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Etats-Unis : 190 employés somaliens licenciés à cause des heures de prière

Implantée en plein cœur du Colorado, Cargill Meat Production, une usine de traitement de viande, filiale du mastodonte Cargill Inc, et véritable poumon économique de la région, n’a pas fait de détail ni de cadeau en mettant en place une charrette de licenciements très ciblée et sur laquelle flotte le parfum entêtant de la discrimination.

Pas moins de 190 employés musulmans, tous d’origine somalienne, pris dans la tourmente d’un conflit inextricable, ont eu la désagréable surprise d’apprendre qu’ils étaient les seuls et uniques ouvriers sacrifiés sur l’autel du refus de tout accommodement religieux au travail, signe d’un changement de politique interne aussi brutal que radical.

Devenue subitement une pomme de discorde, la planification des heures de prières qui, jusqu’alors, n’avait jamais été source de querelles, ni même de tensions entre la direction de Cargill Meat et sa main d’œuvre de confession musulmane, a donné lieu à un violent litige après qu’un superviseur ait ordonné aux fidèles de « rentrer chez eux pour prier » sur un ton tranchant qui ne souffrait aucune discussion. Des fidèles qui avaient accepté un mois plus tôt, et sans l’ombre d’une objection, de se scinder en groupes de 11 personnes pour se recueillir dans la salle spécialement aménagée à cet effet.

Alors que des versions contradictoires ont circulé sur les raisons d’une crispation à son paroxysme et sur la vague de licenciements qui a déferlé de manière punitive, notamment de la part des responsables de l’entreprise située dans la localité de Fort Morgan, Jaylani Hussein, le porte-parole et directeur exécutif du Conseil des Relations américano-islamiques (CAIR), a corroboré le récit des faits livré par les 190 employés somaliens, dont certains d’entre eux travaillaient au sein de l’usine depuis plus de dix ans, sans jamais avoir démérité, ni fauté, bien au contraire.

 « Un superviseur, imité par d’autres, a lancé aux employés de manière autoritaire : si vous voulez prier, rentrez chez vous », a affirmé Jaylani Hussein, en ne cachant pas sa consternation. « Tout cela est très décevant et déconcertant. Ces ouvriers sont de bons ouvriers, ils ont envie de travailler et de concilier travail et devoir religieux. Ils ont le sentiment que rater la prière est pire que perdre leur emploi. C’est comme manquer une bénédiction divine », a-t-il précisé.

Pour Michael Martin, directeur général de Cargill Meat, tout est lié à un problème « organisationnel », balayant d’un revers de main l’allégation de discrimination religieuse proférée à son encontre. Alors que celui-ci reste inflexible sur des limogeages qui ressemblent à s’y méprendre à une véritable chasse aux sorcières, préférant mettre en avant les 500 ouvriers somaliens qui, selon ses dires, continuent de travailler dans l’usine, Jaylani Hussein et Jenifer Wicks n’ont pas encore perdu tout espoir de le faire revenir à de meilleurs sentiments.  

Ces deux cadres du CAIR ne ménagent pas leurs efforts pour obtenir la réinsertion des 190 employés musulmans si injustement privés de leur seul moyen de subsistance, et s’engagent, en cas de victoire, à poursuivre les négociations sur les heures de prière afin de parvenir à un accord équitable pour tous, notamment ceux qui sont éternellement du mauvais côté de la barrière…

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