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Et nos enfants pendant Ramadan ?

Le mois de Ramadan est une station, un mois pendant lequel nous changeons nos habitudes quotidiennes et pendant lequel nous éprouvons notre corps et notre esprit. Pendant l’année, nous pouvons manger à n’importe quelle heure de la journée, puis là c’est autre chose. Les trois repas quotidiens font place à des moments plus longs pour la méditation, la contemplation, et la remise en question.

C’est un choix personnel qui fait que nous cessons de manger et de boire dans la douceur, sans martyriser notre corps. Quelque soit notre parcours personnel qui nous a amené à croire, à écouter les prescriptions divines, à les comprendre et à les appliquer, il est important de savoir comment accompagner nos enfants et les aider à accomplir l’un des piliers de cette religion de paix.

En effet, nous sommes grands et surtout nous avons choisi de jeûner puisque personne ne peut savoir si nous respectons cette prescription religieuse ou pas. D’ailleurs, nul n’a le droit de chercher à le vérifier ! L’Islam nous interdisant d’espionner l’autre. Chacun d’entre nous est mis face à ses responsabilités et nous répondrons de nos actes de façon individuelle devant l’Unique. Qu’en est-il pour nos petites têtes brunes, blondes ou rousses ?

L’apprentissage des piliers de la religion se fait de manière très douce sans brutalité. Le fœtus protégé dans le nid maternel sera déjà balancé par les mouvements de sa mère lors de ses prières. Nouveau-né, il observera certains moments de silence pendant lesquels ses parents se recueilleront ou liront le Coran. Lorsqu’il marchera à quatre, la curiosité l’amènera à interroger ses parents, en les touchant, en les pinçant parfois ou en s’asseyant sur leurs genoux pendant ce moment magique. Certains de leurs gestes seront mimés à leur grande joie.

Quand il aura des bras un peu plus solide, il se découvrira des talents de grimpeurs sur le dos de sa mère, de son père ou des invités qui seront amenés à faire la prière en sa présence.

Ce sera la manière de nos petits chéris de découvrir et d’essayer de comprendre ce que nous faisons lors de l’accomplissement du pilier central de la religion musulmane : la prière. Pour le jeûne du mois de Ramadan, nos enfants écoutent et voient nos réactions. Des parents souriants lors du mois de jeûne interpelleront les enfants qui aimeront comprendre. Chaque père et chaque mère sera questionnée sur ce mois. Certains diront qu’il y a la fatigue et parfois l’énervement du à l’arrêt brutal du café ou de la cigarette. Mais, le jihad est là : supporter en souriant et invoquez le Clément pour nous aider.

Diffuser de l’amour sans restriction à nos proches, aux membres de notre familles et à nos amis sera le fil rouge de ce mois, l’Eternel nous le rendra, inchâa Arrahmane. Prendre le temps d’observer et de réfléchir nous aidera à comprendre et à être compris. Le Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), était un fin psychologue ; il savait communiquer avec les gens tous âges confondus : il leur parlait leur langage. Pendant sa jeunesse il avait été berger. Il a put observer la nature et il a apprit l’art de mener et guider les animaux avec douceur.

Réfléchir et développer une intelligence sociale et psychologique tel qu’il nous est demandé "Il y a dans la création des Cieux et de la Terre et dans l’alternance de la nuit et du jour tant de signes pour des gens doués d’intelligence" (Sourate 3/ Verset 190). Dans l’alternance des jours, il y a de la douceur. La nuit ne succède pas brutalement au jour ce n’est pas un soleil qui soudain s’éteint, mais plutôt un soleil qui se couche, l’horizon qui change de couleurs, de belles couleurs qui nous préviennent : voici une nouvelle nuit qui s’annonce. Une nuit de repos, de paix pour redémarrer une autre journée avec la clarté de l’aube suivie de l’aurore qui annonce un nouveau jour. Tout en douceur…

Le Seigneur nous affirme qu’en nous même il y a Ses signes "Nous leur montrerons Nos signes aussi bien dans l’Univers qu’en eux même" (Sourate 41/ Verset 53). L’être humain apprécie d’être traiter avec amabilité sans brutalité aucune qu’elle soit physique ou morale. Les enseignements du Prophète (PBSL) dans ce sens sont nombreux : « La douceur embellit toute chose, lorsqu’elle en est privée elle en devient laide ». « Quoique vous dépensiez, vous ne contenterez jamais assez les gens, soyez aimables et ayez un bon comportement ».

Nos enfants ont besoin de beaucoup de tendresse et d’amour infini. Mais qui n’aime pas son enfant ?Les cœurs ne pouvant être sondés, il est nécessaire de le lui montrer, de le lui prouver –non pas en lui achetant le dernier jouet à la mode- mais en le lui disant, en le lui répétant inlassablement jusqu’à ce que cela devienne la certitude dont il ne peut se départir et que cela s’inscrive dans son ADN, dans chacune de ces cellules ! On ne dit jamais assez à un enfant qu’on l’aime. Une fois adolescent, il s’en souviendra et ne voudra pas vous décevoir, ni s’éloigner de cet amour qui a grandit avec lui, qui fait partie de lui et de sa personnalité.

Après la naissance, le corps du bébé continue à se développer : les cellules de son système digestif ne sont pas encore aptes à avaler autre chose que du lait, la vision est encore floue. En même temps le développement psychosensoriel suit. L’éveil de l’enfant se fait en développant ses sens.

L’enfant a besoin d’être touché pour sentir le contact de son parent qui l’aime, le prendre par la main, lui expliquer la vie en le regardant dans les yeux. Ne pas cesser de lui dire des tonnes de « je t’aime » même si, une fois grand il vous dira : « Ouais, je sais maman » ou « C’est pas un scoop papa ».

Ce que votre enfant vous verra faire sera pour lui un exemple. Papa est joyeux en jeûnant, maman est souriante après sa prière : j’ai envie de gouter comme eux à ce qui les rend heureux.

Jusqu’à l’âge de sept ans laisser son enfant regarder et observer. Dans tous les métiers du monde il y a une partie théorique, une partie d’observation à laquelle succède une partie pratique.

Pour le mois de Ramadan, certains de nos enfants voudront faire comme nous ce qui est normal. Cependant, on peut estimer qu’ils sont trop jeûnes pour commencer, s’ils insistent voici une recette de grand-mère, importée du bled (pour ceux qui ne la connaissent pas) et libre de toute taxe douanière :

Pour préparer son enfant à commencer à jeûner (de préférence pas avant sept-huit ans) dans la douceur proposez lui (et uniquement s’il est demandeur) de se réveiller un peu plus tôt (profitez des vacances), préparez lui un bon sohour, faites la prière ensemble, si vous pouvez aller à la mosquée c’est encore mieux.

Pour cette première fois il « fera Ramadan » de l’aube jusqu’à midi. Son jeûne consistera à ne pas grignoter durant la matinée. Une autre journée plus tard, pas forcément le lendemain, il « jeûnera » du midi- après un bon déjeuner- jusqu’au iftar. Ensuite, vous prendrez une aiguille imaginaire avec un long fil d’amour et vous lui coudrez « sa journée ».

Si cette histoire lui plaît il sera demandeur InchaAllah, vous aurez alors de la couture à la maison. Arrivera un jour où de lui-même -et ceci coïncidera avec sa croissance- il vous dira qu’il veut jeûner comme un grand parce qu’il en ait capable. Votre rôle sera alors de l’accompagner et de l’encourager.

Que le Tout Puissant nous assiste et nous guide. Ameen.

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