Samedi 1 November 2014
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Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? (1/2)

Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? (1/2)
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le rapport du savant hanbalite au soufisme fait l’objet d’un troublant paradoxe. Il a certes porté des critiques envers certaines doctrines et pratiques soufies, mais il ne s’agissait à aucun moment de jeter l’anathème sur l’ensemble de la mystique musulmane. Pour mesurer le désordre régnant autour de la perspective taymiyyenne du soufisme, il nous suffirait de parcourir les nombreux forums en ligne où les adversaires du soufisme s’illustrent en détournant, hors contexte, les arguments du savant hanbalite pour jeter l’anathème sur le soufisme dans sa globalité.

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Jurisconsulte et théologien hanbalite, Ibn Taymiyya (1263-1328) est une des figures majeures de l’histoire islamique. Il peut, sans conteste, être comparé aux « monuments » de l’histoire islamique, tels Shâfi‘î (m. 820) et Ghazâlî (m. 1111).

L’empreinte de son réformisme politico-religieux se retrouve notamment chez les salafistes, les wahhabites, ainsi qu’auprès des réformistes comme Jamâl al-Dîn al-Afghânî (m. 1897), Muhammad ‘Abduh (m. 1905) et Rashîd Ridâ (m. 1935). Cependant, la pensée d’Ibn Taymiyya ne peut être restreinte aux seuls aspects juridiques et politiques de son œuvre. Replacé dans son contexte historico-politique, Ibn Taymiyya pose, à bien des égards, des questions fondamentales pour l’ensemble de la religion musulmane : foi et raison, éthique et politique, etc.

Toutefois, un des aspects majeurs de son œuvre semble avoir été négligé tant par la recherche académique que par les penseurs musulmans : il s’agit du rapport entre la « Loi » (charia) et la « Voie » (tarîqa). Autrement dit la relation du docteur hanbalite à la mystique musulmane, plus communément appelée le soufisme (en arabe : al-tasawwuf). En effet, le rapport du savant hanbalite au soufisme fait l’objet d’un troublant paradoxe. Il a certes porté des critiques envers certaines doctrines et pratiques soufies, mais il ne s’agissait à aucun moment de jeter l’anathème sur l’ensemble de la mystique musulmane. Pour mesurer le désordre régnant autour de la perspective taymiyyenne du soufisme, il nous suffirait de parcourir les nombreux forums en ligne où les adversaires du soufisme s’illustrent en détournant, hors contexte, les arguments du savant hanbalite pour jeter l’anathème sur le soufisme dans sa globalité.

Cette distorsion n’est malheureusement pas l’exclusivité du grand public. À notre grand regret, la position d’Ibn Taymiyya vis-à-vis du soufisme reste encore un sujet à l’état embryonnaire dans les milieux académiques. Néanmoins, les rares études (1) sur le sujet ont permis de souligner les affinités d’Ibn Taymiyya et de son école hanbalite avec la mystique musulmane.

Une chose est certaine, il n’existe aucun écrit du savant hanbalite condamnant le soufisme en tant que tel (2). Faire du shaykh al-islâm un opposant à la mystique, reviendrait à négliger son acuité d’analyse et sa modération en terme de jugement. Selon Ibn Taymiyya, il ne faut rien rejeter en bloc, et « la seule chose qui soit correcte de faire, c’est [cependant] de juger véridique le vrai et de traiter le mensonge de vain » (3). Plus aveugle fut cependant la condamnation du soufisme par les épigones wahhabites d’Ibn Taymiyya dont le maître à penser, Muhammad b. ‘Abd al-Wahhâb (m. 1792), n’opérait pas de distinction entre les pratiques populaires et celles du soufisme (4).

L’idée d’une opposition intrinsèque entre un sunnisme « orthodoxe », incarné par le savant hanbalite, et la mystique résulte en réalité d’une approche globalisante, qui par un procédé de simplification conduit à présenter les courants religieux comme autant de blocs monolithiques opposés les uns aux autres. D’autre part, il est important de noter que l’« orthodoxie », pas plus que le soufisme, ne désigne une doctrine fixe dans le temps et dans l’espace. C’est pourquoi nous mettrons le terme entre guillemets.

Soufisme et hanbalisme

Le soufisme et le hanbalisme, devenus des composants essentiels du sunnisme, ont tous deux pris forme à Bagdad au IXe siècle. Si l’école juridico-théologique issue d’Ibn Hanbal a souvent été associée à un rigorisme moral et à une « orthodoxie » rigide, le soufisme quant à lui a été identifié à un laxisme moral et à un cheminement personnel. De ce fait, hanbalisme et soufisme ont été considérés comme antinomiques.
Ces a priori sur le hanbalisme sont, selon G. Makdisi, imputables aux travaux initiés par l’orientalisme du XIXe siècle. Si ces études ont permis d’esquisser à grands traits, les caractéristiques des mouvements religieux et des doctrines, en revanche, ils ont parfois imposé un dénominateur commun à leurs adeptes.

Loin d’être des blocs monolithiques et figés, le soufisme comme le hanbalisme, sont issus d’un processus complexe remontant à la période formative de l’islam. En outre, une analyse attentive des faits historiques nous montre une grande perméabilité entre hanbalisme et soufisme.

