La mosquée de Drancy : une sérénité sacrifiée sur l’autel du carriérisme de son imam

Imam qui voulait être prince parmi les seigneurs de la République, Hassan Chalghoumi a certes re&

dimanche 14 mars 2010

La mosquée de Drancy : une sérénité sacrifiée sur l’autel du carriérisme de son imam

Imam qui voulait être prince parmi les seigneurs de la République, Hassan Chalghoumi a certes reçu les honneurs élyséens, mais au prix d’un désaveu populaire et de la sérénité profondément troublée d’un lieu de culte, que les fidèles trouvèrent portes closes pendant quelques jours, sur ordre de ce dernier.

Une ambition personnelle, entachée de lâches compromissions aux confins opaques de la religion et de la politique, dont le point de non retour fut atteint lors de l’accueil du président du CRIF au sein de la mosquée, en juin 2009, quand Gaza pansaient à peine ses plaies béantes.

Une allégeance, vécue comme la pire des félonies par les fidèles de Drancy amèrement désenchantés, qui valut à leur imam, si conciliant à l’égard de la cause israélienne, l’adoubement républicain tant convoité.

Loin de s’arrêter en si bon chemin vers les cimes du pouvoir, Hassan Chalghoumi, confiant dans sa bonne étoile, a récidivé en frappant trois grands coups qui ont ébranlé la communauté en son sein : applaudir des deux mains à une loi contre le port du voile intégral, inventer le récit d’une agression, véritable forfaiture médiatique, et pour couronner le tout, épier ses fidèles par un dispositif de caméras cachées.

Après une semaine rythmée par des soubresauts fort dommageables autour d’une mosquée devenue un bastion éminemment stratégique, il semble que l’ascension fulgurante d’Hassan Chalghoumi exhale aujourd’hui des effluves plus proches du roussi que de l’enivrant parfum de la réussite…

A en juger par les remarques exaspérées du maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, l’heure n’est plus aux louanges mais bien au réquisitoire : « Chalghoumi n’a pas été futé en ramenant le CRIF. Il est tombé dans le piège des extrémistes. 95% des musulmans veulent pratiquer leur religion sans politique. Et Chalghoumi traite de la politique et s’est donc piégé lui-même ».

S’il n’y avait qu’un mot à retenir d’un carriérisme orgueilleux qui, à l’annonce du déluge, serait enclin à appliquer la politique de la terre brûlée, ce serait incontestablement celui d’une Drancéenne : « Si l’imam Chalghoumi se mettait en retrait et diminuait sa médiatisation, cela calmerait peut-être les choses ».

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