in

Appel à “sauver les églises” dans “Valeurs actuelles” : une méchante mayonnaise médiatique

LE PLUS. Un appel en réaction à la proposition de Dalil Boubakeur, ouvert à l’idée de transformer les églises abandonnées en mosquées, a été publié dans “Valeurs actuelles”. L’objectif ? “Sauver les églises”. Parmi les signataires, on retrouve Nicolas Sarkozy ou encore Alain Finkielkraut. Pour Jacques-Marie Bourguet, journaliste et écrivain, l’hebdomadaire veut simplement augmenter ses ventes.
Avec, j’espère, son quitus post mortem – puisque Cyclopède fût mon bien aimé voisin de bureau – je prends la liberté de forger ce nouvel adage :
“On peut pétitionner de tout, mais pas avec n’importe qui.”
La remarque s’adresse à des repentis. À ceux qui, ayant signé l’appel de Denis Tillinac, alarme qui refuse que nos églises se transforment en mosquées, et viennent après coup nous dire penauds : “j’ai donné mon nom sans le lire”.

L’homogénéité des signataires est remarquable

Au contraire, l’homogénéité des signataires est remarquable, voilà une pétition admirable coulée, un lingot sans paille. On y trouve l’escouade de pointe de grenadiers-voltigeurs, celle qui tire à vue et bombarde dès que le musulman se départit du garde à vous qui lui est assigné pour relever la tête.
Ce lot de signataires, qui suivent Tillinac comme le tender la loco, est, sur le mode réactionnaire, ce qui se fait de plus parfait depuis des années. Un chef d’œuvre.
Pour les lecteurs auxquels la polémique, montée comme une pièce de pâtisserie, a échappé, je rappelle pourquoi l’écrivain corrézien a ressorti la trompette de Déroulède. Et que ses notes nous soufflent :

“Pitié ! Non à nos églises transformées en mosquées !”.

En disant que ce “cri du cœur” a été imprimé dans “Valeurs actuelles”, j’ai l’air de charger la barque… Mais c’est pourtant vrai. Même cet éditeur de la pétition qui est fille de l’idéologie du Sacré Cœur, est conforme à l’ensemble de l’édifice.
“Valeurs Actuelles” est un hebdo de stricte observance, fidèle aux idées de Patrick Buisson et à l’esthétique d’Alphonse de Chateaubriand (où la “Grande Brière” deviendrait “La Grande Prière”). Et c’est dans ces pages que Tillinac, notre martyr écrivain qui saigne dans la même ligne, pond son œuf. Et que les signataires applaudissent. De la belle ouvrage, la pétition de l’année.

Les noms de Finkielkraut et de Tulard me surprennent

Être exhaustif sur les engagements profonds, les petits intérêts et la “philosophie” des signataires serait jeu serait cruel. Il aurait le risque de donner trop de lumière à des êtres qui ne s’épanouissent vraiment que dans le noir.
Pourtant, entre ces signataires qui font la ola à Tillinac, quelques noms méritent un petit stop. Ainsi, lire ensemble, couchés sur du papier pas glacé, les noms d’Alain Finkielkraut et de Jean Tulard me surprend. Nul n’est responsable des agissements de sa famille, mais il n’est pas anecdotique de signaler – et ça peut être un sujet de conversation entre compagnons de signature – qu’André, le père de Jean est, dans le domaine de l’histoire policière, le créateur des fameux “fichiers des juifs”.
Après qu’il se soit fait la main sur celui des “communistes”, les œuvres d’André étant abreuvées à l’eau de Vichy – dans ce domaine l’information est aisée et bien documentée sur Internet. Comme, aussi, il n’est pas inutile de rappeler que Jean Raspail a écrit un roman qui décrit “l’invasion de la France par des immigrés échoués à Nice”.
Vous voyez si la compagnie est bonne, et qu’elle ne risque pas d’apaiser Finkielkraut de ses peurs. Pour respecter la présomption d’innocence, je n’évoquerai pas un autre pétitionnaire huppé, le mari de Carla qui s’en vient signer d’une croix, signe religieux qui peut lui rapporter des voix. Sans pour autant qu’il prenne cuirasse et soit contraint de se travestir en Jeanne d’Arc.
Passons aussi sur l’approbation de Philippe de Villiers, au motif qu’en tant que professionnel, il tue le match. Qu’avec lui nous avons Messi (sans e) jouant avec l’équipe de Chaudron-en-Mauges.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le père d’Amine, 14 ans, grièvement blessé par un tir de Flash-ball, témoigne sur Beur FM

Inde : un concours national impose un code vestimentaire discriminatoire envers les étudiantes musulmanes voilées