Samedi 26 mai 2012
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Tan Malakka : nationalisme, marxisme et Islam (1/2)

Militant nationaliste indonésien, musulman et marxiste, Tan Malakka fut l’une des figures les plus marquantes de ces militants révolutionnaires des Trois Continents qui cherchèrent à décentrer le marxisme et à lier lutte anti-capitaliste, anti-impérialiste et renaissance nationale-culturelle.

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style=';'>« Un peuple capable
d’organiser lui-même, sa vie économique, et de produire toujours et partout des
dirigeants en son sein ne pourra jamais être soumis à l’aide de tanks et
d’avions ».

Tan Malakka

Militant nationaliste indonésien, musulman et marxiste,
Tan Malakka fut l’une des figures les plus marquantes de ces militants
révolutionnaires des Trois Continents qui cherchèrent à décentrer le marxisme
et à lier lutte anti-capitaliste, anti-impérialiste et renaissance
nationale-culturelle.

A l’instar du Tatare Sultan Galiev, de l’Indien Manabendra
Nath Roy, du Péruvien José Carlos Mariategui ou du Vietnamien Ho Chi Minh, Tan
Malakka s’attacha à adapter le marxisme, idéologie née dans un contexte
européen, aux réalités nationales-culturelles d’un pays asiatique et musulman,
l’Indonésie, notamment en prenant en compte sa dimension islamique contre un
communisme « occidentaliste » qui ne voyait dans l’Islam qu’un résidu
de traditions moyenâgeuses. Pour ces révolutionnaires non-occidentaux le
marxisme était compris « en tant que ferment de la renaissance
nationale, à vection socialiste » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[1]
.

Né à Suliki à l’ouest de Sumatra en 1897 dans l’Indonésie
sous domination coloniale néerlandaise, Tan Malakka étudia à l’école normale
d’instituteurs hollandaise de Bukittinggi, le centre culturel et intellectuel
du pays Minangkabau.
style=';'>En 1913, il reçut un prêt des
anciens de son village pour poursuivre ses études aux Pays-Bas. Là-bas, il
suivit les cours de l’école normale de Haarlem jusqu’en 1919.

Arrivant en Hollande, Tan Malakka découvrit le marxisme
qu’il se mit à étudier avec le plus grand intérêt. Le marxisme lui fournissait
des outils d’analyse critique pour mieux comprendre la situation politique et
sociale de l’Indonésie. Ses relations, à la fois avec des étudiants marxistes
Hollandais et des étudiants Indonésiens, le convinrent que l’Indonésie devait
se libérer de la domination coloniale par la révolution. Dans ce contexte
d’émulation intellectuelle, la révolution russe d’octobre 1917 eut une grande
importance dans sa réflexion sur l’Indonésie et sur le lien entre capitalisme,
impérialisme et oppression sociale.

Rentrant en Indonésie en 1919, Tan Malakka devint
instituteur dans une école pour les enfants d’ouvriers de plantation près de
Medan dans le nord Sumatra. Dans le même temps, il commença à coopérer avec
l’Union Social-Démocrate des Indes [ISDV] qui devait devenir le futur Parti
Communiste d’Indonésie [PKI]. En 1920, il quitta Sumatra pour Java où, à la
demande de l’organisation nationaliste et islamique Sarekat Islam [Ligue
Islamique], il créa une « école du peuple » à Semarang, dans le
centre de Java. Cette ville était un centre actif du nationalisme indonésien.
Créé en 1912 par Hadji Oemar Said Tjokroaminoto, l’organisation Sarekat Islam
était un mouvement nationaliste et islamique défendant les thèses de la salafiyyah
impulsées par Djamal ed-Din al-Afghani.

Exposant son travail avec le mouvement Sarekat Islam au
quatrième congrès l’International Communiste en 1922 à Moscou, Tan Malakka
expliqua : « Nous avons à Java une très grande organisation avec
de nombreux paysans très pauvres, le Sarekat Islam (Ligue islamique). Entre
1912 et 1916 cette organisation avait un million de membres, peut-être jusqu’à
trois ou quatre millions. C’était un très grand mouvement populaire, qui
émergea spontanément et était vraiment révolutionnaire.

