Sunday 27 July 2008

Carnet américain - En attendant la victoire

Par Farid Laroussi
vendredi 4 avril 2008

Dans cette attente entre les deux primaires, celle du Texas il y a quinze jours et celle de Pennsylvanie le 22 mars, on aurait pu croire que les choses pour Barack Obama se seraient passées comme dans un pot au noir, où en naviguant à vue on allait quand même s’en tirer. Mais le moment de traversée monotone, où, faute de vraie campagne, l’on repasse ses troupes en revue, s’est transformé en nouvelle raison de lutter. Pas contre Hillary Clinton, plutôt contre soi-même.

Il y a eu l’affaire du pasteur Wright. Un homme qui, à la tête d’une église à Chicago depuis plus de quinze années, se retrouve soudain au coeur d’une polémique prétendument raciste. C’est aussi ce pasteur qui a marié Barack et Michelle Obama, et qui compte parmi leurs proches amis. On impute au pasteur des propos tendencieux contre les blancs et contre la patrie, tout du moins aux yeux des conservateurs qui font la pluie et le beau temps à la radio et sur Fox News. Il s’agit de quelques clip vidéos qui repassent en boucle sur internet et sont censés résumer la pensée dudit pasteur. La manipulation n’est pas inhabituelle de la part la machine de guerre républicaine. Elle prend pourtant une autre dimension lorsque c’est le séanteur candidat que l’on vise à travers M. Wright.

Voici un exemple de la tonalité des sermons de ce pasteur. Cinq jours après les attaques terroristes de septembre 2001, il déclamait dans son église : « A Hiroshima, à Nagasaki, nous avons bombardé avec des armes nucléaires en tuant bien plus que les trois mille victimes de New York et du Pentagone, et cela sans ciller. Nous soutenons le terrorisme d’État contre les Palestiniens, avant contre les noirs d’Afrique du Sud, et aujourd’hui nous jouons les indignés parce que les saloperies que nous faisons à l’étranger nous reviennent en pleine g... » L’accusation porte moins sur la vue pragmatique et nette de la politique étrangère américaine exprimée par Wright, qu’une espèce d’indécence de la part d’un homme de foi, qui plus est, en lieu et place du deuil de ses compatriotes.

Plus récemment le même pasteur a déclaré qu’Hillary Clinton ne comprenait rien au racisme parce que jamais dans sa vie elle ne s’était fait traiter de « nigger ». Peut-être vrai mais tellement inexact à la fois, si l’on prend en compte le fait que des centaines de milliers de blancs ont participé, parfois au prix de leur vie, au mouvement pour les droits civiques. On le voit, on est en pleine illusion d’optique. La passion identitaire africaine américaine, presque essentialiste, masque des valeurs dégradées au coeur même de l’héritage blanc, à savoir le christianisme.

Il y a un mois encore on reprochait à Obama d’être une sorte de cinquième colonne islamiste du fait de son prénom, Hussein, ou de sa scolarité dans une école primaire musulmane en Indonésie. Aujourd’hui le soit-disant mérite des attaques tendrait à indiquer qu’Obama est un chrétien trop fervent, ou peut-être privé de sens critique face à un pasteur qui dénonce le racisme blanc sans méthode ni intégrité. Or le fameux racisme américain, s’il divise, il unifie tout autant. C’est dans les églises, justement séparées, que chaque dimanche on règle ses comptes. La seule différenciation qui joue ne ressortit pas au statut socio-économique mais bel et bien à l’appartenance ethnique. Les blancs prient leur Jésus blond aux yeux bleus. Les noirs, eux, s’inclinent d’eux-mêmes devant le mythe du peuple élu qui un jour connaîtra la fin de la servitude.

Même s’il existe une classe bourgeoise noire florissante, et si la majorité des blancs n’est pas raciste, la force du péché originel américain est irrépressible. C’est dans la sphère du spirituel que réside la substance la plus intime des relations inter-ethniques, car elle impose un devoir de reconnaissance tout autant que de résistance. Devant Dieu, à l’église, on pose le principe négatif que le noir aux États-Unis demeure exploité, que les chaînes ne sont plus de métal mais économiques, que les prisons ont remplacé les plantations, ou que la drogue et le sida sont les nouveaux instruments de soumission. Si les africains américains représentent 12% de la population, ils sont 54% de la population carcérale, dont 70% d’entre eux ont moins de 35 ans.

Le sida affecte trois femmes noires pour une blanche. D’aucuns parleront de discours de victimologie puisque le raisonnement militant noir emprunte les voies de la lutte abolitionniste d’il y a deux siècles. Les faits sont têtus il est vrai, mais en politique le nécessaire n’est pas toujours le possible. Obama sait très bien qu’il ne peut pas abattre sur la table toute la réalité socio-économique des ses frères noirs. Son programme est conçu à l’image d’un mouvement national. Ainsi la formule politique d’Obama correspond-elle et rattache-t-elle au sol plutôt qu’à l’identité.

