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Adam et Êve étaient-ils des « singes? » Introduction à la théorie quantique de l’âme.

Dans une approche classique et littéraliste de l’islam, il est généralement admis que l’humanité entière descend d’un couple homme/femme – Adam et Eve – créé par Dieu. Or, cette vision semble se heurter à une difficulté de taille dans la mesure où la biologie de l’évolution nous apprend que l’Homme moderne est le fruit d’un processus évolutionniste difficilement contestable du fait de la découverte de nombreux squelettes d’hominidés. Par suite, comment rendre compatible la théorie de l’évolution et le concept religieux selon lequel l’humanité descendrait du couple Adam et Êve ? En faisant appel à la mécanique quantique !
On sait, aujourd’hui, que la matière et l’énergie sont quantiques ; c’est à dire qu’elles présentent, entre autre, un aspect granulaire. Dès lors, pourquoi ne pas appliquer cette théorie, maintes fois validée expérimentalement, à l’âme humaine ? Cela revient à supposer que ladite âme humaine est composée de quantas ou de grains d’âme. Appelons-les « âmions ». Allons encore plus loin en opérant une distinction entre les âmions féminins et masculins.
Les premiers seraient des feminons, les seconds des masculons. L’on n’exclut pas la possibilité qu’il puisse exister d’autres types d’âmions ; des âmions neutres si j’ose dire, c’est-à-dire dépourvus de toute charge féminine ou masculine. Toujours selon cette théorie quantique de l’âme, l’ensemble de ces particules emplirait le vide quantique. Qu’est-ce que le vide quantique ? Un espace, sans matière ni énergie, contenant des particules virtuelles, c’est-à-dire non encore matérialisées. Ces dernières, sorte des particules latentes, peuvent apparaître de façon spontanée et disparaître presque aussitôt (1). Conséquence directe de la mécanique quantique, branche de la physique moderne dédiée à l’étude de l’infiniment petit, le vide quantique, selon l’illustre physicien Edward Tryon, serait à l’origine du Big-Bang (2).
En effet, ce vide, préexistant de tout temps, aurait, suite à une fluctuation causée par l’incessante agitation des particules virtuelles qui le composent, engendré une bulle d’univers concentrée, infiniment chaude et dense. Celle-ci produisant alors le fameux « Big-Bang ». Avant d’aller plus loin, rappelons que la mécanique quantique a permis le développement de l’électronique, des lasers, de la physique nucléaire, de l’optoélectronique, des ordinateurs des télécommunications, des téléphones portables, etc. Bref, cette discipline a à ce point révolutionné notre existence que l’on peut sans peine affirmer qu’elle est bien l’inauguratrice d’une nouvelle ère humaine : celle de l’homo-quanticus. Enfin, et c’est primordial, en physique, aujourd’hui, pour décrire les interactions entre les particules, on utilise le concept de champ. On parle ainsi de champ de gravitation, de champ électrique, de champ magnétique, etc., qui ont la propriété de remplir tout ou partie de l’espace.
Ainsi donc, notre théorie quantique de l’âme postule que le vide quantique, aux effets bien palpables, contiendrait, outre les particules virtuelles, électrons, photons, neutrinos, etc., des âmions féminins, les feminons, et des âmions masculins, les masculons. Et l’ensemble de ces particules âmioniques formeraient ce que les textes religieux, eux, nomment Adam et Êve. En conséquence de quoi, dans le vide quantique, se trouveraient, selon cette théorie quantique de l’âme, Adam, composé d’âmions masculins, et Êve, composée elle d’âmions féminins. Ces « Père » et « Mère » de l’humanité seraient donc bien des réalités, dans ce modèle-là, mais des réalités virtuelles ; alors que sous l’angle de la théologie islamique classique, ces Être-là auraient une nature biologique…
Fort de cette théorie, nous soutenons que toutes les entités vivantes, quelles qu’elles soient, possèdent des quantas d’âmes, des âmions donc. Plus l’entité biologique à considérer est simple, à l’instar des organismes monocellulaires, et moins celle-ci sera pourvue en âmions. Un mammifère, tel que le chat par exemple, en possédera un nombre bien plus élevé. Quant à l’Homme, c’est au cours de son évolution que son nombre d’âmions, prodigieusement plus grand que celui des autres espèces vivantes, va exploser.
