Malaisie : les excuses du journal Al-Islam aux catholiques après un reportage blasphématoire

Envoyés très spéciaux au cœur de la sphère catholique de Malaisie, deux journalistes d’Al-Islam, propri

mardi 9 mars 2010

Envoyés très spéciaux au cœur de la sphère catholique de Malaisie, deux journalistes d’Al-Islam, propriété d’un groupe de presse aux mains du parti au pouvoir, ont infiltré les nefs des églises sur la piste de jeunes femmes musulmanes se convertissant à la foi chrétienne.

Censés enquêter sur la véracité de rumeurs persistantes bruissant de conversions féminines, les deux compères franchirent le seuil de l’église de Kuala Lumpur, où, parfaitement entrés dans la peau de leurs personnages, ils n’ont pas hésité à communier en recevant l’hostie sacrée.

Totale inconscience ou sens du professionnalisme poussé à l’extrême, les deux reporters n’ont manifestement pas mesuré la portée de leur geste, l’un des deux recrachant l’hostie peu après et, traversé par un éclair de génie, n’a trouvé pas mieux que de la photographier sous toutes les coutures, en guise d’illustration d’un article retraçant leurs aventures pour le moins profanatoires...

Paru en 2009, cet article s’est ensuivi d’une plainte de deux laïcs de Penang, qui ont dû patienter jusqu’en février dernier pour être informés de l’invalidation de leurs récriminations. C’est ce moment que l’archevêque catholique de Kuala Lumpur a choisi pour faire son entrée en scène, exigeant des excuses publiques du journal comme seul repentir acceptable.

Le journal Al-Islam n’a pas tardé à s’exécuter, publiant le 6 mars dernier des excuses dans ses colonnes, regrettant les actes déplacés de ses journalistes, dont la mission n’avait pas vocation à railler et à blesser les catholiques, tout en assurant que cette malencontreuse première serait la dernière du genre.

L’affaire est désormais considérée comme close pour toutes les parties, au grand soulagement des Malaisiens, de toutes confessions, majoritairement indignés face à de tels agissements très préjudiciables à la cohésion sociale.

Des remords officialisés avec une extrême célérité, certainement proportionnelle à la volonté du pouvoir de ne pas souffler sur les braises incandescentes de la polémique, tout aussi dommageable, portant sur l’usage du mot Allah par les catholiques, qui n’est pas de nature à resserrer les liens.

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