Samedi 25 October 2014
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Lire le Coran autrement ? (partie 2 sur 2)

Lire le Coran autrement ? (partie 2 sur 2)
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http://oumma.com/sites/default/files/lire-le-coran-autrement.jpg

Toute interprétation, en tout cas, est le résultat d’une certaine relation entre le sujet qui interprète, l’objet (le texte) qui est interprété, et le contexte socioculturel et historique du moment de l’interprétation.

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L’herméneutique : un chemin obligé

L’Islam abstrait et pur n’existe pas. Parce qu’il est dépendant - par l’interprétation comme par les pratiques - de ce que les gens en font, on peut affirmer que l’Islam « parfait », l’Islam situé en toute sécurité au-dessus des terrains accidentés de la géographie et de l’histoire n’existe pas ! De même l’Islam a-historique n’existe-t-il pas davantage : c’est toujours l’Islam pris à tel ou tel moment de l’histoire des hommes. Aussi conviendrait-il de cesser de faire cette distinction trompeuse entre « l’Islam » d’un côté et « les musulmans » de l’autre, comme s’il pouvait y avoir un Islam réel sans musulmans !

L’Islam est né au milieu des hommes que Dieu s’était choisis. Il a continué d’exister au sein d’une humanité multiple et contrastée. Il perdurera à travers ce que les hommes continueront d’en faire. L’Islam, c’est toujours l’Islam des gens, l’Islam de tel ou tel... Et en même temps, toutes les réalités et toutes les expériences humaines n’ont pas à être « islamisées ». Il ne convient pas de mettre l’Islam partout, car à trop le diluer, à trop vouloir « le mettre partout », il finit par n’être plus identifiable et par être nulle part...

Toute compréhension et appréhension de l’Islam passe par une démarche d’interprétation. L’herméneutique se révèle un chemin obligé. Mais le processus de lecture est, au vrai, toujours très complexe. Il y a des aspects psychologiques : dans quel état d’esprit, avec quelle activité mentale le lecteur aborde-t-il et comprend-il le texte ? Il y a des aspects ontologiques : quelles sont les possibilités et les conditions d’accès aux connaissances ?

Des aspects scientifiques : quels sont la légitimité et le sérieux de la méthode utilisée ? Sociologiques : comment la culture, l’éducation, le milieu du lecteur affectent-ils sa manière d’interpréter le texte ? Existentiels : comment le lecteur ou l’auditeur s’interprète-t-il lui-même en se confrontant avec le texte ? Phénoménologiques : qu’est-ce qu’un texte, comment existe-t-il ou comment a-t-il été produit ? Théologiques enfin, en ce qui concerne le Coran : comment peut-on interpréter un texte qui est en communication avec Dieu ?

Toute interprétation, en tout cas, est le résultat d’une certaine relation entre le sujet qui interprète, l’objet (le texte) qui est interprété, et le contexte socioculturel et historique du moment de l’interprétation. De ce fait, il ne peut pas y avoir une interprétation unique d’un texte, une signification unique et vraie du Saint Coran comme peuvent le croire certains, mais il existe une multitude d’interprétations et de significations qui doivent pouvoir faire débat. On ne peut pas dire de manière absolue : « Voilà quel est le sens du texte coranique ! », car il y a une pluralité de sens, toujours liée aux moments de l’histoire, au contexte, à qui lit...

Quand on s’intéresse à l’histoire de la production des textes juridiques musulmans médiévaux, on s’aperçoit que les juristes pouvaient produire des verdicts apparemment contraires au sens explicite du Coran. Car les premiers savants de l’Islam considéraient que le contexte social particulier avait une grande importance, et ils lui accordaient une prépondérance décisive dans l’interprétation du texte en employant une herméneutique très sophistiquée.

Ainsi, le fondateur de l’École hanafite, Abû Hanifa, ne voyait pas d’objection à ce que des non-musulmans pénètrent dans la Ville sainte de La Mecque. Pour lui, le passage coranique qui juge les polythéistes trop impurs pour entrer dans la mosquée sacrée ne devait s’appliquer qu’à la naissance de l’Islam, quand le sanctuaire avait dû être consacré.

