La religion, les scientifiques, les théologiens… Et l’islam dans tout ça ?

Un non-musulman peut rejeter sans autre forme de procès la thèse de l’origine divine du Coran comme explic

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lundi 3 janvier 2011

L’ancien conflit entre les scientifiques et les théologiens est analysé ici par l’auteur qui propose une issue possible par le biais de la “science des religions”. Celle-ci pourrait dans une optique de partenariat fructueux nourrir à la fois les croyants et la science…

La pensée humaine, comme tout ce que l’humain a produit, est tributaire d’une histoire, voire d’une évolution. Depuis la pensée mythologique des peuples grecs dits archaïques aux grands acquis du monde postmoderne, l’être humain n’a eu de cesse de se poser une question ultime, chaque fois repoussée dans ses limites : celle de la Vérité.

La science, qui est une discipline née au 19ème siècle s’inscrit dans cette histoire de la pensée comme la sursomption[1] de ce qui fut appelé jadis « philosophie de la nature » c’est-à-dire l’étude inductive du monde sensible dans le but de conforter l’idée d’un dieu créateur et façonneur. Sursomption car en passant de la philosophie de la nature à la discipline scientifique, les hommes se sont affranchis de l’idée de Dieu tout en gardant les acquis de grands philosophes de la nature tels que Newton et Galilée[2].

Contrairement aux outils de pensée précédents, la science a permis de quantifier et de systématiser les phénomènes, ce qui a eu pour effet d’engendrer une nouvelle vision déterministe d’un monde figé par des lois immuables dont la connaissance est devenue synonyme de Vérité. Cette nouvelle vision du monde a favorisé une sorte de déisme au détriment des révélations qui font état d’un dieu interventionniste et donc aux antipodes de l’immuabilité universelle. Au final, la montée de la science moderne conjuguée à la critique radicale des Lumières a marginalisé les religions comme faisant parti d’un passé irrationnel à abandonner. Cette attitude consistant à scinder la pensée humaine en rationnel/irrationnel, scientifique/religieux s’appelle le scientisme et c’est cette attitude qui a caractérisé l’effervescence primordiale des premiers scientifiques.

Le scientisme a été exacerbé par Auguste Comte lorsqu’il appliqua les théories évolutionnistes à la pensée humaine. Ainsi, l’humanité serait passée par différents stades d’évolution (animisme, religion, science) à l’issue de laquelle la science doit prendre le relais de la religion en la bannissant par la force de la Raison. C’est à partir de là que le divorce entre science et religion a vraiment été consommé et a atteint son paroxysme.

Comme on le voit, la théorie de l’Evolution a été le cheval de bataille du scientisme. Contrairement aux idées reçues, la théorie de l’origine biologique commune des espèces n’est pas ce qu’il y’a de plus gênant pour les religions. Ce qui est bien plus problématique c’est cette application de la théorie générale de l’évolution à l’histoire de la pensée humaine qui présente la religion comme un système d’explication du réel obsolète faisant partie d’un stade d’évolution révolu et qui nourrit jusqu’aujourd’hui une antireligiosité toujours remise à jour[3].

Les relations entre Science et Religion ont donc été tendues et ce dès le départ. Fondamentalement, la question qui s’est posée a été : religions ou sciences, qui dit la vérité ? Très clairement cette question est un produit du 19ème siècle, à une époque où l’on considérait que la science, contrairement à la religion ou à la philosophie, permettait d’atteindre l’en-soi des choses. C’était tout aussi valable pour les sciences dites humaines comme l’anthropologie que pour les sciences dites exactes comme la physique. L’anthropologue, c’était celui qui disait la vérité sur l’Homme et sa (ou ses) culture(s). Le physicien, c’était celui qui disait la vérité sur le monde sensible et ses lois.

Néanmoins et assez ironiquement, ce sont les progrès de la science qui vont éroder cette attitude si tranchée qui a donné naissance au scientisme. Sciences humaines comme sciences exactes vont être obligées d’être relativisées à la lumière de leurs propres résultats.

