Norvège : la grève surprise de 1000 conducteurs de taxi musulmans contre les caricatures du prophète

La péninsule scandinave ne connaît aucun cessez-le-feu en matière de caricatures du prophète, et il se tro

lundi 8 février 2010

La péninsule scandinave ne connaît aucun cessez-le-feu en matière de caricatures du prophète, et il se trouve toujours, au détour de tel ou tel média nordique, un trait de crayon suffisamment corrosif pour raviver des braises encore chaudes. Liberté d’expression, quand tu nous tiens… !

Mais, cette fois-ci, c’est sous le vernis très institutionnel de l’Agence de sécurité de la police norvégienne, le PST, que l’art du détournement caustique a encore frappé, en faisant figurer en bonne place sur leur page de Facebook un lien dévoilant une caricature de Muhammad incarné en cochon en train d’écrire sur le Coran. Une belle veine d’inspiration…

Premier à s’insurger, Abid Q. Raja, homme politique norvégien d’origine pakistanaise et membre du Parti libéral, confiait sa consternation devant un énième dessin sulfureux de la discorde, qui a fait l’effet d’un nouveau coup de poignard dans le dos d’une communauté musulmane norvégienne blessée et profondément attristée.

Pointant du doigt l’irresponsabilité du PST, Abid Q. Raja a exhorté les dirigeants du PST et le ministre de la justice Knut Storberget à endosser entièrement la responsabilité de cet acte, et à présenter leurs excuses pour avoir rendu publique cette caricature sur la page web d’un organisme d’Etat.

Alors que mercredi dernier le quotidien danois, le Dagbladet, ne dérogeant pas à sa ligne éditoriale, affichait en première page une caricature du prophète en guise d’illustration de l’affaire, la fronde est venue des conducteurs de taxi norvégiens de confession musulmane, qui se sont ligués dans un piquet de grève surprise au coeur de la capitale, Oslo.

Ainsi, vendredi, les organisateurs n’avaient qu’un seul mot d’ordre : couper le moteur de 2h du matin à 4h du matin. À 3h, près d’un millier de conducteurs de taxi avaient rejoint le mouvement, en réaction à une liberté d’expression unilatéralement dévoyée : « Nous réagissons contre l’abus de la liberté d’expression. Nous ne faisons rien de violent, mais nous voulons montrer que nous nous opposons à ce que l’on insulte nos valeurs », protestait alors vigoureusement l’un d’entre eux.

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