Lors ses recherches sur le mystique Hallâj (m. 922), Louis Massignon (1883-1962) découvrit, non sans étonnement, des liens étroits entre le hanbalisme et la mystique musulmane. Sur la vingtaine de hanbalites impliquées dans la cause de Hallâj, seuls trois le désavouèrent, dont les plus célèbres : Ibn al-Jawzî (m. 1200) et Ibn Taymiyya (m. 1328). L’ami le plus intime de Hallâj fut Ibn ‘Atâ al-Adamî (m. 922) qui était un traditionniste hanbalite et un soufi convaincu. Actif défenseur de Hallâj, il fut exécuté en 922 pour avoir organisé une émeute hanbalite dans le but de sauver son ami. Il est considéré comme un des transmetteurs de Hallâj, qui lui aurait confié ses manuscrits avant son premier procès en 910.

Au cours du procès de 922, vient le tour d’un autre ami hanbalite, le grand chambellan Nasr al-Qushûrî (m. 928), de défendre énergiquement Hallâj. Les travaux de L. Massignon ont permis d’ouvrir de nouveaux horizons de recherche quant à l’école hanbalite, injustement délaissée pendant plusieurs décennies. Poursuivant les intuitions de son mentor, G. Makdisi fit la découverte de chaînes initiatiques (silsila) soufies incluant de nombreux hanbalites, dont Ibn Taymiyya, mettant ainsi en lumière de nouvelles affinités entre le hanbalisme et la mystique (5).

Ibn Taymiyya a commenté plusieurs écrits mystiques, dont ceux du soufi hanbalite ‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî (m. 1166) ; l’un des maîtres de ce dernier, Hammâd al-Dabbâs (m. 1130), bénéficiait d’une grande estime auprès du shaykh al-islâm. Cette attitude contraste avec celle du hanbalite Ibn ‘Aqîl (m. 1119) qui, deux siècles plus tôt à Bagdad, avait sévèrement critiqué Dabbâs, lui reprochant de pratiquer un soufisme suspect (6). Un siècle plus tard, c’est au tour d’Ibn ‘Aqîl de faire l’objet de critiques de la part du hanbalite Muwaffaq al-Dîn b. Qudâma (m. 1223).

Ce dernier lui reproche ses tendances rationalistes. Quant à ‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî, si vénéré par Ibn Taymiyya, il fut l’objet d’une réfutation dirigée par le hanbalite Ibn al-Jawzî (m. 1200), dans un ouvrage qui ne nous est pas parvenu. Par ailleurs, Ibn Taymiyya suspectait le soufi hanbalite al-Ansârî al-Harawî (m. 1089) de duplicité. Cette attitude du savant damascène vient à son tour contraster avec celle de son disciple Ibn Qayyim al-Jawziyya (m. 1350), auteur d’un commentaire des Manâzil al-sâ’irin d’Ansârî et à qui Ibn Qayyim portait une grande admiration. Les appréciations paradoxales émises par les docteurs de la Loi, à propos des soufis, illustrent parfaitement cette « orthodoxie » à géométrie variable.


Ibn Taymiyya et les soufis 

Avant d’aborder la position du docteur hanbalite vis-à-vis de la mystique, il est important de noter que « soufisme » est un terme synthétique qui, dans sa réalité historique, comprend une riche palette de types spirituels donnant lieu à diverses doctrines et pratiques (7). À l’époque d’Ibn Taymiyya on dénombre, à Damas, pas moins de neuf groupes majeurs assimilés au soufisme (8) : on y trouve tout aussi bien les « mystiques excentriques » que les partisans de la mystique spéculative, sans oublier les soufis modérés de la très estimée confrérie Qâdiriyya, à laquelle Ibn Taymiyya semble avoir été affilié (9).

Plusieurs éléments de la biographie du savant hanbalite indiquent que le soufisme n’est pas un phénomène étranger à la famille Taymiyya. En effet, son ancêtre le shaykh Fakhr al-Dîn (m. 1225) était en contact avec le fameux soufi hanbalite Muwaffaq al-Dîn b. Qudâma (m.1223), avec qui, il entretenait des correspondances régulières (10). Fakhr al-Dîn était surtout célèbre pour sa sainteté et son ascèse, au point où certains de ses biographes le rangèrent parmi les abdâl. Un autre Fakhr al-Dîn b. Taymiyya (m. 1272), cousin du père de notre théologien, semblait pour sa part, proche des milieux mystiques de Damas.

En effet, Ibn Kathîr rapporte que celui-ci mourut en 1272 dans un couvent soufi (11). Ibn Taymiyya avait également un certain nombre de disciples soufis, dont ‘Imâd al-Dîn al-Wâsitî (m. 1311), - le « Junayd de son temps » selon les propres termes du shaykh al-islâm - Muhammad b. Rabâtir (m. 1318), le shaykh ‘Alî al-Mahârifî (m. 1327) et le shaykh ‘Abdallâh Ibn Mûsâ al-Jazarî (m. 1325) (12) ; tous des hanbalites. À ceux-là nous pouvons ajouter, le nom de ‘Abd al-Rahmân b. Mahmûd al-Ba’lî (m. 1333-4), « un soufi qui suivit à Damas l’enseignement d’Ahmad b. Taimîya et de ‘Imâd al-Dîn al-Wâsitî » (13). Hormis les disciples, Ibn Taymiyya eut également des compagnons soufis, dont le shaykh ‘Alî al-Maghribî (m. 1348), « un soufi qui menait une vie toute de piété et d’ascèse » (14).