En effet, la science contemporaine nous ouvre les yeux sur ces conceptions du 19ème siècle proposant la science comme vérité absolue. Dans les sciences exactes par exemple, les récentes découvertes en physique fondamentale ont bouleversé une nouvelle fois notre vision du monde notamment en brisant la bipartition Matière/Energie. Ainsi le monde n’est plus divisé en matière, elle-même indépendante des forces qui s’y exercent, mais au contraire, matière et énergie ne sont en fait que deux manifestations d’une même réalité[4] qui finalement nous échappe.

Les théories quantiques achèvent d’enfoncer le clou en nous informant qu’à un niveau subatomique les particules élémentaires (électrons, neutrons, protons etc.) ne sont pas constituées de particules encore plus élémentaires mais de “grains” d’énergie ayant plus ou moins tendance à exister. Autrement dit, à un niveau dimensionnel inférieur, celui des particules élémentaires, on ne parle plus de particules mais de lois de probabilité ; la réalité de l’infiniment petit ne devient alors jamais autre chose qu’un système mathématique aléatoire dont l’en-soi demeure hors de notre imagination.

De même, en sciences humaines, les premières théories anthropologiques sont aujourd’hui indéfendables à la lumière des nouvelles études. Les thèses de James Frazer[5] sont complètement datées et ont été contredites, preuves et études à l’appui, par des anthropologues plus contemporains tels que Malinowski et Mary Douglas[6].

Finalement, et les scientifiques sont les premiers à l’admettre, on doit se garder de considérer les résultats de la science autrement qu’éphémères et surtout ne pas compter sur eux pour nous dévoiler l’en-soi des choses. L’en-soi des choses, c’est-à-dire le fondement de ce qui existe, n’est pas l’affaire de la science. L’affaire de la science, pour reprendre la formulation de Paul Mouy, c’est la discipline qui s’occupe de mettre en lumière les « conditions d’existence d’un phénomène »[7]. Dit autrement, la science isole un phénomène pour l’insérer dans un contexte selon des méthodes et des exigences d’objectivité quand elle est possible, d’honnêteté intellectuelle lorsqu’elle ne l’est pas[8].

C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne les sciences humaines et a fortiori ce que l’on appelle les sciences des religions qui ne sont jamais autre chose qu’une application particularisée des sciences humaines classiques sur la question des religions qui deviennent alors des phénomènes dont les conditions d’existence (le contexte) doivent être mis en évidence.

En plus de ne pas être apte à saisir l’en-soi des choses, la science se révèle tout autant incapable de discourir sur Dieu. Ne s’occupant que des conditions d’existence de phénomènes, la science ne dispose d’aucun outil pour traiter la question de Dieu qui est par définition inconditionné. En tant qu’inconditionné, Dieu ne saurait en effet faire l’objet d’une étude sur ses conditions d’existence.

Si le scientifique avoue de lui-même son incapacité à discourir sur Dieu, annonce-t-il par là même son forfait face au théologien qui lui ne fait pas des sciences mais de la théologie, c’est-à-dire une discipline qui est un discours sur Dieu[9] ? Rien n’est moins sûr.

N’adoptant pas la démarche scientifique, le théologien ne s’occupe pas par définition des conditions d’existence de ses objets d’étude, à savoir Dieu, la Révélation et la religion dont il se réclame. Ceci lui ouvre évidemment des portes puisqu’il peut se permettre alors de parler de l’inconditionné mais par la force des choses il est condamné à n’être entendu que par ceux qui partagent déjà ses convictions. La théologie est une discipline profondément muette dès qu’il s’agit de communiquer ou d’échanger hors du cercle des fidèles.

La théologie c’est en effet l’étude interne d’une religion qui permet de structurer le sens qu’elle véhicule et d’en résoudre les contradictions internes et externes. Autrement dit, le théologien résout les problèmes posés à sa religion dans le but d’en sauvegarder la crédibilité indépendamment de tout souci d’objectivité, d’universalité voire même parfois (et c’est regrettable !) d’honnêteté intellectuelle.

