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Inde : un concours national impose un code vestimentaire discriminatoire envers les étudiantes musulmanes voilées

Véritable institution en Inde, le traditionnel concours d’entrée à l’université « Pre-medical All-IndiaTest » qui évalue, en 180 questions, les connaissances de la future fine fleur estudiantine en matière de physique, chimie, biologie, botanique et zoologie, défraie la chronique cette année en imposant un code vestimentaire qui représente un dilemme insurmontable pour les jeunes filles musulmanes : conserver leur hijab ou passer dévoilées l’examen qui, tel un sésame, leur ouvrira les portes des études supérieures, c’est à cet impossible choix qu’elles sont subitement confrontées, à la consternation générale.

Parmi ces lycéennes promises à un bel avenir et qui ne peuvent se résoudre à le voir si injustement contrarié, Fatema Akhtar, 17 ans, l’une des plus brillantes élèves de sa promotion, est devenue la figure de proue de la contestation, refusant que sa vocation de médecin soit brisée par une décision tombée comme un couperet, surtout sur sa tête et celle de ses camarades voilées, et jugée éminemment arbitraire.

Du côté du Conseil central de l’éducation secondaire (CBSE), on reste sourd aux récriminations qui montent au sein de la communauté musulmane, ignorant la polémique qui enfle à l’approche du 25 juillet, jour fatidique du concours, pour mieux entériner une « tenue correcte exigée » motivée, officiellement, afin d’éviter toute tricherie, mais qui, comme par hasard, s’avère discriminatoire envers les seules candidates musulmanes.

"Il y a deux ans, mon père a obtenu une autorisation spéciale afin que je puisse porter mon foulard à l'école. Pourquoi vais-je y renoncer maintenant, au moment le plus crucial ?", s’est indignée Fatema Akhtar dans un entretien à l'Hindustan Times, mardi 14 juillet, tout en se disant gagnée par l’anxiété devant l’inflexibilité des autorités. En effet, les éminences grises de l'éducation se défendent de toute discrimination et mettent en avant une interdiction élargie aux chaussures, bagues, bracelets, ceintures, casquettes, vêtements avec de gros boutons ou des badges, ou encore avec des manches longues. C'est à se demander jusqu'où vont se nicher les anti-sèches en Inde !!

Balayant d’un revers de main la violation d’une liberté fondamentale sous-tendue par ce code vestimentaire sorti du chapeau, et l’absence cruelle d’alternative infligée aux jeunes filles musulmanes, le président du CBSE, Satbir Bedi, campe sur ses positions, pendant que la fronde s’organise parmi les élèves et les associations musulmanes du pays, à quelques jours d’un examen décisif en passe de devenir un grand test national quant au respect accordé à la liberté religieuse de la minorité musulmane.

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