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La marque Abercrombie & Fitch devant la Cour Suprême des Etats-Unis pour discrimination religieuse

Multirécidiviste des discriminations à l’embauche, qu'elles soient liées au port du voile ou aux origines, et connue défavorablement pour sa politique de recrutement très sélective, qui a l’ostracisme facile dès lors que les postulant (es)  ne correspondent pas aux canons de beauté standardisés imposés en haut lieu, Abercrombie & Fitch, la marque américaine de vêtements, a retrouvé les chemins des prétoires où elle a été traînée par Samantha Elauf (photo ci-dessus), une jeune femme voilée marquée à jamais par le rejet humiliant dont elle a été victime en 2008.

De nouveau pointée du doigt pour une discrimination religieuse qu’elle s’évertue à nier, en dépit des faits qui sont têtus, la direction de l’enseigne devra rendre des comptes cette fois-ci devant la Cour Suprême des Etats-Unis, et il faudra bien plus que les effets de manche de son armada d’avocats, et les cris d’orfraie poussés par la Chambre de commerce et d’autres firmes qui font bloc derrière elle, pour justifier l’injustifiable refoulement de cette candidate, alors tout juste âgée de 17 ans, qui aspirait à travailler dans sa boutique de Tulsa, dans l’Oklahoma, et dont le « look » fut rédhibitoire.

Se croyant au-dessus des lois, Abercrombie & Fitch, aujourd’hui rattrapée par ses entorses à répétition en la matière, voit se dresser contre elle non seulement Samantha Elauf, la plaignante, mais aussi nombre de jeunes femmes musulmanes, chrétiennes et juives qui ont décidé de rallier son combat légitime transcendant toutes les religions, sans oublier le soutien de poids que constitue l’Agence fédérale pour l’égalité de l’emploi, dont les responsables sont plus que jamais résolus à faire un exemple et jurisprudence.

"La question de la discrimination religieuse au travail est extrêmement importante, car elle touche une large frange de la population, de différentes confessions religieuses", a expliqué Gene Schaerr, l’avocat représentant les 15 groupes de défense des droits religieux et civils qui font cause commune avec Samantha Elauf.

C’est de notoriété publique, n’est pas vendeur qui veut chez Abercrombie & Fitch, l’enseigne où il ne suffit pas de montrer patte blanche, il faut avoir en plus le bon profil, plutôt hyper branché et bodybuildé, et si possible sans aucune disgrâce physique, comme s’en vante Mike Jeffries, son PDG de 70 ans, qui assume pleinement sa stratégie exclusive, entièrement dédiée au culte du paraître.

Reste à savoir si celui-ci continuera à la revendiquer avec le même aplomb devant ses juges de la plus haute juridiction des Etats-Unis, qui risquent fort de ne guère apprécier son élitisme esthétique, ni ses saillies verbales du même acabit qui ont bâti sa légende affligeante : "Nous embauchons de belles personnes dans nos magasins. Les gens beaux attirent d'autres gens beaux, et nous voulons nous adresser aux gens cool et beaux", ou encore "Abercrombie n'est intéressé que par les gens avec des abdos d'acier qui ont l'air d'être sur le point de sauter sur leur planche de surf." N'en jetez plus !!

 

 

 

 

 

 

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