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Vêtue d’un voile, la Première ministre néo-zélandaise dévoile une plaque à la mémoire des 51 martyrs de Christchurch

Elle préside aux destinées d’une lointaine et paisible Nouvelle-Zélande que l’on pensait immunisée contre l’horreur du terrorisme islamophobe, celui qui puise ses racines dans la théorie néo-fasciste du «Grand Remplacement» et dont Zemmour, le nostalgique fiévreux, s’est fait le sinistre propagandiste, Jacinda Ardern est apparue, fin septembre, drapée dans un voile de dignité et de compassion à Christchurch. Un voile qui portait dans ses plis la grande et belle âme d’un pays tout entier.

Acclamée par une communauté musulmane qui pleure encore ses 51 martyrs – femmes, hommes et enfants – tombés sous les balles de l’extrémiste de droite, l’Australien Brenton Harrison Tarrant, lors d’un vendredi 15 mars 2019 funeste, la Première ministre néo-zélandaise a dévoilé, entre sourire et larmes, une plaque commémorative à la mémoire des victimes d’un massacre insoutenable.

Depuis la condamnation à perpétuité, fin août, d’un monstre de cruauté dont elle ne veut plus jamais prononcer le nom, c’est la première fois que celle que le monde regarde avec admiration, saluant sa capacité à gérer humainement et efficacement la tragédie qui a ensanglanté son havre de paix jusqu’alors immaculé, revenait dans les mosquées Linwood et Al Noor. Deux mosquées où le sang de 51 fidèles innocents a coulé, alors qu’ils se recueillaient dans la Maison de Dieu.

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Après avoir inauguré la plaque « A la mémoire des 51 Shuhadah qui ont perdu la vie», entourée de l’imam de la mosquée Al Nour, Gamal Fouda, des familles musulmanes douloureusement éprouvées, et de l’ensemble des habitants d’une ville à jamais meurtrie, Jacinda Ardern, visiblement émue, s’est réjouie de « revoir de vieux amis » dans deux enceintes sacrées où les stigmates du drame ne s’effaceront jamais totalement.

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Elle n’a pas caché sa joie de pouvoir enfin serrer les mains des rescapés de Christchurch, dont le long et difficile rétablissement est, pour beaucoup d’entre eux, en bonne voie, mais pas encore achevé. « Je suis heureuse de voir que le temps a fait son œuvre, même si rien ne pourra guérir les blessures causées par ce massacre abominable».

Face à une assistance recueillie et bouleversée, l’imam Gamal Fouda, étreint à son tour par l’émotion, a confié à quel point l’onde de choc provoquée par cet acte de barbarie indigne de toute société civilisée, et impensable dans une Nouvelle-Zélande qu’il croyait miraculeusement préservée, fut incommensurable. « Ce fut l’une des périodes, si ce n’est la période la plus difficile de notre existence. Personne n’aurait jamais pu imaginer que cela se produirait. Nous pensions tous que la Nouvelle-Zélande était en sécurité », a-t-il déclaré d’une voix tremblante, avant de marteler avec force et conviction : « Brûler le Saint Coran ou la Bible, est-ce cela la liberté d’expression? Non, désolé, la liberté d’expression n’est pas un discours de haine ».

« Je me fais aujourd’hui le porte-parole de ma communauté : nous souhaiterions qu’une Journée de commémoration nationale soit instaurée, afin que l’on n’oublie jamais les 51 martyrs de Christchurch, et qu’une loi interdisant les discours haineux soit promulguée », a-t-il appelé de ses vœux, en se tournant vers Jacinda Ardern. Acquiesçant à ses demandes pressantes, la Première ministre pleine d’empathie est repartie vers Wellington, fermement résolue à ce que le Bien triomphe du Mal absolu dans son îlot du multiculturalisme.

A voir ou à revoir : notre vidéo rendant hommage aux 51 victimes innocentes de la barbarie islamophobe

 

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