Pour la mise en œuvre d’une véritable herméneutique coranique, il est nécessaire, tout d’abord, de comprendre le texte tel qu’il a pu être compris au moment de sa révélation. Cela demande que soient étudiées les croyances, les coutumes ou les institutions de la société qui a bénéficié de la délivrance du Message divin.

Ensuite il convient de s’intéresser aux fondements du Coran lui-même, à ce qui constitue son unité fondamentale et fait de lui un point de vue déterminant sur la vie et sur le monde. Le lecteur-chercheur peut alors s’orienter vers le temps de la Révélation pour comprendre les réponses que le Coran a pu offrir aux problèmes dont souffrait la société. Puis il peut revenir au temps présent et s’interroger sur les enseignements que le Coran peut offrir au monde d’aujourd’hui.

Ne pas nous laisser envahir par le passé et sa répétition

Les musulmans d’aujourd’hui doivent également réfléchir sur la nature de la relation qu’ils entretiennent avec le passé. Car si le passé est le bienvenu pour éclairer le présent, il ne peut pas être, pour autant, le passage obligé pour ce qui est de prendre à bras le corps les réalités d’aujourd’hui. Or dans l’Islam contemporain on observe cette tentation permanente d’idéalisation du passé.

Rien n’aurait jamais été mieux que le passé lointain et révolu ! Et il faudrait construire présent et futur dans la répétition de ce passé. Les musulmans actuels semblent avoir peur du présent et de l’avenir, et ils laissent croire qu’ils ne voient pas de salut autre que dans le retour à ce qui aurait existé. Si le présent est toujours critiqué, en revanche le passé se trouve en permanence justifié. Cela témoigne d’un grand manque de confiance en soi et dans les temps présents.

Le passé des musulmans, pourtant, ne constitue pas une « histoire sacrée » : c’est une partie de l’histoire de l’humanité, fondée d’abord sur des réalités économiques et politiques. Et si de grands savants nous ont laissé des trésors, ceux-ci n’en sont pas moins des produits de l’histoire, et il n’est pas interdit de faire un véritable travail critique sur ces oeuvres et d’apprendre à les dépasser.

Car il doit être permis de s’interroger sur les conditions de production de ces travaux d’autrefois, de dévoiler les présupposés conscients ou inconscients des interprétations historiques de leurs auteurs et de démasquer les intérêts politiques, idéologiques ou financiers qui pouvaient être en jeu à l’époque et ont pu conditionner ces productions savantes.

Aucune génération ne doit se sentir l’otage des générations précédentes. Même les exégètes classiques ne se sont pas sentis liés irrévocablement au travail de ceux qui les avaient précédés ! Toute génération, finalement, se trouve confrontée à une alternative : soit reproduire servilement les significations voulues par les générations précédentes, soit s’approprier ces interprétations de façon critique et sélective, en vue d’interpréter aujourd’hui le texte coranique comme un élément de la tâche de construction du monde présent.

Le Coran n’est pas un manuel ou un livre technique. On ne doit pas davantage le prendre comme un texte passif. C’est un message qui se veut interactif, qui veut provoquer la réponse libre et joyeuse de celui qui entre en relation avec lui. Texte de communication de Dieu vers l’homme, il est aussi destiné à permettre la communication de l’homme vers Dieu. Il y a toujours une nouveauté du texte, liée aux nouveautés des conditions de sa réception ou de sa méditation.

Aucune lecture ne pourra jamais épuiser le « potentiel » de signification du Coran. Aucune ne peut prétendre avoir « clos » l’interprétation et arrêter la dynamique de signification du Livre Saint. L’interprétation du Coran, au vrai, est toujours devant nous. Elle est toujours dans ce que les croyants en feront dans leur dialogue silencieux avec leur Seigneur. Le défi de chaque génération de croyants consiste à découvrir son propre moment de révélation.