Jusqu’en 1921 nous avons collaboré avec lui. Notre parti style=';'> [le Parti Communiste d’Indonésie],
constitué de 13 000 membres, entra dans ce mouvement populaire et y mit en
oeuvre sa propagande. En 1921, nous réussîmes à faire adopter notre programme
par Sarekat Islam. La Ligue islamique elle aussi faisait de l’agitation dans
les villages, pour le contrôle des usines et pour le slogan : « tout le
pouvoir aux paysans pauvres, tout le pouvoir aux prolétaires ! » Ainsi,
Sarekat Islam faisait la même propagande que notre Parti communiste, parfois
seulement sous un autre nom.

Mais en 1921 une scission se produisit comme résultat de
critiques maladroites de la direction de Sarekat Islam. Le gouvernement, par
l’entremise de ses agents au sein de Sarekat Islam, exploita la scission et il
exploita aussi la décision du second congrès de l’Internationale communiste :
la lutte contre le pan-islamisme ! Que disaient-ils aux simples paysans ? Ils
disaient : regardez, les communistes ne veulent pas seulement scissionner, ils
veulent détruire votre religion ! C’en était trop pour un simple paysan
musulman. Le paysan se disait à lui-même : j’ai presque tout perdu en ce monde,
dois-je perdre aussi mon paradis ? Cà je ne le veux pas ! Voilà comment pensait
le simple musulman. Les propagandistes du gouvernement l’exploitaient avec
beaucoup de succès. Et donc nous avons eu une scission » name="_ftnref2" title=""> class=MsoFootnoteReference>[2]
.

Face aux membres du Congrès de l’Internationale
Communiste, Tan Malakka poursuivait son argumentation en faveur d’une
collaboration entre les marxistes indonésiens et l’organisation islamique
Sarekat Islam : « les Sarekat-islamistes croient en notre
propagande et restent avec nous avec leurs tripes, pour utiliser une expression
populaire, mais dans leurs coeurs ils restent avec le Sarekat Islam, avec leur
paradis. Et le paradis est quelque chose que nous ne pouvons pas leur donner.
C’est pourquoi ils ont boycotté nos réunions et que nous ne pouvions plus faire
de propagande du tout.

Depuis le début de l’année dernière, nous avons travaillé
à ré-établir le lien avec Sarekat Islam. A notre congrès en décembre de l’année
dernière, nous avons dit que les musulmans du Caucase ou d’autres pays qui
coopèrent avec les Soviets et luttent contre le capitalisme international
comprennent mieux leur religion ; et nous avons aussi dit que s’ils voulaient
faire de la propagande pour leur religion, ils pouvaient le faire pour autant
qu’ils ne le fassent pas dans des réunions mais dans les mosquées.

On nous a demandé dans des réunions publiques : êtes vous
des musulmans, oui ou non ? Croyez vous en Dieu, oui ou non ? Comment
pouvions nous répondre à cela ? Oui, j’ai dit, quand je suis face à Dieu je
suis un musulman, mais quand je suis face à l’homme je ne suis pas un musulman.
C’est ainsi que nous avons infligé une défaite à leurs chefs avec le Coran dans
nos mains ; et à notre congrès l’année dernière, nous avons contraint les
dirigeants de Sarekat Islam, par le biais de leurs propres membres, à
collaborer avec nous.

Quand une grève générale a éclaté en mars de l’année
dernière, les travailleurs musulmans avaient besoin de nous puisque nous avions
les cheminots sous notre direction. Les dirigeants de Sarekat Islam disaient :
si vous voulez collaborer avec nous, vous devez nous aider vous aussi. Bien
sûr, nous sommes allé à leur rencontre et nous avons dit : oui, votre Dieu est
puissant, mais il a dit que sur cette terre les cheminots sont plus puissants !
Les cheminots sont le comité exécutif de Dieu dans ce monde » href="#_ftn3" name="_ftnref3" title=""> class=MsoFootnoteReference>[3]
.

Ce rapprochement entre le Sarekat Islam et le Parti
Communiste d’Indonésie, eu lieu au moment ou Tan Malakka fut élu président du
PKI. En fait, il était le premier partisan et le grand artisan du rapprochement
entre le PKI et le Sarekat Islam. Toute fois, du fait de ses activités
politiques, il fut arrêté par les autorités coloniales hollandaises à Bandung
en 1922 et exilé aux Pays-Bas. Au cœur de la puissance coloniale, il se
présenta aux élections parlementaires hollandaises de 1922 comme candidat du
Parti Communiste de Hollande qu’il voulait persuader de soutenir la cause de
lutte de libération nationale indonésienne.

