fis. pour le second cas, l’on contredit l’enseignement de Muhammad (pbsl) car il n’a jamais dit de ne pas croire un juif/chrétien si il dit qu’il va pleuvoir cet après-midi, par exemple : il a seulement dit de ne pas se référer à eux quant à notre religion (or de nombreux oulémas sont passés outre).
            je trouve dommage que vous cherchiez à m’avoir là-dessus, je pensais vraiment que seule l’Algérienne s’y rabaisserait.

            bien entendu, je suis comme vous et comme tous les humains : imparfait.
            que Dieu nous guide, donc !

          • Je ne cherche pas à vous avoir, quel est l’intérêt @Souaréba. Vous faites beaucoup d’efforts, cela se ressent et c’est un joli travail. Qu’Allah swt vous donne réussite, patience et opiniâtreté dans tout ce que vous entreprenez et entreprendrez.
            A mon humble avis, vous auriez pu explicitez ce que j’ai compris à travers vos commentaires en étant plus direct ou en écrivant l’article en trois parties. Bref, passons outre car vous faites partie des auteurs qui répondent à ses lecteurs. Ceci n’est pas évident et bravo pour votre engagement.
            J’attends la deuxième partie inchahallah.

            qu’Allah vous accorde Ses bénédictions
            Salam

          • amine ! merci.
            j’ai toujours voulu parler avec les commentateurs puisque c’est ainsi que la pensée s’enrichit et j’y vois là un respect pour les lecteurs !

            salam!

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