Une institutrice humilie son élève fan de foot

Hedi est un petit garçon plein de vie de 7 printemps, qui a des étoiles dans les yeux en songeant au footbal

jeudi 1 avril 2010

A la lumière d’une nouvelle dérive affligeante du corps enseignant, comment ne pas dénoncer, une fois encore, les répercussions odieusement racistes du long travail de sape mental échafaudé par ceux qui nous gouvernent ?

Hedi est un petit garçon plein de vie de 7 printemps, qui a des étoiles dans les yeux en songeant au football, se faisant une joie d’arborer fièrement les tee-shirts aux couleurs de ses équipes favorites, alternant entre le PSG, la France, l’Espagne, l’Angleterre, sans omettre celui de son pays d’origine, l’Algérie.

Un écolier de CE2, comme des milliers d’autres, aux rêves plein la tête, à qui l’institutrice de son école primaire du XIIème arrondissement de Paris, un peu trop zélée, un peu trop intransigeante, un peu trop recroquevillée dans ses préjugés, a brisé la douce insouciance en lui infligeant une leçon inqualifiable, dont les inquiétants enseignements portent la marque flagrante de la discrimination.

En prenant le chemin de l’école le 23 mars dernier, le jeune Hedi, qui avait choisi ce matin là de revêtir le maillot de l’Algérie, cadeau de son oncle, ne se doutait pas de la fureur que sa vision allait déclencher chez son institutrice.

Cédant à l’emportement, l’enseignante a sommé le petit garçon de retirer son tee-shirt devant toute sa classe, sur le ton cruel de l’humiliation : « Tu enlèves ce maillot immédiatement. Ici, c’est la France. Tu le porteras quand tu seras chez toi, en Algérie."

Hedi a aussitôt obéi, retirant son tee-shirt, et le rangeant dans son cartable. « Heureusement qu’il avait un autre maillot dessous », soupire sa mère sous le choc, sinon quelle sanction aurait pu imaginer l’institutrice mise hors d’elle ?

De retour chez lui, Hedi relate l’incident à sa maman, qui décide immédiatement de s’entretenir avec la directrice de l’école et la maîtresse de son fils. Face à elle, les deux femmes se sont confondues en excuses, l’institutrice reconnaissant spontanément « avoir dérapé ».

L’embarras palpable du corps enseignant, qui réalise un peu tard la portée extrêmement traumatisante de ce dérapage verbal, est loin de satisfaire la mère du petit garçon, qui condamne des propos mortifiants à caractère « discriminatoire et raciste », d’autant plus insupportables qu’ils se sont défoulés sur un tee-shirt sportif et non sur un signe religieux… Une enquête administrative est en cours, et la Halde a été saisie.

A tous ceux qui pensaient encore que seul le sport, et notamment le sport roi, était en mesure d’abolir toutes les frontières pour bâtir des passerelles, ce lamentable fait divers vient nous rappeler que les mots ont un sens, en l’occurrence à la terrible résonance, et que la haine de l’autre est une hydre aveugle.

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