Dans sa réponse à ceux qui ont voulu diffamer sa réputation, ne serait-ce que par délit d’association au pasteur Wright, Obama s’est clairement démarqué. Pour lui il n’est pas question d’entrer dans cette problématique où l’on substitue une haine à une autre. Quand certains, surtout dans le camp de Clinton, l’attendaient sur la corde raide du racisme aux États-Unis, Obama s’est exprimé en faveur d’un pouvoir de rassemblement, qui fait des communautés des communautés d’action. Il faudrait en quelque sorte en finir avec le tribalisme, noir et blanc, et laisser le peuple mettre en action sa responsabilité en escomptant le moins possible du gouvernement. Éliminer donc la victimologie tout autant que le paternalisme. C’est ce caractère offensif du discours d’Obama qui a souligné combien il avait réfléchi au préalable à la question du racisme, et qu’il n’accepterait jamais de se laisser enfermer dans cette dialectique de l’Histoire et de l’identité.

Ce qu’Obama n’a pas fait est de s’excuser au nom de son pasteur. Bien entendu les conservateurs, républicains comme démocrates, ont pensé faire leur pain blanc de cette omission. Très vite pourtant, les accusations ont fait long feu parce qu’elles semblaient s’inspirer de la caricature du blanc qui fait parler le noir comme il l’entend. Le syndrome de la case de l’oncle Tom. Hillary Clinton a rongé son frein en silence car le scandale n’a donc pas eu lieu. Obama la devance toujours dans le nombre de délégués comme dans les sondages. Quand à McCain il s’est remis à son exercice pseudo-présidentiel, à travers sa tournée au Proche-Orient et en Europe. Il a réitéré sa profonde amitié pour Israel et a trouvé le moyen de gaffer lorsqu’il a déclaré qu’al-Qaeda recevait le soutien du régime iranien.

Il est vrai néanmoins qu’Obama n’a pu conjurer tous les effets négatifs de cet incident qui, sous des dehors politiciens, touche à l’âme américaine. Sa côte de popularité s’est tassée. Ceux qu’il n’a pas convaincus après son discours sont ceux qui n’auraient jamais voté pour lui, soit parce qu’il est démocrate soit parce qu’il est noir. Reste les deux groupes démocrates constitués des femmes blanches et des personnes âgées qui est toujours aussi volatile et pas encore structuré comme un bloc d’électeurs acquis à la cause d’Obama. Ce dernier est lucide et commence de percevoir les limites de son unitarisme de star montante.

En parant aux embûches des idéologies inter-ethniques, Obama s’est en quelque sorte aguerri. Il a démontré que ses positions ne seraient empruntées à personne et que lui seul justement possédait ce talent de renforcer la cohésion nationale à l’heure où la crise économique américaine n’a jamais été si prononcée, et que la politique étrangère a touché le fond avec en particulier le cinquième anniversaire de l’occupation de l’Irak. Déjà trois super-délégués d’influence, Al Gore, Nancy Pelosi la présidente de la Chambre des représentants, et Bill Richardson ancien ambassadeur aux Nations Unis, ont fait savoir leur préférence pour Obama. Tandis qu’Hillary Clinton vit son labeur électoral comme un dû politique, Barack Obama, lui, continue de prouver que le talent ne se conquiert pas, il se révèle.

Farid Laroussi

Farid Laroussi est professeur de littérature française contemporaine et de littérature du Maghreb d’expression française, à l’université Yale (New Haven, Connecticut).

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par karim B - le 7 avril 2008

Salam aleykoum à tous et à toutes

Quelques commentaires

Le problème qu’a de nombreux afroaméricains avec Obama est qu’il promet de dépasser les clivages du racisme quand sa reconnaissances des problèmes actuels liés au racisme contre les noirs et les autres minorités est superficielle.

Dans son discours ou il s’éloigne et traite de "vieux oncle dans le salon avec qui personne est d’accord" le REv. Wright est d’une hypocrisie monumentale. C’est une stratégie pour ne pas s’aliéner tous les blancs réactionnaires qui ne veulent pas entendre parler de racisme et de crimes commis par les leurs.

Dans le même discours il a mis sur le meme plan le racisme anti-noir et anti-blanc. Il a parlé du racisme institutionnel comme une problématique des années 1960. Or, le problème justement c’est que si au niveau du droit sur papier les années 2000 ne sont pas les années 1960, le racisme institutionnel persiste. Les noirs sont les plus frappés par toutes les formes de discriminations : à l’emploi dans le privée, les premiers mis-à-pieds, au gouvernement, sous-investissments dans leurs quartiers par le gouvernement (vs les blancs), refus de se faire preter par les banques meme avec des salaires comparables et j’en passe. Tout ceci est soutenu et documenté par des études empiriques.

