Les femmes voilées sont interdites d’accès à la Société Générale de Viry-Chatillon

Les femmes voilées sont interdites d’accès à la Société Gén&ea

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mardi 18 août 2009

Les femmes voilées sont interdites d’accès à la Société Générale de Viry-Chatillon, le 14 août

Par le CCIF

Après Massy fin juin, c’est maintenant à Viry Chatillon que les femmes voilées sont interdites d’accès à la Société Générale. La responsable de l’agence a indiqué à la victime qu’une directive émanant "d’en haut" oblige les agences de la Société Générale à demander aux femmes voilées de l’ôter. Nous reproduisons ci dessous le témoignage de la victime, qui a porté plainte auprès du procureur de la république.Le ccif vous informera des suites de cette affaire. N’hésitez pas à nous remonter toute discrimination du même type à la société Générale, ou dans une autre banque.

Je me suis présentée vendredi 14 août à 17h15 à l’agence de la "Société Générale" de Viry-Châtillon, afin de déposer un chèque sur mon compte.

Je ne suis pas cliente habituellement de cette agence, mais étant de visite chez ma sœur à Viry-Châtillon j’ai voulu en profiter pour passer déposer mon chèque.

Je me présente donc seule devant l’agence, et entre dans le sas de sécurité. Pendant que j’attends que l’on m’ouvre la porte pour entrer dans l’agence, une employée vient me voir et restant de l’autre côté de la porte vitrée, elle m’explique que je dois retirer le haut de mon foulard par mesure de sécurité, afin que mon visage soit découvert, et que cela est précisé à l’entrée.

Le foulard que je portais laissait parfaitement distinguer mon visage jusqu’au haut de mon front, mon visage étant tout à fait reconnaissable j’explique à l’employée que je refuse de retirer mon foulard, et que je m’étonnais d’une telle disposition puisque je n’ai jamais rencontré ce problème dans les agences auxquelles je vais habituellement.

L’employée persiste dans son refus de me laisser entrer, je demande alors à voir la responsable de l’agence.

L’employée prétexte que la responsable est en réunion. Je lui réponds que je suis tout à fait disposée à attendre que la responsable soit disponible.

Après quelques minutes d’attente dans le sas d’entrée, la responsable se présente face à moi, toujours de l’autre côté de la porte vitrée.

La responsable m’explique alors que par mesure de sécurité, mon visage doit être découvert afin que je sois reconnaissable si je veux accéder à l’agence. Je lui réponds que mon visage est découvert et donc parfaitement reconnaissable, et lui fait remarquer que je ne corresponds pas à l’interdiction signalée à l’extérieur de l’agence.

Etant toujours coincée dans le sas, et me sentant humiliée d’être traitée ainsi puisque la responsable continue à me parler à travers la porte vitrée, je demande à la responsable de me rejoindre dans le sas afin de pouvoir discuter de façon plus humaine. Elle refuse dans un premier temps, puis finis par me rejoindre dans le sas. Je lui demande alors s’il existait un document prouvant l’existence d’une telle mesure. Elle me répond qu’il s’agit d’une directive provenant "d’en haut", à laquelle son agence doit se plier, mais qu’elle n’a aucun document à me présenter.

Enfin elle me dit que je peux déposer le chèque dans la boite aux lettres de l’agence située à l’extérieur, mais qu’en aucun cas je ne pourrai entrer avec mon foulard à l’intérieur de l’agence.

Dans cet incident ce qui m’a le plus dérangé c’est la façon dont j’ai été traitée : on m’a laissé dans le sas de l’agence, me parlant à travers une porte vitrée, faisant de moi un problème et un obstacle pour les clients de l’agence, me faisant ressentir que ma place n’était pas là, et incitant ainsi certains usagers à une attitude hostile envers moi puisque c’était moi le problème.

J’ai été traitée comme une bête de foire, attaquée par la suite par d’autres employés de la banque. A ce titre il serait utile de visionner les vidéos des caméras de surveillance de l’agence.

Des personnes ont été témoins de cette infraction.

J’ai aussi en ma possession une vidéo prise par une autre témoin se trouvant à l’extérieur de la banque, dans laquelle on aperçoit la responsable de l’agence qui m’a interdit l’accès.

Les auteurs de l’infraction sont donc deux employées de l’agence et une troisième personne se présentant comme la responsable de l’agence.

Ces faits sont constitutifs des délits de racisme, de discrimination religieuse et d’antisémitisme prévus et réprimés par le Code pénal.

C’est pourquoi, je dépose plainte contre la responsable de l’agence et les deux employées m’ayant interdit l’accès, pour les délits de racisme, de discrimination religieuse et d’antisémitisme.

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Auteur : le CCIF

Collectif Contre l'Islamophobie en France

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