Par la suite, Tan Malakka se rendit à Berlin puis à
Moscou. Il milita au sein de l’Internationale Communiste [Komintern], où il
soutint que les communistes européens devaient impérativement aider les luttes
nationalistes de l’Asie et des pays colonisés. Du fait de sa connaissance de l’Asie
du Sud-Est, il fut nommé agent du Komintern pour cette région.

En 1923, l’Internationale Communiste l’envoya à Canton en
Chine, avec pour mission de faire paraître un journal en langue anglaise. A la
suite de cela, il se rendit à Manille aux Philippines, alors sous domination
américaine. Malgré son action en faveur de l’Internationale Communiste, Tan
Malakka était en désaccord avec les thèses de Lénine sur les mouvements de
renaissance nationale-culturelle qu’étaient le pan-islamisme ou le pan-asiatisme.

En juillet 1920, le deuxième congrès l’Internationale
Communiste traça les grandes lignes de la politique anti-colonialiste du
Komintern. Dans ses « Thèses

et additions
sur les questions nationales et coloniales »
style=';'>, le congrès affirmait : « Il
est nécessaire de lutter contre les mouvements panislamiques et pan-asiatiques,
et autres tendances similaires, qui essaient de combiner la lutte de libération
contre l’impérialisme européen et américain avec le renforcement du pouvoir de
l’impérialisme turc et japonais ainsi que des potentats locaux, grands
propriétaires, hauts dignitaires religieux etc ; » name="_ftnref4" title=""> class=MsoFootnoteReference>[4].
 

Deux remarques s’imposent au sujet de cette affirmation
du congrès qui avait suivi les orientations de Lénine name="_ftnref5" title=""> class=MsoFootnoteReference>[5]
 :

- Premièrement, Lénine, de part ses conceptions
occidentalo-centriques, était incapable de comprendre en quoi les mouvements
panislamiques ou pan-asiatiques étaient porteurs d’une dynamique de
renaissance civilisationelle dans des sociétés en proie à la domination
politique, économique et culturelle de l’occident ;

- Deuxièmement, alors que les bolcheviks avaient repris
les rênes l’empire des Tsars, Lénine dénonçait des mouvements, le pan-islamisme
et le pan-asiatisme, susceptible de remettre en cause la domination coloniale
russe sur le Caucase, l’Asie Centrale ou l’est de la Sibérie. Derrière la
dénonciation du pan-islamisme et du pan-asiatisme ce cachait la défense du
projet « Grand Russe » que les bolcheviks avaient repris.

Loin de
ces conceptions occidentalo-centristes, Tan Malakka fut l’un des principaux
acteurs de ce qu’Anouar Abdel Malek appela une « véritable lutte idéologique
 »
entre « les marxistes européocentriques et les marxistes
nationalitaires (« nationalistes ») des pays sous-développés » href="#_ftn6" name="_ftnref6" title=""> class=MsoFootnoteReference>[6]
.



name="_ftn1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1]
Abdel Malek Anouar, La dialectique sociale, Ed Seuil, Paris, 1972, page
36. Anouar Abdel Malek notait que ces marxistes du Sud restaient « inconnus,
mal aimés, dénigrés ».

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[2]
Tan Malakka, Communisme et Pan-islamisme, IVème Congrès de
l’Internationale Communiste.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[3]
Tan Malakka, Communisme et Pan-islamisme, IVème Congrès de
l’Internationale Communiste.

name="_ftn4" title=""> class=MsoFootnoteReference>[4]
Résolution de l’Internationale Communiste, Thèses et additions sur les
questions nationales et coloniales, IIème Congrès de
l’Internationale Communiste,
Juillet 1920

name="_ftn5" title=""> class=MsoFootnoteReference>[5]
Dans un texte de préparation du congrès Lénine affirmait « la
nécessité de lutter contre le panislamisme et autres courants analogues, qui
tentent de conjuguer le mouvement de libération contre l’impérialisme européen
et américain avec le renforcement des positions des khans, des propriétaires
fonciers, des mollahs, etc ».
Cf. Lénine, Première ébauche
des thèses sur les questions nationale et coloniale
style=''>, L’Internationale Communiste, n°11,
juillet 1920

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[6]
Abdel Malek Anouar, La dialectique sociale, op. cit., page 296.

