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Hillary Clinton se refuse à employer l’expression “islam radical”

Candidate à la présidentielle américaine de 2016, Hillary Clinton se refuse à employer l’expression banalisée « islam radical », balayant d’un revers de main les critiques virulentes qui lui reprochent de s’être démarquée sémantiquement de la doxa dominante au lendemain des attentats de Paris et plus récemment, après la tuerie de San Bernardino requalifiée en acte terroriste.

Lors de son intervention télévisuelle sur la chaîne ABC, l’ancienne première dame, sénatrice et chef de la diplomatie de l’ère Obamanienne n’a pas usé de périphrases pour justifier son choix de langage, se disant elle-même heurtée par l’association de deux termes qui non seulement sont offensants pour l’immense majorité des musulmans d’Amérique et d’ailleurs, mais leur nuisent considérablement en alimentant les pires préjugés à leur encontre.

"C’est un bien mauvais service à leur rendre", s’est-elle exclamée, en déplorant que ces deux termes galvaudés et désormais indissociables sonnent comme un « cri de guerre contre une religion », et contribuent à créer ce fameux « choc des civilisations qui est un outil de recrutement pour l’ISIS ». Selon Hillary Clinton, utiliser l’expression « islam radical » apporte de l’eau au moulin des « jihadistes » de l’ISIS ou Daesh, quel que soit l’acronyme utilisé, lesquels ont alors beau jeu de dire à leurs recrues potentielles : « Nous sommes en guerre contre l’Occident, vous devez nous rejoindre » (traduction Oumma).

Barack Obama, son adversaire de 2008, devenu depuis un allié et ami qui ne tarit pas d’éloges à son égard, assurant qu’elle ferait "une excellente présidente", éprouve les mêmes réticences envers une expression aux effets pervers qu'il a, lui, aussi, proscrit de son vocabulaire.

Ce blocage linguistique pour la bonne cause des deux « stars » du camp Démocrate fait couler beaucoup d’encre et de salive au sein de leur propre famille politique, mais aussi en dehors chez les Républicains, nombreux étant ceux qui ne sont guère étouffés par les scrupules pour employer ces deux termes à tout propos, et souvent même hors de propos…  

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