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Au lendemain de la profanation du Capitole… le brouillard se dissipe.

Au lendemain de la profanation du Capitole… le brouillard se dissipe.

« _ (…) Est-ce que vous voyez maintenant d’où viennent la haine des livres ? Ils montrent les pores sur le visage de la vie. Les gens installés dans leur tranquillité ne veulent que des faces de lune bien lisses, sans pores, sans poils, sans expression. Nous vivons une époque où les fleurs essaient de vivre sur les fleurs, au lieu de se nourrir de bonne pluie et de terreau bien noir. (…) Voilà la première chose dont je disais que nous avions besoin. La qualité, la texture de l’information.

_Et la seconde ?

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_Le loisir.

_Oh, mais nous avons plein de temps libre !

_Du temps libre, oui. Mais du temps pour réfléchir ? Si vous ne conduisez pas à cent cinquante à l’heure, une vitesse à laquelle vous ne pouvez penser à rien d’autre qu’au danger, vous jouez à je ne sais quoi ou restez assis dans une pièce où il vous est impossible de discuter avec les quatre murs du téléviseur. Pourquoi ? Le téléviseur est ’’réel’’. Il a de la dimension. Il vous dit quoi penser, vous le hurle à la figure. Il doit avoir raison, tant il paraît avoir raison. Il vous précipite si vite vers ses propres conclusions que votre esprit n’a pas le temps de se récrier : ’’Quelle idiotie ! »

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Ray Bradbury, « FAHRENHEIT » 451, éd. Folio / SF.


« La plus grosse censure est tout de même d’ordre économique », Michel Polac1.

« Sous l’empire d’une Loi devenue indéchiffrable, règnent le chaos, l’injustice, l’arbitraire : oubliée par les hommes, elle est remise aux mains les plus viles et aux appétits de pouvoir ».

Denis Salas, « Kafka, Le combat avec la Loi », éd. Michalon.

Au lendemain de l’invasion du Capitole2 par des partisans de Donald Trump, images de violence surréaliste, le cœur de la démocratie américaine a été profané. Et que dit cette Hubris sur notre époque ? Qu’elle est le résultat depuis des années, d’interventions intempestives inconsidérées et irresponsables du président américain sur les réseaux sociaux. Il nous avait habitués à une politique musclée, directe, parfois à coups de décrets et d’amendements court-circuitant les institutions et les corps intermédiaires, comme une décision royale, rappelant étrangement notre président « jupitérien ». Trump qui n’a eu de cesse de remettre en cause la légitimité des élections, la victoire de Joe Biden, et de crier au complot. Lui qui avait laissé, on s’en souvient, les antiracistes et les suprématistes Wasp s’affronter violemment3… alimentant l’hystérisation et instrumentalisant les théories du complot, et autres thématiques populistes. Trump dans un rôle d’hyperprésident, remettant en cause le contre-pouvoir et ses opposants, dans une forme d’hyperactivité sur les réseaux sociaux encore jamais égalée depuis Berlusconi. Lui qui avec Netanyahu n’ont eu de cesse de saluer la victoire de l’extrême droite et la mise en place de régimes illibéraux.

Quant à la récupération politique du président Emmanuel Macron, elle n’augure rien de bon. Disons comme il l’avait affirmé « aucun changement de cap », confirmant la continuité de la dérive néolibérale, autoritaire, sécuritaire et répressive, et des lois liberticides et scélérates qui se préparent. Il est indécent de sa part de comparer ce qui s’est passé aux Etats-Unis dans l’enceinte du Capitole, qui est une pure profanation du cœur et symbole de la démocratie, avec toute violence, sous entendant, on le sait bien, toute manifestation ou contestation politique. Bien sûr, quand le chef d’Etat s’est exprimé tard dans la nuit4 qui n’a pas pensé aux manifestations des gilets jaunes ou de ceux qui ne faisaient qu’exercer leur droit de manifester, ce qui est un droit constitutionnel, contre les réformes des retraites réprimées par la violence policière ?