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Commentaires

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Mouhibollah
-33 points

Manifestement, certains intellectuels musulmans traversent tellement une crise idéologique qu'ils se tournent vers des idéologies déjà investies en long et en large et sont désormais en voie de disparition. C'est le cas du structuralisme, les intellectuels français notamment l'ont exploité de façon intensive durant les 60's-70's. Et depuis les 80's, il est en chute libre. Presque personne dans les laboratoires n'ose se revendiquer de ce courant stérile, depuis sa naissance en vérité, et devenu aujourd'hui archaïque. Même le structuralo-fonctionnalisme, ou le constructivisme à la Bourdieu est en net recul. Visiblement, le structuraliste Abu Zayd n'avait pas anticipé cette chute libre de cette idéologie qui fascinait tant l'Orient depuis l'Occident. Et ne parlons même pas du marxisme à la Chahrour!

Ah! On leur a légué des sciences vraies, et eux ils nous lèguent des pensées faibles, des déchets! Quels ingrats ces occidentaux!
Et seuls les gueux les accueillent avec applaudissements..

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Mouhibollah
-33 points

"Car il doit être permis de s’interroger sur les conditions de production de ces travaux d’autrefois, de dévoiler les présupposés conscients ou inconscients des interprétations historiques de leurs auteurs et de démasquer les intérêts politiques, idéologiques ou financiers qui pouvaient être en jeu à l’époque et ont pu conditionner ces productions savantes"

Eh bien, face à ces inoxydables incantations infondées, il ne reste plus qu'une maxime ô combien pertinente:

==============C'EST L’HÔPITAL QUI SE FOUT DE LA CHARITÉ=============

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Yannick Laude
-1127 points

@ Mouhibollah: J'avais remarqué votre intervention sur un thème similaire où vous défendiez déjà la même position de refus de toute contextualisation du Coran. Je n'ai pas votre science théologique - bien que je sois toujours surpris qu'un universitaire croit sérieusement qu'un archange, ou un buisson ardent, ait dévoilé la parole divine - mais il me semble que le Coran s'inspire largement de la Bible, y compris sa risible théorie sur la création du monde infirmée par la science. Or depuis plus de 10 ans, et la parution de "La Bible dévoilée" par les historiens et archéologues Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, nous savons que ce soit disant texte sacré des trois monothéismes n'est qu'une construction politique écrite sur plusieurs siècles pour glorifier les tribus et rois d'Israël. Dès lors, comment refuser de contextatualiser le Coran alors que lui même s'appuie sur des textes antérieurs écrits dans un contexte historique donné?

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Liliane Bénard
-309 points

Rachid Benzine nous dit une vérité : nous lisons autrement le Coran. C'est vrai car chacun d'entre nous est différent à travers les époques et les continents.
Mouhiballah constate que les idéologies se démodent. Il a raison. Elles peuvent cependant nous aider à analyser des textes mais nous devons distinguer le texte et les schémas qui en favorisent l'analyse, en d'autres termes : la parole de Dieu et ses lectures...
L'hôpital fait preuve de charité s'il fonctionne généreusement. Il ne suffit sans doute pas de critiquer les idéologies pour lire le Coran avec bonheur. Reste sans doute à en faire une lecture pour notre temps sans renoncer aux outils nombreux que les siècles nous ont offert.

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Waglioni
-1249 points

@Yannick Laude, vous avez raison et tort à la fois. D’un point de vue strictement historique, il est juste de rappeler que la Torah est la simple traduction d’une construction, d'un bricolage effectué sous les Ptolémées, vers -150, une fabrication connue sous le nom de "Septante". Mais quand vous pensez que
« le Coran s'inspire largement de la Bible »
vous faites erreur. Il faut plutôt voir le rapport du Coran à la Torah comme le rappel des sources. Quand la Septante fut mise en chantier, on (= les 70) recueillit maintes histoire, contes et légendes de toute la région du Proche et Moyen Orient, et pour faire tenir debout la fable de la Terre Promise, on mit cela bout-à-bout pour en faire le récit romancé de la pérégrination d’un seul peuple, élu, forcément. Cette élection n’est en fait que le seul choix des Ptolémées d’offrir la domination de la Palestine à leur troupe de mercenaires, et cette pérégrination ne fait que refléter le recrutement de ces mercenaires
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Waglioni
-1249 points

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cette pérégrination ne fait que recouper le recrutement de ces mercenaires au long de l’expédition d’Alexandre et de ce qui s’ensuivit.
"Rappel des sources", c’est à dire que le Coran plonge plus avant que la Septante dans le corpus de ces contes et légendes, plus avant au point d’en cueillir ce que Guénon appelle la Tradition. En ce sens, le Coran est antérieur à la Torah. Et si l’on aime les formules paradoxales mais néanmoins exactes, il vaut mieux dire que la Bible s’inspire largement du Coran, en ajoutant qu’elle s’en inspire faussement en ce sens que c’est un travail de faussaire, le travail de 70 faussaires !!