Revenons plus précisément à la théorie de l’évolution. Sans se perdre dans des considérations par trop complexes, relevons que les primates font leur apparition il y a 30 millions d’années. Dix millions d’années plus tard, les hominoïdes (la famille des grands singes) surgissent. Treize millions d’années passent. Arrive alors le temps de l’humanité préhistorique avec les paranthropes, les australopithèques et le groupe des homo-sapiens. Toutes ces créatures, interagissant avec le vide quantique, reçoivent au fur et à mesure de leur évolution, tantôt des âmions féminins, tantôt des âmions masculins, suivant leur sexe. Adam étant la source d’âmions masculins, Êve, celle des âmions féminins. Et plus ces homininés s’enrichissent en particules âmioniques, ou quantas d’âmes, plus elles prennent « apparence humaine ». Est-ce que ce processus s’est arrêté de nos jours ? On peut le supposer.
Par conséquent, Adam et Êve, vus à travers ce prisme-là, seraient bel et bien les géniteurs de l’humanité. Des géniteurs non pas biologiques comme le sous-entendent les tenants d’une vision littéraliste autant que naïve du Coran, mais quasi-divins, dans la mesure où ils ont diffusé en nous, par la volonté de Dieu, leur essence. De toute évidence, cette théorie quantique de l’âme, qui postule l’existence, dans le vide quantique, d’un couple Adam et Êve sous la forme de champs âmioniques, l’un masculin, l’autre féminin, permet de concilier la théorie de l’évolution avec le Coran et la Bible. Une certitude : une lecture rigide des textes canoniques de l’islam conduit à une contradiction manifeste entre une donnée scientifique avérée, l’évolution des espèces, et le « sens apparent » des versets relatifs à la création de l’Homme. Or, le renommé théologien musulman, juriste et médecin, Averroès (1126-1198) insista sur la nécessité de développer une approche critique des sources scripturaires :
« Nous affirmons catégoriquement que partout où il y a une contradiction entre la spéculation rationnelle et le sens apparent d’un énoncé du Texte révélé, celui-ci doit être interprété. » (3)
Et puis posons-nous cette question que je crois absolument cruciale : pourquoi Dieu exigerait de ses serviteurs qu’ils croient en Lui alors même que dans la nature, Il laisse « traîner », si je puis dire, des squelettes de Paranthropus, d’Homo-habilis, d’Homo-erectus, etc., qui jettent le trouble dans l’esprit de nombreux croyants et croyantes, de toute confession d’ailleurs ? Combien de croyants, du reste, ont perdu la foi à cause de la théorie de Darwin relative à la sélection naturelle des espèces et à leur évolution graduelle au cours du temps ?
Enfin, la théorie quantique de l’âme, qui présuppose l’existence de deux entités fondamentales, feminon et masculon, les fameux quantas d’âme, entre en résonnance avec celle de Carl Gustav Jung (1875-1961). Psychanalyste de renom que l’on ne présente plus, ce dernier conceptualisa l’idée selon laquelle « l’anima est la polarité féminine de l’inconscient masculin […] (et) l’animus […] la polarité masculine de l’inconscient féminin. (4) » Car dans ce modèle quantique de l’âme, rien n’empêche, en effet, que durant le processus évolutionniste, succinctement décrit précédemment, les australopithèques mâles, pour ne citer qu’eux, aient reçus aussi des âmions féminins . Même chose, évidement, pour les femelles australopithèques. Il en résulte donc que femmes et hommes actuels auraient des âmes composées de feminons et de masculons, dans des proportions variables, selon les individus. Ici, donc, se rejoignent, psychanalyse, mécanique quantique et théologie…
Ce n’est pas en vain que Dieu s’est révélé au dernier de ses messagers via cette injonction : « Lis » (Sourate 96, L’adhérence, verset 1). Car, pour l’humanité, le savoir est cet astre qui, brillant de mille éclats, dissipe les obscures ténèbres de l’ignorance.
En résumé, si, sur le plan physique, l’Homme est bien le produit d’une évolution graduelle l’ayant fait passer du primate à sa forme actuelle, sur le plan spirituel, il est, dans ce modèle quantique de l’âme, l’enfant du couple Adam et Êve ; créatures immatérielles du vide quantique…
Malik Bezouh
Notes:
(1) En 1997, le physicien Steve Lamoreaux mesure les effets induits par les particules virtuelles du vide quantique sur deux plaques métalliques placées l’une en face de l’autre : à cause de la pression exercée par lesdites particules virtuelles du vide quantique sur les parois des plaques métalliques, celles-ci se sont rapprochées d’une distance dont la valeur coïncide parfaitement avec les prévisions théoriques. Le vide quantique et les particules virtuelles constituent donc bien une réalité tangible.
(2) EDWARD P. TRYON, Is the Universe a Vacuum Fluctuation ?, Nature volume 246, pages 396–397, 14 December 1973.
(3) Mohamed Charfi, Islam et Liberté. Le malentendu historique, Albin Michel, 1999, p. 134.
(4) Françoise Petry, Psychologie contingente, in Cerveau&Psycho, N°20, novembre 1999.



 
 
 
 

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