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Attentats Christchurch : un musulman salué en héros pour s’être dressé devant le terroriste néo-nazi Brenton Tarrant

A l’autre bout du monde, dans l’îlot de paix en deuil de la Nouvelle-Zélande, que l’on pensait suffisamment lointain et sûr pour être à l’abri de la haine dévastatrice, la sidération a laissé place au recueillement chargé d’émotion, deux jours après les attaques meurtrières islamophobes commises par le monstre de cruauté Brenton Harrison Tarrant, un terroriste d’extrême droite et fier de l’être.

Les hommages poignants se multiplient à Christchurch en mémoire des 50 fidèles fauchés mortellement lors d’un vendredi funeste (plusieurs adolescents et très jeunes enfants comptent au nombre des victimes), devant les mosquées Al Noor et Linwood frappées en plein cœur. Deux mosquées qui porteront longtemps les stigmates d’un massacre insoutenable, mûrement planifié et froidement exécuté, et plus atroce encore, retransmis en direct sur les réseaux sociaux.

Des fleurs et des dessins déposés devant la grande Mosquée de Wellington, la capitale de Nouvelle-Zélande

Deux jours après ce drame incommensurable dont l’onde de choc a dépassé les frontières néo-zélandaises, un musulman, père de quatre enfants, est unanimement salué pour son acte de bravoure extraordinaire. Abdul Aziz, 48 ans, était loin d’imaginer qu’en allant accomplir la grande prière Al Jumua, comme tous les vendredis, il ferait preuve d’un courage héroïque, que lui-même ne soupçonnait pas, en faisant face au tueur.

Empoignant l’un des pistolets que le terroriste néo-nazi avait abandonné, après avoir laissé de nombreuses victimes musulmanes, adultes et enfants, dans son sillage sanglant, ce dernier s’est dressé devant lui pour mettre fin au carnage. Il a alors pointé l’arme sur lui, puis a appuyé sur la gâchette, mais elle était vide. Brenton Harrison Tarrant a alors couru vers son véhicule, sans doute pour s’emparer d’une autre arme, tandis qu’Abdul Aziz s’est mis à le pourchasser, au péril de sa vie.

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Révélant une détermination farouche qui a annihilé la peur, il a lancé le pistolet contre la vitre de la voiture avec une force décuplée, au point de la briser. Devant sa vitre pulvérisée, le terroriste a démarré en trombe sans demander son reste. « Il a eu peur. Mais je ne suis pas un héros », a clamé Abdul Aziz en relatant son incroyable confrontation avec Brenton Harrison Tarrant, grâce à laquelle de nombreuses vies ont été sauvées.

« Aziz l’a poursuivi, et c’est comme ça que nous avons eu la vie sauve. Autrement, s’il était parvenu à entrer dans la mosquée, nous serions tous morts aujourd’hui », a confié l’imam Latef Alabi avec une infinie gratitude mêlée d’admiration.

Si Abdul Aziz est un véritable héros célébré de son vivant, Naeem Rashid est, hélas, l’autre héros de ce vendredi 15 mars tragique, dont la Nouvelle-Zélande honore la mémoire à titre posthume.

           Le regretté Naeem Rashid

En effet, cet enseignant de Christchurch estimé de tous a, lui aussi, tenté de maîtriser le terroriste en démontrant une témérité exceptionnelle. Il s’est carrément jeté sur lui, alors qu’il venait de faire irruption dans la mosquée Al Noor pour faire couler le sang d’innocents. Malheureusement, en voulant protéger les siens dans un geste quasi sacrificiel, Naeem Rashid a été blessé grièvement. Il est décédé vendredi soir, quelques heures après son fils de 21 ans, lequel a succombé à une hémorragie interne. Une tragédie absolue.

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A Christchurch, l’horreur du terrorisme d’extrême droite, nourri à l’idéologie pernicieuse du suprémacisme blanc, s’est abattue lâchement sur la communauté musulmane, souillant deux enceintes sacrées, brisant des destins, anéantissant des familles entières, et fut sans pitié pour sa première victime âgée de 71 ans : Daoud Nabi, un réfugié afghan.

« C’est scandaleux, effroyable ! On ne s’attendait pas à ça, ici, en Nouvelle-Zélande. Notre père sera enterré dans sa patrie, en Afghanistan », se sont indignés, émus aux larmes, les deux fils de ce visage familier et très attachant de la mosquée Al Noor, à jamais disparu.

Sous la pluie d’hommages rendus aux 50 victimes musulmanes de Christchurch, le groupe de motards “Black Power” s’est illustré en effectuant un haka ( la danse rituelle chantée des Maori que les All Blacks ont contribué à rendre mondialement célèbre) devant la mosquée Al Noor, si lourdement et cruellement endeuillée.

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La Première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, tout de noir vêtue et coiffée d’un voile, est également venue témoigner son soutien à la communauté musulmane locale, douloureusement éprouvée.

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2 commentaires

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  1. Que Dieu les agrée au sein de son éternel Paradis, Quelle fin plus belle que celle d’un martyr!
    Cet acte lâche et sans pitié est l’œuvre non ^pas d’un individu mais d’une idéologie qu’il représente, celle qui depuis des siècles se présente comme idéologie civilisatrice des peuples barbares et non civilisés. Qu’ils soient suprématistes, d’extrême droite, catholiques intégristes, identitaires, pseudo progressiste etc…. ils répondent tous de la même idéologie nauséabonde et génocidaire qui est l’usurpation civilisationnelle!

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