Ensuite Mouhibollah est bien fondé à renvoyer les sociologues contemporains qui réclament toujours plus de contextualisation, à d’abord contextualiser leurs outils.

Notez bien que le mot de Bible est ambigüe car il recouvre dans les pays anglo-saxons à la fois l’Ancien et le Nouveau Testament. En France ce vocable est (était ?) réservé au seul Ancien.

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bouhbouh
3 points

A chaque article les islamophobes de ce site nous montrent leur ignorance dans laquelle ils continuent de nager malgré qu'ils fréquentent un site qui peut bien les sortir de leur délire!Mais ALLAH GUIDE QUI IL VEUT.

Pour nous musulmans il n y a pas 3 religions monothéistes,mais une seule.Et ce n'est pas moi qui le dit,mais Dieu lui même en affirmant que la religion de Dieu c'est la soumission(l'Islam)et que le prophète(sbsl)l'a confirmé dans un hadith authentique(tous les prophètes sont des frères et leur religion est une.

L'Islam a commencé déjà avec notre grand père Adam avant qu'il soit chassé du paradis avec notre mère Eve.

L'Islam dont on parle ici, a commencé avec Ibrahim(psl).L'Islam reconnait l'évangile de Jésus Christ(slp)qui hélas n'existe plus et pas les 4 évangiles de ses apôtres. Comme il reconnait la thora & la Bible authentique,qui ont été aussi modifiés par les hommes pour les hommes.

Les islamophobes veulent que les musulmans en fassent de même. Bin QUE NENNI.

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ZADIG
-8 points

Il est dit aussi q4adam était musulman mais aussi Noe Abraham Moussa, Issa. Quel que soit l'époque , le temps il y'aurait une religion unique , un message unique , un invariant que des générations de prophetes ou messager sont venu nous rappeler et que les tenants d'Ibliss comme les faux savants tentent de dissimuler ou d'innover.
Il ne faut pas inverser les priorités ni les liens de subordination : en tant que principe premier ce n'est pas à la religion de s'adapter à l'évolution (souvent sens négative) de la société mais à cette dernière de conformer son évolution à la lumiére de la religion.
La religion en tant que lumiere est chargée de guider l'humanité, en fait c'est sa conscience.
Sinon la religion subordonné aux profanes sociétales conduit à faire de la religion une coquille vide. C'est la laïcisation de la religion le perte de sens et la décadence.
La laïcisation de l'islam est justement le projet de M.ARKOUN

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Mouhibollah
-33 points

@ Yannick Laude: Je ne refuse absolument pas toute contextualisation du Coran. Des outils de contextualisation existent déjà, comme les fameuses "circonstances de révélation" et bien d'autres outils extraits du Coran et de la Sunna. Le problème n'est pas là. Ce que je refuse c'est de transformer des concomitances en causes (fameux débat entre Kant et Hume). Un sophisme bien redoutable. En effet, aucune preuve n'est apportée quant à la soit disant construction politique des interprétations du Coran. Et même si des savants ont du entretenir des relations incestueuses avec le pouvoir, d'une part aucune preuve n'est donnée quant à son influence sur l'exégèse, d'autre part nous avons d'autres exemples bien plus nombreux de savants qui, eux, ont été persécutés par le pouvoir (il y en a parmi les 4 Imam et bien d'autres).
J'ai l'habitude dans les forums qu'on me sorte les noms de ces deux auteurs, mais la Bible n'est pas le Coran. Le Coran a, lui, été préservé de la falsification. A suivre.

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amr
2 points

Vous avez raison Mr Benzine nous devons nous libérer des générations précédentes et de ne pas rester otages de leurs interprétations (autant qu'ils sont Tabari, Ib Kathir, Kortobi etc.) parce que dans leurs interprétations, ils ne se sont pas toujours conformés à ce qu'a dit le prophète à savoir se conformer au Coran et à la Sounnah.

donc ils ont laissé libre cours à leurs imaginations et ils ont intégrés beaucoup de textes issus des autres livres.