Nous terminerons cette liste, qui pour être exhaustive, nécessiterait une étude à part entière, avec son fameux disciple Ibn Qayyim al-Jawziyya (m. 1350), dont le commentaire des Manâzil al-sâ’irîn d’al-Ansârî (m. 1089) constitue, selon H. Laoust, « le chef-d’œuvre de la littérature mystique dans le hanbalisme » (15).

Cependant, le rapport du shaykh al-islâm au soufisme ne se limite pas à ses contemporains. « Nombreux sont au contraire les auteurs soufis dont il a connu, médité ou admiré les œuvres […] – il nous dit lui-même que le Qût al-qulûb [d’Abû Tâlib al-Makkî] était une de ses lectures favorites » (16). Par ailleurs, il fait l’éloge de nombreux soufis, qu’il qualifie de maîtres « orthodoxes » (mashâ’ikh ahl al-istiqâma), parmi eux : Fudayl b. ‘Iyâd (m. 803), Ibrâhîm b. Adham (m. 777-78), Abû Sulaymân al-Dârânî (m. 830), Ma‘rûf al-Karkhî (m. 815), Sarî al-Saqatî (m. 867), Junayd (m. 910), Hammâd al-Dabbâs (m. 1131) et ‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî (m. 1166) (17). La vénération d’Ibn Taymiyya pour ce dernier est si grande qu’il le qualifie de « pôle des connaissants » (qutb al- ‘ârifîn) (18).

Dans la seconde partie de cet article, à paraître prochainement, nous verrons que les écrits d’Ibn Taymiyya, saisis dans leur contexte historique, témoignent non seulement d’une doctrine favorable à la mystique mais s’en trouvent fortement influencés.

Notes :

(1) Liste non exhaustive des études académiques concernant Ibn Taymiyya et le soufisme : George Makdisi, « Soufisme et Hanbalisme dans l’œuvre de Massignon », Centenaire de Louis Massignon : Le Caire ...1983 (1984) : 79-85 ; George Makdisi, « The Hanbali School and Sufism », Hamadard Islamica, no. 11 (1974) : 61-72 ; George Makdisi, L’islam hanbalisant (Paris : Geuthner, 1983) ; George Makdisi, « Ibn Taimīya : a ṣūfī of the Qādiriya order », American Journal of Arabic Studies, no. 1 (1973) : 118-129 ; Thomas Michel, « Ibn Taymiyya’s sharḥ on the Futūh al-ghayb of ʿAbd al-Qādir al-Jīlānī », Hamdard Islamicus IV, no. 2 (1981) : 3-12 ; Th. Emil Homerin, « Ibn Taimīya’s al-ṣūfīyah wa-al-fuqarāʾ », Arabica, no. 32 (1985) : 219-244 ; Jean R. Michot, Musique et danse selon Ibn Taymiyya (Paris : Vrin, 1991) ; Eric Geoffroy, « Le traité de soufisme d’un disciple d’Ibn Taymiyya : Aḥmad ʿImād al-dīn al-Wāsiṭī (m. 711/1311) », Studia Islamica, no. 82 (1995) : 83-101.

(2) Pour un aperçu des doctrines soufies incriminées par Ibn Taymiyya, voir Henri Laoust, « Le réformisme d’Ibn Taymiya », Islamic Studies I, no. 3 (1962) : p. 32-34.

(3) bn Taymiyya, Maǧmūʿ al-fatāwā, éd. ʿAbd al-Raḥmān b. Muḥammad b. Qāsim (Beyrouth : Muʾassasat al-risāla, 1978), t. XI, p. 434 ; cité dans Yahya Michot, Les saints du Mont Liban (Beyrouth : Albouraq, 2007), p. 56.

(4) Esther Peskes, « The wahhābiyya and sufism in the eighteenth century », dans Islamic Mysticism Contested : Thirteen Centuries of Controversies and Polemics, Frederick De Jong and Bernd Radtke. (Leiden : Brill, 1999), p. 153 et 159.

(5)Makdisi, L’islam hanbalisant, p. 54.

(6) George Makdisi, Ibn ʿAqīl et la résurgence de l’islam traditionaliste au XIe siècle : (Ve siècle de l’hégire) (Damas : Institut français de Damas, 1963), p. 376, n.1 et p. 383, n. 1.

(7)Pour une typologie spirituelle du tasawwuf, voir Eric Geoffroy, Le soufisme en Égypte et en Syrie sous les derniers Mamelouks et les premiers Ottomans : orientations spirituelles et enjeux culturels (Damas : IFEAD, 1995), p. 283-360.

(8)Louis Pouzet, Damas au VIIe-XIIIe siècle : vie et structures religieuses d’une métropole islamique, 2e éd. (Beyrouth : Dar el-Machreq, 1991), p. 207-243.

(9)Makdisi, « Ibn Taimīya : a ṣūfī of the Qādiriya order ».

