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Etats-Unis : “Nous avons tellement de valeurs en commun”, dixit le responsable d’une mosquée lors de la Journée Portes Ouvertes

Deux jours après la tragédie de Barcelone, était inscrite à l’agenda d’une centaine de mosquées américaines leur grande Journée portes ouvertes qui, selon un rituel désormais annuel, mise sur la transparence, la découverte in situ et sur la richesse du dialogue interreligieux pour combattre l’ignorance, exorciser les fantasmes et désamorcer la haine avant qu’elle ne conduise au bord du gouffre de la violence.

A Libertyville, une localité située dans l’Etat de l’Illinois, ils ont été des dizaines d’administrés non musulmans, de toutes origines et de toutes confessions, à se presser vers la mosquée locale, samedi 19 août. Certains étaient impatients de s’imprégner de la sérénité des lieux, prêts à écouter religieusement les explications fournies par un guide faisant autorité, en la personne de Shaykh Azfar Uddin, l’imam de la Mosquée du Nord de la Fondation islamique, tandis que d’autres s’efforçaient de laisser leurs préjugés sur le seuil d’entrée, avant de pénétrer dans une enceinte sacrée encore entourée de mystère et de défiance.

Devant une assistance qui était tout ouïe, aux premiers rangs de laquelle figurait le maire de Waukegan, Sam Cunningham, munie de copies du Noble Coran qui avaient été distribuées gratuitement, Shaykh Azfar Uddin a, en guise de préambule, cité à dessein le Premier ministre espagnol, attribuant au « terrorisme djihadiste » les attaques qui ont endeuillé la Catalogne, afin d’attirer l’attention sur la dénaturation du terme « djihad » et sur son non-sens absolu depuis qu’il est passé dans l’usage courant.

« Votre djihad personnel pourrait être de ne pas dire du mal de votre voisin, par exemple », a lancé l’imam à la cantonade pour étayer ses propos, valorisant la notion de lutte intérieure, menée contre soi-même en vue de s’améliorer sur le chemin de Dieu, et non livrée contre autrui à seule fin de semer la mort et le chaos.

Après avoir exposé les principes fondamentaux de l’islam et insisté sur l’humanisme des enseignements coraniques, il a déclaré ouverte la séance très attendue des questions-réponses, au cours de laquelle les thématiques récurrentes, objet de controverses passionnelles et de Unes sensationnalistes, ont été immanquablement abordées.

Dans toutes les têtes et sur toutes les lèvres, la question ayant trait à l’obligation de porter le voile a été la première soulevée par une femme. Une interrogation, compréhensible et prévisible, à laquelle s’attendait Helena Abushamma, un membre très actif de la mosquée. Celle-ci y a volontiers répondu, en mettant en avant « la nécessité de se vêtir modestement, à la fois pour les hommes et pour les femmes, afin de se conformer à une injonction divine », avant de s’exclamer sur un ton espiègle qui a fait sourire la salle : « Mon modèle à moi, c’est la vierge Marie, quand il s’agit de mode ! ». « Ce qui est plus important, c’est la manière dont j’agis au quotidien, dont je me comporte envers mon prochain », a-t-elle aussitôt ajouté, devant un public qui buvait ses paroles, opinant du chef à ces mots.

Craignant que le carnage qui a marqué de son empreinte sanglante Barcelone et ses environs ait un impact désastreux sur l’opération dont il est la cheville ouvrière, Sabeel Ahmed, le responsable de la mosquée, affichait une confiance recouvrée à la fin d’un samedi des plus constructifs et chaleureux, se reprenant à espérer dans la coexistence pacifique et harmonieuse, envers et contre tout.

« J’aimerais tant que les peurs soient vaincues, car nous avons tellement de valeurs en commun », a-t-il déclaré, en ayant une pensée émue pour les victimes innocentes de la Catalogne, foudroyées par l’abomination du terrorisme.

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