Néanmoins je ne suis pas d'accord avec votre approche où il faut une gymnastique cérabrale,certes l'être humain n'épuisera jamais tous les messages divins contenus dans un verset, néanmoins il faut respecter un fondement à savoir se conformer au Coran et à la Sounnah pour interpréter les versets coraniques : les versets s'expliquent par d'autres versets et par des hadiths et basta.
Pour appliquer cette méthodo je vous invite à s'inspirer des enseignements autour de sourate Al baqara donnés par cheikh Salah eddine abou arafa:ahlulquran.com

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Mouhibollah
-33 points

Leur contextualisation, à ces gens là, fait dire au Coran ce qu'il ne dit pas, car au lieu de lire le Coran ils font un saut par dessus le Coran, ou bien pour citer le Coran: "ont pris ce Coran comme [une chose] abandonné." (Sourate Al-furqân, verset 30).

Un exemple de résultat auquel aboutissent leurs outils idéologiques (Abu Zayd pense que grâce à la linguistique de Saussure): le verset qui dit: "au fils, une part équivalente à celle de deux filles" (Sourate An-Nissâ', verset 11) devient "au fils, une part équivalente à celle d'une fille"! (tradition abou zaydienne). De même que, dans la même perspective, l'ingénieur Chahrour est parvenu à une "exégèse" - du verset relatif au "voile islamique" - hallucinante! Mêmes les plus pervers ne parviendraient pas à une exégèse pareille! Les exemples hallucinants de leurs résultats sont nombreux.

Bref, il faut se méfier de la simplicité de ces idéologies, elles sont redoutablement séduisantes et trompeuses!

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miro
-9 points

C'est se trouver bien éloigné de la véritable dimension du Coran (ou plutôt du Qur'an) que de vouloir faire croire que la quête de son sens est la plus fondamentale.

Libre à chacun de faire son miel à partir des exégèses des anciens, comme des modernes. Si les grandes lignes qui s'en dégagent sont bien utiles, il faut tout de même réaliser deux choses :

-Ce sont toutes, sans exception, des créations humaines contrairement aux ayats contenus dans le livre sacré.

-Ces exégèses, ces traductions, ne s'adressent strictement qu'à notre mental.

En dehors de l'accès par d'éminents linguistes spécialistes des langues sémitiques, l'immersion dans le Coran ne peut nous être rendue possible que par d'autres voies, d'autres utilisations, en conviant d'autres organes, et si Dieu le veut.

80% des musulmans ne sont pas arabophones et cependant, le contenu de ce recueil (après sa recension) leur est sacré, si ces mots là ont un sens...

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Sharaf
-620 points

Frère Amr,
Tu écris très souvent:
" se conformer au Saint Coran et à la sounnah ".
C'est à dire en arabe : الالتزام بالقرآن والسنة

Question pieuse de ma part:
- J'aimerais bien que tu m'expliques ce que tu veux
dire par le mot et le sens exacte de: "as-Sunnah" > السنة
selon le Coran, et les faits et gestes reçu du Prophète (ص) ?
- La sunnah de qui au juste selon ton opinion ?
De mon point de vue je dirais plutôt :
- 'alaa sunnati Llâhi wa rassûlihi -> على سُنَّةَ اللَّه و رسوله
" De part la sunnah d'Allâh et son prophète... " ( ?! )
C'est à dire que la sunnah est cette voie ou méthode aidant
au cheminement vers le Très Haut (qu'Il soit exalté),
Voie n'appartenant à personne d'autre hors de Lui Seul, l'Unique.
Pour "moi" jusqu'ici, tous les croyants dans leurs diversités
multiples sont dans la Voie d'Allâh.