(10)Henri Laoust, Essai sur les doctrines sociales et politiques de Taḳī-d-Dīn Aḥmad b. Taimīya : Canoniste ḥanbalite né à Ḥarran en 661/1262, mort à Damas en 728/1328 (Le Caire : IFAO, 1939), p. 8.

(11) Henri Laoust, « La Biographie d’Ibn Taimīya d’après Ibn Kaṯīr », Bulletins d’Etudes Orientales, no. IX (1942) : p. 116.

(12) Pouzet, Damas au XIIIe siècle, p. 236.

(13)Henri Laoust, « Le hanbalisme sous les Mamlouks bahrides », Revue des Etudes Islamiques, no. 28 (1960) : p. 50.

(14) Ibid., p. 65.

(15)bid., p. 68.

(16) Ibid., p. 35.

(17)Makdisi, « Ibn Taimīya : a ṣūfī of the Qādiriya order », p. 127.

(18)Voir Ibn Taymiyya, Al-Istiqāma (Médine : Ğāmiʿ al-imām Muḥmmad b. Saʿūd, 1983), t. 1, p. 85.

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Commentaires

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Oui en effet Ibn Taymiyya etait un savant hanbalite et c’etait un soufi suivant la tariqa su grand savant soufi Abdel Qadir Al Jilani.
Et cela malheureusement les "salafrites" wahabites saoudiens ne le mentionnent presque jamais voire jamais en condamant en bloc le soufisme alors même que leur cheykh al islam était un soufi de la tariqa qadiriya.
Malgré ses erreurs monumentales sur la croyance (aquida), Ibn Taymiyya demeure un savant de son époque. Mais à cela il ne faut pas oublier d’ajouter que Ibn Taiymyya fut justement jeté en prison à cause des ses grosses erreurs dans la aquida car il fut en contradiction avec les savants de Ahl Sunna Wal Jama’a (c’est-à-dire les sunnites des 4 écoles de jurisprudence malikite, chafi3ite, hanafite et hanbalite). Il a été condamné pour ses positions hérétiques telle que "l’enfer a une fin" ou encore "le genre du monde n’a pas de début". Pour cela les savants authentiques sunnites ( i.e suivant l’école de croyance authentique ach’arite-matouridite) ont mis en garde contre lui et aujourd’hui encore ils mettent en garde contre les croyances d’Ibn Taymyya véhiculées par les savants saoudiens "salafis".

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La prétendue condamnation du soufisme par Ibn Taymiyya vient d’une part de la propagande wahabbite (et assimilés) et d’autre part du regard anachronique que nous portons sur cette époque.

Nous avons tendance à tout compartimenter et y coller une étiquette, par conséquent, la propagande (citée plus haut) tend à nous faire prendre le soufisme pour une religion à part entière, avec de forts relents islamiques certes mais aussi et surtout quelques pratiques qualifiées d’hérétiques.

A l’époque d’Ibn Taymiyya, le soufisme n’était qu’une science islamique parmi tant d’autres, avec ses productions dont il rejeta certaines mais il ne condamnait pas cette discipline (des aspects ésotériques) considérée comme faisant partie de "la science utile".
Du fondateur de son école juridique, Ahmed Ibn Hanbal, on rapporte le propos suivant : "O mon fils, tu dois t’asseoir avec les soufis parce qu’ils sont comme une fontaine de science et ils gardent le souvenir d’Allah (dhikr) dans leurs cœurs. Ils sont les ascètes et ils ont un pouvoir spirituel très fort".

Je crois me rappeler qu’Ibn Taymiyya est enterré à Damas dans un lieu appelé "le cimetière des soufis".

Mon petit doigt me dit que ce sujet va générer des commentaires "épicés" :)

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" Il font montre d ’une modestie dans leur habit pour cacher l orgueil qui habite leur cœur.En vérité,ils sont plus fier de leur robe en bure que le propriétaire d un chale couteux ne l est de sa parrure"

Ahmed Amine:le livre du musulman désemparé.

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Que la vérité soit rapportée sur se fabuleux personnage qu’était ibn taymiya, qu’on le remette à sa place celle qui a fait de lui un grand homme de la foi musulmane et qui a aussi commis des erreurs comme le disait ibn hajar " il n’est qu’un homme qui a eu beaucoup d’avis juste et nous demandons à Allah la miséricorde pour lui, et pour ses avis erronés nous les délaissons", oui ibn taymiya etait un grand savant mais sa caractéristique humaine ne l’a jamais abandonné, il pouvait avoir raison, mais c’est quelque fois trompé, il est temps aujourd’hui de désacralisé sa personnalité proche de l’infaillibilité prôné par les wahhabiste et lui donnait sa juste valeur !

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Le soufisme n’est pas mauvais en soi, il est constitutif de l’Islam. Au Bourget, T. Ramadan nous a mis en garde contre le "soufisme new look" (texto).

Salam

Un censuré par les intolérants de la "pluralité".

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Oui, c’est vrai ibn taymiyya est dans une certaine mesure soufi comme on le voit dans le volume 10 ou 11 selon les éditions de sa somme.

C’est pourquoi son commentaire du verset 34 sourate 4 est aussi intéressant ! (voir aussi al-ghazali et d’autres soufi)

Ce serait dommage de croire en une partie du livre et démentir une autre...

