Le CFCM : juste une histoire de barbe mal rasée

Les membres du Conseil français du culte musulman nous offrent actuellement le spectacle affligeant d’un af

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lundi 25 octobre 2004

Les membres du Conseil français du culte musulman nous offrent actuellement le spectacle affligeant d’un affrontement impitoyable pour le pouvoir qui devient de plus en barbant au sens propre et figuré du terme. Le dernier épisode de cette saga « ramadanesque », est l’œuvre de Dalil Boubakeur, président dudit CFCM. Ce dernier a déclaré récemment sur le site Proche-Orient.info (qui affectionne particulièrement les musulmans rasés de très près) qu’il fallait laisser je cite : « une chance au Conseil français du Culte musulman de faire son ménage intérieur. Il y aura un CFCM dominé par les barbus et un CFCM imberbe. »

Dans l’univers Boubakeurien, les barbus sont incarnés prioritairement par les responsables de l’UOIF dont le système pileux trop abondant à son goût, semble être une entrave au bon fonctionnement démocratique du CFCM. 

D’aucuns s’interrogent désormais sur les motivations qui ont incité Dalil Boubakeur à situer le débat au niveau de la pilosité des dirigeants de l’UOIF. Une question cruciale qui agite à la fois tous les milieux musulmans et le landerneau politico-médiatique. Le recteur de la Mosquée de Paris a-t-il parlé en toute indépendance ? ou bien s’est-il exprimé sous la pression de l’industrie du rasoir, avec à sa tête la marque Gillette, qui entrevoit dans l’éblouissante proposition de Dalil Boubakeur à destination des musulmans de France, l’ouverture d’un marché juteux évalué à plusieurs millions de consommateurs.

Mais les préoccupations de l’UOIF sont ailleurs. Cette association qui dirige deux instituts islamiques, l’un à Château-Chinon, dans la Nièvre, l’autre à Saint-Denis, en région parisienne, redoute de perdre son monopole en matière de formation. Son président Lhaj Thami Breze a estimé que « les pouvoirs publics n’ont pas à s’immiscer dans l’enseignement, ni en termes de structures ni en termes de contenu ». Une inquiétude que ne partage évidemment pas Dalil Boubakeur, qui toujours à rebrousse-poil, se réjouit à l’avance d’une éventuelle création par l’Etat d’un institut de formation des imams au nez et à la barbe des responsables de l’UOIF, aux follicules pileux décidément problématiques.

Allergique aux barbus au point de provoquer en lui des réactions épidermiques, Dalil Boubakeur est entré également en conflit avec un membre imberbe du CFCM, en l’occurrence le vice-président Mohamed Béchari. Celui-ci s’est distingué au mois de septembre dernier par sa promenade à moindre frais au Proche-Orient en vue de libérer les otages français. Une tournée calamiteuse ponctuée par une rencontre avec le leader du FIS Abassi Madani, qui a provoqué l’ire de Dalil Boubakeur, lequel a immédiatement accusé Mohamed Béchari de vouloir lui disputer le leadership au sein du CFCM. Ce dernier qui a failli, à un poil près, ravir la vedette à son président Dalil Boubakeur, grand adepte du taillage de barbe, a dû se résoudre à ne plus jouer les libérateurs du dimanche. Constatant les conséquences désastreuses de sa virée touristique au Proche-Orient sur le CFCM, Béchari est rentré discrètement sur Paris, et s’emploie depuis son fiasco à raser non pas sa barbe mais les murs.

Bref, le CFCM demeure plus que jamais sur le fil du rasoir.

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Auteur : Saïd Branine

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