Le problème d’une telle approche est que, outre le fait qu’elle ne soit convaincante qu’au niveau communautaire, elle ne répond pas aux sensibilités rationnelles de certains fidèles. Les raisonnements théologiques, biaisés par définition, créent un malaise chez des croyants réticents à l’apologie. Pire encore, la suprématie du discours scientifique dans nos sociétés a pénétré jusque dans les couches religieuses convaincues, si bien que parfois les théologiens eux-mêmes cherchent un cachet scientifique pour crédibiliser leur religion ou leur théologie[10] ; ce qui peut être raisonnablement pris comme un aveu implicite de l’insuffisance de la théologie à répondre par elle-même aux exigences actuelles d’intellectualité.

Toute la question est donc aujourd’hui de savoir si théologiens et scientifiques doivent rester deux éternels rivaux, l’un pro science, l’autre pro religion, chacun avec ses propres carences, ou si un autre type de rapport est possible voire nécessaire. Cela revient ni plus ni moins à poser la question de la place des sciences des religions dans la vie du croyant.

S’il ne fait aucun doute que les sciences des religions ont toute leur place dans le monde scientifique[11], un effort est nécessaire pour les rendre admissibles dans une optique théiste croyante. Ceci est dû au fait que les premiers scientifiques des religions (qui étaient en fait des anthropologues ou des psychologues/psychanalystes) comme James Frazer, Edward Tylor ou encore Sigmund Freud étaient des athées convaincus et des scientistes qui ont laissé un mauvais souvenir de l’étude scientifique des religions qui consistait en leur temps en un militantisme athée. Tout le travail du scientifique des religions moderne qui veut mettre à contribution ses compétences pour les croyants consiste dans un premier temps à effacer ce souvenir amer du scientifique qui cherche à détruire les religions qu’il étudie. Dans un second temps, il doit prouver que l’approche scientifique peut être bénéfique pour le croyant et compléter le point de vue théologique trop communautaire et pas toujours objectivement convaincant.

Dit autrement, les sciences des religions, lorsqu’elles ne s’inscrivent pas dans un militantisme athée, peuvent apporter une autre lumière pour des croyants qui ont une fibre rationnelle voire scientifique plus prononcée que d’autres coreligionnaires. Prenons un exemple précis : celui de la construction littéraire du Coran. Très souvent la lecture du Coran est déroutante car les sujets s’enchaînent sans se suivre dans un enchaînement logique. C’est une critique objective que l’on peut formuler à l’encontre du texte coranique : il n’est pas construit logiquement. La réponse du théologien sera simple mais pas forcément convaincante. Très souvent il dira que le Coran est la Parole de Dieu et qu’il est donc normal que sa structure échappe à la logique humaine puisqu’elle est divine. Mais quelle est la valeur d’une telle réponse ? Elle est convaincante si l’on est déjà croyant, elle ne l’est plus du tout si on ne l’est pas. Pour un non-musulman, le manque de logique dans la construction littéraire du Coran n’est ni plus ni moins qu’un désordre caractéristique d’un texte mal construit ou mal mis en forme.

C’est là que le scientifique des religions peut apporter une autre lumière. De récents travaux en philologie ont montré que contrairement aux apparences, le texte coranique est un texte parfaitement organisé. Ce qui lui donne son aspect désordonné c’est le fait que le Coran ne respecte pas la rhétorique grecque (introduction, développement, conclusion) mais la rhétorique sémitique qui est une rhétorique basée sur les répétitions, les parallélismes, les chiasmes et les concentricités[12]. Notre société baignant dans la rhétorique grecque, la structure littéraire du Coran défit notre sens commun. Ce n’est qu’en adoptant des « lunettes rhétoriques sémitiques » que sa structure devient alors harmonieuse et même quasi parfaite.

Ce point de vue scientifique, et plus précisément philologique, invalide-t-il le point de vue théologique ? Absolument pas. Il ne fait que proposer une autre explication qui cette fois peut être proposée de manière convaincante hors du cercle des croyants. Un non-musulman peut rejeter sans autre forme de procès la thèse de l’origine divine du Coran comme explication de son apparent désordre littéraire, par contre il ne peut objectivement passer à la trappe tous les travaux scientifiques réalisés en rhétorique sémitique et qui démontrent que le désordre apparent du Coran n’est désordre que si « on le lit comme un grec plutôt que comme un sémite ».