Publiez ça si vous en avez le courage !

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Article fort intéressant.
J’en attends la suite et espère y voir traiter le point le plus essentiel à mes yeux sur le sujet. De qel soufisme parle t-on ? Nous ne pourrons faire l’économie de la réponse à cette question si l’on veut réconcilier les musulmans sur le sujet.
Bien à vous,

Othmane

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esalam alaikoum,
Si on pourrait mélanger le soufisme et le salafisme on aura un bon musulman :ésotérisme + exotérisme = foi

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Mr Assef,

Je vous suggere de consulter l’article suivant qui vous permettra, j’espere, d’ancrer votre recherche et d’approfondir la discussion.

Picken, Gavin, “Ibn Hanbal and al-Muhasib‏i : A Study of Early Conflicting Scholarly Methodologies”, Arabica (Revue d’études arabes et islamiques), volume 55, issue 3, 2008, pp. 337-361.

L’article que je vous propose de lire retourne aux sources de la question que vous vous poser. Bien avant Ibn Taymiyya (rahimahou Allah), el-Iman Ahmed Ibn Hanbal (rahimahou Allah) and el-Harith Al-Muhassibi (rahimahou Allah) avaient addresse ce sujet.

Les references en anglais sont abondantes, et j’espere que vous trouverez le temps de les etudier.

Abdelhaq M. Hamza

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Salam,

bon article.

on attend la suite avec impatience.
Dapres ce que j’ai pu lire Ibn taymiyya
n’avait pas de probleme avec le soufisme en principe mais plutot avec le concept de wahdat al wujud de Ibn Arabi. Il ya a pas mal de details dans le bouquin de alexander knysh : "ibn arabi in the later islamic tradition" ou ibn Tamiyya est cite et sa relation avec les ecrits de Ibn Arabi detaillee.Apparement Ibn Taymiyya n’a pas du tout apprecie le livre des chatons des agesses "fusus al hikam" bien qu’il reconnaise avoir puise de la science des autres ecrits de ibn arabi. Finalement la condamnation n’a pas l’air trop terrible car si je me rapelle bien Ibn Taymiyya dit finalement que les disciples de Ibn Arabi ne comprennent pas vraimment les ecrits de leur maitres, donc ya moindre mal.

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Cher M. Abdelhaq M. Hamza,

Un grand merci pour la référence Picken, Gavin (Arabica). Je l’ai dans ma bibliographie mais pas encore consulté.

Cependant, dans une perspective purement académique il reste difficile de rapprocher des éléments aussi éloignés dans le temps et dans l’espace. Ibn Hanbal et Muhasibi ayant vécu dans le Bagdad du 9e siècle alors qu’Ibn Taymiyya vivait en Syrie mamelouke au 13e-14e siècle. Une chose est certaine, le contexte historique explique en grande partie l’activisme et le réformisme politico-religieux d’Ibn Taymiyya. De là découle de nombreux malentendus concernant son opinion sur le soufisme.

Ce premier article tente de faire une brève synthèse des travaux déjà publiés. Il ne s’agit que d’une introduction à la seconde partie qui traitera directement des écrits mystiques d’Ibn Taymiyya.

Le sujet de ma thèse que je prépare, sous la direction du Prof. Pierre Lory, consiste à identifier la doctrine mystique d’Ibn Taymiyya et l’influence de cette dernière sur son réformisme politico-religieux.

Encore merci pour vos commentaires,
QA.

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Réponse à "katous thabit".

Je vous remercie d’avoir pris le temps de commenter l’article, en apportant des éléments pertinents concernant le débat autour d’Ibn Taymiyya et le soufisme.

En effet, parmi les formes du soufisme condamnées par Ibn Taymiyya, il y a la doctrine de l’Unicité de l’être. Vous avez raison de souligner qu’au fond Ibn Taymiyya ne condamne pas "totalement" les écrit d’Ibn Arabi. Pour information, ce sujet est traité par la thèse de Cyril Chodkiewicz, intitulée "Les premières polémiques autour d’Ibn Arabi : Ibn Taymiyya (661-728/1263-1328)", soutenue en 1984 à la Sorbonne (Paris IV).

Sans rentrer dans les détails, nous pouvons dire que l’opinion d’Ibn Taymiyya sur les doctrines d’Ibn Arabi est liée au contexte historique de la Syrie mamelouke, exposée aux invasions mongoles. Ce qu’Ibn Taymiyya condamne, c’est surtout les conséquences de ces doctrines qui incitent certains à délaisser les devoirs religieux et à abandonner le Jihâd contre l’ennemi extérieur.

Qais Assef.

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Salam,

Je suis un grand amoureux d’Ibn Taymiya. Equilibre parfait entre exotérique et ésotérique. Quelle vie ! Quel homme. Dieu seul est grand.

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salem aleykoum,

bravo Monsieur Qais Assef ! votre travail est très important, qu’Allah vous assiste dans cette noble tâche de servir la vérité, amine.

Soufiane Zitouni

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@Salim dahian
vous m’avez l’air bien sûr dans vos jugements. Je voudrais noter une contradiction flagrante : comment peut-on être de Ahl Assuna wal Jamaa et donc suivre les 4 imams puis avoir une Aquida ach3ariya-maturidiya. Lisez al aquida attahawiya pour connaitre celle des 4 imams afin d’éclaircir vos jugements.