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Commentaires

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Salam. Merci de faire découvrir ce grand personnage de l’histoire. De lui, lorsqu’on découvre que le marxisme s’arrime à l’islam. Pauvre de nous, qu’en faisons-nous de cette immense expérience ?

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Cette phrase : "quand je suis face à Dieu je suis un musulman, mais quand je suis face à l’homme je ne suis pas un musulman", est intéressante à de nombreux points de vue. On peut en faire l’article d’une foi laïque, la séparation de la sphère intime et de la sphère sociale, etc ; on peut la rapprocher de "rendre à César, rendre à Dieu", en ajoutant que ce qu’il s’agit de rendre à César, c’est coup pour coup.

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Un personnage comme on aimerait en avoir aujourd’hui ! Des reflexions tres interessantes qui eclairent la situation actuelle.

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Oui mais entre-temps il y a eu la chute de l’Union soviétique et la naissance d’un hyper capitalisme dont la prédation est sans égale dans un monde unipolaire.

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Les algériens engagés disaient, à partir des années 30 : "les communistes c’est pour le pain et le PPA (premier parti indépendantiste)
c’est pour l’Indépendance".
Sans la puissance du mouvement ouvrier, l’Algérie aurait-elle pu sonner le glas du système colonial ?.

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La citation de la résolution de l’Internationale et celle, en note, de Lénine, semblent relever plus d’une incompréhension (assurément coupable...) de ce qui est désigné comme "pan-islamisme", étant observé que ce "pan-islamisme" n’est pas forcément univoque, homogène, etc. Ce qui est refusé, c’est l’idée d’une alliance qui aille dans le sens du "renforcement des positions des khans, des propriétaires fonciers, des mollahs", énumération au demeurant douteuse, mais dont l’essentiel est "propriétaires fonciers". Ou encore de prétendre "combiner la lutte de libération contre l’impérialisme européen et américain avec le renforcement du pouvoir de l’impérialisme turc et japonais ainsi que des potentats locaux, grands propriétaires, hauts dignitaires religieux etc."

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Un témoignage de plus pour nous rappeler que la guerre contre l ISLAM ne date pas d’aujourd hui.Que ça soit des gens de : gauche ; extrême gauche ; droite ; extrême droite ; les verts et les soit disant démocrates , ils sont tous unis contre leurs ennemi commun ; le grand ISLAM .Mais ce qu’ils ne savent pas ; c’est qu’ils courent à leurs propre défaite . Car on ne défait jamais quelqu’un qui se bat en mettant tout son espoir dans le créateur des univers et de toute chose vivante . La justice divine triomphe toujours . Et c’est une évidence sauf pour des gens dépourvu d intelligence . wa assalam (moha)

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Il me semble qu’il y avait tout de même quelque chose de juste ds ce que Lénine dénonçait à savoir la confusion, par les musulmans de cette époque, entre l’Islam et les structures de pouvoir féodales en place ds les pays musulmans,où le peuple était toujours exploité, ce qui n’avait rien à voir avec l’Islam,mais était présenté comme tel pour faire accepter au peuple son exploitation et la scandaleuse opulence des gouvernants.De meme,l’impérialisme japonais n’avait rien à envier,pour la cruauté et l’arrogance,à celui des occidentaux:ce n’est pas parce que les japonais étaient ennemis des occidentaux qu’ils étaient les amis des musulmans ! Ce type de logique a fait commettre bien des erreurs:en témoigne l’état social actuel de bien des pays musulmans,où les pauvres sont toujours très pauvres et les riches de plus en plus riches,comme en Egypte....

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Nous savons que la decolonisation n’a pa vraiment eu lieu : drigeants de connivence imposes, donc pas de " production de dirigeants",Une economie imposee a coup de dettes et de FMI,donc pas "d’organisation economique".Tout cela pour dire que le colonisateur est parti pour mieux revenir ! On voyait un peu d’espoir dans le mouvement ALTER-MONDIALISTE,qui a reussi a faire adherer des gens du monde entier autour d’interets communs,mais depuis septembre 2001 ce mouvement se fait timide et regresse incroyablement,malgre le capital sympathie dont il est l’objet et malgre son dynamisme comme on l’a vu lors du traite europeen !

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Comment considérez-vous l’Islam en regard des deux autres grandes religions monothéistes ?