A notre époque, où la science est reine du discours et du sens commun, il ne fait à mon sens aucun doute qu’il faille introduire les sciences des religions dans le paysage islamique. L’approche théologique n’est aujourd’hui suffisante que dans le cadre restreint des croyants déjà convaincus. Les croyants en questionnement ou les non-musulmans ne sauraient se contenter d’explications théologiques qui sont par définition apologétiques. L’époque du scientifique des religions qui cherchait à promouvoir l’athéisme est aujourd’hui révolu et l’exemple de Michel Cuypers nous montre à quel point une étude scientifique de l’islam (dans le cas qu’il a traité : le Coran) permet de remettre la religion islamique au centre des enjeux actuels de crédibilité intellectuelle.

Ceci étant, l’introduction des sciences des religions dans le paysage islamique ne doit en aucun cas bannir l’approche théologique. Le théologien, de par ses connaissances des textes sacrés, aura toujours sa place d’une part pour discourir sur ce qui échappe aux scientifiques (Dieu, le destin, l’après-mort, la Révélation en tant que manifestation de la volonté divine etc.) et d’autre part pour apporter une contribution aux islamologues contemporains qui ont rompu avec l’héritage du 19ème siècle.

Ces islamologues appellent aujourd’hui les scientifiques des religions et les théologiens à mettre à contribution leurs compétences au service d’une compréhension toujours plus précise, variée et profonde de la religion que l’on appelle islam. Et cette conclusion du présent article n’est pas un angélisme gratuit puisque ce désir de rapprocher théologiens et scientifiques autour de la table de l’islamologie avait déjà été formulé par l’orientaliste Gotthelf Bergstrasser dans les années 30. Son appel fut jadis appel perdu mais il a été récemment ressuscité par l’islamologue contemporaine Angelika Neuwirth qui a déjà commencé à travailler avec des musulmans convaincus et des théologiens afin de faire naître une nouvelle islamologie plus moderne… Et il serait bien dommage de se priver d’une telle proposition !

Pour aller plus loin :

* Fernand CHAPEY, Science et foi affrontement de deux langages, Mayenne, Le Centurion, 1974.

* Sigmund FREUD, L’avenir d’une illusion, Paris, PUF, 2004.

* Robert DELIEGE, Une histoire de l’anthropologie : écoles, auteurs, théories, Paris, Seuil, 2006.

* William GRASSIE, The new sciences of religion, Zygon, Mars 2008, p. 127-158.

* Peter HARRISON, Science and Religion : constructing the boundaries, Journal of religion, Janvier 2006, p. 81-106.

* Noreen HERZFELD, The End of Faith ? Science and Theology as Process, Dialog, 3ème trimestre 2007, p. 288-293.

* Gregory R. PETERSON, Whither theology and science ?, 3ème trimestre 2007, p. 583-586.

* Allan W. EISTER, Religion and Science in A.D. 1977 : Conflict ? Accomodation ? Mutual Indifference ? Or what ?, Journal for the scientific study of religion, Octobre 1978, p. 347-358.

[1] Néologisme philosophique traduisant l’aufhebung allemand, c’est-à-dire le dépassement d’une chose par elle-même dans l’abrogation de ce qu’elle a d’obsolète et l’optimisation de ce qui lui reste de valable.