Sincèrement, je ne comprend pas du tout le sens de l'expression:
" se conformer au Coran et à la sunnah ! "

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Liliane Bénard
-309 points

La deuxième partie de Lire le Coran autrement évoque l'herméneutique, c'est-à-dire la recherche de sens divers et variés ainsi que sur le mauvais usage du passé.
A propos de l'herméneutique, nous avons déjà noté et Éric Geoffroy l'a rappelé, les "magasid", les finalités de la révélation, les buts poursuivis sont à retenir jalousement bien plus que d'autres éléments faciles à contextualiser.
Deux exemples sont présentés par muhibollah : celui de l'héritage des garçons et des filles et celui du voile féminin.
Les finalités recherchées sont la justice des héritages reçus et la pudeur des croyants et des croyantes. Nous devons étudier la multiplicité des interprétations et découvrir chaque fois leurs relations avec la justice et la pudeur.
Les pb. d'héritage sont complexes et donnent lieu à des romans noirs...ils sont certes à contextualiser. Muhammad Hamidullah expliquait qu'au temps du Prophète, les hommes du sexe masculin avaient des devoirs plus exigeants économiquement que les femmes

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Liliane Bénard
-309 points

La question des héritages qui transmettent les biens familiaux va évoluer en fonction des devoirs économiques des époux. Lorsque la femme assume seule de lourdes charges, elle doit recevoir en toute justice une part d'héritage équivalente à celle d'un homme qui aurait les mêmes charges. La justice doit régner bien plus sans doute que la littéralité.
M. parle aussi du voile féminin. Le " magasid" de la pudeur pourrait aussi nous éclairer, montrant par exemple qu'elle est exigée de l'homme et de la femme. La question ne saurait se réduire au voile islamique féminin. La pudeur peut se conjuguer de mille façons et selon des coutumes diverses et changeantes à travers le temps et les continents.
Notre lecture du Coran ne va pas se réduire à un petit nombre de versets à interpréter intelligemment
Le message nous parle certes de toute autre chose comme de Dieu, Créateur des mondes et de son amour. Il nous invite à nous rapprocher de Lui, seul d'abord puis avec les autres en toute justice.

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Mouhibollah
-33 points

Exactement Waglioni. Comment peut-on prétendre à l'aide d'outils contemporains - socialement, idéologiquement et politiquement construits - que des textes datant d'une autre époque seraient construits. Comment se fait-il alors que Dieu Lui-même dans le Coran et son Messager nous demandent-t-ils de questionner les gens du rappel [les savants] si on ne sait pas? Est ce que Dieu et son Messager ignoraient-ils par là que ces gens du rappel avaient une subjectivité et un contexte propres, si bien qu'ils nous orientent, nous qui avons notre subjectivité et notre contexte, vers ces gens du rappel?!
Et comment se fait-il que les compagnons se demandaient mutuellement le sens de certains versets qui leur posaient problèmes?

Et je n'ose pas évoquer le sens du fameux verset 7 de la sourate Âl-'Imrân, qui évoque "Ar-Râssikhûna fî al-'Ilm" (ces savants qui versent dans la science) dont Chahrour, auteur du "al-kitâbo wa al-corân" = "Le livre et le coran") nous dit que ce ne seraient pas les savants

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Mouhibollah
-33 points

Chahrour nous dit que ces savants, mentionnés dans ce verset, ne sont pas du tout les théologiens, mais sont "Darwin, Einstein, Newton", car les théologiens ne seraient pas capables de percer les secrets du Coran ni ses larges horizons et ses visées lointaines! Et on sait la carrière de scientifique de Chahrour.

Bref, il est évident que ces gens, à la lecture soit disant "moderne", ne veulent qu'une seule chose: confisquer le Coran aux savants et éloigner, par là, les musulmans de leurs théologiens, c'est à dire des héritiers du Prophète (ç). La meilleur façon d'égarer un troupeau c'est de l'éloigner de son berger.

Méfiez vous de cette pseudo-contextualisation. Le con-texte signifie étymologiquement ce qui va avec le texte, mais ne veut pas forcément dire ce qui rend possible le texte. Ce sont deux choses différentes! Comme le dit Foucault, "ils assurent leur liaison [objets] dans l'empiricité, mais ils les offrent à l'expérience déjà liés ensemble" (Les mots et les choses, p.368)

