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8 mars 2022 : Hommage aux femmes palestiniennes engagées, résistantes, dignes et courageuses

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars de chaque année partout dans le monde, ayons une pensée émue pour les femmes palestiniennes si courageuses, ces vaillantes résistantes sur tous les fronts, qui se battent inlassablement pour leurs droits méprisés, piétinés par l’occupation israélienne.

Des femmes qui sont engagées dans une lutte héroïque de tous les instants, à la fois contre l’oppression et pour l’égalité.  

Elles sont unanimement reconnues pour leur volonté, leur ténacité, leur abnégation, leur acharnement au travail, leur attachement à leur patrie, leur patience et leur dignité, de même que pour leur investissement en faveur de l’éducation d’une génération déterminée et confiante. 

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Ces héroïnes des temps modernes n’ont jamais baissé les bras, malgré la cruauté d’un blocus illégal, les conditions de vie désastreuses qu’elles subissent sous le joug de l’occupation, les agressions israéliennes meurtrières, auxquelles s’est ajoutée une crise sanitaire mortifère. Elles continuent de protéger, avec une bravoure admirable, leurs enfants des balles de l’occupant. 

Elles commémorent cette Journée mondiale, dédiée à toutes les femmes, dans un contexte insoutenable marqué par le maintien des mesures inhumaines infligées par l’entité sioniste, tout au long d’une pandémie sans précédent qui a frappé encore plus durement les Territoires palestiniens. 

Les Palestiniennes sont les piliers de la famille, de la société, de la Nation. Elles méritent tout notre respect, ainsi que des lois qui améliorent leur statut dans notre pays, et pas seulement ce congé d’une journée décidé par le gouvernement palestinien depuis neuf ans. Elles méritent toute notre admiration.  

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Nous honorons aujourd’hui leur héroïsme dans une conjoncture toujours aussi difficile, marquée par la colonisation forcenée des Territoires palestiniens, par le maintien du blocus contre la bande de Gaza depuis quinze ans, et ce, en violation des résolutions onusiennes. Mais aussi par la division inter-palestinienne, par les projets régionaux et internationaux qui visent la liquidation de la cause palestinienne, par la situation humanitaire catastrophique à Gaza, cette prison à ciel ouvert qui porte encore les stigmates de la dernière offensive israélienne ravageuse en mai 2021. 

Sans parler des conséquences économiques et sociales déplorables liées à la propagation du Covid-19, et l’absence de perspectives pour toute une population qui attend désespérément une solution politique et la fin de l’occupation. 

L’année 2021 fut particulièrement macabre : plus de 60 femmes et jeunes filles palestiniennes sont mortes, dont 40 d’entre elles ont été tuées dans les bombardements israéliens de mai 2021 dans la bande de Gaza, et 20 assassinées par l’armée d’occupation israélienne ou par des colons, en Cisjordanie occupée.

Un lourd bilan assombri par l’arrestation brutale de 32 femmes par les soldats israéliens en Cisjordanie occupée et dans la ville assiégée de Jérusalem, parmi lesquelles figurent des députées et de jeunes étudiantes

Où qu’elles soient, en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, dans les territoires de 1948 ou en exil, les femmes palestiniennes demeurent plus que jamais déterminées et espèrent, comme l’ensemble de leurs concitoyens, un lendemain meilleur, un lendemain de liberté et de paix, un lendemain de justice. 

La population de Palestine célèbre cette Journée internationale des droits des femmes en ayant une pensée particulière pour les mères de martyrs palestiniens, tombés lors d’offensives israéliennes, à l’instar de la mère d’Abdelrahmane Quasem qui pleure la perte récente de son fils, assassiné par des soldats israéliens à Jérusalem, le 7 mars 2022. Mais aussi pour les 34 détenues qui croupissent toujours dans les prisons israéliennes, dont 12 mères de famille, pour les femmes de Cisjordanie qui défient l’occupation, la colonisation et le mur d’apartheid, et celles de Gaza qui souffrent, avec leurs concitoyens, de ce blocus inhumain.

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Nos femmes palestiniennes fêtent le 8 mars 2022 dans les larmes, la douleur, la souffrance et la peine. Elles pensent aux morts, aux blessés, aux prisonniers et à toute notre population civile qui subit au quotidien les mesures israéliennes atroces.

La femme palestinienne, qui mène son combat sans relâche et avec une grande dignité, est à la fois la mère du martyr, la femme du prisonnier et la grand-mère des jeunes désespérés. Elle est toujours présente pour soutenir son mari, pour aider ses enfants, pour redonner espoir et pour participer activement au développement d’une société en pleine crise.  

Elle est fortement investie dans la vie sociale, culturelle et économique, elle joue un rôle essentiel au sein de la famille, des villages, des villes, des camps, des quartiers, des associations, elle est de fait un élément majeur de cohésion dans la société palestinienne. D’autant plus que 75% des personnes qui fréquentent les universités en Palestine sont des femmes, et que le taux de scolarisation chez les jeunes filles palestiniennes dépasse les 90%.

Energiques, valeureuses, résilientes et compétentes, elles font preuve d’un sens aigu du devoir et des responsabilités en toutes circonstances : que ce soit dans la gestion de la crise sanitaire au sein des hôpitaux, des centres médicaux et de leurs foyers, ou en enseignant les principes de solidarité familiale et sociale pendant les attaques sanglantes commises par les colons et les soldats israéliens, ou encore lors du confinement et du couvre-feu, voire le double confinement dans la bande de Gaza.

La Palestine tient également à rendre un vibrant hommage à toutes les femmes solidaires de notre cause juste, de toutes nationalités et origines, pour leur courage, leur mobilisation, et les diverses actions de soutien aux Palestiniens qu’elles mènent dans le cadre de la lutte pour la liberté et pour la justice. 

Vive les Palestiniennes, vive les Femmes solidaires de notre cause de justice, le combat pour une Palestine libre continue !  

Ziad Medoukh
Responsable du Département de Français de l’université Al Aqsa à Gaza, écrivain et poète francophone

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