Sinon, pour ce qui est de Ibn Taymiya (Rahimaho Allah) : tout le monde peut s’accorder à dire qu’il dénonçait les dérives du soufisme et non le soufisme dans sa globalité. Et donc le fait qu’il ait eu des proches ou des disciples proche du soufisme ne veut certainement pas dire qu’il en acceptait les déviances.

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Katous Thabit

reponse Qais Assef :

merci de votre reponse et de la
reference.

dans ce debat sur l’unicite de l’etre je ne me positionne pas, car je ne comprends pas vraimment les tenant et les aboutissants.
Ca serait bien si quelq’un qui maitrise ces concepts les expliquent clairement dans un bouquin, une sorte de manuel pour les nuls. au cours des annees j’ai essaye de lire chodkiewicz et autres mais je trouve ca tres difficile, a part paraphraser je n’arriverai pas a expliquer. Le probleme commence avec le vocabulaire : corps, substance, quiddite, essence, matiere premiere..etc..

est ce que vous avez des referencees sur ce sujet : ou tout est reconstruit depuis la base ?

merci

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@Katous Thabit

Pour la doctrine de "l’Unicité de l’Être", les travaux de Michel Chodkiewiecz, Denis Gril, Charles-André Gilis, Roger Deladrère, Claude Addas et Maurice Gloton restent des références (en langue française) dans le domaine universitaire.
Mais, il est vrai qu’à ce jour, je n’ai pas encore rencontré d’ouvrage de vulgarisation sur les doctrines d’Ibn Arabi.

Les polémiques, depuis Ibn Taymiyya à ce jour, autour des ouvrages d’Ibn Arabi, révèlent sans doute cette difficulté pour les lecteurs de comprendre par la raison ce qu’Ibn Arabi prétend avoir reçu par expérience intérieure.

Je pense que ce sujet, nécessite à lui même un, voire plusieurs articles.

Il existe un site, à portée académique, sur Ibn Arabi où l’on trouve beaucoup d’informations (en anglais mais également en français) sur ses écrits et les thèmes qu’il a abordés : http://www.ibnarabisociety.org/.

On y trouve un article de Souad Hakim sur l’Unicité de l’Être : http://www.ibnarabisociety.org/articles/unityofbeing.html

Salamât,

Qais

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Salam

@Qais Assef

Merci pour les referecnces. je connais ces auteurs et la ibn arabi society.

Si vous le pouvez dans le futur (ou bien si vou pouviez convaincre un des auteur que vous avez cite), ce serait rendre un grand service que d’ecrire un ouvrage qui reprenne les notions de base et construise une vue d’ensemble des notions du soufisme qui prete a confusion chez le grand public (et chez certains ulamas en fin de compte aussi).

Salam

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Il y aura toujours une part d’incompréhension de "wahdat el wujud" et des "stations spirituelles" décrites par le Cheikh el Akbar sauf si l’on se trouve soi-même un état de contemplation, de dhawq. Il s’agit là d’états spirituels supra-cosmiques où toute forme est abolie.

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A ceux qui s’interressent a Ibn Arabi :

La "Ibn Arabi Society" est une "society" qui s’interresse a Ibn Arabi en tant que "Mystique" et tres souvent ses ecrits sont analyzes dans un context suppose "universel" qui remet en cause le fondement islamique de la pensee Ibn Arabi.

Pour mieux comprendre Sidi Muhyeddine, il faut retourner a la source : Il faut lire Kitab el Mawaqif de Sidi Abdelkader el Djazairi, et rebrousser le chemin en langue arabe.

Il est interressant de constater que toutes les references citees sont en langue francaise (Michel Chodkiewiecz, Denis Gril, Charles-André Gilis, Roger Deladrère, Claude Addas et Maurice Gloton restent des références (en langue française)).

Il existe d’exellentes references en langue anglaise, une langue qui vehicule le plus gros du travail fait en temps moderne. Je citerais les travaus de William Chittick en particulier. Il existe aussi d’exellentes references en langue arabe ; il faut cependant aller les chercher (Les ecrits de Abdelbaki Meftah et de Layla Khalifa une eleve de Michel Chodkiewiecz qui ecrit en arabe, en francais et en anglais sont quelques unes des references qui me sont familieres).

Pour pouvoir avoir acces a Sidi Muhyeddine, il faut tout d’abord etre un erudit de la Shari’a, celle ci permet d’identifier toutes les loies de mouvance exterieure de la tariqa ou du "tariq" (comme dans tariq el salik), et si Allah (SWT) veut alors les portes de la haqiqa dont parle Sidi Muhyeddine s’ouvriront, wa Allah a’lam.

Abdelhaq M. Hamza.

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« Wahdatou al Woujoud » -unité de l’existence- ou panthéisme, est l’une des doctrines erronées dont les partisans sont jugés mécréants par les prédécesseurs-Assalaf-. Elle consiste à croire que les créatures sont en unité avec Allah, Exalté soit-Il, et que, selon eux Allah, Exalté soit-Il, s’incarne dans toutes Sa création.