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Au fond, qu’est-ce que cela veut dire ? Serions-nous arrivés à une époque où les libertés acquises suite aux mouvements de libéralisation tous azimuts (Mai 685) seraient remises en cause6 ?

Et en creux, cette récupération politique jouant sur le choc, la peur et l’émotion n’est-elle pas exercée avec un calcul politicien digne d’un prince7 pour faire oublier les critiques acerbes8 et pertinentes9 sur les dérives du néolibéralisme10, et la remise en cause de pratiques autoritaires musclées sur fond de crises11 financières12 systémiques13 ? Et dans un climat de stupeur face aux violences et répressions14 policières, et l’incompétence, l’absurdité et l’incohérence des décisions de la « Macronie15 » dans la gestion de la COVID et l’effet en cascades des crises sociales, politiques, écologiques successives qu’avaient préparé en amont les présidents précédents16. Pions ou candidats interchangeables selon Michel Onfray, issus de la même matrice idéologique Maastrichtienne. Illustration de la concentration oligarchique17 : gestion purement technocratique, et contrôle de la communication, archétype de l’Etat savant que décrivait Zbigniew Brezinski dans la révolution technétronique18 et Daniel Bell dans la fin des idéologies19. L’ère est au pilotage systémique, aux théories cybernétiques empruntées à David Easton, où la notion de pouvoir cède à celle de régulation. Suppression de tout choix véritable en fonction des « compétences ». Face aux choix obligés qu’imposent la technique ou l’économie et auxquels procèdent les « personnes les plus compétentes », l’opposition n’a plus lieu d’être puisqu’il n’y a pas de véritable alternative. Voilà la nouvelle escroquerie20. En somme, la fin des partis politiques classiques selon notre hyper-président, qui a essuyé un véritable camouflet lors des dernières élections municipales et la victoire des écologistes. D’aucuns disent « finie la lutte des classes21 », d’autres faillite de l’Etat22. Comme si chacun s’identifiait à l’ordre bourgeois23, à une standardisation de la classe moyenne, masquant les inégalités alors que ne cesse d’augmenter les chômeurs, les gens vivant des minimas sociaux sous le seuil de pauvreté, malgré la dignité qu’ils ont à continuer à s’accrocher, à s’habiller décemment, à ne pas montrer leurs difficultés en public24. Uniformisation, conformisme médiatique, élites déconnectées de la réalité économico-sociale25 et méprisante à l’égard de la détresse26, oubliant que chaque voix chaque bulletin dans une démocratie représente le vote d’un citoyen. Et que la démocratie, malgré la crise des partis traditionnels et des contre-pouvoirs (médias27), n’est pas morte ! Il faut revenir à une intelligence sociale comme le suggérait John Dewey28.

Dans une Amérique29 à l’instar de la France confrontées aux bouleversements de l’après-guerre, notamment depuis les manifestations de mai 6830 jusqu’à celles plus récentes, suite à ce que d’aucuns annonçaient comme « La mondialisation heureuse31 ». On sait aisément que cela a empiré notamment face à une accélération provoquée par la finance spéculative, la concurrence pour ne pas dire la rapacité du libre marché, et la multiplication des acteurs32 conduisant à l’interventionnisme militaire au nom de « la lutte contre le terrorisme » (plutôt pour défendre l’intérêt de chacune des puissances et des multinationales, quant à l’exploitation des ressources pétrolifères, minières33). Sans oublier la crise de la culture34 via la consommation de masse, le numérique35, l’hyper individualisme, la délocalisation et la privatisation à outrance36, effets de la postmodernité37 non plus fondés sur la vertu mais sur le vice, sur la libération des pulsions38, défaisant les liens sociaux et les lieux de rencontres non pas virtuels de la conscientisation et de l’engagement politique39.