L’Islam est d’une certaine façon la religion parfaite, dans la mesure où c’est une religion sans histoire, transcendante et universelle, dans l’abstraction totale, avec un Dieu dénué du moindre anthropomorphisme. Une abstraction du judaïsme et du christianisme de l’époque. Les rabbins ont tout de suite accepté l’islam comme un monothéisme, « le plus pur » même, disait Maimonide.

Comment expliquer l’évolution historique de l’Islam en religion théocratique qui se défie de la raison interprétative ?

Toute religion a vocation à devenir théocratique. Ce fut le cas du judaïsme et du christianisme. Plus généralement, dès qu’une doctrine ou une vision du monde apparaît, on trouve un dictateur qui la fige et l’utilise pour s’emparer du pouvoir. . La fermeture de l’Islam européen à la raison, à Cordoue en 1149, par des dictateurs, fut un désastre pour l’humanité. L’Islam vit encore cette phase.

Croyez-vous aujourd’hui à un retour possible de la raison critique dans l’Islam ?
Bien sûr. D’abord l’Islam est très moderne dans beaucoup d’endroits du monde, tant dans l’Islam de France que dans tous ceux qui, dans tous les pays du monde, sont musulmans et scientifiques ou artistes, ou marchands, ou financiers, ou simplement démocrates.
Plus généralement, au-delà de l’Islam, on assiste partout dans le monde actuellement une bataille entre trois valeurs : la liberté individuelle, l’immortalité et l’altruisme. Tout au long de leur histoire, les hommes ont hésité entre d’un côté l’immortalité avec la transcendance, de l’autre la liberté individuelle avec le droit au bonheur. L’homme peut-il être libre s’il y a foi ? La modernité occidentale a organisé la victoire de la liberté sur l’immortalité. Mais on assiste aujourd’hui dans certaines parties du monde à une revanche de l’idéologie de l’immortalité et à un retour des certitudes et des idéologies politiques et religieuses

Entretien Jacques Attali.

Source ;egalite et reconciliation

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Revenant à "quand je suis face à Dieu je suis un musulman, mais quand je suis face à l’homme je ne suis pas un musulman", j’ajouterais un niveau ésotérique : la relation à Dieu "quand je suis face à Dieu" est si intime que ramené au niveau profane inter-humain, je suis incapable d’en parler, qu’il est même inapproprié d’en faire état, et que donc il vaut mieux parler d’autre chose, et dire que je ne suis pas un musulman.

Il est surprenant de trouver une profession de foi ésotérique dans le cadre d’un Congrès de l’Internationale Communiste ! Mais la deuxième partie de l’article de Youssef Girard nous apprendra peut-être plus sur cet aspect de la personnalité de Tan Malakka ? En dehors du fait que, bien sûr, le marxisme est un ésotérisme.

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"La modernité occidentale a organisé la victoire de la liberté sur l’immortalité" ... Jacques Attali n’a-t-il jamais entendu
parler de la liberté métaphysique ? sans doute est-ce ce qu’il nomme immortalité ?. Il opposerait donc deux libertés comme on opposerait le Ciel et la Terre, l’Esprit et la Matière, le Caché et le Manifesté ... les deux visages de Janus.

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"quand je suis face à Dieu je suis un musulman, mais quand je suis face à l’homme je ne suis pas un musulman"
trés belle phrase.Je rappelle que musulman veut dire soumission.En effet un musulman est soumi a Dieu mais certainement pas a l’homme.
Il est clair que L’islam et le communisme ont des liens frappants.Ces deux systemes luttes pour une réel emancipation de l’Homme.Dans l’Islam il y a le jihad(lutte contre soi meme,contre l’égoisme et ses instincts animaliers les plus bas)Dans le Communisme,le communiste doit d’abord se forger un esprit révolutionnaire(la morale communiste exige une lutte d’abord contre soi meme,la première lutte c’est a dire en gros le jihad)puis lutter contre le systeme capitaliste qui n’est autre que l’exploitation de l’homme par l’homme.
Je pense et cela ne concerne que moi.Un musulman sincère ne peut que etre d’accord avec les idéologies du socialisme/communisme.
Comme disait le célèbre marxiste révolutionnaire « Si vous êtes capables de trembler d’indignation, chaque fois qu’il se commet une injustice dans le monde, alors nous sommes camarades »ERNESTO CHE GUEVARA