[2] Ni Newton ni Galilée ne peuvent être rigoureusement qualifiés de « scientifiques ». Newton a clairement revendiqué être un philosophe de la nature tandis que Galilée est l’instigateur de la démarche expérimentale qui est une partie, sans doute la plus importante, de ce qui constitue la science mais n’en reste justement qu’une partie. Autre parenthèse concernant Galilée : contrairement à une idée reçue, ce n’est pas son modèle cosmologique qui ne fait plus de la Terre le centre de l’Univers qui a entraîné la vague de contestations de l’Eglise mais plutôt sa nouvelle mécanique dans laquelle le Ciel et la Terre sont animés par les mêmes mouvements. Si le Ciel et la Terre sont soumis aux mêmes phénomènes mécaniques alors ils sont mis à égalité et toute la cosmologie d’Aristote (monde terrestre imparfait et humain, monde céleste parfait et divin) sur laquelle les Pères d’Eglise se sont appuyés se casse la figure et avec elle une bonne partie de la dogmatique chrétienne médiévale à commencer par ce « Père qui est aux Cieux »…

[3] Depuis le début du 20ème siècle à nos jours, les scientistes se sont enchaînés avec plus ou moins de renom. Cf. les œuvres de Freud et de Richard Dawkins pour des exemples précis de scientisme, l’un du début du 20ème siècle, l’autre de nos jours.

[4] Cf. la plus célèbre équation de la Physique : E=MC² (Energie = Matière que multiplie la vitesse de la lumière au carré).

[5] Anthropologue du 19ème siècle, connu pour avoir été l’un des premiers à s’être posé la question des peuples dits « primitifs » et de leurs rites. Pour Frazer, le « primitif » est fondamentalement irrationnel et ses rites sont des superstitions qui lui servent à palier son manque de connaissance scientifique. Pour Frazer par exemple, un « primitif » lorsqu’il effectue un rite pour faire pousser des légumes croit vraiment que c’est son rite qui fait pousser les légumes si bien qu’il effectuerait ce rite même sur la banquise avec la même conviction que ses légumes pousseront.

[6] Malinowski et dame Mary Douglas ont battu en brèche les thèses de Frazer en réhabilitant dans un premier temps la rationalité du « primitif » qui n’est plus un naïf qui croit que son rite fait pousser des légumes mais un être complexe dont la structure sociale est similaire dans le fond à la structure des « modernes ». Le rite n’est alors plus une danse ou une formule magique pour faire pousser des légumes mais une expression symbolique complexe s’inscrivant dans une organisation de la société dont les mécanismes se retrouvent tout autant chez les « modernes » mais sous une autre forme.

[7] Fernand CHAPEY, Science et foi affrontement de deux langages, Mayenne, Le Centurion, 1974, p. 49 citant Paul MOUY dans Logique, Librairie Hachette, 1944, p.42.

[8] En particulier dans les sciences humaines, même si des données empiriques peuvent être relevées objectivement, l’interprétation qui s’ensuit est toujours soumise à la subjectivité du chercheur. L’exigence de scientificité n’est à ce moment là plus une question d’objectivité puisqu’elle n’est pas possible mais d’honnêteté intellectuelle qui consiste dans un premier temps à admettre le manque d’objectivité et dans un second temps de l’assumer en soumettant les résultats de l’étude au débat critique. C’est alors le recroisement de plusieurs études sur un même sujet qui permet d’approcher une objectivité même si encore une fois, elle reste hors de portée.

[9] Théologie, du grec theos (dieu) et logion (parole, discours). Donc discours sur Dieu.

[10] Cette recherche du cachet scientifique va jusqu’à prendre sa forme la plus controversée : le concordisme. Le concordisme consiste à interpréter jusqu’à torsion les textes sacrés afin d’en extraire une théorie scientifique récente. C’est ainsi que par exemple le verset 30 de la sourate 21 (al anbiya, les prophètes) est assimilé, par concordisme, à un énoncé de la théorie du Big Bang.

[11] Depuis le milieu du 20ème siècle, la religion a définitivement acquis son statut de phénomène si bien que l’on parle aujourd’hui de phénomène religieux, c’est-à-dire de quelque chose de conditionné et donc apte à être soumis à l’étude scientifique.

[12] Voir à ce propos les excellents travaux de Michel Cuypers et notamment son analyse de la sourate Al Ma’ida, considérée comme l’une des plus « désordonnée » du Coran.

Les cercles réformistes Les cercles réformistes

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(Etudiant en science des religions à l’université catholique de Louvain -La-Neuve – Belgique).

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