Comment ne pas craindre dans l’avenir, la reproduction de ce mépris et de celle violence à l’égard de cette jeunesse, souvent peinte de façon caricaturale, comme ingrate et qui a du mal à trouver sa place40, comment ne pas faire le lien avec les jeunes de banlieues aujourd’hui41, de même que ces citoyens qui manifesteront demain, en demandant toujours plus en termes d’égalitarisme et de droits42. Ici encore, tension entre les tenants de la souveraineté nationale, de l’identité nationale, l’exaltation de l’Etat garant de l’ordre républicain, de la morale, de l’autorité, de la hiérarchie comme naturelle, et ceux considérés comme les « Hommes abstraits de l’égalitarisme », de la liberté, de l’individualisme, des minorités, de l’antiracisme et anti sexisme, vus comme source de désordre. En somme, comment ne pas faire le parallèle avec notre situation actuelle, la confrontation de deux modèles, celui d’une néo droite néolibérale économiquement mais réactionnaire politiquement, faussement réformiste, du moins nostalgique d’un passé mythifié, voulant mettre un terme à « l’hégémonie judéo-chrétienne marxisante », et celui d’un rationalisme critique43, partisan d’une société ouverte, et méfiante à l’égard de celui qu’Herbert Marcuse qualifiait de l’Homme unidimensionnel44 ?

Il faut relire ces romans passionnants sur des mondes qui s’écroulent, telle que la trilogie de Philip Roth (Notamment, Pastorale américaine, J’ai épousé un communiste et La tache) sur fond de tragédie et comédie humaine, aussi intérieurs à l’échelle de la cellule familiale, qu’extérieurs à l’échelle de la Nation. A l’instar de La tache, roman qui revient sur l’accusation de racisme d’un professeur d’université, Coleman Silk, troublante résonance avec le débat nauséabond actuel sur le racisme et l’antiracisme, que d’aucuns qualifient de racisme systémique ou de racisme anti-blanc45. Remise en cause de l’universalisme et critique du relativisme culturel46. Philip Roth de rappeler que « la tache est en chacun, inhérente, à demeure, constitutive, elle qui prééxiste à la désobéissance, qui englobe la désobéissance, défie toute explication, toute compréhension. C’est pourquoi laver cette souillure n’est qu’une plaisanterie de barbare et le fantasme de pureté terrifiant ».

Le voile des certitudes et des illusions se déchirant face à la réalité digne des romans naturalistes du XIX ème siècle47 dont l’auteur du croustillant Complexe de Portnoy ou Le sein au style kafkaïen ne cachait pas son admiration, sa reconnaissance, ses influences et sa dette. Etres et personnages contradictoires, tiraillés entre leurs idéaux48, leurs désirs49, et le réel50. À l’instar des romans de John Fante concernant le poids culturel et éducatif catholique d’un italo-américain ou bien Henry Miller l’auteur du Tropique du Cancer et du Tropique du Capricorne, d’origine germano-américain qui ne connaîtra pas la paix recherchée dans ce Cauchemar climatisé51 que sont déjà les Etats-Unis dès les années 20. Henry Miller qui disait avoir ressenti plus de liberté dans la capitale française52 sous occupation que dans cette Amérique-là ! En quelque sorte critique de « La belle époque53 » que décrira Francis Scott Fitzgerald en admiration devant cette jeunesse dorée (Gatsby le Magnifique et Les enfants du Jazz), à l’inverse des romans de John Steinbeck sur les laissés pour compte de la crise de 1929 (Les raisins de la colère ou Des souris et des hommes). Une Amérique à la dérive, subissant les conséquences du néolibéralisme et de la postmodernité poussés à leur paroxysme dans les romans de la nouvelle génération à l’instar de Bret Easton Ellis (Moins que zero ou American Psycho, jusqu’aux inquiétudes de la bien-pensance et du conformisme dans White). Ou le vomissement et rire sarcastique Buskowskien (Contes de la folie ordinaire et Journal d’un vieux dégueulasse). Une Amérique empêtrée dans le racisme54 et la corruption qui la rongent55.