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Yannick Laude
-1127 points

@ Mouhiballah: "Le Coran a, lui, été préservé de la falsification?" Quoiqu'en dise Waglioni, le livre que j'évoque démontre, preuves historiques et archéologiques à l'appui, que la manipulation politique remonte bien au delà du Ier siècle avant Jésus Christ et dès l'époque d'Abraham, votre fameux Ibrahim. Une chose est en tout cas irréfutable: la genèse du monde tel que décrite par les textes sacrés s'explique par le contexte d'ignorance scientifique de l'époque. La terre n'a pas été créée en 7 jours mais sur plus de 4 milliards d'années, dans un univers qui en avait déjà 10, et l'homme et la femme sont le fruit d'une longue évolution, comme toutes les espèces vivant ou ayant vécues sur la planète. Si vous refusez la contextualisation, vous vous mentez à vous même et faites passer le Coran pour un tissu d'âneries d'un autre âge, si vous l'acceptez et prenez la genèse comme une parabole, alors vous renouez avec le mystère de la spiritualité qui demeure l'essentiel en matière religieuse

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ZADIG
-8 points

L'eau d'un ruisseau est plus pure à sa source que plus loin en aval.
Plus on est proche de la source de la révélation plus ses contemporains ont une meilleur compréhension de l'islam, une foi plus grande, ils sont plus proche de cette pureté originel qui les rends supérieur à nos savants actuels.

Il faut rappeler aussi que depuis Abraham les prophètes ne sont pas venus pour épouser les idées et pratiques de leurs époques. Leurs raisons d'être et de dénoncer les pratiques déviantes apparues au cours du temps, la dégénérescence de leurs époque et de réformer en s'appuyant sur les principes premiers émanation de Dieu.
Donc au contraire nous serions mieux inspirés si nous lisions nos valeureux prédecesseurs. Ces générations qui ont batis un califat alors que nous nous nous empêtrons dans nos divisions et complètement assujetti aux autres puissances.
Il faut lire aussi René Guénon qui montre la supériorité de la pensée traditionnelle

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Vaillant
0 points

Mouhibollah
Vous avez entièrement raison, Ben zine, Arkounien convaincu, part d'une posture de non croyant pour étudier le coran, d'où sa question; <<<<<>>>>>>
Eh oui comment le texte est produit; suppose qu'il faut revenir sur la certitude qu'il est divin. Une lecture se voulant neutre. Ce n'est pas le Coran auquel croient les musulmans. Un arabophone (uniquement)ne peut interpréter le Coran sans y croire et vouloir imposer cette lecture à un CROYANT musulman....

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ZADIG
-8 points

Suite.
René Guénon dans "La Crise du monde moderne" et "Autorité spirituelle et pouvoir temporel" apporte un éclairage intéressant sur ces questions de la modernité et de la spiritualité.
Il dénonce la fausse intellectualité de nos savants contemporains et montre la limite des sciences modernes à appréhender le monde.
Il nous invite à nous méfier du mots progrés qui pour lui dissimule plutôt la marche vers la décadence.
Une preuve est que nos sociétés sont marquées par des évolutions de plus en plus rapide dans tous les domaines. Cette vitesse de plus en plus grande est ce qui caractérise les corps en chute de libre.

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Sharaf
-620 points

Frère Amr salut,
Entre-temps, j'ai trouvé un enseignant au Maroc,
qui va dans le même sens de ma question et de notre
sujet ici-même, voici son article en arabe qui mériterait
une bonne traduction pour nos chercheurs francophones... :
http://www.errahliahmed.com/assona.html

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alice
-2167 points

R puissance 10

En lisant votre Parole , je me réjouis et je souris en moi-même.
Merci , merci de votre lumière intérieure qui m´émeut!:-)

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Mouhibollah
-33 points

@Liliane,

La théorie des Maqâçid est en partie extraite du Coran et de la Sunna, et non pas des spéculations qui n'ont de fondement que dans l'esprit de certains individus en mal de reconnaissance. Par ailleurs, dans la théorie des préceptes juridiques ("al-qawâ'id al-fiqhiyya") nous avons des principes sujets à conditions comme "On ne peut ignorer le changement des préceptes par le changement des époques", c'est une célèbre règle juridique parmi tant d'autres.

Le problème de ces individus est qu'ils pensent que même si la religion a été parachevée, il reste qu'on peut inventer de nouvelles lois dans la continuité de je ne sais quel esprit de l'Islam (cf. Abou Zayd, etc). Chahrour en a fait de même des lois sur l'usure, etc...