« Pureté à Lui ! Il est plus haut et infiniment au-dessus de ce qu’ils disent ! » (Sourate 17 / Verset 43)

A cet égard, Cheikh Al-Islam, Ibn Taymiya, démontra que la théorie alléguée au sujet de l’unité du monde ne fut professée que par ceux qui niaient déjà l’existence d’un Créateur, comme Pharaon et les Qaramitas à titre d’exemple. Selon eux, l’existence d’Allah, Exalté soit-Il, est l’existence même de Ses créatures. Il n’est pas admissible chez eux qu’Allah, Exalté soit-Il, ait créé une autre créature, ni qu’Il soit le Seigneur de l’Univers, ni qu’Il soit Al-Ghani, le Riche Suprême, Qui n’a besoin de personne, et que tout ce qui est en dehors de Lui soit pauvre.

Ils tendent également à considérer que l’existence est une seule unité, que tout ce qui caractérise les créatures comme la beauté, la laideur, la louange, le dénigrement, etc... caractérise en fait le Créateur même.

D’ailleurs, il n’existe pas, selon eux, un "autre" par rapport au Créateur, voire rien n’existe à part le Créateur. Ceci dit, ceux qui vouent leur culte aux idoles n’ont pas associé à Allah, Exalté soit-Il, une autre divinité, c’est que celui qui adore une idole adore en fait, selon eux, Allah Exalté soit-Il.

C’est pourquoi, d’après eux, ceux qui adoraient le veau avaient raison, de même pour Pharaon qui n’avait pas tort, selon eux, en mentant sur son identité divine. Il suffit de citer, parmi leurs propos les moins choquants, qu’ils croient que Pharaon était un croyant innocent de tout péché à sa mort.

Parmi les partisans de cette doctrine, notons Ibn Arabi, l’auteur de Fossous Al-Hikam, Ibn Sabiîne, Ibn Al-Faredh et d’autres,

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@anpnyme
Ca ma l’air un peu radical et surtout decousu votre argument. Je vois pas en quoi vos phrases découlent l’une de l’autre logiquement. Vous envoyez des briques dans toutes les directions mais ce n’est pas convaincant. Est ce que vous pourriez redeveloper ce que vous dites être la preuve de ibn taymiyya ?
citer l’autorité ce n’est pas suffisant. encore faut il montrer que la preuve est concluante.
J’ai l’impression que vous répéter des critiques bien connues mais aussi bien connues pour être mal fondées : par exemple égaliser la wahdat al wujud avec le panthéisme.. je savais pas que c’était la même chose.
est ce que vous pourriez nous éclairer en montrant en quoi la preuve de ibn taymiyya est concluante sans le paraphraser, et en quoi vos affirmations ne sont pas des incompréhensions fruit d’une tradition historiquement hostile a ibn Arabi

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Il y aura toujours une part d’incompréhension de "wahdat el wujud" et des "stations spirituelles" décrites par le Cheikh el Akbar sauf si l’on se trouve soi-même un état de contemplation, de dhawq. Il s’agit là d’états spirituels supra-cosmiques où toute forme est abolie.

Le Coran, la Sunna du Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, et le consensus des Compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, prouvent qu’Allah est au dessus du septième ciel, bien établi sur Son Trône d’une manière digne de Sa Majesté.

Parmi les preuves coraniques nous pouvons citer les versets suivants :

1) « Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut » (Sourate 86/Verset 1).

« Ils craignent leur Seigneur, au-dessus d’eux, et font ce qui leur est commandé » (Sourate 16/Verset 50).

2) « […] et le Tout Miséricordieux S’est établi, Istawa, ensuite sur le Trône […] » cette phrase s’est répétée dans sept endroits différents du Coran.

3) « […] car la puissance tout entière est à Allah : vers Lui monte la bonne parole, […] » (Sourate 35/Verset 10).

En parlant de Jésus, Allah le Très-Haut dit : « mais Allah l’a élevé vers Lui. […] » (Sourate 4/Verset 158). Et les versets dans ce sens sont très nombreux.

Les hadiths du Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, qui prouvent qu’Allah le Béni le Très-Haut se trouve dans le ciel sont aussi nombreux que les versets coraniques. Parmi ces hadiths nous pouvons citer :

1) Le hadith rapporté par Muslim d’après Mouawiya Ibn Al-Hakam Assalami dans l’histoire de sa servante qu’il a battu et que le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, a questionné en lui disant : « Où est Allah ? » Elle a répondu : « Dans le ciel. ». Il, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, lui a dit : « Qui suis-je ? » Elle a répondu : « Tu es le Messager d’Allah. » Alors Il m’a dit : « Libères-la, elle est croyante. »

2) Le hadith rapporté par Abou Dawoud et Tirmidhi où le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, a dit : « Soyez miséricordieux envers ceux qui sont sur terre pour que Celui qui est dans le ciel vous accorde Sa miséricorde. »

3) Le hadith rapporté par Boukhari et Muslim où le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, a dit : « Ne m’accordez-vous pas votre confiance alors que Celui qui est dans le ciel m’a accordé la Sienne, voilà qu’Il m’envoie les nouvelles du ciel matin et soir. »

4) Boukhari a rapporté d’après Anas que Zeïnab bint Djahch se ventait sur les autres épouses du Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, en disant : « Vous avez été marié par vos parents, alors que c’est Allah au-dessus des sept cieux Qui m’a marié. »

Le consensus des Compagnons du Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, qu’Allah s’est établi sur Son Trône au dessus des cieux a été rapporté par plusieurs Oulémas.