Crises économiques à répétition ? Ou plutôt mutation de la démocratie56 ? Crise de la confiance. D’ailleurs les gilets jaunes avaient été un de ces moments où les citoyens de différentes classes sociales, ceux qu’on appelle les invisibles57, en écho avec Les Misérables58 d’Hugo derrière les barricades, se retrouvaient autour des carrefours à sens giratoire et ronds-points, pour découvrir à leur grande surprise une colère partagée59. Ce que les médias et l’ordre politique ont qualifié de jacquerie et de contestation illégitime60. Mais qui mettait en exergues toutes les contradictions, les injustices, les incohérences dûes à des décisions non adaptées aux différentes échelles61 (Nationale, régionale, départementale) selon la logique Maastrichtienne de l’oligarchie politico-médiatique. Celle-là même qui se vante d’être néo-libérale et qui reproduit les travers de la planification par le haut comme au temps des Soviets ! Et surtout n’accepte pas la contradiction. Le président Macron l’avait dit « nous ne changerons pas de cap ».

Tout est là, toutes les questions, toutes les failles, toutes les déchirures derrière le masque de l’American Way of Live qu’Hollywood n’a eu de cesse de nous vendre, et loin d’une vision binaire et essentialiste62. Du structuralisme marxien conjugué à une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions63, tout est là pour comprendre les tensions qui peuvent redéfinir les notions d’aliénation, d’identité entre désir et servitude64, dans un rapport d’exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements de populations dociles et apeurées, tétanisées, sous le choc65.

L’instrumentalisation, le confusionnisme, l’hystérisation médiatico-politique, n’ont eu de cesse de s’enchaîner ces dernières années dans un contexte d’état d’urgence jusqu’à l’adoption de lois liberticides et scélérates66. Chaos voulu dans un contexte de néolibéralisme en crise et contesté, afin d’étouffer les voix dissonantes et les lanceurs d’alertes. Et cela est d’autant plus inquiétant parce que l’Histoire nous le rappelle, les minorités en ont toujours payé le prix fort.

Sinistre résonance historique67, la loi de sécurité globale rappelle étrangement les lois scélérates réprimant (via le délit d’apologie) la presse et les opinions anarchistes votées à la hâte par la Chambre des députés attaquée à la bombe deux jours plus tôt par l’anarchiste Auguste Vaillant le 9 décembre 1893. Qu’Hervé Kempf68 exhume des archives, notamment les critiques de La revue blanche dont Francis de Pressensé (fondateur de la ligue des droits de l’Homme), d’Emile Pouget et d’un jeune juriste Léon Blum, sans oublier Charles Peguy, Bernard Lazare, Mallarmé, Jarry, Proust, Gide, qui ont laissé de leur plume un vibrant plaidoyer exprimant leur désaccord contre ces lois scélérates qui visent à criminaliser les contestations politiques et à réduire les libertés publiques. Elaboration et application de ces lois d’exception votées dans l’émotion, donnant un pouvoir extraordinaire à l’Etat, à la Police et au ministère public pour réprimer des adversaires politiques. Plus d’un siècle plus tard, rien n’a changé. Déjà Bush avec le Patriot Act, attaché au traditionalisme du courant néoconservateur américain (Irving Kristol, Paul Wolfovitz, Robert Kagan), nous avait donné un avant-goût de cette politique où « le juste » doit primer sur le légal, quitte à recourir par la force, au nom d’une mission civilisatrice à l’échelle mondiale, vision manichéenne et messianique du monde et de la politique. A l’instar de la politique de Trump, selon son slogan « make America great again », formule selon le concept machiavélien que la fin justifie les moyens, mélange d’opportunisme et de réalisme brutal, d’hypocrisie et de démagogie populiste. Etrange similitude avec notre hyper président Macron. Certes, qui au lieu de s’appuyer sur des groupes évangéliques s’appuie sur des organes de presses financés par les grands groupes industriels69 dont l’idéologie Zemmourienne est proche de celles de ces néoconservateurs qui mélangent allègrement religion, politique et affairisme, soutenus par des médias ultraconservateurs qui multiplient les « FakeNews » qu’ils prétendent combattre (comme chez nous avec BFMTV, CNEWS, Sud Radio, Le Figaro, etc.).

