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Australie : le nouveau parti anti-islam déclenche une levée de boucliers

Hormis les semeurs de haine qui, d’un geste peu auguste, fertilisent l’islamophobie partout où ils passent, parmi lesquels Geert Wilders, le fulminant leader de l’extrême-droite néerlandaise et grand adorateur d’Israël, et Pamela Gellar, la furie pro-sioniste de l’Amérique en croisade, ont applaudi des deux mains à son émergence dans le paysage politique australien, le lancement du nouveau parti anti-islam a plutôt soulevé un tonnerre d’indignations au pays des kangourous.

Il n’y a guère que ces sinistres laboureurs pour jubiler devant l’étendue à perte de vue du champ du populisme, déjà bien ensemencé par le mouvement nationaliste « Rise up Australia », car, au-delà, rares sont ceux qui y décèlent les signes annonciateurs d’un bon présage.

Des responsables de la communauté musulmane aux ténors de la classe politique, la condamnation a été unanime en Australie, chacun s’alarmant de la montée du racisme et de l’intolérance qu’un tel parti se fera fort de cultiver et d’exacerber contre sa bête noire : l’islam.

"Ils ne savent que semer la division au sein  de la société australienne. Nous, nous préférons travailler sur des choses constructives, qui rassemblent, nous voulons construire des ponts et non les dynamiter !", a clamé Keysar Trad, un porte-parole musulman, tandis que le vice-premier ministre australien, Warren Truss, n’a pas caché son inquiétude mercredi, à Canberra : "L’extrémisme conduit souvent à des conflits. Les Australiens doivent se respecter mutuellement, respecter les opinions des autres, et quiconque désire promouvoir ses idées doit le faire pacifiquement, sans livrer autrui à la vindicte", a-t-il martelé en répondant aux questions du Guardian.

Bill Shorten, le leader du parti travailliste et chef de l'opposition depuis octobre 2013, n’a pas eu de mots assez forts pour s’insurger contre la création du parti anti-islam, dont l’appellation qui résonne de sa nuisance est déjà tout un programme…  "Ceux qui prêchent des solutions simples, voire simplistes, pour l'avenir de ce pays conduisent les Australiens sur le mauvais chemin", a-t-il averti solennellement, renchérissant : "L'extrémisme, que ce soit de l'extrême gauche ou l'extrême droite, n'est pas le bienvenu en Australie."

Alors que les associations musulmanes ont appelé à « ignorer » la conférence « Islam et liberté » qui doit se tenir prochainement sur le sol australien, dans un lieu tenu secret, avec en guest stars, les duettistes de la propagande anti-islam, Pamela Gellar et son acolyte Robert Spencer, Geert Wilders s’est, pour sa part, fendu d’une missive élogieuse à l’égard du parti « Liberty Alliance » en vomissant son aversion pour l’islam, une aversion qu’il avait déjà projetée sur grand écran dans son brûlot incendiaire « Fitna ».  

"Comme vous, bonnes gens, en Europe, en Amérique et au Canada, les citoyens en ont assez des politiciens qui ne partagent pas nos valeurs et déclarent de manière irresponsable que toutes les cultures sont égales. Des lâches, qui  n'ont pas le courage de dire la vérité et dire que l'islam représente la plus grande menace pour la liberté, pour nos libertés aujourd'hui", a-t-il écrit. En tout cas, une chose est certaine, les laboureurs de la haine continuent, eux, de creuser leur sillon en toute liberté…

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