Le problème donc est qu’Obama parle de regarder au-delà du racisme mais ne promet rien pour résoudre la racisme actuel. Si on ajoute à celà qu’il est soutenu par les pires éléments de l’oligarchie US, vous comprendrez pourquoi de nombreux noirs critiques américains ne voit pas en lui un quelconque sauveur mais bien une imposture.

le 6 avril 2008

"La démocratie" ça n’est qu’un mot. Si ton ambition c’est d’avoir un modèle à la française, anglaise ou américaine... Quand on voit le résultat et surtout à quel un point les gens compte là dedans, très peu pour moi.

La démocratie n’est qu’un mot, le monde musulman qui se construit ne peut se satisfaire d’un dogme ni d’images ni de faux semblant.

Nommer et parler de démocratie n’a pas de sens.

Alors ?

Chacun est responsable de ses actes devant Allah. C’est cette responsabilité qui est le fondement du rapport humain, toutes les notions, qu’il n’ait nulle besoin de s’approprier par des mots (liberté, égalité, fraternité et bla bla bla) doivent découler de là !

Les modèles occidentaux sont dépassés parce que justement creux, ce qui lie les individus en occident c’est l’argent et de là découle toute le reste (partage des richesses, égalité des chances, ...) bref du vent :-)

D’aileurs capitalisme et communisme ont une conception commune et materialiste de l’être humain qui est tour à tour producteur/consommateur (puis se prennent ensuite la tête sur où va le fric). Si c’est là l’ambition de la civilisation musulmane du 21è siècle alors ne changez rien nous y sommes déjà, le reste n’est qu’une question de fric (cf. Promesses de Condi aux palestiniens s’ils sont sages). Certains ont déjà signé Abbas, Moubarak, Siniora, etc... Et puis d’autres, allez savoir pourquoi, commencent en avoir marre de toutes ces manipulations puériles.

Tout se construit sur le terrain.

le 5 avril 2008

Bravo Fany tu as tout compris mais rassure toi c’est le sens de l’histoire et aussi incroyable que cela puisse paraître cela est entrain de se produire.

C’est à croire que les choses se produisent parce qu’elles doivent se produire.

Avant le sommet arabe de Damas, en pensant à l’Egypte, l’Arabie Saoudite ou la Jordanie, ces pays qui n’intéressent les américains que compte tenu de la situation, je me disais justement qu’il fallait rappeler à ces leaders que s’ils font dépendre leur sort et celui de leur peuple à une situation qu’ils ne maîtrise pas alors ils se passent eux-même la corde au cou.

Et devine quoi, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Kadafi qui le dit en introduction. Son intervention franche et détendu a fait rire l’assemblée dans la plus pure tradition arabe mais elle a surtout posée l’évidence.

Là où il m’a épaté c’est qu’il n’a pas fait de langue de bois, il a dit de lui-même qu’il était devenu l’allier des étatsuniens comme tous tour à tour et ça là qu’il a rappelait comme tu le fais le sort de Saddam Hussein.

Malheureusement Bruno Guigue est sous scellé mais ses commentaires sur le sujet sont attendu.

le 5 avril 2008
Le salut des Arabes résides dans deux impératifs qui ne se donnent pas mais qui s’arrachent : l’unité et la démocratie. Cela suppose l’organisation et la mobilisation des élites et des masses. Balayer les dictatures qui nous gouvernent et qui sont autant d’entraves dans cette entreprise en est le premier pas et la condition sine qua non. Ce qui, à son tour, demande lutte et sacrifices.
Par Fany - le 5 avril 2008
Les arabes devraient cesser cet attentisme et s’efforcer d’etre acteurs sur la scene internationale.Les arabes devraient s’unir et se fortifier pour prevenir des agressions coloniales comme celle de l’Irak.Il ne set a rien de chercher a se mettre sous l’ombrelle des puissances occidentales qui peuvent se retourner contre vous pour vous faire subir le sort d’un Saddam.Le seul moyen c’est rompre l’immobilisme,creer une societe civile,eduquer les gens,respect des gens et des libertes fondamentales,renouer avec son histoire et sa culture,chercher des alternatives economiques au lieu de mimer.
le 5 avril 2008

Le texte est trè bien écrit mais j’ai du mal à trouver un intéret quelconque aux étatsuniens et à ce qu’ils disent ou vivent.

Nous n’avons besoin de personne que de nous-mêmes. Obama est un leurre. Cessez de raisonner de la sorte. Les cartes n’ont jamais été aussi clair qu’aujourd’hui.