Pour le moment, on peut dire que la crise des gilets jaunes aura eu le mérite de mettre en exergue le mécontentement de nombreux français de toutes sensibilités politiques et classes sociales confondues sur le devant de la scène. Bien entendu, très vite les médias ont parlé d’une récupération politique de l’extrême droite, voire de l’extrême gauche, et de débordements de casseurs venant du 93 ou autres. D’aucuns ont dénoncé une vieille technique pour décrédibiliser le mouvement populaire qui est apparu spontanément via les réseaux sociaux.

Pour ajouter à la confusion et au chaos, du côté des gilets jaunes et des journalistes certains avaient filmé et évoqué des infiltrations de policiers en civil parfois cagoulés. Quoi qu’il en soit personne n’oubliera ces images choquantes de rangées de jeunes lycéens à genoux et attachés par les CRS. Les mains des élèves attachées dans et le dos traités comme de vulgaires narcotrafiquants, ou de retraités frappés à la tête par les CRS, ou d’une femme tirée par les cheveux comme un vulgaire sac de poubelle par les agents de l’Etat, et plusieurs autres vidéos d’une violence inouïe, à l’instar des images des policiers tabassant Michel Zecler, rappelant les exactions d’un certain Alexandre Benalla70 qui ont circulé sur le Net, violences dignes du film La purge ou Orange Mecanique. On comprend d’autant mieux l’empressement du gouvernement Macron de vouloir faire passer la Loi de sécurité globale, notamment l’article 24. Et on comprend les inquiétudes des journalistes et de la liberté de la presse, et des ONG et la ligue des droits de l’Homme. Comment ne pas penser aux affiches de mai 68 qui comparaient les CRS aux SS ? Ou encore les pratiques policières dans les pires dictatures africaines, arabes, et d’Amérique du Sud. Oui, pour une fois Georges W. Bush a bien raison, ces violences qui ont lieu au Capitole sont dignes des pires républiques bananières. Mais n’oublions pas que si cela s’est produit, c’est parce qu’en amont le contre-pouvoir et l’opposition n’ont pas fait leur travail. Tout cela est à méditer nous qui sommes sous les nuages menaçants de la Macronie. N’oublions pas que même si le brouillard s’épaissit, tôt ou tard il se dissipera et apparaîtront les éclaircies.

Amine Ajar.

1 Entretien avec Michel Polac, propos recueillis par Isabelle Veyrat-Masson, « Censure, autocensure : maladie des médias », in Christian Delporte et Isabelle Veyrat-Masson, La puissance des images du Moyen-Age à nos jours, Paris, Nouveau Monde, coll. Chronos, 2018 [entretien paru en 2003 dans la revue Le temps des médias, p. 381].

2 Huffpost, A Washington, le Capitole envahi par des manifestants après de violents affrontements, le 07 janvier 2021.

3 Etats-unis, heurts entre antiracistes et pro-Trump à Portland, un mort, in Le Point, le 31 Août 2020.

4 Intervention exceptionnelle d’un président de la République française tard dans la nuit avec le drapeau américain derrière lui.

5 Mai 68, Le Débat, éd. Folio, Essais.

6 Michel Clouscard, néo-fascisme et idéologie du désir », ou encore Le capitalisme de la séduction, critique de la sociale démocratie libertaire, éd. Delga.