Ainsi l’Imam Al Awzaï (mort en l’an 157 de l’Hégire) a dit : « Nous disions, alors que les adeptes des Compagnons étaient très nombreux parmi nous, qu’Allah est sur Son Trône au dessus de Ses cieux. »

L’imam Malek disait : « Allah est dans le ciel et Son savoir est partout ».

L’imam Addarimi a dit : « Les musulmans sont unanimes qu’Allah est sur Son Trône au dessus de Ses cieux. »

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Article très intéressant. J’attends avec impatience la suite.

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Démonter une doctrine en se contentant subjectivement de jeter à la volée des références coraniques ou des extraits de ahadith ne prouve rien, en dehors de l’érudition de son auteur, ce qui est à saluer.

Si cette technique peut permettre d’étayer une argumentation, elle peut être réduite à néant en employant très exactement la même méthode, ce qui dans les 2 cas nous laisse dans l’ignorance de la véritable substance de ladite doctrine.

Pour exemple, en ce qui concerne la "localisation géographique" de Dieu, cela consisterait à rappeler à Analyse que "Dieu est plus proche de toi que ta veine jugulaire" (50 ;16).

Salam.

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Merci Passant pour votre intervention et le rappel du verset (50 ;16).
“Etre au dessus de quelque chose” a sa compréhension et implication sur le plan humain, mais il est injuste d’appliquer le même raisonnement pour Dieu. Parmi les créations de Dieu, nous avons l’Espace et le Temps. Si l’espace-temps contiendrait Dieu, cela implique logiquement que le temps agirait sur Dieu, ce qui voudrait dire que Dieu possèderait un volume corporel et un âge et donc qu’il éprouverait un “besoin personnel” de changement de saisons, etc. Je n’appelle pas ça une analyse mais une grosse sottise et que Dieu nous préserve de l’assujettir à sa propre création. Amen.

Si les versets coraniques devaient être lus, interprétés et compris dans leur littéralité brute, on n’aurait pas besoin d’attendre que nos savants aient atteint un certain niveau et âge respectables pour nous enseigner : les élèves de classes du secondaire suffiraient pour cette honorable tâche.

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@ Djamel

Pour la seconde partie de votre intervention, votre logique est implacable et je partage depuis bien longtemps votre avis.

Pour la première partie, ainsi que pour ce qui concerne la doctrine de "l’unicité de l’Être", je n’ai pas encore d’avis tranché car d’une part je crois qu’on ne peut exclure aucune possibilité pour Dieu d’être à la fois ici et ailleurs, d’être ceci ou cela et bien d’autres choses encore ; bref, tout Lui est possible et nous n’avons pas tous les outils pour L’appréhender.

C’était d’ailleurs le but de ma première intervention que de ne pas Le réduire à tel ou tel aspect (à l’exclusion de tous les autres) pour servir une idée, voire une idéologie et surtout, au détriment de la Vérité.

D’autre part, concernant la doctrine d’Ibn Arabi, comme le rappelle M. Qais Assef (dont le travail force l’admiration), il s’agirait de comprendre par la raison le résultat de l’expérience intérieure akbarienne, ce qui implique de solliciter un très grand nombre de neurones parfaitement rompus aux subtilités du Sheikh tout en possédant une intériorité qui puisse entrer en résonance avec son Maqam (station spirituelle) qui dit-on, lui donnait accès au domaine de la Haqiqa.

Vous comprendrez aisément que j’ai pour ma part prudemment différé de quelques années une telle entreprise ainsi que l’obtention de certaines réponses mais tout en laissant à chacun son libre choix en la matière.

Salam.

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@Djamel...

Lorsque vous dites "Si l’espace-temps contiendrait Dieu, cela implique logiquement que le temps agirait sur Dieu ..." ; ne pensez vous pas que vous appliquez le même raisonnement que Passant, en restreignant Dieu à une logique humaine ?

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Passant a dit : en ce qui concerne la "localisation géographique" de Dieu, cela consisterait à rappeler à Analyse que "Dieu est plus proche de toi que ta veine jugulaire" (50 ;16).

L’imam Malek disait : « Allah est dans le ciel et Son savoir est partout ». c’est à dire , il sait tout ce qui ce passe partout , alors qu’il est au dessus des créatures

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Je suis comme vous, je me pose des questions mais je ne peux me prononcer sur ce dont je n’ai aucune connaissance. Néanmoins, je me permets de vous suggérer cet excellent bloc. Je crois que vous pouvez questionner son auteur, le Dr.Omar Benaïssa.

http://majlis-al-uns.over-blog.com/article-ibn-arabi-et-la-societe-post-almohadienne-48077739.html

A Nour

Je pense que le conditionnel utilisé dans ma proposition laisse penser que je ne suis pas prêt à restreindre Dieu à une logique humaine. Bien au contraire, je m’y insurge. Pour ce qui concerne Passant, je passe en pensant qu’il est en mesure de répondre.