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A ne pas manquer: « Nous, Français musulmans », le documentaire d’Arte qui sera diffusé le 14 janvier

Arte diffusera le 14 janvier « Nous, Français musulmans « , un documentaire  de Romain Icard. A voir absolument!

Parmi les intervenants, on retrouve  notamment des personnalités connues des lecteurs  d’Oumma, comme  Ghaleb Bencheikh Mohamed Bajrafil, Bernard Godard, Didier Leschi, Taoufik Barboucha, Abdennour Bidar,  Eva Janadin,  Hakim El Karoui

 

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Dossier de presse Arte

Comment vit-on l’islam en France ? En deux volets et à partir d’un sondage dédié de l’institut Ipsos, une photographie inédite des Français musulmans, loin des fantasmes d’un débat irrationnel.

Soirée présentée par Émilie Aubry

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L’ enquête d’Ipsos spécialement réalisée pour ce documentaire auprès de 1513 personnes représentatives de la société française – musulmans et non-musulmans – et au travers de soixante-quinze questions, bat en brèche nombre d’idées reçues dans un débat sensible, hystérisé par l’amalgame entre islam, islamisme, identité et insécurité. À partir de ces résultats, le film recueille la parole d’une majorité silencieuse de musulmans, citoyens français résolument attachés aux valeurs de la République, quand les regards restent braqués sur un islam rigoriste – et sa frange radicalisée – visible et pourtant très minoritaire dans le pays. Mettant en perspective les enseignements de ce sondage inédit, citoyens engagés, imams, islamologues, sociologues ou encore philosophes dessinent le portrait nuancé et multiple d’une communauté très largement apaisée, à rebours des fantasmes entretenus par la rumeur politicomédiatique, a fortiori depuis les attentats de 2015. Une réflexion éclairante, qui n’occulte cependant pas les points de tension.

Retrouvez ci-dessous deux extraits téléchargeables du documentaire :

Episode 1 –  Du public à l’intime
Episode 2 –  De l’intime au public

 

Entretien avec le réalisateur Romain Icard

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Pour ce vaste panorama des musulmans de France, vous avez commandé un sondage à l’institut Ipsos. Pourquoi ce parti pris ?

Romain Icard : Sonder les Français, qu’ils soient musulmans ou pas, nous a paru la meilleure méthode pour approcher leur(s) réalité(s). Que pensent-ils ? Que disent-ils ? Nous voulions recueillir une parole posée et des réponses précises sur le rapport au religieux, à la laïcité, à la femme, au travail ou à la discrimination – loin de l’hystérisation à laquelle on assiste souvent. Pour corréler cette analyse chiffrée, nous avons interrogé des témoins qui, par leur expérience, leur engagement associatif ou leur expertise universitaire, portent depuis des années une réflexion sur ce sujet. Nous avons fait le choix d’écarter ceux qui, d’ordinaire, monopolisent et parasitent le débat.

Le film dessine le portrait d’une communauté plutôt apaisée…

Absolument. Comme le dit l’imam Mohamed Bajrafil, si elle ne l’était pas, le pays serait à feu et à sang, et sans occulter le traumatisme causé par les attentats, nous n’en sommes pas là. En confondant religion, radicalité et questions socio-économiques – notamment la ghettoïsation des banlieues –, on convoque un schisme présumé entre islam et République et on montre du doigt une communauté qui serait à couteaux tirés avec la société française. Or, la majorité des six millions de Français musulmans exprime un attachement fort aux valeurs de la République et à la laïcité. Proches de la population globale, ils aspirent surtout à l’anonymat et à n’être plus l’objet d’un débat national permanent, ce qui les blesse énormément. L’enquête éclaire en outre la diversité des pratiques religieuses : il existe des islams de France.

Vous retracez les étapes de la crispation, depuis la Marche des beurs en 1983.

À la marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, qui soulevait la question de l’intégration à travers des cahiers de doléances empruntés à la révolution française, la réponse est venue de la société civile avec le slogan «Touche pas à mon pote». La dimension religieuse a été introduite un peu plus tard dans cette revendication d’équité sociale, et on est entrés dans un biais dont on ne parvient plus à sortir : que fait-on aujourd’hui de cette population confrontée à la précarité et à la discrimination ? En 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo et l’émotion qui nous a saisis, partagée par la quasi-totalité de la communauté, «Je suis Charlie» s’est imposé en injonction. Il ne s’agit pas d’affirmer que ce credo a confisqué la discussion, mais il est important que des gens travaillant sur ces questions, et pas seulement des musulmans, puissent dire : on n’a pas le droit de ne pas éprouver d’empathie pour les victimes mais on a le droit de ne pas être Charlie. Mes interlocuteurs ont mal vécu l’amalgame entre islam et islamisme qui a résulté de cette situation.

Comment dépasser ces points de friction ?

Les théologiens musulmans, notamment français, doivent offrir une alternative à l’influence de pays étrangers et à une lecture archaïque des textes. Nous sommes peut-être en train de devenir un pays d’histoire islamo-judéo-chrétienne et la France doit s’accepter plurielle. L’islam en France doit aussi travailler sur la question de la femme, c’est incontestable, même si, comme le rappelle l’historien et philosophe Marcel Gauchet, aucune religion n’est émancipatrice en la matière.

Propos recueillis par Sylvie Dauvillier

 

 

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