Le sommet arabe de Damas et son contenu sont bien plus importants et significatifs.

le 5 avril 2008
Bonsoir, Faites jouer la concurrence des puissants en géopolitique, on verra les résultats ! Le bloc de l’Est ; le Bloc de l’Ouest puis l’Europe et les non alignés.. à la Fin, les USA auront moins d’importance et moins de poid. En tout cas face à la chine et l’inde tout va changer.. Les US ont intérêt à ne plus cavaler seule et dicter tout.. cordialmenet.
Par ABDOU - le 5 avril 2008

LE VOTE PAR SMS Sur le site « syti.net » j’ai lu sur les élections américaines 2004,il suffit de remplacer Bush par McCain .

Pourquoi Bush sera réélu Enfin, toujours dans le registre des manoeuvres politiques, il est probable que des sondages soient truqués en faveur de Bush, afin de lui faire bénéficier d’un "effet mouton", et surtout, pour rendre crédible un éventuel résultat truqué de l’élection. Plusieurs instituts de sondages importants sont proches des Républicains, tandis que d’autres peuvent être "achetés". 2 - Organiser de nouvelles élections truquées De nouvelles machines à voter entièrement électroniques sont en train d’être mises en place. Or il se trouve que ces machines sont fabriquées par une entreprise proche de Bush et qui a financé sa campagne en 2000. Le professeur David Dill de l’université de Standford avait estimé en février 2004 que un quart des votes pourraient être falsifiés. (voir la page actualités Elections US) Par ailleurs, la vérification technique des machines a été confiée à 3 sociétés privées. Or les patrons de deux d’entre elles ont apporté leur contribution financière à la campagne de George W. Bush. John McCain est le chouchou des médias, est le chouchou d’affairistes militaro-industriel d’extrême droite. Le peuple doit s’écraser.

le 4 avril 2008

Au-delà que l’espoir que fait naitre l’election d’Obama à la tete des USA en novembre prochain, pour l’immédiat peut-on esperer, une plus grande influence grace à Farid Laroussi aux USA, du reglement au proche-orient et contre-blancer ainsi le lobby pro-israelien ?

Je peux vous dire qu’en France, Bruno Guigue a complètement echoué, il vient de se faire limoger, manque de finesses sans doute ! en plus du 2 poids 2 mesures dont est coutumière la France.

Farid Laroussi, grace à ses analyses pertinentes sans doute aura plus de succes aupres de la nouvelle administration américaine dirigée par Barak Obama ! souhaitons lui bonne chance !

Par ideal - le 4 avril 2008
Et c’est là que l’on voit les limites de la démocratie à l’occidentale. EN effet, qu’est ce que la démocratie quand celui que le peuple choisit est soumis à la pression des Lobbys quels qu’ils soient ?
Par assamibil - le 4 avril 2008
Il ya quelques jours, mon enfants aine, qui frequente une des ecoles publiques en Alabama, m’a dit : << No way they will accept a black man to be President !>. Je lui ai dis pourquoi ? il m’a informe que c’est ce qui circlule derriere les coulisses. Il m’a informe que ce qui se dit a petite echelle (enfants a l’ecole) se dit a grande echelle (parents a la maison) !
Par Ahmed - le 4 avril 2008
Quand bien même Mr Obama serait le candidat providentiel que tous souhaitent, et en admettant qu’il parvienne au sommet de l’état, il n’en serait pas moins soumis aux mêmes lobbys et autres Intérêts occultes qui régissent réellement cette "grande démocratie". De fait, que pourrait-il donc faire de mieux que certains de ses prédécesseurs, tant sa marge de manœuvre serait étroite ?
Par Waglioni - le 4 avril 2008
Tous ceux qui, ici comme ailleurs, sommes contre la politique du pire, contre la descente aux enfers bien entamée le pied au plancher par le gouvernement Bush, tous ceux qui conservent un (maigre) espoir que l’on puisse établir dans le monde un règne de semblant de justice et de paix, tous nous affichons notre préférence pour Obama. Mais il ne faudrait pas se leurrer, prendre des vessies pour des lanternes. On peut stigmatiser Mac Cain, rappeler comme vous le faites qu’ "Il a réitéré sa profonde amitié pour Israel", cela ne peut faire oublier que Obama en fait tout autant. La puissance du lobby israélien aux USA n’est pas à démontrer (pas comme en France où, c’est bien connu, il n’y a pas de lobby...), et tout candidat est sommé de s’y résoudre, perdant ainsi toute lisibilité et faisant s’évanouir toute illusion
le 4 avril 2008
Merci à Mr LAROUSSI pour cet article. Nous attendons la suite de cette série avec impatience.
Par Christophe Meunier - le 4 avril 2008
Ce que dit ce pasteur Wright est intéressant, sensé. Merci de nous en informer : il y a des Chrétiens américains honnêtes.

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