7 Le prince de Machiavel qu’Emmanuel Macron avouait posséder comme livre de chevet.

8 Joseph Stiglitz, La grande désillusion, éd. Poche.

9 Georges Corm, Le nouveau gouvernement du monde, Idéologies, Structures, Contre-pouvoir, éd. La Découverte.

10 David Cayla, Populisme et néolibéralisme, Il est urgent de tout repenser, éd. De Boeck Sup.

11 Paul Jaurion, On est déjà dans une crise financière, in Le Média, le 10 mars 2020. Paul Jauron qui explique “On est déjà dans une grande crise financière”. Prophète de la crise des subprimes de 2008, qu’il avait prédit plusieurs années plus tôt, Paul Jorion, anthropologue et ex-trader, alerte sur la gravité de ce qui se déroule actuellement sur les principaux marchés boursiers mondiaux. Si le coronavirus et le ralentissement de l’économie chinoise ont été les facteurs déclenchants, ils n’ont fait que révéler la fragilité d’une bulle financière dopée aux injections spectaculaires d’argent frais par les banques centrales. Au détriment des contribuables ordinaires, qui financent la gabegie et l’irresponsabilité des banques et des fonds d’investissement. https://youtu.be/sFsOS_XC2B8

12 Gilles Raveaud, Ce qu’on ne vous dit pas sur la crise économique qui vient, in Le Média, 30 décembre 2020. https://youtu.be/nXZyzb3xJa4

13 Cyprien Boganda, Le business des faillites, Enquête sur ceux qui prospèrent sur les ruines de l’économie française, éd. La Découverte. Lire aussi Dominico Moro, La crise du capitalisme et Marx, abrégé du Capital rapporté au XXième siècle, éd. Delga.

14 Vanessa Codaccioni, Répression, l’Etat face aux contestations politiques, éd. Textuel.

15 « Macronie » qui fait penser à la Cacanie de Robert Musil, célèbre auteur de L’homme sans qualités, pour dénoncer les élites autrichiennes complètement déphasées par rapport à la réalité du peuple. Les Romanov étaient aussi dans ce genre de situation, et on connait leur fin tragique.

16 Sarkozy et le traité de Lisbonne, et les affaires de corruption. Hollande qui n’a pas combattu la Finance mais placé Macron comme ministre de l’économie ! Puis crise des gilets jaunes, et manifestations contre les réformes des retraites.

17 Cf, Robert Michels, « Loi d’airain de l’oligarchie ». Lire Robert Michels, Sociologie du parti dans la démocratie, ed. Folio, essais.

18 Zbigniew Brzezinski, La révolution technétronique, éd. Calmann-Lévy.

19 Daniel Bell, La fin des idéologies, éd. PUF.

20 J. K. Galbraith, Les mensonges de l’économie, éd. Grasset.

21 Emmanuel Todd, Les luttes de classes en France au XXIème siècle, éd. Seuil.

22 Jean Garrigues, Les grands discours parlementaires de Mirabeau à nos jours, éd. Armand Colin. Rappelons-nous du discours de Mitterrand face à Pompidou, sur la responsabilité de l’Etat, alors que celui-ci essayait d’expliquer la rupture entre les élites politiques et l’aspiration au changement, au renouveau de la jeunesse, par un cours sur la crise du XVème siècle.

23 Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza, éd. La Fabrique.

24 Anne-Lucie Acar, COVID-19 : La crise fait basculer des milliers de personnes dans la pauvreté, in Lacroixrouge.fr, le 6 novembre 2020. Lire aussi, Tonino Serafini, Un million de pauvres en plus ? Une hausse invérifiable mais indéniable, in Libération, le 13 octobre 2020.

25 Avec ses 11 552 Euros par mois, un député (Jean-Christophe Lagarde de l’UDI) estime gagner moins que le salaire moyen des français, in Ladepeche.fr, le 04 juillet 2017.

26 Emmanuel Macron ayant qualifié le Gaulois de réfractaire.

27 Pierre Bourdieu, Sur la télévision, suivie de L’emprise du journalisme, éd. Raisons d’Agir. Lire aussi Edward W. Saïd, L’islam dans les médias, éd. Sindbad.