Encore une fois, ces gens ne sont pas dans une attitude d'écoute du Coran, mais font dire au Coran ce qu'il ne nous dit pas.

Ils accusent les savants de faire dire au Coran ce qu'il ne dit pas, mais ce sont eux en réalité qui falsifient le sens du Coran.

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karim
-300 points

C'est fou ce que l'on peut bavarder et recherche avec force l’objectivité de quelque chose que nous mêmes avons construit avec nos bavardages et nos recherches. L’igmâ‘ (ô combien interventionniste) en illustre un parfait exemple. Et votre article également. Si l’objet d’étude est toujours interprété dans les sciences humaines, comment se poser des questions quant à l’objectivité des analyses ??? Dernière chose, n'est pas invraisemblable le fait d'admettre que nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants, tant que l'on garde à l'esprit que respecter n'est pas tout accepter.

Salam

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miro
-9 points

Un sourire intérieur, en résonance, c'est bien de cet Islam que je ne parlais pas :)

Merci à vous.

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ZADIG
-8 points

Si tu désires parler à Dieu prie et si tu désires que Dieu te parle lis le coran. Ce dialogue n'est possible que c'est la foi et sincère et le coeur pur. Et que Dieu nous preserve des exégètes modernes.

Mais ici il n'est pas question du Coran mais quels sont les attentions réels de ces adeptes de M. ARKOUN et de ces Nouveaux Penseurs qui se disent musulmans. N'y a t-il pas là un projet à faire de l'islam une coquille vide, à le séculariser, à priver les musulmans de cette force vital qui l'islam originel.
Il faut avoir conscience que selon les dires de notre prophetes (sws): i y'aura un temps ou des faux savants apparaitrons, ou le coran sera physiquement dans tous les foyers mais ne sera pas lu et encore moins compris.

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amr
2 points

Je ne veux entrer dans des explications et générer le bardage comme a dit justement un commentateur, je voulais juste vous dire que pour la première fois je tombe sur une personne qui s'appuie vraiment sur la source pour interpréter (sachant que le mot interpréter n'est pas le bon terme mais je ne trouve pas mieux)

Un seul conseil aller sur les enseignements de sourate al baraqra sur ahlulquran.com et prenez le temps de comprendre la démarche ne vous précipitez pas pour cataloguer Cheikh abou arafa

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Mouhibollah
-33 points

Michel7520,

Je vais être bref et précis. Mon approche est radicale. Ce n'est pas tant les résultats des néo-orientalistes (voilà ils sont nommés) qui m'intéressent, que leurs méthodes qui nous y conduisent. Nous avons la preuve incontestable que leurs méthodes sont idéologiquement construites, elles n'ont pas de fondements scientifiques.

Bref, remettre en cause la validité contemporaine de nos exégèses, sous le seul prétexte qu'elles auraient été historiquement construites, et avec des méthodes elles-mêmes historiquement construites, me parait pour le moins scientifiquement infondé!

Et je trouve, par exemple, drôle de conjecturer en disant que les lectures des savants auraient été influencées par des financements et des pouvoirs, alors que l'auteur de ces conjectures est lui même financé notamment par un gouvernement dont "la politique musulmane" est manifestement islamophobe! L'hôpital qui se fout de la charité.

Cordialement
Mouhib

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michel75200
-1710 points

AVERTISSEMENT :

Le dernier commentaire ci-dessus de Mouhibollah est une réponse à celui que je lui avais adressé (en plusieurs posts) et qui a disparu du forum avant même que je l’aie terminé, sans même me laisser le temps d’exprimer mon accord avec lui sur deux points :

- une analyse, ou une méthode d'analyse, n’est pas scientifique si l’on peut y mettre en évidence des présupposés idéologiques, politiques ou autres ;

- « le "con-texte" signifie étymologiquement ce qui va avec le texte, mais ne veut pas forcément dire ce qui rend possible le texte ». Au contraire, les traces du contexte dans un texte apparaissent comme des limitations et des entraves au développement de la logique interne de ce texte.

Son commentaire n’a d’intérêt qu’après lecture du mien, que je republie ci-dessous.
(à suivre)