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Dominique de Villepin : « On ne légifère pas sur la mémoire »

Le moins que l’on puisse dire c’est que la fibre Gaulliste ne vibre pas à l’annonce de l’adoption d’une énième loi mémorielle par une petite poignée de députés inconséquents, et qu’au contraire elle s’insurge contre cette nouvelle démonstration de l’arrogance française, aussi inopportune qu’irresponsable.

La France voudrait orchestrer la cacophonie, dans un concert des nations empli de dissonances, qu’elle ne s’y prendrait pas mieux ! Dimanche, au micro d’Europe 1, Dominique de Villepin a fait entendre sa différence en s’élevant au-dessus de ce tumulte législatif de bas étage, dont il dénonce la nature éminemment électoraliste : “On ne légifère pas sur la mémoire” a-t-il déclaré sur le ton de la condamnation, avant d’enfoncer le clou : les “lois mémorielles” sont “une erreur”.

Cet ambassadeur des valeurs qui se raréfient, fervent partisan de l’art de la diplomatie comme seul antidote au chaos de la guerre, et ardent promoteur de la concorde nationale quand la division semble être le point d’orgue de l’ère Sarkozy, a renvoyé à la France d’en haut le noir reflet de son outrecuidance : “Est-ce que nous serions heureux que le parlement algérien légifère sur la mémoire ?” a-t-il lancé, renchérissant : “Il faut être prudent et faire avancer les choses sur le bon terrain. Or la mémoire n’est pas le terrain de la loi”.

Candidat à l’élection présidentielle, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac s’attelle aujourd’hui à réunir les 500 signatures de maires qui lui permettront de défendre sa vision de l’avenir, et une certaine idée de la France qui n’est plus que l’ombre d’elle-même à force d’être dévoyée et entraînée vers le gouffre insondable du populisme.

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