28 Jean-Pierre Cometti, La démocratie radicale, Lire John Dewey, éd. Folio, essais.

29 André Kaspi, Les américains, Tome 2, Les Etats-Unis de 1945 à nos jours, éd. Points.

30 Mai 68, Le débat, éd. Folio, essais.

31 Alain Minc, Le crépuscule des petits dieux, éd. Grasset.

32 Sous la dir. Bertrand Badie & Dominique Vidal, Qui dirige le monde ?, éd. La Découverte.

33 Sous la dir. Bertrand Badie & Dominique Vidal, Nouvelles guerres, éd. La Découverte.

34 Hervé Juvin & Gilles Lipovesky, L’Occident mondialisé, Controverse sur la culture planétaire, éd. Grasset.

35 Bernard Stiegler, Dans la disruption, Comment ne pas devenir fou ?, éd. Babel, Essai.

36 Elinah Rakingaharnoro, Privatisation des Entreprises publiques : effets politico-économiques, éd. Univ Européenne.

37 Dany-Robert Dufour, Le Délire occidental, et ses effets actuels dans la vie quotidienne : travail, loisir, amour, éd. Pocket.

38 Dany-Robert Dufour, Baise ton prochain, Une histoire souterraine du capitalisme, éd. Actes Sud.

39 Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves, une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, éd. La Découverte, Zones.

40 Lire aussi Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes, petit traité pédagogique, éd. Points.

41 Tobbie Nathan, Les âmes errantes, éd. Le Livre de Poche.

42 Troublante résonance avec la rhétorique Zemmourienne.

43 Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, éd. Points, essais, Tome 1 & 2.

44 Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel, éd. De Minuit.

45 On ne peut s’empêcher de penser aux propos immondes de Pascal Bruckner l’auteur du Sanglot de l’homme blanc, d’avoir accusé Rokaya Diallo de par sa position antiraciste, d’avoir été le bras armé des terroristes du Bataclan ou de Charlie Hebdo.

46 A ce sujet, le livre de Fatiha Agag-Boudjahlat, Le grand détournement, éd. Politique Lexio, est illustratif de ce confusionnisme ambiant. Elle compare les indigénistes aux islamistes radicaux qui jamais ne manifesteraient auprès de ceux qu’elle qualifie de « relativistes culturels » pro LGBT qui sont dans une logique libertaire héritée de mai 68, « Il est interdit d’interdire », « fait ce que tu veux de ton corps ». Mettant en miroir ceux-ci avec les identitaires, elle oublie le rôle de Sarkozy, Valls, et récemment Macron dans la banalisation des idées de l’extrême droite dans le débat politique français. Et la preuve, n’importe quel musulman qui aurait été condamné comme Eric Zemmour à maintes reprises par les tribunaux, aurait été viré illico des chaînes de télévisions ou de la Radio. Donc, il y a une volonté politique derrière tout cela. Exacerber l’hystérie des débats, les extrêmes, pour faire oublier les réformes néolibérales et antisociales. Qu’elle invoque le Pakistan ou l’Angleterre ou le Canada pour justifier son argumentation, cela ne dit pas la spécificité la diversité et la complexité de l’Islam de France. Sinon, que ce soit la critique du patriarcat, de la domination masculine, d’une certaine vision rétrograde de l’islam, nous sommes d’accord, mais alors qu’elle s’attaque à Bush qui a reconduit le pacte Quincy, et aux relations incestueuses de nos dirigeants avec les pétromonarchies, et à Trump et Netanyahu qui n’ont de cesse de saluer la victoire de l’extrême droite afin qu’advienne l’Armageddon (Apocalypse ou chaos) annoncé dans la Bible, afin qu’advienne le Messie. Son analyse est déficiente de ce côté-là, car elle sait que les Mayer Habib, BHL et consort n’en seraient pas très content. En somme, elle participe de ce grand détournement qu’elle dénonce partiellement, même si les bases de son analyse, je le répète sont bancales. Les indigènes de la République ce n’est ni Al AlQaida ni Daesh ni Les Frères musulmans. C’est un mouvement qui s’inscrit dans le Muslim Pride, façon Gay Pride ou Black Lives Matter.

47 Emmanuel Fureix & François Jarrige, La modernité désenchantée, Relire l’histoire du XIXème siècle français, éd. La Découverte. Lire aussi Stefan Zweig, Le monde d’hier, souvenirs d’un européen, éd. Livre de Poche.

48 Ibid, Tobbie Nathan, Les âmes errantes, éd. Le Livre de Poche.

49 Fethi Benslama, La psychanalyse à l’épreuve de l’islam, éd. Champs, essais.

50 Lire mon article, Amine Ajar, La psychanalyse à l’usage des musulmans ?, In Oumma.com, le 20 juillet 2020.

51 Henry Miller, Le cauchemar climatisé, éd. Folio

52 Henry Miller, Printemps noir, éd. Folio.

53 Lire aussi Dan Franck, Bohèmes, éd. Pocket.

54 Ta-Nehisi Coates, Une colère noire, Lettre à mon fils, éd. Poche, J’ai Lu.

55 On l’a vu lors de l’affaire Georges Floyd, et de l’écho du Mouvement des Black Lives Matter en France suite aux violences policières, pour rappeler l’affaire Adama et bien d’autres qui ont été oubliées médiatiquement. Lire les articles sous la direction de Pierre Tevanian, sur lmsi.net, ou encore ses ouvrages, La mécanique raciste, La république du mépris.

56 Clément Viktorovitch, assistons-nous au déclin des démocraties ? in l’émission Viens voir les docteurs, Canal Plus, le 04 janvier 2021. Avec la participation de Sandra Laugier, Antidémocratie, éd. La Découverte ; de David Djaïz, Slow démocratie, éd. Allary ; et Marc Lazar, Pleuplecratie : la métamorphose de nos démocraties, éd. Gallimard.

57 Salomé Berlioux & Erkki Maillard, Les invisibles de la République, Comment sauver la jeunesse de la France périphérique, éd. Poche, J’ai Lu.

58 Ladj Ly, film Les Misérables, présenté en 2019 au Festival de Cannes. Session du Festival de Cannes pour le moins houleuse, lorsque des actrices sympathisantes du mouvement Metoo# sont sortis pour protester contre l’oscarisation de Polanski, qui avait fui les Etats-Unis pour une affaire de viol dont il n’a jamais payé le prix.

59 Collectif, avec la collaboration de François Bégaudeau, Gilets jaunes, pour un nouvel horizon social, éd. Au Diable Vauvert.

60 Pierre Vermeren, La France qui déclasse, Les gilets jaunes une jacquerie au XXIème siècle, éd. Tallandier.

61 Laurent Davezies, La crise qui vient, La nouvelle fracture territoriale, éd. Seuil. Ou encore, Le nouvel égoïsme territorial, Le grand malaise des nations, éd. Seuil.

62 Pierre Conesa, Hollywar, Hollywood arme de propagande massive, éd. Robert Laffont.

63 Edward Bernays, Propaganda, éd. Zones.

64 Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude, éd. La Fabrique.

65 Naomi Klein, La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre, éd. Babel.

66 Notamment la loi sur la sécurité globale, celles qui permettent d’élargir le fichage des manifestants et des citoyens avant tout, ou encore celle sur les valeurs de la laïcité stigmatisant encore une fois une partie de la population, notamment de confession musulmane.

67 Comment ne pas penser au sort des juifs, Hannah Arendt, Sur l’antisémitisme, Les origines du totalitarisme, éd. Points, Essai.

68 Hervé Kempf, Ennemis d’Etat, Les lois scélérates des anarchistes aux terroristes, éd. La Fabrique.

69 Juan Branco, Crépuscule, Macron et les oligarques, L’enquête vérité, éd. Au Diable Vauvert Massot.

70 Jean Guarrigues, Les scandales de la République : de Panama à l’affaire Benalla, éd. Nouveaux Mondes.

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